Codéine, effets, risques, témoignages

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La codéine (ou méthylmorphine) est un opiacé, c'est l'un des alcaloïdes contenus dans le pavot somnifère (Papaver Somniferum). Elle est utilisée à visée antalgique et comme antitussif, mais c'est aussi une drogue détournée de son usage pour ses propriétés opiacés, en usage récréatif, ou en auto-substitution.[1] Contrairement à la morphine, elle n'est pas classé comme stupéfiant, et elle est en vente libre en France. C'est l'opiacé le plus utilisé dans le monde.

Bref historique

La codéine a été isolée pour la première fois en 1832 par le chimiste français JP Robiquet, 30 ans après la morphine (1804). Son nom provient du nom en grec de la tête de pavot : kôdé.

Qu'est ce que c'est

Molécule 2D de codéine

La codéine est le deuxieme alcaloïde le plus prédominant dans l'opium, jusqu'à trois pour cent. Bien que la codéine puisse être extraite de sources naturelles, la source primaire de la codéine pour un usage pharmaceutique est un procédé semi-synthétique (O-methylation de la morphine, beaucoup plus abondante dans le pavot)

Elle est considérée comme un morphinique mineur mais possède d'importantes propriétés pharmacologiques. Son dosage à effet comparable est de 6 à 10 fois celui de la morphine suivant les propriétés analogues recherchées et la différence de vertu qu'elle développe. Elle se montre ainsi plus active que la morphine dans la toux sèche où elle s'utilise à un dosage relativement plus faible (correspondance codéine/morphine = 30 mg/5 mg), mais demande un ratio plus élevé (30 mg/3 mg) — corrélant aux doses nécessaires des effets secondaires qui en limitent l'usage — pour atteindre certaines propriétés de la morphine en tant qu'analgésique ou substitut.

De manière strictement substitutive pour atteindre la profondeur des effets de la morphine, notamment dans l'addiction sévère ou l'analgésie lourde, la codéine ne présente que le vingtième ou le trentième de la capacité aiguë de la morphine (30 mg/1 à 1,5 mg) et ne peut dès lors pas être employée avec succès dans ce cadre . (source Wikipedia)

Rappelons que l'OMS classe les antalgiques en 3 niveaux Le niveau I comprend le paracetamol, l'aspirine, les anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS) Le niveau II comprend la codéine et ses dérivés , le tramadol et le nefopam (le dextropropoxyphène a été retiré du marché) Le niveau III comprend les autres opiacés , morphine, fentanyl, oxycodone etc..

Le niveau I est indiqué en première intention pour les douleurs légères à modérées Le niveau II est indiqué pour les douleurs modérées à sévères et/ou en cas d'échec du niveau I Le niveau III est indiqué pour les douleurs sévères et/ou en cas d'échec du niveau II


Les formes galéniques

La Codéine est souvent associée au paracétamol (Codoliprane, Klipal , Daffalgan Codéine etc..) , les préparations ne comportant que de la Codéine sont plus rares = Le Neocodion, Padéryl mais leur contenu en Codéine est plutot bas (15 mg de codéine base par comprimé). Le Tussipax contient 10 mg de codéine et 10 mg d'ethylmorphine. (la différence est minime). Enfin la Dihydrocodeine est représentée par le Dicodin LP 60 mg qui doit être pris toutes les 12 heures.

La plupart des spécialités contenant de la Codéine (y compris associée au paracétamol) sont sur prescription médicale. Toutefois le Neocodion, le Padéryl, le Tussipax ne sont pas soumis à une prescription médicale.

La plupart des spécialités sont des sels de codéine. La dose peut ainsi être exprimée en sels ou en codéine base.

10 mg de phosphate hydrate ou de phosphate de codéine = 7,5 mg de codéine base

10 mg de camphosulfonate de codéine (neocodion) = 6 mg de codéine base. (ainsi 1 cp de neocodion = 25 mg de sel mais 15 mg de codéine base)[2]

Mode de consommation

La voie orale est de très loin la plus pratiquée.

Il existe des suppositoires à la codéine, dont l'effet serait un peu supérieur à celui de la voie orale. Mais cette forme ne se prête pas à un usage intensif.

Etant donné la nécessité d'un métabolisme hépatique en forme active, le sniff n'a aucun intérêt. Les témoignages d'expérimentateurs le confirment. De plus les comprimés habituels (notamment neocodion) ont un enrobage qui entraîne un résidu pâteux peu agréable.

La codéine existe en forme injectable dans les pays anglo-saxons. Toutefois l'injection intra-veineuse (IV) est particulièrement dangereuse car elle entraîne une histamino-libération massive avec choc et oedeme pulmonaire lésionnel.

L'injection intra-musculaire ou sous-cutanée est pratiquée (avec des ampoules injectables de qualité pharmaceutique) mais elle n'a que peu d'intérêt si l'usager peut avaler (le seul "intérêt" est un gain de biodisponibilité d'environ 30%).

L'injection de codéine obtenue à partir des comprimés est fortement déconseillée. En IV elle peut entrainer la mort et en IM et SC des abcès aux points d'injection.

Le purple drank ou lean

Le sirop a base de codéine et de promethazine qui permet de faire le purple drank au USA

Le purple drank est un terme d'argot qui désigneune concoction comprenant un sirop contre la toux contenant de la codéine et de la prométhazine mélangé avec des ingrédients tels que le Sprite ou Mountain Dew. Le mélange est devenu populaire dans la communauté hip-hop dans le sud des États-Unis. Mais il se developpe en France.

Il y a plusieurs termes pour désigner ce mélange : sizzurp, lean, syrup, drank, barre,purple jelly, Texas tea, and Tsikuni.

« Alors c'est plus ou moins une demi bouteille d'euphon de 300 ml (une pour 2), et niveau phenergan entre 2 et 5 cachetons; bien que du coup maintenant je me limite a 2. Je bois le tout dans des cups de 50cl avec les 2 tiers de sprite, en a peu près 10 a 15 minutes max je suppose, et ça environ une a deux fois par semaine en moyenne.  »
-(Source, Kurtis, Psychoactif)

Les effets recherchés

Les effets recherché dans l'usage récréatif sont ceux des opiacés : bien être, euphorie, apaisement, créativité.

« Timide et réservée, j'ai retrouvé en la codéine cet effet que j'avais tant chéri avec l'héro : non seulement le bien être , apaisement etc.. mais également la créativité, j'étais sure de moi, de mes opinions, mon travail s'en ressentait puisque j'étais une pile, motivée pour tout, tout le monde m'aimait et me complimentait sur mon physique et ma personnalité....  »
-(Source, Mia, Psychoactif)
« Personnellement je trouve qu'avec la codéine, l'augmentation de la dose n'apporte rien du tout. Il faut trouver la dose à laquelle on trip, ça peut être 45 ou 300 selon les gens ou plus pour des personnes accros de longue date, mais le plaisir n'est pas plus grand en forçant la dose. Du coup les seules conséquences de forcer la dose sont :

- dépenser de l'argent pour rien - plus d'effets secondaires - développer plus de tolérance plus vite ce qui est exactement ce qu'on veut éviter

 »
-(Source, Syam, Psychoactif)
« Lors de mes récentes déviances codéïnesques, j'ai commencé par les produits ne contenant que de la codéine. Mais quand j'ai essayé le tussipax, j'ai tout de suite arrêté les autres. C'est moins cher, et contient une plus grosse dose (sur wikipedia anglais ils disent que la codéthyline serait 1.5 fois plus efficace que la codéine, ce que j'aurais tendance à confirmer).

De plus, je ne sais pas si c'est du au mélange des deux molécules, ou à la saturation des voies de métabolisation (quoique cela puisse vouloir dire), ou encore une réaction singulière de mon corps face à la codéthyline, mais j'ai l'impression que les effets du Tussipax durent beaucoup plus longtemps que ceux de la codéine pure. Avec cette dernière, on se retrouve en chien près de deux à trois heures après la prise, alors qu'en prenant une bonne dizaine de tussipax vers 20-21h, je me réveillait le lendemain sans symptômes de sevrage, les pupilles encore bien fines et un résidus de démangeaisons. Alors le Néo et compagnie, je n'y pensais même plus. Et c'est sûr que les pharmaciens sont moins sur leurs gardes, bien qu'il y en ait toujours qui soient suspicieux. Faut bien se saper et se raser pour les collectes, avoir l'air d'un cadre dynamique, ça passe mieux.

 »
-(Source, Cosmococcyque, Psychoactif)

La durée des effets de la codéine est d'environ 3 heures, un intervalle de 6 heures entre les prises est recommandé (sauf pour la forme LP= Dicodin)

Selon les spécialités et les AMM, la posologie recommandée ne dépasse pas 120 mg de codéine base par jour en plusieurs prises. Des doses plus élevées peuvent être prescrites par le médecin dans des indications spécifiques, et les personnes dépendantes à la codéine peuvent aller beaucoup plus loin.

La dose létale de codéine chez l'adulte « naif » (ne consommant pas d'opiacé de façon chronique) est estimée autour de 500mg à 1g.

Pharmacologie

Polymorphisme génétique : Tout le monde n'est pas égal devant la codéine

La codéine et la dihydrocodéine ont un métabolisme complexe et une partie des produits du métabolisme est plus active que la molécule d'origine (par exemple 10 % environ de la codéine est métabolisée en morphine) ; ce sont donc des pro-médicaments. Toutefois, il a été dit que seuls ces métabolites étaient actifs, ce qui ne paraît pas exact. L'effet est donc plus complexe que ce que l'on croyait.

Dix pour cent (10%) de la codéine environ est transformée en morphine par le cytochrome CYP2D6, alors que le CYP3A4 la transforme en norcodéine, inactive. Les inhibiteurs spécifiques de ces enzymes peuvent donc modifier l'effet de la codéine. 10 % environ des « caucasiens » (de race blanche) sont naturellement déficients en CYP2D6 et seraient donc « résistants » aux effets analgésiques de la codéine (en fait l'absence d'action analgésique n'est pas aussi nette, selon certains auteurs).

Enfin, des personnes surexprimant fortement le CYP2D6 ont fait des overdoses à des doses thérapeutiques de codéine (1), et une mise en garde spécifique chez l'enfant a été publiée (en dehors du dosage biologique et d'éventuels antécédents, il n'est pas possible de déceler ces personnes qui représenteraient environ 2 % de la population en France). La dihydrocodéine a un profil métabolique analogue (transformation en ethylmorphine), ainsi d'ailleurs que l'oxycodone, opiacé de niveau III (transformation en hydromorphone).


En conclusion, l'effet du polygénisme et des inhibiteurs/inducteurs des CYP2D6 et CYP3A4 est complexe et leurs effets chez un usager donné n'est pas totalement prédictible, toutefois leur connaissance permet d'être conscient de la grande individualité des réactions des usagers.

Les métaboliseurs lents CYP2D6 ont plutôt tendance à être « résistants » à l'effet analgésique mais, par contre, ils semblent protégés contre le développement d'une addiction. A l'inverse, les métaboliseurs ultra-rapides ont un risque d'overdose, notamment chez les enfants et en association à d'autres psychotropes. Pour le CYP3A4 qui métabolise en produits inactifs, l'inhibition renforce la voie métabolique vers les métabolites actifs, et donc augmente indirectement l'effet de la codéine et du tramadol.

À l'inverse l'induction du CYP3A4 peut en diminuer les effets.

Remarque : Le phénotype CYP2D6 peut être déterminé par un examen de laboratoire relativement simple mais encore peu pratiqué en clinique. Certains hôpitaux psychiatriques le demandent pour guider les traitements psychotropes. Il pourrait aussi se révéler utile dans les Centres Méthadone.


Pharmacocinétique

Absorption

Le phosphate de codéine est rapidement résorbé par le tractus gastro-intestinal après administration orale en solution aqueuse. La biodisponibilité est comprise entre 42% et 71% de la dose administrée.

Distribution

Après administration d’une dose unique de 15 mg de phosphate de codéine, la concentration plasmatique moyenne est de 32 ng/ml au bout d’une heure, dont 85% sous forme de glucuronides. La codéine est rapidement distribuée dans les tissus et se concentre dans la musculature squelettique ainsi que dans les reins, les poumons, le foie et la rate. Cependant, seules de très petites quantités passent dans le cerveau, la plus grande partie se liant aux différents récepteurs aux opioïdes avec une faible affinité.


Métabolisme

La codéine est métabolisée dans le foie, essentiellement par glucuroconjugaison (10 à 15% de la dose administrée), par N-déméthylation en norcodéine (10–20%) et par O-déméthylation en morphine (5–15%). La norcodéine et la morphine sont glucurocojuguées à leur tour. L’O-déméthylation de la codéine se produit sous l’action de l’isoenzyme CYP2D6 du cytochrome-P450 et est ainsi soumise au même polymorphisme génétique que la 4-hydroxylation de la débrisoquine. Environ 10% de la population suisse sont homozygotes en ce qui concerne le gène mutant et présentent un déficit en CYP2D6. Chez ces personnes dites à «métabolisme lent», la dégradation métabolique de la codéine est fortement ralentie. Demi-vie plasmatique: 2 à 3 heures.

Elimination

95% de la dose administrée sont éliminés dans les urines en l’espace de 48 heures, dont 5% environ sous forme de codéine inchangée et le reste sous forme de conjugués et de métabolites. L’élimination par les fèces est insignifiante.

Cinétique dans des situations particulières

Les patients atteints d’affection hépatique aiguë et ceux souffrant d’un déficit en CYP2D6 présentent un métabolisme de la codéine fortement ralenti et donc un risque d’accumulation. Chez les patients atteints d’insuffisance rénale, l’élimination de la codéine est ralentie.

Les risques de la consommation

Contre-indications

Ce médicament ne doit pas être utilisé en cas de :

  • hypersensibilité à l'un des constituants ;
  • insuffisance respiratoire ;
  • toux de l'asthmatique ;
  • Prudence en cas d'hypertension intracrânienne qui pourrait être majorée.

Mise en garde

  • Un traitement prolongé à forte dose peut conduire à un état de dépendance.
  • Les toux productives, qui sont un élément fondamental de la défense bronchopulmonaire, sont à respecter.
  • Il est illogique d'associer un expectorant ou mucolytique à un antitussif.
  • Avant de prescrire un traitement antitussif, il convient de rechercher les causes de la toux qui requièrent un traitement spécifique.
  • Si la toux résiste à un antitussif administré à une posologie usuelle, on ne doit pas procéder à une augmentation des doses, mais à un réexamen de la situation clinique.
  • L'attention des sportifs sera attirée sur le fait que cette spécialité contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopage.
  • La prise de boissons alcoolisées et d'autres médicaments contenant de l'alcool (voir interactions) pendant le traitement, est déconseillée.
  • L'attention est appelée, notamment chez les conducteurs de véhicules et les utilisateurs de machines, sur les risques de somnolence attachés à l'emploi de ce médicament.


Interactions avec la codéine

Alcool + codéine

Majoration par l'alcool de l'effet sédatif des antitussifs centraux. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines. Eviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool.

Autres dépresseurs du SNC et codéine

Analgésiques morphiniques, certains antidépresseurs, les antihistaminiques H1 sédatifs, barbituriques, benzodiazépines, clonidine et apparentés, hypnotiques, neuroleptiques, anxiolytiques autres que benzodiazépines.

Majoration de la dépression centrale. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.


Effets secondaires

La codéine a les effets secondaires des opiacés (dépression respiratoire notamment) mais les doses usuelles étant relativement faibles (equivalentes à 12 mg de Morphine par jour), leur sévérité est modérée sauf pathologie associée. Toutefois des métaboliseurs ultra-rapides peuvent présenter une Overdose aux doses thérapeutiques habituelles (cf polymorphisme génétique). La plus grande prudence est notamment de mise chez l'enfant.

En usage chronique cinq effets secondaires peuvent être particuliérement gênants

Les convulsions

La Codéine abaisse le seuil épileptogène [3]

La constipation

Les effets gastro-intestinaux, le plus souvent constipation, particuliérement fréquente avec la codéine. Nausées et Vomissements chez les personnes sensibles.

L'histamino-libération non spécifique

Elle est responsable notamment de prurits parfois sévères, et plus fréquents avec les doses élevées (détournement). La prise préventive d'anti-histaminiques peut atténuer ces réactions.

« j'aimais bien bouffer des néo quand j'avais 17-18 ans. les mercredis, les week-end... et une fois, ma tronche s'est mise à enfler, un peu comme si je m'étais fait piquer pas des guèpes sur la figure!!!  »
-(Source, Naxalythe, Psychoactif)

La dépression

La codéine peut entraîner des dépressions en usage chronique ou a minima un état amotivationnel avec émoussement des émotions. Toutefois il est aussi possible que des personnes dépressives trouvent un soulagement avec la prise chronique de codéine. [1]

La tolérance

Une tolérance aux effets psychotropes de la Codéine peut s'installer, parfois très rapidement, amenant à une augmentation des doses. Les utilisateurs chroniques de codéine prennent souvent des doses supérieures aux recommandations. L'utilisation chronique de la Codéine, même pour des douleurs « bénignes », mène souvent à une addiction, d'autant que les symptomes classiques de sevrage (voir ci dessous) s'accompagnent souvent d'un retour « offensif » de ces douleurs.

« J'ai souffert de migraines durant de nombreuses années. Les crises duraient jusqu'à 72 H. Je pensais alors que tout s'arrangerait par la suite même si mes crises n'étaient soulagées par aucun médicament... J'ai eu recours à divers traitements jusqu'au jour, où l'on m'a prescrit du KLIPAL CODEINE. Là, je revivais... Je dois dire que, contrrairement à ce que je lis, ici et là, si mes maux de tête étaient intenses et récalcitrants et étaient soulagés par la prise de codéine, je n'avais pas les autres effets décrits (impression d'être sur un petit nuage, envie de dormir etc...). Voilà deux ans, j'ai accepté d'être hospitalisée pour sevrage de codéine car les médecins me disaient que c'était la prise de codéine qui amenait la crise suivante. Je suis restée 1 mois 1/2 en clinique. Mais, malgré divers traitements, les douleurs ne s'estompaient pas. Ce fut long et, à la fin de mon hospitalisation, on découvrit un traitement qui fonctionnait bien sur moi. Je suis donc sortie avec des maux de tête supportables (je devais prendre alors du Dafalgan). Malheureusement, quelques jours après mon retour à la maison, j'ai eu des effets secondaires tels qu'il a fallu arrêter immédiatement le Zyprexia....iblement. Et, pour arriver à tenir bon, à vaquer à mes occupations (j'en ai beaucoup), l'on m'a prescrit du DAFALGAN CODEINE. Donc retour à la case départ  »
-(Source, mam221209, Psychoactif)

Codéine et grossesse

La codéine passe dans la circulation foetale. Les études effectuées chez l'animal ont mis en évidence un effet tératogène de la codéine. En clinique, les données épidémiologiques menées sur des effectifs restreints de femmes n'ont cependant pas mis en évidence un risque malformatif particulier de la codéine. Au cours des trois derniers mois de la grossesse, la prise chronique de codéine par la mère, et cela quelle que soit la dose, peut être à l'origine d'un syndrome de sevrage chez le nouveau-né. En fin de grossesse, des posologies élevées, même en traitement bref, sont susceptibles d'entraîner une dépression respiratoire chez le nouveau-né. En conséquence, l'utilisation de la codéine ne doit être envisagée ponctuellement au cours de la grossesse que si nécessaire.

Allaitement

Les concentrations atteintes dans le lait maternel sont doses-dépendantes et peuvent être significatives sur le plan pharmacodynamique. La codéine passe dans le lait maternel ; quelques cas d'hypotonie et de pauses respiratoires ont été décrits chez des nourrissons, après ingestion par les mères de codéine à doses suprathérapeutiques. En cas d'allaitement, la prise de ce médicament est contre-indiquée.

Codéine et paracétamol

Le plus souvent, l'abus des préparations associant paracetamol et codéine conduit surtout à un surdosage de paracetamol, qui peut conduite à une hépatite toxique mortelle. La dose maximale quotidienne de paracetamol est de 4 g/j chez l'adulte, 3 g/j en usage chronique, voire moins en cas de pathologie associée (ethylisme, maladie hépatique).

Il est possible de séparer la codéine du paracétamol en tirant parti de la diminution de solubilité du paracétamol dans l'eau froide. Toutefois de nombreuses erreurs de manipulations peuvent laisser une quantité appréciable de paracétamol dans la solution finale, sans que l'usager puisse le vérifier et de plus l'efficacité de la méthode peut varier selon le sel de codéine.

Il est donc fortement conseillé, en cas de prise supérieure à l'AMM, d'utiliser les formes de codéine ne comportant pas de paracétamol, notamment Neo-codion, Paderyl, Tussipax ou Dicodin.

Addiction

La codéine a souvent été présentée comme moins addictive que les opiacés de niveau III, mais il devient de plus en plus évident qu'il existe une population non négligeable d'usagers addicts à la codéine. Il existe deux grands groupes d'utilisateurs « abusifs » de la codéine

  • ceux qui ont utilisé ces produits pour des douleurs et qui continuent la consommation malgré la disparition ou la diminution des douleurs (ou qui devant la persistance des douleurs augmentent les doses, parfois largement au-delà des doses « officielles »), Ce groupe peut comprendre des usagers qui ne se voient pas du tout comme « addictés », par exemple des personnes âgées qui prennent un traitement continu pour des douleurs « banales ». Toutefois elles sont relativement plus sensibles aux effets secondaires et sont liées à leur traitement par l'apparition d'un syndrome de sevrage et du retour de la douleur, si elles essaient d'arrêter le traitement.
  • ceux qui ont un passé de toxicomanie aux opiacés et utilisent ces produits comme substituts d'autres opiacés. Le neocodion, notamment, reste assez largement utilisé comme autoTSO (Traitement de substitution aux opiacés).[4][1]
« A 39 ans j'en suis au même point sauf que la codéine ne fait plus d'effets... J'ai déjà essayé de me sevrer, descendre progressivement les doses, mais non à chaque fois il faut que je remonte les dosages au bout d'une semaine. Façon cold turkey également essayé, au bout de 2 jours c'est pas la peine, mal partout, diarrhée et la gerbe,en sueurs en permanence, insomnies, maux de tete, enfin c'est pas 2 jours de symptomes grippaux comme j'ai pu le lire quelque part.J'ai tenu 4 jours une fois, ben j'étais pas fier aller aux chiottes toutes les 20 minutes gégoulinant de sueurs et gelé...j'ai repris ma conso.J'ai pas la niak, je sais pas.

Je suis perdu dans tout ça, marre de ce mode de vie centré sur la codéine, faire les pharmacies (avec la tronche pleine de joie du pharmacien), prévoir assez de boites pour les Dimanche et jours fériés... J'en suis à me demander si la buprénorphine ne serait-elle pas une bonne alternative pour un sevrage.

 »
-(Source, Thierry, Psychoactif)
«

Re: La codéine pour soigner la dépression ?

Salut Patrice,Je suis étudiant. Tout comme toi, je suis quelqu'un de démesurément stressé dans la vie de tous les jours. Mal être, angoisse, paranoia, anxiété, peur de tout, questionnement perpetuel de mes actes et de mes pensées hantent mon esprit nuit et jour et m'empêchent de vivre comme je l'aimerais...

J'ai aussi fait une TS quand j'étais au lycée y'a quatre ans et une avant aussi, quand j'étais au collège. Je suis dans l'impossibilité de nouer de véritables relations sociales (amis, copine...) depuis toujours. Suite à ces évènements et au passage par la case psy, j'ai eu quelques consulations psys inutiles, avec des médocs tout aussi vains et des psys/médecins/parents qui ne m'ont jamais compris et n'ont pas non plus pris mon cas au sérieux manifestement.Alors j'ai eu sensiblement la même démarche que toi : je suis allé voir du côté des opiacés afin d'exploiter leur mystérieux potentiel antidépressif...

Ca a marché pendant quelques mois, je ne te le cache pas. Puis au bout de quelque temps, j'ai commencé à m'offrir quelques hors d'oeuvre de type : héroine, opium "rachacha", ou, à de plus rares occasions, skenan, subutex, méthadone... Je m'étais découvert une passion pour les opiacés et ma motivation n'avait au cours de ma vie jamais été aussi forte. Bref, au top! En parallèle j'ai aussi, bien évidemment, augmenté la quantité et la régularité des prises de codéine. Je te la fais vite, mais l'addiction est devenue tellement prononcée que ma vie s'est progressivement transformée... en vie de codéinomane. Plus de sorties, connaissances délaissées, famille négligée, travail baclé...

Ma vie tournait et tourne encore exclusivement autour de la codéine et de l'héroine. C'est vrai, ça peut sembler extrèmement cliché dit comme ça. Pourtant c'est vértiablement ce qui peut arriver. Le prod est au début un excellent animal de compagnie, le meilleur ami du dépressif - ou de l'anxieux, anxio-dépressif... - j'ai envie de dire. Mais ce vicelard ne rêve en réalité que d'une seule et unique chose : prendre la place du maître et en faire son esclave. Et il y parviendra, ça tu peux en être certain.

Le codéine te tient donc mentalement en laisse, tel un clébard. Et le pire dans tout ça, c'est que tu ne t'en rends pas véritablement compte - du moins au début. Cette transition, je dirais, où tes actes et pensées qui jusqu'alors répondaient à une certaine motivation, à une certaine envie, à une certaine opinion, à une certaine réflexion, à une certaine culpabilité ou que sais-je encore se transforment en esclaves purs et durs du produit, est extrèmement difficile à cerner. C'est l'aliénation opioide dans toute sa viciosité. Pour prendre un exemple concret, parlons de l'anxiété puisque c'est ce qui nous intérèsse. Mes angoisses sont aujourd'hui totalement... différentes et sans précédent. J'ai, en quelque sorte, intériorisé ces angoisses. C'est à dire que je ne sais même plus pour quelle raison j'angoisse ; je ne sais même plus pourquoi je refuse d'aller voir des gens, de faire telle ou telle chose, d'aller dans tel ou tel lieu... Tout, n'importe qui, n'importe quoi m'angoisse. Les crises d'angoisse surviennent maintenant pour des raisons incroyablement floues. Comment j'en suis arrivé là? J'en ai aucune idée!

Voilà ce qui peut advenir. La logique disparait. Tout ce qui est dans l'esprit perd son sens. Eh oui, même les angoisses ; c'est pour dire... Elles vont et viennent au gré des circonstances sans trop que l'on sache pourquoi ni comment. Mais attention ; si nous, nous ne savons rien, notre cerveau, lui de son côté, il sait! Et à n'en pas douter, messieurs les opioides ne sont pas tout blancs dans cette affaire. Je ne sais pas grand-chose. En tout cas, ce que je sais c'est qu'il m'est absolument impossible de ne pas reconsommer maximum seize heures après la dernière prise sous peine de ressentir le manque physique qui maintenant supplante en tout point le manque psychique et ses angoisses associées sur l'échelle de la souffrance. Il faut aussi savoir qu'au bout de quelques mois, si tu consommes tous les jours, ton corps sera largement habitué à cet effet de détente, et il ne suffira plus à éliminer (toutes) tes angoisses. Tu risques de te mettre à angoisser même sous codéine. En partie à cause de la tolérance qui augmente - mais pas seulement -l'antidépresseur-maison s'épuise au fil du temps. Et malheureusement, on ne peut pas augmenter les doses indéfiniment - biodisponibilité toussa toussa. Une fois le pallier atteint, tu voudras passer à mieux et/ou tu voudras potentialiser le prod. Ensuite il arrive qu'on en vienne à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour retrouver cet effet antidépresseur d'antan que l'on chérissait tant, quitte à se foutre la vie en l'air s'il le faut.

Environ quatre ans après ma première prise, je suis toujours dans cette quête de l'effet antidépresseur, une quête que je qualifierais d'éternelle. J'en suis donc à un point où la ligne de mon existence m'est entièrement dictée par les substances que je consomme.

 »
-(Source, Ygrek, Psychoactif)

Syndrome de sevrage

Le sevrage brutal d'une consommation chronique de codéine expose à une symptomatologie commune à tous les sevrages opiacés (syndrome grippal, diarrhée etc..). Le syndrome physique de sevrage débute en général 24 heures après l'arret de la consommation, atteint un pic entre 48 et 72 heures et disparaît après une semaine environ. Toutefois, à la suite du sevrage physique, un état de mal être avec craving pour le produit peut durer des semaines ou des mois. Le Wiki « usage, abus et addiction à la codéine et au tramadol » décrit la prise en charge. [4]

« Ca y est le manque commence à vraiment se faire sentir. j'angoisse que la nuit commence à tomber. J'ai bu deux verres de vin pour essayer de réchauffer mon corps et pour compenser l'angoisse nocturne. C'est grave de boire un peu d'alcool en sevrage? Est-il vrai que fumer du bédot empire les choses? J'ai envie de prendre mon 2ème prazépam de la journée...;et va falloir que j'avalle mon 1er Seroplex. Le sport pour mes jambes me semble impossible, j'ai trop mal. un bain chaud?(c'est mauvais pour la circulation non?) Pff là je me sens énervée et fatiguée et puis c'est que le début j'aimerais avoir du soutient ou des conseils.  »
-(Source, Mia, Psychoactif)

Références

  1. 1,0 et 1,1 La codéine, une soupape de sécurité
  2. La Codéine ? ‘‘Parlons-en’’
  3. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15466903
  4. 4,0 et 4,1 Usage,_abus_et_addiction_à_la_codéine_et_au_tramadol

Liens