Salut à tous, je viens vous partager ce trip que j'ai vécu le week end dernier, c'était très intense à vivre et encore là je ressens un certain apaisement, et une magie enfantine omni présente plus forte que d'habitude.
Il était 14h. Après 15 minutes de vélo pour arriver sur le lieu d’un petit
festival de campagne, j’ai pris 1 g de champignons. Étant déjà de
base très « perché », en pleine phase hypomaniaque et ayant déjà bien tripé la veille (j’avais fumé 2 g de
weed et 1,5 g de
shit avec mon acolyte), je me disais que 1 g me ferait déjà bien partir (j’en avais 1 g en plus).
J’avais peur. Depuis mon premier trip psychédélique (250 microgrammes de
LSD), j’étais anxieux à chaque prise de drogue. Là, j’avais surtout peur que les champignons soient toxiques. Je me suis fait à cette idée et l’ai rangée paisiblement dans un coin de ma tête, ce qui ne m’a pas angoissé pendant le voyage.
Mon pote boit une bière avant de se lancer le long du sentier. Au passage, je décide de redoser (ça faisait 15 minutes) : je prends 0,3 g en plus et je fume un peu (je voulais faire attention au début).
Je dis à mon pote que je me sens déjà léger. Je n’avais mangé qu’un sandwich, mais on était encore au tout début (ça faisait 30 minutes depuis la première prise). On fume, et la
weed me perche plus que d’habitude.
On se met en route et je commence à réfléchir sur le sentier. On avait des sacs, et je me disais qu’on s’obstinait à les porter pour le confort, alors qu’on pourrait simplement prendre une gourde d’eau et rien d’autre. Porter ces sacs me faisait penser aux mauvaises habitudes, même si ce n’était pas grave puisque cela restait confortable. Tout cela avait beaucoup de sens dans ma tête.
(J’ai
redrop 0,7 g au passage.)
On s’arrête à un observatoire d’oiseaux. Là, je commence à tripper. J’ai une sensation préhistorique. J’aime la campagne pour ça, loin des habitations trop modernes. On était immergés dans un environnement naturel, avec juste du bois pour observer.
Je commence à me faire des délires, puis on repart en fumant sur le chemin. Tout commence à prendre beaucoup de sens. La dissociation monte progressivement, légèrement et agréablement. J’étais « démonté », comme en montée de
taz, avec un body high plus doux. Je commence à penser que l’inquiétude que je ressens depuis neuf mois est absurde, et je me remets à fumer pas mal.
Je remarque au passage que je peux faire deux choses en même temps : tenir une discussion, contempler le paysage et partir dans des
méditations métaphysiques sans effort.
Au bout de 30 minutes, en fumant avec mon pote, je regarde le sol asséché : les fissures bougent, grossissent et rétrécissent. Tout est normal autour, sauf ça. C’est comme un gouffre mental, je tombe dans cette terre mouvante. Je reste à contempler le sol pendant cinq bonnes minutes, puis je décroche un peu et repars avec mon pote rendre la consigne.
Arrivés sur le site, environ 1h30 après la première prise et 30 minutes après la dernière, je m’assois. Une femme vient discuter avec nous. Elle faisait un pèlerinage dans la région. Je trouve ça génial et j’ai une discussion très intéressante avec elle, comme si j’étais sobre, mais très investi. J’étais complètement immergé dans l’échange. J’ai même eu envie d’en faire un moi-même.
On décide ensuite de reprendre les vélos. Je commence à avoir une impression de sens énorme. À vélo, je commence à tripper fort vers la fin. Après m’être répété au moins quatre fois que ce n’était pas si fort, ça monte d’un coup. Je vois des motifs dans le ciel, je suis en transe, comme intégré au décor.
À trois quarts du chemin, je réfléchis : je me dis que la nature est partout et que la conscience aussi. Les arbres sont un peu nous : on les détruit, mais on peut aussi les planter. J’aimerais faire cette expérience plus tard, cultiver mon jardin. On est liés à eux puisqu’ils purifient l’air qu’on respire. Ce raisonnement s’étend dans ma tête à presque tout, jusqu’à conclure que "nous sommes la nature".
À ce moment-là, j’ai l’impression de sortir de mon corps. Je réfléchis à la conscience en lien avec mes troubles neurodéveloppementaux et de l’humeur (dans le sens où mon corps fait partie de la nature, même si à cet instant je ne me sentais plus vraiment dedans). Je me dis que la conscience est partout, que mon cerveau sert à la capter. Je trouve ça magnifique. Je me dis que ce n’est pas tant corriger quelque chose chez moi qui est important, mais plutôt donner à mon cerveau ce dont il a besoin pour que mon esprit puisse fonctionner librement.
Je visualise la conscience, le cerveau et le corps, ainsi que leurs besoins (alimentation, minéraux, sport, contact social, réflexion, philosophie, activités canalysantes, etc.). Dans ma tête, cela ressemble à une synapse : un échange de conscience qui donne vie au moi, alors partiellement déconnecté.
Les effets continuent en vagues. Je suis un peu plus sobre. Cela fait environ 2 heures depuis la première prise. On marche un peu. Je me dis aussi que la
psilocybine est, à ce dosage, beaucoup plus une drogue de l’esprit que le
cannabis, que je perçois plutôt comme une drogue du corps. Je me dis que je suis peut-être dépendant aux drogues du corps, parce que mon corps n’a pas ce qu’il lui faut. J’y réfléchis, puis j’essaie de ne pas trop m’y attarder.
On s’arrête près d’une ferme, dans un champ. La vue est magnifique. Je me mets torse nu, par 15 °C, ne sentant presque rien. Je me dis que mon esprit est libéré, que je suis devenu le monde. Je danse sur une musique, comme dans un clip. Je tourne dans le paysage, je saute. J’ai l’impression de me voir à la troisième personne. Je ne suis plus vraiment moi. Mon cœur bat très fort, mais je m’inquiète peu, rassuré par la nature et le sentiment de sécurité.
Je suis en transe. Le ciel bouge, je vois le monde respirer. J’ai aussi l’impression d’être confus dans les mots, comme si tout était amplifié.
Puis je ressens que toute ma vie n’est peut-être qu’un délire, que je vais me réveiller et que les autres vont me dire : "Tu étais fou, alors on a fait comme si tout allait bien." J’ai vraiment l’impression que cela fait des années que je suis dans cet état. L’image qui me vient est celle d’un homme façon Joker, riant et se tordant de rire, crachant une fumée verte, comme si cette fumée était mes paroles.
C’est perturbant, mais je me laisse aller à l’expérience à 100 % et décide de vivre ce monde que je viens de débloquer.
Les effets redescendent ensuite progressivement, par vagues, avec une sensation de connexion primaire à la nature qui dure jusqu’à environ 19h.
Le lendemain, je n’ai pas encore pris le temps d’intégrer pleinement l’expérience, étant encore avec mon ami. Je ressens un profond bien-être et j’ai moins envie de me démonter la tête. L’angoisse envahissante que je ressentais depuis huit mois, et qui avait disparu après la prise de
psilocybine, n’est pas revenue — ou pas encore. Je me sens profondément bien et reconnecté au monde. L’énergie excessive de ma phase est retombée et je me sens normal.
Cela aura été une expérience très intéressante pour moi, et peut-être aussi une expérience qui pourra intéresser d’autres personnes.