
Dernière modification par Agartha (05 mai 2026 à 10:23)
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Jostorm a écrit
Mais comme on s'en doutait bien aujourd'hui je suis débarrassé des opioides mais complètement anéanti par la coc.
Salut Jostorm,
Je viens de lire ton message et j'avais envie de te répondre, car je suis moi-même en chemin pour tenter de retrouver une relation plus apaisée à la c, et moins compulsive, notamment concernant les injections.
Je ne vise pas l'abstinence car usagère de drogues fait partie de mon identité. Mais je voudrais retrouver une balance bénéfices/risques plus positive pour moi.
La première chose qui m'interpelle dans ton récit, c'est ton sevrage d'opiacé "à la dure". Tellement dur que tu as dû trouver une béquille, la c, qui a aujourd'hui remplacé ta conso d'opi.
Alors certes, après 2 mois la question "physique" du manque est à peu près réglée, mais le sevrage ne concerne pas que la tolérance physique, et les sevrages secs augmentent le risque de "paws", ce syndrôme de sevrage prolongé qui apporte beaucoup de souffrance aux usagers. En as-tu entendu parler?
Il y a un wiki sur ce syndrôme sur ce site.
Donc ce que j'ai envie de te demander, c'est pourquoi tu t'es infligé ce sevrage sec sans accompagnement?
Est-ce dû à ton désir de "t'en sortir tout seul"?
Tu n'as pas du tout envisagé un traitement de substitution? En quoi c'aurait été une plus mauvaise béquille que la c?
Personnellement, j'estime qu'on se sort toujours seul d'une conso problématique, quelques soient les aides qu'on arrive à trouver sur son chemin, béquille médicamenteuse, proche prévenant, thérapie, cure etc. On doit toujours faire son chemin seul.
Te faire accompagner aujourd'hui n'enlèverait rien au chemin que tu as parcouru jusqu'ici, ni au fait que tu t'en sors par toi-même.
Je ne parle pas forcément d'une cure avec abstinence en ligne de mire. On peut se faire suivre en "externe" sans forcément s'attaquer de front à la conso.
Ta conso t'échappe aujourd'hui, mais initialement elle répondait à des besoins. Enlever la béquille sans s'occuper du contexte peut faire plus de mal que de bien, et je crois que ce que tu traverses l'illustre bien.
Mais je vois aussi des choses positives dans ton récit, comme ces pauses de quelques jours que tu arrives à faire. Ca n'est pas rien, et tu peux t'appuyer dessus pour avancer.
Personnellement, j'ai choisi de m'occuper de mon contexte et de ma santé mentale, en partant du principe que cela aurait des répercussions positives sur ma conso.
Je viens de trouver une thérapeute sensibilisée en addicto, qui est bientraitante, et qui a entendu que mon objectif n'était pas l'abstinence.
J'ai des proches qui ne sont pas intrusifs et qui me soutiennent sans exiger de moi que j'arrête, y compris mon conjoint, ce qui m'aide énormément. Mettre la pression pour l'arrêt provoque l'inverse des effets recherchés. C'est très important de pouvoir être soutenu sans jugement.
Quand je re-consomme, je m'efforce de le faire sans culpabiliser parce que la culpabilité m'enferme dans une conso encore plus compulsive. Ces périodes de re-consommation ne sont pas "un retour à la case départ", ou une remise en cause de mon rétablissement: je l'ai compris aujourd'hui.
Au fil des pauses que j'arrive à faire, j'apprivoise de mieux en mieux les descentes les jours qui suivent et je les vis de moins en moins difficilement. J'essaie de cultiver les petits plaisirs du quotidien et de prendre soin de moi, autant physiquement que psychologiquement. Je m'accroche au fait que "ça va finir par passer". J'apprends sur moi, sur mon rapport aux consos, sur mon fonctionnement... J'essaie de faire les choses le plus "en conscience" possible.
Je suis en cours de stabilisation pour les troubles qui ont enfin été diagnostiqués il y a 2 ans (j'ai 42 ans, autant dire que l'errance médicale a été longue).
Bref, je suis en chemin.
Est ce que ce que je dis raisonne un peu en toi ou pas du tout?
Accroche toi et prends soin de toi le plus possible.
Au plaisir de continuer à échanger,
Marnowi.
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