[ Alprazolam ]
xan/alcool, ce duo maléfique et gluant

#1 
hcilub homme
Nouveau membre France
12 mars 2026 à 07:40
Salut, bleu-trompette

Je suis sous xans depuis 4ans et ma consommation s'est stabilisée à 2mg par jour. Le seul problème c'est que je traîne un alcoolisme en même temps depuis vraiment longtemps(+10ans). Je n'ai aucun craving et si je ne sors pas, je ne me sens pas obligé de boire. Mais seulement voilà, quand je bois, je ne fais pas les choses à moitié. Dès que je sors je m'anéantis systématiquement jusqu'au black out/syncope. Je reste fonctionnel mais le lendemain, aucun souvenir et une gueule de bois absolument terrible. Palpitations extrêmes, tachycardie, crise d'angoisse.. bref système nerveux à vif. punk1
J'essaye de réduire les risques car quand je sais que je vais en soirée et que je vais boire, je ne prends pas de xans, ou alors en quantité réduite.(parfois j'oublie et je pop quand même mais bon..) corde-pour-se-pendre

J'ai essayé d'arrêter l'alcool et dès le deuxième jour, j'ai senti que mon système nerveux était beaucoup plus dépendant aux xanax. Si je rate d'une heure la prise, je commence à me sentir atrocement mal psychologiquement et physiquement. Pointes au coeur, crise de tétanie(main qui se ferment toutes seules), hallucinations, paranoïa, psychose, déréalisation, anxiété.. Une vraie torture psychologique en fait.
Je suis à mon 5e jour sans alcool, toujours avec 2mg de xan/jour et je fais beaucoup de sport mais mes relations sociales sont au plus bas. Je ne sors pas de peur de craquer, et j'ai un espèce de brainfog permanent qui m'empêche de me concentrer et chaque tâche me prend un effort intense, m'épuise. Je n'ai plus aucune fluidité sociale et on ne me répond plus trop par message. Mon cerveau cesse de fonctionner correctement, il manque d'huile dans les engrenages on dirait U_THIN

J'avais quasiment arrêté xan/alcool l'année dernière à raison d'une bière par ci par là et d'un 0,25mg/j. Mais j'ai finis par replonger parce que c'était trop dur au niveau social et même mon état psychologique était juste une longue apathie, peu d'émotions, isolement.. Bref

Cette fois-ci j'aimerais arrêter pour de bon, mais le long terme me fait peur et je suis déjà en train de morfler juste en arrêtant l'alcool. J'aimerais conserver une vie sociale parce que je sens que c'est ce qui m'a fait revaciller.

Est-ce que je devrais arrêter les xans par paliers en continuant de boire plutôt que d'arrêter l'alcool en premier et descendre le xan après ? Je veux à tout prix éviter un PAWS trop intense parce que je suis vraiment à bout en terme de volonté

Amicalement,


ps: j'espère que je me suis pas trompé de rubrique heart

Dernière modification par hcilub (12 mars 2026 à 07:41)

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#2 
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filousky homme
Modérateur France
12 mars 2026 à 09:58
Tu ne t'es pas trompé de rubrique. C'est bien du gluant !

Les deux molécules (benzodiazépine et alcool) sont les seules qui peuvent causer la mort lors du sevrage. Ton titre est aussi pertinent car il existe aujourd'hui pas mal de produits légaux et illégaux pouvant aider sans passer par les vieilles recettes de nos aïeux que sont l'alcool et les downers.   

Pour l'alcool, tu as les premiers signes très bien décrits d'un début de délirium tremens

hcilub a écrit

Pointes au coeur, crise de tétanie(main qui se ferment toutes seules), hallucinations, paranoïa, psychose, déréalisation, anxiété..

C'est pourquoi, je n'ai jamais envisagé de sevrage de l'alcool autrement qu'hospitalisé + post cure indispensable pour moi (la quatrième tentative a été la bonne). Les précaution que prennent les personnes du corps médical est d'adjoindre pour les premiers jours une benzodiazépine pour éviter le délirium tremens (mon frère est mort après 3 jours de cet état) et/ou les crises d'épilepsie.

La benzodiazépine de prédilection pour le sevrage alcoolique est le Valium dont la demie vie est bien plus longue qu'avec le xanax (alprazolam) qui ne va te couvrir que quelques heures.

Le souci est que les benzodiazépines aussi présentent un risque de crises qui peuvent être mortelles en cas de sevrage à sec (on me l'a imposé sur 300 mg de tranxène 50) et si je n'en suis pas mort, j'en ai chié gravement pendant 15 mois environ. Le cauchemar de ma vie qui m'a appris à vivre en en profitant plutôt qu'en restant esclave des enchainements de produits (Codéine, alcool, cannabis, héroïne, cocaïne). J'avais 30 ans au moment de la reprise en mains de ma vie et de sortir de l'état de victime pour passer à l'état d'acteur.

Depuis ces années-là, j'ai pu vivre 4 décennies en choisissant mes sorties sans en être esclave. C'est grâce à la découverte de la rdr et surtout des échanges entre usagers que j'ai pu mettre les amortisseurs nécessaires à une vie un peu/beaucoup dissolue.

Mon témoignage n'a pas valeur de vérité autre que pour moi-même. J'ai aidé des potes à diminuer leur consommation d'alcool avant d'avoir atteint le cas de délirium tremens en cas de privation mais qui s'enquillaient des quantités assez considérables et qui calmaient leur besoin vital avec un simple joint de weed. Enfin, plusieurs joints est plus juste ....

L'essentiel du processus est de ne pas être pressé. Se débarrasser de la négativité de ces dépendances ne peut se faire qu'avec douceur envers soi-même, en douceur aussi dans la diminution des dosages, tant pour l'alcool (là, c'est dur) que pour les benzodiazépines.

Les craintes théoriques décrites dans les manuels de médecine sortent d'un processus scientifique qui ne prends pas en compte la connaissance expérientielle de la consommation de ces drogues, ni des chausses trappes que les usagers ont fini par découvrir par eux-mêmes.

Gardes le moral, tu as le droit de te penser être une personne bien !

Amicalement

Fil

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#3 
hcilub homme
Nouveau membre France
Hier à 22:44
Salut Fil,


filousky a écrit

Les deux molécules (benzodiazépine et alcool) sont les seules qui peuvent causer la mort lors du sevrage. Ton titre est aussi pertinent car il existe aujourd'hui pas mal de produits légaux et illégaux pouvant aider sans passer par les vieilles recettes de nos aïeux que sont l'alcool et les downers.

Effectivement, j'ai voulu faire un sevrage dur à un certain moment parce que j'étais à environ 15mg+ de Xanax, je me réveillais chez des inconnus, je n'avais plus conscience de moi-même etc.. Grosse erreur, j'ai pas dormi pendant 6 jours avec une crise de convulsion à la fin. Heureusement que je suis allé à l'hôpital juste avant et que j'ai perdu conscience dans la salle d'attente des urgences. Je suis désolé pour ton frère d'ailleurs.

Je suis assez curieux des nouvelles méthodes parce que passer par du Valium, je n'ai pas très envie puisque je perds le côté coup de fouet/AD que donne la demi-vie courte du xan.
Pour l'hospitalisation, je voulais demander à mon psychiatre; mais comme c'est une association je n'ai droit qu'à un rendez-vous par mois et il vient d'annuler mon rendez-vous d'aujourd'hui car surbooké(il m'a juste donné ma prescription) et j'aurai peut-être un autre rdv dans 1 mois donc ça va être long. Ah et ma médecin généraliste qui me suivait depuis quelques années est partie du quartier donc bon.

On m'avait parlé à un certain moment de microdosage de Psilocybine/LSD mais je manque d'infos à ce sujet et je ne sais pas si c'est pertinent non plus par rapport à mon cas donc je veux bien en savoir plus !


flousky a écrit

Depuis ces années-là, j'ai pu vivre 4 décennies en choisissant mes sorties sans en être esclave. C'est grâce à la découverte de la rdr et surtout des échanges entre usagers que j'ai pu mettre les amortisseurs nécessaires à une vie un peu/beaucoup dissolue.

J'avoue que c'est difficile pour moi de dire non, et j'essaye de travailler sur moi pour ne pas replonger. Mais vu ce que tu m'as dit, je vais essayer d'avoir un généraliste pour discuter de ça avec lui, ce sera plus prudent je pense.  En tout cas ton expérience est très encourageante ! Dès fois j'ai vraiment l'impression que c'est impossible de s'en sortir

filousky a écrit

L'essentiel du processus est de ne pas être pressé. Se débarrasser de la négativité de ces dépendances ne peut se faire qu'avec douceur envers soi-même, en douceur aussi dans la diminution des dosages, tant pour l'alcool (là, c'est dur) que pour les benzodiazépines.

C'est intéressant comme point de vue parce que je veux à tout prix arrêter au plus vite et c'est peut-être cette forme d'impatience qui fait que mes sevrages n'ont jamais tenu sur la durée. J'ai aucune pitié à m'imposer des sevrages brutaux ou des descentes de paliers trop rapides. La clef est peut-être dans la longévité. On verra bien, mais je pense que ce genre de méthode mon conviendra mieux. Mais l'association des deux me démolit doucement et c'est dur

Merci pour ton témoignage avisé et plein de bienveillance, je sais pas si je suis une bonne personne mais j'essaye d'en être une en tous cas wink

Dernière modification par hcilub (Hier à 22:44)

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