[ Expériences ]
[Récit de voyage] Virée vers l'avoir-lieu

#Être #LSD #récit
#1 
Champollion homme
Nouveau membre France
Hier à 21:15
Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.
Genèse (1:3)


La peur vint d’abord, et vint du dedans.

Nous étions plusieurs sur le plateau d’une petite colline. J’étais allongé sur l’herbe, au début du flanc d’un vert coteau, dans une sorte de clairière que fermait l’orée d’un bois ; la tente et les sacs étaient posés dans la verdure, un peu plus loin, et l’herbe était de cette pelouse rase que l’été finit par jaunir. Devant moi, le terrain s’affaissait en prairie jusqu’au fond du vallon, puis remontait en collines boisées, où se voyaient quelques maisons et deux ou trois routes que de rares voitures parcouraient. Le ciel portait des nuages et laissait pourtant descendre une lumière zénitale. Il ne faisait ni trop chaud ni trop froid : une brise semblait couler sur cette seule parcelle de colline, et y étalait la lumière de trois heures comme un beurre doux sur une tartine d’épeautre. Chacun vaquait à ses activités alors que la substance chimique m’avait, depuis déjà plusieurs heures, isolé tant dans mes pensées que dans les stimuli, choisis ou non, que j’accueillais en moi. J’ai voulu dire ma peur à ceux qui étaient là, sobres, assis, debout, mangeant, se déplaçant ; enfin, occupés de choses simples, et je me suis alors aperçu que l’entreprise m’était impossible.

Il faut comprendre où était la peur. Elle se formait tout entière au-dedans de moi, tandis qu’eux demeuraient en dehors. Elle procédait d’intentions que je prêtais à mes camarades, de précautions que je les croyais prendre ou devoir prendre, d’égards que j’imaginais et qui n’existaient nulle part ailleurs que dans ma tête. Voilà ce qui la rendait terrible. Leur présence me parvenait chargée de ce que moi-même j’y avais mis.

Ainsi, je voyais leurs visages devenir lisibles comme des pages. Un pli au coin d’une bouche portait une phrase entière, et cette phrase se révélait à moi, et je la trouvais juste, et elle me condamnait. Le plus douloureux est qu’en la lisant, je n’ignorais pas être celui qui tenait la plume : j’assistais à ma propre fabrication d’autrui, ce travail que l’on fait continuellement sans jamais le voir et qui, pour une fois, se déroulait devant moi, découvert. Son dévoilement me faisait réaliser que j’étais entièrement au-dedans, eux entièrement en dehors, et que ces deux réalités étaient aussi imperméables l’une à l’autre que ne le sont la couleur pour celui qui ne peut pas la voir et les mots par lesquels on tenterait de la lui communiquer.

J’aurais peut-être pu leur dire cela. Je ne l’ai cependant pas fait, et cette omission n’avait rien à voir avec la pudeur. En le disant, je l’aurais reçu en propre. Ces intentions ne m’effrayaient qu’au titre d’être les leurs ; les énoncer revenait à les reconnaître miennes, donc à les désarmer et à retirer à ma peur ce qui lui donnait figure. Chaque phrase que j’aurais prononcée aurait détruit ce qu’elle avait pour charge de transmettre. C’était comme vouloir montrer une ombre en l’éclairant.
Donc je me suis tu et c’est en me taisant que j’ai compris ce que j’éprouvais.
J’avais nommé cela peur, par habitude de langage. La peur est un sentiment intersubjectif : elle a un objet extérieur et déterminé, elle se montre du doigt, elle se partage, et c’est même à cela qu’on la reconnaît, à ce qu’il suffise d’indiquer sa cause pour qu’un autre la comprenne et, le cas échéant, l’éprouve à son tour. Ici, ce que je ressentais ne tenait à aucun objet du monde ; cela procédait de mon être même en tant qu’il se trouvait là. Voilà pourquoi rien ne franchissait la distance qui me séparait des autres. Le mot d’angoisse convenait mieux à cette expérience, précisément parce que l’angoisse ne possède rien qu’elle puisse désigner et transmettre.

Cette rectification n’a rien apaisé, et je veux dire par là : l’intensité n’a pas baissé d’un degré. Quelque chose d’un autre ordre a cependant évolué. Tant que je tenais cela pour une peur, mon silence était un échec, et chaque minute passée sans rien dire ajoutait à la dette que j’accumulais. Dès lors que je l’ai su angoisse, mon silence a cessé d’être un manquement au devoir pour devenir la forme même que la chose, j’entends cette expérience dans son ensemble, exigeait.
Je note ici, pour la suite, que ce moment était celui de l’écart maximal dans le corrélat noétique. Il y avait encore moi et eux, le dedans et le dehors, le sujet et l’objet, etc. : deux termes bien séparés entre lesquels j’aurais aimé qu’il se passe quelque chose sans qu’il en soit, hélas, rien. Tout ce qui suit consistera à voir ces distinctions tomber une à une.
Ensuite, je ne fus plus tout à fait en moi.

Cela se fit sans annonce et sans violence, comme quand on cesse d’entendre le tic-tac d’une horloge qu’on entendait depuis un long moment. Je ne pouvais donc plus rien examiner du dedans. Ce que j’étais, comme continuum d’un étant bien défini dont j’aurais voulu faire l’inventaire, m’échappait au moment précis où je tendais la main pour le prendre ; à quelque échelle que ce soit, il y avait toujours un temps de retard, et, voulant saisir ce que je venais d’être, je le perdais dans l’acte même du recouvrement.

Mon corps bougeait, ou plutôt gesticulait : repositionnement du pied qui se sentait mal à l’aise, alignement du bras engourdi sur l’axe du torse, secousse de la main gauche au contact de l’herbe, clignement d’œil sous l’effet de la lumière, etc. Manifestement, j’examinais avec une grande précision les faits et gestes de ma chair, ce qui, à première vue, semble indiquer une parfaite coïncidence entre elle et moi. Pourtant, la différence entre agir et assister s’imposait : à chaque mouvement de mon corps, j’aurais été incapable de déterminer s’il procédait de ma décision ou si j’en étais simplement le témoin. Cette distinction, si évidente d’ordinaire qu’on ne pense jamais à la nommer, s’imposait presque violemment à moi, tel le constat d’une liberté déchue, si jamais il m’en avait été donné une. Ma main s’est levée et j’ai eu, comme on éprouve une pensée machinale, l’impression de retrouver un objet égaré : ah, cette main.

Autour, tout respirait. La prairie, en pente devant moi, se soulevait selon une période lente et régulière, comme un flanc, et l’herbe s’y couchait par plaques que la brise ne suffisait pas à expliquer. La lisière du bois, derrière, avançait et reculait du même souffle. À chaque expiration, le feuillage se réorganisait en une trame différente, toujours plus précise, toujours parfaitement résolue, et les collines d’en face se recomposaient avec lui, comme formant les doigts ramurés de gigantesques mains prenant racine dans la terre et disparaissant à l’horizon.
Et ce qui m’appartenait, je l’ignorais. Et ce que je percevais ne m’appartenait pas. Il restait quelque part une place, une assise où tout cela avait lieu, mais plus personne n’y était installé.

C’est de cette manière que je est devenu trop mince pour la charge qu’il prétendait porter.

Car je suppose un moi, et le moi est une chose faite. Une synthèse d’expériences reliées entre elles ; quelque chose qu’on peut penser, donc quelque chose qu’on peut perdre. Cette liaison-là avait cessé. Il n’y avait plus rien pour tenir un instant contre l’autre, et les instants, du coup, ne tenaient plus l’un à l’autre.

Je ne pensais pas : il y avait la pensée. Je n’étais pas : il y avait l’être.
Le pronom subsiste ici par convention, pour que la phrase tienne debout et qu’on puisse me comprendre. Il ne désigne plus personne.

Je crois que la langue française, en cela, est mal faite pour l’affaire. Elle exige un sujet devant chaque verbe, elle n’admet pas qu’il y ait de l’avoir-lieu sans quelqu’un à qui cela ait lieu. Toutes les phrases que j’écris ici mentent d’une manière qu’il m’est impossible de corriger mais que j’ai le souci de signaler au lecteur.

Alors les intuitions se succédèrent sans se rejoindre.

Chacune survenait entière, affranchie de l’attente d’une totalité ultérieure qui serait venue l’achever. Elle ne renvoyait pas à celle d’avant, n’annonçait pas la suivante et n’avait besoin d’être reçue par quelqu’un pour être complète. Individuellement, elle emplissait un instant entier, indivisible en lui-même et encore indéterminé par les concepts de l’entendement.
L’expérience et son lieu s’étaient confondus, sans reste. C’est cette confusion qu’il faut retenir : la coalescence.
Chaque instant, dans son intégralité, était.
J’ai cru un moment, en y repensant, y reconnaître une progression, une approche orientée vers une chose qu’on finirait par toucher. Cette représentation suppose pourtant un terme, et l’expérience n’en comportait aucun.

La pensée se pensait se penser, tout entière d’un seul coup, et pourtant faite de parties dont chacune contenait à son tour ce tout.
Et le tout se donnait dans chaque partie, sans que rien vînt s’ajouter au paysage. Il faut insister là-dessus, car on attend ici des figures, du décoratif. La clairière demeurait parfaitement physique et plausible, avec nos chaises de camping et nos sacs posés sur l’herbe ; aucune figure étrangère ne venait s’y surimposer.

Chaque chose contenait la clairière entière. Le pli de l’herbe sous le vent contenait le mouvement des feuillages ; le mouvement des feuillages contenait le trajet des faisceaux entre les troncs ; le trajet des faisceaux contenait l’inclinaison des épaules de mes amis ; cette inclinaison contenait la phrase que j’étais en train de dire ; et ma phrase contenait le pli de l’herbe sous le vent.
Et chaque pensée contenait déjà la suivante. C’est le point que je ne sais dire qu’ainsi. La seule direction que possédât cette expérience était la recherche de la pensée prochaine ; et la pensée prochaine se trouvait contenue dans celle qui la cherchait. Le mouvement revenait ainsi vers sa propre origine ; il pouvait se poursuivre indéfiniment sans qu’aucune progression l’éloignât de ce qu’il contenait déjà.

Je pouvais descendre, et la descente n’avait pas de fond. À chaque niveau je retrouvais exactement ce que je venais de quitter : l’ensemble, à l’identique, avec la même netteté et la même présence.
Ces visages tout autour de moi, quelques heures plus tôt, étaient devenus lisibles comme des pages, et ce que j’y lisais m’accablait pour la seule raison que je le croyais leur. Ils étaient à présent tournés vers moi exactement de la même manière, avec la même attention, et toute possibilité de crainte s’était éteinte avec la distinction qui l’avait portée. Mes intentions et les leurs, leurs paroles et mes réponses, le dedans et le dehors ne se distribuaient plus entre des pôles séparés : leurs regards participaient de la même pensée que ma parole, et cette pensée n’appartenait à personne. Cette pensée était.

C’est ainsi que l’imperméabilité de tantôt revêtait une autre forme. Auparavant, un contenu devait franchir la distance de moi à eux et s’y trouvait arrêté. Désormais, aucun trajet ne séparait plus ce qui aurait dû communiquer. Les écueils du langage subsistaient ; seule avait disparu la nécessité même de leur faire franchir quoi que ce soit.
L’infini m’apparut alors sous la forme de l’inépuisable, du sans-fond. J’ai vu et été ce puits sans terme.
La forme que mon être adoptait démolissait toutes les frontières de l’entendement ; les propriétés mêmes de ma pensée demeuraient identiques tandis que le mouvement se poursuivait indéfiniment. La contradiction n’est qu’apparente parce que l’invariance et le mouvement appartiennent à deux plans différents. La forme, c’est-à-dire l’autosemblance elle-même, était fixe, invariante, identique à chaque profondeur : elle était le point fixe. À l’intérieur de cette forme, chaque niveau ouvrait sur un autre et aucune cellule ne venait clore la série. Un attracteur est le point fixe de l’opération qui l’engendre sans imposer l’immobilité à chacun de ses points. Ainsi pouvaient coexister la plénitude et le mouvement.

Et voilà pourquoi la protention, à ce moment, ne m’a pas pesé. Elle était le rapport même par lequel chaque niveau, imaginez les itérations d’une fractale, engendrait le suivant. Sa fonction appartenait à la structure elle-même. Une nécessité structurante. Rien ne me tirait vers l’avant ; quelque chose me tenait debout par en dessous, et à tous les étages en même temps.
Et pourtant j’ai vu, au loin, qu’il y avait un bord.
Je ne sais pas dire mieux que par le mot que j’ai employé sur le moment : au loin. C’était une direction sans trajet, comme le point de fuite d’un corridor, qui organise toute la perspective et n’est jamais un endroit où l’on entre.
À ce bord, j’ai deviné ce qui se serait passé, et pourquoi cela ne se passerait pas. Là, toutes les distinctions tombaient d’un coup, y compris la dernière, l’unique pilier qui subsistait encore, celle du niveau et du niveau suivant. La disparition de la partie emportait avec elle la présence du tout en chaque partie ; la disparition de l’écart entre les niveaux abolissait le mouvement. Restait un plein réel, immobile, de toute éternité, où la pensée aurait cessé, une onde de longueur d’onde nulle, état mathématiquement impossible, oui, mais qui, s’il existait, correspondrait à une fréquence infinie et à la répétition instantanée d’un même motif.
J’ai senti l’air m’y projeter ; les radiations du soleil m’y accompagner comme si nous étions sensibles à un même flux énergétique et ma parole s’est soudainement altérée : les mots se sont mis à être aspirés vers cette singularité, chacun voulant contenir la phrase entière, et la phrase entière voulant contenir le monologue.

Je ne l’ai jamais atteint. Et je sais aujourd’hui que je ne pouvais pas.
Cela est indépendant de la dose, du temps ou de la concentration, car la limite tient à la forme même de la structure. Une structure autosimilaire de type fractal suppose un rapport d’échelle (r) strictement compris entre 0 et 1. À (r = 1), la réduction d’échelle disparaît : chaque niveau reproduit le précédent à l’identique et l’emboîtement cesse de produire de la profondeur. À (r = 0), toute l’étendue se contracte immédiatement en un point ; avec elle disparaissent la succession des niveaux, la reproduction du tout dans ses parties et, finalement, l’organisation fractale elle-même.
La singularité correspond ainsi à la limite de cette dynamique. L’atteindre reviendrait à porter le rapport d’échelle jusqu’à l’une des valeurs qui abolissent l’itération dont elle procède. Mathématiquement, elle demeure au bord de l’intervalle [0 < r < 1] : le rapport peut tendre vers cette borne aussi longtemps que la structure persiste ; sa coïncidence avec elle signifierait en revanche la disparition de cette structure. Ce point vers qui tout mon être semblait converger correspondait donc à une valeur vers laquelle le rapport d’échelle peut tendre, mais qu’il ne peut atteindre sans abolir la structure même qui rendait l’itération possible.

[...]
les seules voies de recherche ouvertes à l’intelligence ; l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas, chemin de la certitude, qui accompagne la vérité ; l’autre, que l’être n’est pas: et que le non-être est forcément, route où je te le dis, tu ne dois aucunement te laisser séduire. Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n’est pas, tu ne peux le saisir ni l’exprimer ; car le pensé et l’être sont une même chose. [...]
ils croient qu’être et ne pas être est la même chose
et n’est pas la même chose ;
et toujours leur chemin les ramène au même point.
Il n’est plus qu’une voie pour le discours, c’est que l’être soit ;
par là sont des preuves nombreuses
qu’il est inengendré et impérissable, universel, unique, immobile et sans fin.

Il n’a pas été et ne sera pas ; il est maintenant tout entier, un, continu.


Ce que j’écris ici, quelqu’un l’écrit.

Il est pourtant ce qui faisait défaut à cette expérience et c’est son absence passée qui conditionne aujourd’hui la forme de ce témoignage.
Il faut donc lire ce texte comme on lit une reconstitution : établie à partir de traces, par une instance qui doit s’approprier, pour le dire, ce qui n’était à personne. La loi qui m’a fait taire devant mes camarades vaut encore ici. La séparation s’est simplement déplacée : elle passait alors entre deux personnes ; elle passe maintenant entre deux moments. Ce que je rapporte, en le rapportant, cesse d’être ce que je rapporte.

Je dois même concéder ceci, qui gêne : l’ordre dans lequel je viens de tout dire, l’angoisse, puis la sortie, puis je, puis les instants, puis le puits, puis la singularité, est peut-être son ordre à lui, et non celui de la chose. Il retrouve des traces sans liaison et il en fait une suite, parce qu’il ne sait pas se rapporter autrement à une pluralité.

Il faut par ailleurs dire avec quel appareil il a travaillé, faute de quoi l’on prendrait pour des impressions pures ce qui est le produit d’une construction. Le système repose sur une seule dissociation, celle que Kant réunit sous l’aperception transcendantale : d’un côté l’assise, c’est-à-dire la place où une intuition a lieu ; de l’autre le titulaire, l’occupant individué qui persiste et qui, persistant, relie les intuitions entre elles. Ordinairement ces deux fonctions coïncident, et si étroitement qu’aucune langue ne les distingue et que le pronom je les désigne d’un seul mot. Les séparer donne trois régimes. L’assise pleine, où la place est tenue par son occupant, et qui est l’état ordinaire, sobre ; l’assise vacante, où la place demeure sans occupant, et dont ce texte prétend témoigner ; enfin, l’assise nulle, où il n’y a pas de place du tout, et dont rien ne se rapporte jamais. Il suit de là ce que Kant n’admettait guère : la conscience requiert l’assise, et la synthèse seule requiert le titulaire. Une expérience sans sujet semble donc possible, pourvu qu’elle demeure sans liaison.

On appelle coalescence l’état où l’intuition ne se distingue plus de son lieu, faute d’un occupant à qui elle serait donnée. Les genres d’intuitions cessent à leur tour de se distinguer entre eux. On appelle insistance, par opposition à l’ex-sistere dont procède exister, la forme d’une totalité qui se donne entière dans chacune de ses parties, lesquelles la contiennent à leur tour : cette forme est invariante, elle est le point fixe de l’opération qui l’engendre, tandis qu’aucune position en elle n’est un terme, ce qui rend compte de ce que j’aie éprouvé ensemble la plénitude et le mouvement. On appelle singularité l’effondrement de toute distinction en un point sans étendue, et l’on établit qu’il est inatteignable : une structure autosemblable n’existe qu’à la condition d’un rapport d’échelle strictement compris entre zéro et un, de sorte que ce point constitue le bord exclu de l’intervalle où je me trouvais, nécessairement indiqué et jamais occupé. On appelle enfin protention, en retirant au terme husserlien sa fonction d’anticipation, non pas la distance jusqu’à ce point mais le rapport par lequel chaque niveau engendre le suivant : de là qu’elle m’ait paru structurante et non pesante.
Finalement, un contenu constitué dans l’assise vacante ne peut être attribué à un titulaire sans cesser d’être ce qu’il était. Appliquée aux moments, cette loi vicie par avance le présent récit.

C’est la seule forme sous laquelle un tel témoignage puisse exister. Il n’y en a pas de meilleure, et il n’y en a pas d’autre.
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Voilà ce qu'on veut lire. Merci - Cub3000

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