[ Arrêt & Sevrage ]
Au plus prés de la bupré

#1 
psyr homme
Psycho junior
Aujourd'hui à 11:48
Salut à toutes et tous, ça fait un moment que j'erre moins par ici mais ma situation me pousse à revenir et à vous demander conseils.
Je vais essayer d'être bref et concis même si j'ai déjà les larmes aux yeux après avoir dormi 2H et devant aller au taf dans pas longtemps.

Je taquine les drogues les drogues depuis mes 14 ans (à peu près tout ce qui est connu et moins connu) mais c'est resté plus ou moins récréatif pendant une vingtaine d'années. Avec des mois sans consos et sans envie (à part l'alcool).
Y a bientôt 5 ans, suite à des lombalgies aigües, une rupture qui m'a mis à terre et le fait que je me sédentarise, j'ai découvert les joies de l'oxy et du tramadol sur prescription. J'ai berné le doc plusieurs mois parcequ'enfin je me sentais mieux. Puis j'ai senti que ça devenait craignos alors je me suis mis au deep web, premier achat : de l'héroïne, évidemment. Je sais dans quoi je mettais les pieds et l'ai fait sciemment. Depuis, j'ai totalement perdu le contrôle, plusieurs sevrages 'réussis' mais compensés par des prises compulsives d'autres stups : kétamine, cocaïne, amphet', cathinones ... Au point de taper dans les chiottes dans l'école où je travaillais, je vous raconte pas la honte et la pression que ça m'a mis. Parfois je rentrais du taf et avant même d'enlever chaussure et manteau je m'envoyais une ou deux diagonales de BD de kétamine pour aller tutoyer les anges. Bref, je conscientise que je suis devenu polytoxico.
Y a 3 ans, encore une blessure au dos, plus grave cette fois. J'ai résisté un mois avant d'accepter un traitement skenan, les larmes aux yeux, mais la douleur était telle que je n'en pouvais plus, j'allais me couper la jambe si ça continuait. Je viens donc de passer 3 ans sous opis. Skenan jusqu'à 300 voire 400mg, souvent en snif. Tout en continuant à brasser tout types de prods, notamment la came.
Et puis 2026 arrive, cette année particulièrement merdique. elle a commencé par 5 morts dans mon entourage (dont un par OD dont je me sens responsable), je suis à bout mais commence à relever la tête, parceque je sens que je n'ai plus le choix.
Switch au tramadol, en accord avec mon prescripteur (qui est compréhensif et me fait confiance), on trouve l'équilibre entre LP et LI, je respire à nouveau, me calme sur les consos annexes et retrouve le goût de vivre. Et là, une espèce de miracle : je rencontre une femme, genre l'évidence. Une complicité inouïe, une osmose incroyable, j'ai l'impression de découvrir ce que Aimer signifie. Pour la première fois de ma vie, j'envisage de vieillir avec quelqu'un, sans aucune arrière pensée. Au fond de moi, je me dis que la vie me devait bien ça.
Ca a duré 2 mois, jusqu'à son départ pour une dernière saison avant de se retrouver et construire ensemble. Mais paf, elle même étant sujette à des addictions, des traumas et des soucis psys, elle m'annonce que ça va pas le faire, qu'elle n'est pas prête , qu'elle a peur .. Bref je ne m'étendrais pas là dessus, c'est son choix, je le respecte. N'empêche que moi je pète les plombs comme jamais, genre vraiment. Ça fait 3 mois que je fais n'importe quoi, je ne me respecte plus, me réveille parfois face contre terre, déambule comme une fantôme dans les rues de mon bled de montagne. Jamais de ma vie je n'ai eu aussi mal, au point de prendre des risques que je ne m'étais jamais autorisé avant. Reprise de la came que j'ai finalement encore arrêté il y a 2 semaines environ.
Il n'empêche que j'en suis rendu à 1, 2 voire 3 grammes de coke et de speed quotidien. La kétamine je ne compte même plus. Je mange à peine, picole comme un trou pour noyer la tristesse. J'ai enfin accepté un traitement anxyo et antidép (seresta 50x2 et paroxétine 20mg)
il y a un mois et demi, mais je ne sens pas vraiment de différence jusqu'ici. J'ai passé tout juillet à sortir chaque soir, pour me déglinguer entre potes mais je sens que j'arrive au bout.
Le doc, par deux fois a voulu me faire interner. Je lui ai bien fait comprendre que j'étais déjà en prison dans ma tête et que me priver de ma liberté de mouvement finirait mal. Je ne me sens absolument pas prêt à vivre en milieu hospitalier, je me connais.
Reste l'option de la buprénorphine. J'ai déjà essayé par 2 fois et j'ai arrêté de moi même après deux semaines, je sens, je sais que ça ne me convient pas. Et j'ai lu et vu tellement de gens souffrir de cette addiction que je sais que je vais le regretter. Idem pour la méthadone, avec en plus la contrainte de devoir faire 4h de route quotidiennement pour l'induction les premières semaines, j'ai déjà du mal à faire mes courses à 5km de chez moi, avec en prime, une trouille bleue de me faire péter le permis par les bleus. Permis que j'ai encore, miraculeusement.
Comme dit un super rappeur "T'en reviens à celui que t'étais avec l'expérience de celui que t'as essayé d'être".
Là, je me sens au fond du trou et je continue de creuser avec rage et détermination. Les nouvelles du monde me percutent de plus, j'ai honte, j'ai mal et j'ai peur pour tous les gamins qui vivront le futur. Mais je ne veux pas crever, pas maintenant. J'aime la vie malgré tout, j'ai vécu des choses fantastiques, rencontré des gens formidables, mais je déteste ma vie actuelle et ne sait plus comment en sortir.
Alors j'hésite, est ce que je cède à la bupré, sachant que je risque probablement de le prendre comme un échec personnel, une raison de plus pour perdre de l'estime de moi.

Je suis désolé de ce message un peu désespéré mais je sens que je le suis. J'arrive encore à porter le masque au taf et en société mais la fatigue commence à me creuser. Et chez moi, je viens un véritable démon, je n'en ai même plus peur, je commence à m'en foutre..

Je sais qu'il n'y a pas de solutions miracles, et je pense les connaître. Mais j'aimerai savoir si parmis vous des gens ont retrouvé l'équilibre grâce au sub', sachant toutes les implications, avec un équilibre émotionnel assez stable.

Je dois filer travailler, j'espère pouvoir trouver quelques réponses ici.
Dans tous les cas, merci à ce forum et à ses membres de m'avoir appris autant de choses et de ne pas lâcher le combat.
La paix sur vous

psyr

Pourvu que les bouddhistes se trompent

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#2 
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cependant
Modo bougeotte
Aujourd'hui à 12:52
Salut,

Tu peux trouver plein de témoignages sur le forum de personnes qui, grâce aux tso, on retrouvé stabilité et bonheur...

Perso, c'est grâce à un tso que je peux gérer mes conso d'opis, sans craindre le manque, sans me mettre dans la merde coté finance et sans dépendre du marché noir

Je n'ai pas bien compris, quelle sont tes craintes ?

Concernant l'induction à la metha, je comprends très bien, c'est exactement à cause des contraintes de prescription que je n'ai pas choisi ce traitement !

Perso, le sub ne me correspond pas non plus parce que ça rend compliqué de faire des extras came. Mais si ce n'est pas ton but, c'est un traitement qui correspond à beaucoup de personnes.
Il y a clairement l'avantage de pouvoir être prescrit par tout médecin qui veut bien.

Il y a plusieurs galéniques en fonction de ce que tu cherches...
Du subutex (qui est plus facile à être consommé avec des roa imprévues –telle que snif ou iv–), à l'orobupré qui monte plus vite, en passant par le buvidal (des injections mensuelles qui évitent de prendre le traitement au quotidien, mais rendent encore plus compliqué faire des extras).

Si j'ai bien compris ta peur serait "de remplacer une addiction par une autre" ? Alors il faut savoir que le principe du tso est surtout celui de pouvoir avoir une stabilité et pour beaucoup de personnes peu importe la dépendance physique...

Finalement, il y a beaucoup de pathologies pour lesquelles on doit prendre des médicaments à vie et ça ne dérangé pas vraiment. Le problème pour moi est surtout lié à la stigmatisation lié aux tso...et comme t'evoques aussi aux contraintes de prescription.
Mais finalement c'est toujours possible de trouver des professionnels compréhensif, qui nous infantilisant pas et avec lesquels il est toujours possible de trouver des solution.

Perso, depuis que j'ai un traitement, j'ai fait plusieurs voyages, je suis partie dans d'autres continents, en road trip, j'ai fait des jobs saisonniers, etc.

Ce n'est pas impossible, même si ça demande parfois un peu d'organisation (perso, je n'ai pas demandé les autorisations, juste les ordos et une boite à pharma et la tête haute, je sais que si c'est moi la première que je ne me sens pas coupable, le regard des autres le sera moins aussi !!).

Moi je me dis que je n'ai aucune raison d'arrêter pour arrêter. Ce que je veux dans la vie est être bien, profiter et construire des belles choses...tant que mon traitement m'en empêche pas, mais au contraire ça m'aide, je ne vois pas pourquoi je devrais l'arrêter ?

Cela dit, tu peux trouver aussi des témoignages de personnes qui ont fait des sevrages dégressifs réussis.

Par contre, les sevrages brutes sont souvent contreproductif : déjà c'est hyper traumatisant, on souffre et il y a bien plus de probabilité de souffrir d'un paws par derrière.

Tu trouveras aussi des témoignages de personnes qui, grâce à un tso correctement dosé, ont réussi à gérer comme mieux ça leur convenait aussi les autres prods.
Moi je sais que c'est sur que les opiacés me permettent de limiter ma conso d'alcool, m'aident à terminer les sessions stims...

Bref, n'hésite pas à nous dire plus sur tes craintes et tes doutes !

fugu kuwanu hito niwa iwaji

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#3 
psyr homme
Psycho junior
Aujourd'hui à 19:10
Salut cependant, merci beaucoup pour ta réponse.
J'avoue que ce matin j'étais, encore une fois, dans une descente hardcore, toujours le même schéma, jusqu'à la première trace de coke ou de speed ou de , souvent 10 minutes après le réveil, avant d'aller au taf à l'arrache. Et je réalise que j'ai plutôt craché du mal-être plutôt que de poser les bonnes questions..

Comme tu le sais, je zone depuis 4 à 5 ans ici (en gros, depuis que j'ai commencé à me mettre dans les opis et dans une conso quotidienne de prods variés) et j'ai souvent lu des témoignages de personnes sous TSO.
Et je sens que, malgré une stabilité relative, beaucoup de personnes ont l'air de regretter de s'être mis dedans. C'était également mon ressenti lors de ma période où je traînais la rue et la zone. Quasi tous les punks/zonards/whatever de ma jeunesse avaient le même discours : fais gaffe avec la brune.
Il y a aussi l'idée d'une dépendance à vie qui m'effraie, réellement.
Tout comme la contrainte des 28 jours, ainsi que les entraves au voyage (j'ai passé 16 ans sur la route ou sur l'eau, à zigzaguer le monde, pas impossible que ça me reprenne un jour).
Le regard des autres je m'en tape, mon prescripteur est cool, j'aime bien la relation qu'on commence à avoir depuis quelques mois et la pharmacie me connaît bien et toutes et tous sont bienveillant.es avec moi.
Dans mon bled, je suis plutôt 'connu', j'arrive pas à savoir à quel point je suis grillé par les gens,  mais beaucoup savent que j'ai longtemps travaillé en petite enfance avec une bienveillance et une discipline constante (même dans les pires états). Il m'arrive de croiser des mômes rencontrés plus jeunes qui me sautent dans les bras dans la rue, je pense que ça joue beaucoup sur le fait que je ne me sente pas rejeté par la petite communauté autochtone, ni trop jugé, même si j'ai senti de l'éloignement de la part de certain.es, bref je m'égare.
Un truc important, c'est que j'ai essayé par 2 fois de me stabiliser à la bupré (je suis d'ailleurs vite passé à l'orobupré parceque je ne pouvais pas m'empêcher d'y sniffer).
Et après quelques semaines, j'ai eu un gros sentiment d'insatisfaction. Envie de plus, envie d'autre chose, et un ressenti de vivre comme déconnecté. Un peu comme avec la came au bout d'un moment, qui fait que je m'isole, ne prends plus plaisir à écouter de la musique, une perte d'appétence pour des activités quelconques (je vis en pleine montagne, c'est un sacré terrain de jeux que j'ai délaissé depuis trop longtemps).
Une autre raison est ma peur (que je pense légitime) de l'avenir. Je sens pas du tout le turfu politique du pays et me sens pas à l'aise à l'idée d'être fiché 'tox', dépendant de l'état d'une certaine manière et des conséquences que ça pourrait avoir ... Peut être que je paranote un peu, mais pas tant ..

Il y aussi cette idée que pendant 20 ans, j'ai flirté avec la dope sans jamais me foutre dedans. Alors j'ai encore un mince espoir de pouvoir en sortir seul. Quand je dis en sortir, c'est retrouver une consommation qui n'est plus fonctionnelle comme maintenant (je tape du vraiment du matin au soir, 30, 40 traces, parfois plus), mais récréative, comme avant.
J'ai vraiment conscientisé que ma vie actuelle ne me plaît pas, je n'aime pas ce que je deviens et dans tous les cas, à ce rythme je vais pas tenir longtemps, je repousse les limites avec beaucoup trop de conviction (le doc est surpris de me voir tenir debout, certain.es potes également).

Voilà pour l'essentiel, merci encore pour ta réponse, si d'autres personnes ont un avis quelconque à apporter, je suis preneur.
J'ai rendez-vous jeudi chez le doc et je pense que c'est le moment de prendre une décision.

Merci de m'avoir lu, bonsoir

Pourvu que les bouddhistes se trompent

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#4 
avatar
cependant
Modo bougeotte
Aujourd'hui à 23:33
Salut,

De ce que tu dis, tu traverses un moment compliqué, une conjoncture difficile, quand c'est comme ça perso, j'essaie de voir une chose à la fois, de faire un pas après l'autre...

Je comprends les doutes sur le futur en général, mais j'ai l'impression que quand je vois le futur comme quelque chose d'énorme et de vague, ça ne m'aide pas à y voir clair

Par exemple, quand tu dis que peut-être tu auras encore envie de bouger, perso je me dis que si je ne vais pas bien, de toute façon, je j'arriverai pas à bouger nulle part et que je commence à trouver comment aller mieux, traitement ou pas traitement et quand j'aurais l'énergie pour rebouger je verrais comment faire pour les médocs...

psyr a écrit

beaucoup de personnes ont l'air de regretter de s'être mis dedans.

Je n'ai pas bien compris de "s'être mis dedans", tu parles des opiacés ou du  tso ?

Tu dis avoir pris des opiacés 3 ans quotidiennement ?

Pour moi, on ne peut pas faire des spéculations sur ce qui aurait pu être, mais juste prendre en compte ce qu'on pourrait encore faire

3 ans ne sont pas un temps infini, mais suffisant pour développer une dépendance physique
Et finalement la seule chose qui peut être utile, c'est essayer de comprendre les facteurs qui ont amené là pour voir s'il y sont toujours là

Dans ce cas, moi je  considère que juste arrêter de consommer ne va pas résoudre toute les choses qui m'ont conduit à consommer...

Perso, je sais aussi que j'ai passé pleins de moments sans consommer où j'allais très mal, je n'idealise donc pas le fait de ne pas consommer comme panacée, même si je te l'accorde que le fait de réussir à quelque chose qu'on s'est fixé ça donne de la confiance en soi, mais vice versa, le fait de se mettre des objectifs impossibles ça va faire exactement l'effet envers. Après chacun a ses expériences

Ce que je voulais dire c'est que même si on ne considérait pas les aspect psy (et là vu la description du moment délicat, c'est quand même une composante à ne pas sous-évaluer), il y a quand même la dépendance physique

Si vraiment tu estimes que le fait d'arrêter te comblerait, tu peux voir pour un sevrage à l'hôpital.

Au moins, c'est ce qu'on m'avait proposé à un moment, même si j'avoue que perso ne me correspondait pas ; d'une part parce que je considérais que je ne me voyais pas arrêter pour toujours, de l'autre parce que j'avais peur du coté traumatisant, vu que malgré les médocs comme du catapressan qui sont connus pour réduire quelques symptômes, il faut quand meme subir un sevrage brut...même si le suivi médical est, quand il est bien fait, quand meme plus rassurant que pas de suivi du tout

Mais ça peut-être une solution si tu penses que te sevrer physiquement peut faire en sorte que tu ailles mieux et que tu as l'énergie pour faire face à ce moment compliqué

Sinon, il y a des personnes qui ont réussi quand même à se sevrer de façon progressive...de toute façon, je trouve que c'est compliqué d'arrêter en quelques mois des pratiques ancrées dans des années, c'est normal que ça demande du temps !

Et j'ai pas bien compris, les douleurs dont tu parlais, elles ont disparu aujourd'hui et/ou elles sont prises en charge ?

Sinon dans quelles conditions tu avais essayé le sub ?
Après pas toutes les molécules conviennent à tout le monde

Mais ce que tu décris de perte de la prise du plaisir dans les choses, l'isolement etc m'evoquent plutôt une dépression plutôt que les effets des opiacés

Après certes, comme je disais, pas tout le monde ne ressent pas les mêmes effets, mais perso je n'ai jamais ressenti ces sensations ; je peux me délecter par des petites choses, même si mon problème est plutôt le manque d'énergie...

Même en vrai, quand j'ai commencé mon traitement, mon psy avait cru que j'avais commencé un traitement antidépresseur wink

Mais en gros, tu as peur que la buprenorphine augmenterait ta tolérance ?
Et que ça serait encore plus difficile arrêter par la suite ?
As-tu peur que ça serait difficile de s'en défaire ?

Dernière modification par cependant (Aujourd'hui à 23:43)


fugu kuwanu hito niwa iwaji

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