C'est possible d'avoir une vie épanouie avec les stups ? / Les Blogs de PsychoACTIF
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C'est possible d'avoir une vie épanouie avec les stups ? 



Bonjour à tous !
Aucun jugement de ma part, juste une vague interrogation. Ça fait quelques temps maintenant que je tourne autour des substances psychoactives (dissos, opiacés, benzos), je sais que ce ne sont pas les substances réputées les plus safe et que cela me rattrapera éventuellement et j'essaie d'arreter. Mais parfois je me demande s'il est possible de mener une vie avec les substances. Je ne parle pas d'une vie "normale" dans le sens conventionnel du terme mais plutôt d'une vie qui soit à peu près agréable. J'ai l'impression que c'est impossible, qu'il n'y a que la sobriété ou un espèce de truc insoutenable, mais je ne sais pas si ce sont des préjugés ou autres. Ainsi, je voudrais m'eduquer sur le sujet, je serais curieuse de voir si des gens ont des témoignages ou autres.

Catégorie : En passant - 08 juillet 2021 à  18:27



Commentaires
#1 Posté par : guygeorges 08 juillet 2021 à  18:39
Mon humble avis sur la question, c'est que je suis bien plus sensible aux petits plaisirs de la vie lorsque je suis sobre depuis quelque temps que lorsque que je consomme, même un peu. Et le plaisir que j'ai avec la drogue, c'est pas un plaisir nourrissant "l'âme" (par faute de trouver un meilleur terme), par rapport aux petits plaisirs de la vie. Du coup j'ai vraiment l'impression que de prendre des produits, surtout après avoir passé des périodes à en abuser, ça rends ma vie moins belle.

Par exemple partager des rires entre amis ou en famille, c'est un petit plaisir. Fumer une tache de MDPV, c'est un gros plaisir. Mais à la fin, quand je repense à ces deux souvenirs, le premier me laisse une bonne impression, le deuxième non. Je ressens pas d'accomplissement à avoir fumer un stimulant. Et en plus d'avoir fumer du MDPV m'empêche pendant quelques jours ou semaines de sentir à 100% un plaisir d'une interaction sociale.

D'ailleurs je n’ai jamais été trop dans les opiacés, jamais dépendant physiquement, mais j'ai trouvé que c'était les composés qui supprimaient le plus chez moi ces petits plaisirs de la vie quotidienne. A 2 (ou exceptionnellement 3 fois grand max) boîtes de codéine par semaine seulement, je n'avais plus de plaisir à bouffer, à voir mes amis, à travailler des sujets que j'appréciais... Et ducoup ça tuais vraiment toute passion en moi !

Avec les dissociatifs, ma classe de produit de choix, j'ai cette diminution des plaisirs après, je ressens des effets secondaires négatifs (surtout que ça se passe souvent en petite binge). Mais j'ai tout de même cette sensation de voyage, de découvrir quelque chose à chaque fois, de me frotter un peu a quelque chose de sacré quand j'ai un trip réussi. C'est pour ça que je les préfère, si j'ai envie de prendre quelque chose, par rapport aux autres produits. Mais bon c'est les gouts et les couleurs ça, on cherche tous quelque chose de différents des produits.

C'est mon expérience personnelle en tout cas, pour ce qu'elle vaut.
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Bien dit

Posté par : guygeorges | 08 juillet 2021 à  18:39

 
#2 Posté par : cependant 08 juillet 2021 à  20:38
Salut,

moi je considère que oui...malgré les difficultés de la vie quoi wink

pour moi j'ai l'impression dans ma vie d'avoir passé très peu de moments bien sans rien, depuis petite. J'ai commencé le cannabis et l'alcool à la fin de l'adolescence et c'est là que j'ai commencé à me sentir mieux socialement, dans ma tête.

J'ai étudié, bossé, voyagé, expérimenté, rencontré des gens, galéré aussi parfois, mais je n'ai jamais eu l'impression que les prods ont été un frein à vivre une vie épanouie.

Cependant, j'ai aussi réalisé que certaines molécules me faisaient plus bien que mal à certains moments, mais c'était des moments déjà pas faciles...

Et récemment, je comprends quand même que la dépendence physique n'est pas une mince affaire (concernant les opis par exemple), même si globalement je dois bien avouer que dans la balance bénéfices/effets négatifs, j'ai l'impression d'y gagner encore à consommer (malgré la tolérance)...

Posté par : cependant | 08 juillet 2021 à  20:38

 
#3 Posté par : anonyme 710 08 juillet 2021 à  22:37
Salut,

En fait c'est assez complexe de répondre.

Premièrement, je penses qu'une vie sous stupéfiant est tout à fait possible, mais deviens rapidement un enfer. Les émotions sont sans cesse confondus entre euphorie et extase et manque mais bien vite, lorsque la substance ne fait plus effet, c'est le manque psychologique qui prends le dessus.

Il y a également le risque de perdre la conscience de la consommation d'une substance, ce que l'opinion publique appelle "plonger". Par exemple, la consommation d'opioïde peut mener à l'isolation, etc. Je dirais donc que les substances "légères" pourrait masquer cet incovéniant. Pour avoir tester le Tramadol à de faibles doses (75mg, 100mg), il serait plus propice à un usage à vie malgré les nombreux risques pour la santé.

Et à la fois, les problèmes de santé engendrés ne constituent-ils pas une barrière pour avoir une vie épanouie ? Le tabac est le meilleur des exemples. Quand il devient complexe d'avoir une activité physique régulière, etc.
Et puis la plupart sont anxoréxigène, abaissent la capacité du système immunitaire, influent de manière négative sur le coeur, etc.

Finalement, et cela été démontrée maintes et maintes fois, seules les opioïdes pures (or tramadol, méthadone, buprénorphine et tapentadol) sont les substances les moins dangereuses. Les seuls risques sont le surdosage, la dépendance, l'addiction...et la constipation. Mais bon...tu me diras il existe des personnes sous méthadone et qui y resterons jusqu'a leurs dernier souffle.

Sinon, tant que les mesures de réduction des risques étandues (les produits sont purs à 100%, pris par voie orale, avec une certaine considération des dosages, une connaissance de ses propres limites donc le respect de sa propre tolérance, etc.) sont respectés en tout temps, il serait possible de répondre positivement à ta question.

Mais bon, personnellement je ne serais pas pour. A reconsidérer...

Amicalement,

Az
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Ici, on parle en je, on s'exprime en son nom sinon dehors. carton jaune next red

Posté par : anonyme 710 | 08 juillet 2021 à  22:37

 
#4 Posté par : Meumeuh 09 juillet 2021 à  03:11
Yo

Pour ma part OUI ...et de plus ma vie ne se résume pas à  mon usage de prods.... mais  j'ai quelques  kilomètres au compteur  ^^


drogue-peace

MM

Posté par : Meumeuh | 09 juillet 2021 à  03:11

 
#5 Posté par : bloodi 09 juillet 2021 à  04:29
Pour la mienne, aussi, c'est possible.
Cela dépend, pour beaucoup, ce que tu mets et fais dans la vie, à coté de la conso de prods.
Je rappelle que c'est toujours l'usage qui peut poser problème.
Pas le/les prods.
Le prod est inerte, il est sans conscience, il se moque de savoir si tu vas le consommer ou pas.
L'usage que tu vas en faire, ou pas, est une toute autre histoire.
C'est pour cela qu'il est délicat de dire que les prods sont systématiquement préjudiciables pour la santé, et de diaboliser certains prods plus que d'autres.
Tout prod peut s'avérer positif ou nocif pour l'usager.
Le contexte, les attentes, les appréhensions, l'engouement, et la dimension, dans la quelle il est consommé, sont déterminants.
Ce que je ne pas nier est qu'il existe des prods entrainant un craving, particulierement pénible, auquel il est plus difficile de résister qu'à d'autres.
L'intensité du craving est alors un facteur déterminant et parfois/souvent aggravant.
Pour l'usager.
A chacun de choisir, après expérimentation, le/les prods qui génèrent chez lui un craving minimal.
Et ce n'est pas généralisable.
La stigmatisation de certains prods est, à ce sens, un peu caduque.
Il n'intéresse, plutôt, que les politiques, de santé et de non-sante et fait le lit des des dynamiques liberticides et prohibitionnistes.
Ainsi que les gros producteurs légaux ou non qui se font un max de blé dans une telle conjonctures.
Elle remplit aussi les prisons et permet de faire tourner la machine.
Le prohibitionnisme n'est pas un problème de santé publique. Juste une histoire politique, électorale et une affaire de gros sous.
Pour ces raisons, je pense, mais ça n'engage que moi, qu'il est possible d'avoir une conso raisonnée qui ne mets pas, systématiquement, la vie du sujet en péril.

Posté par : bloodi | 09 juillet 2021 à  04:29

 
#6 Posté par : plotchiplocth 09 juillet 2021 à  11:20

anonyme 710 a écrit

(je reponds a cause de toi tellement tu me fatigues avec tes avis prescriptifs et normatifs, le jaune est de ma part)
je crois que tu cites dans ton texte des choses dont tu n as pas l'experience mais que tu peux qualifier.... no comment.
ici, c'est de l'autosupport. (ref) c'est à dire ceux qui apportent de l'aide ont une expérience des pratiques AMHA ils peuvent donner de l'experience, du vecu. Si c'est ca ok, c'est la charte qui encadre les échanges ici

je pense qu'on peut avoir une vie epanouie sous stup selon l'entourage et les porteurs de morale qu on croise ou pas


Posté par : plotchiplocth | 09 juillet 2021 à  11:20

 
#7 Posté par : guygeorges 09 juillet 2021 à  12:35

Je rappelle que c'est toujours l'usage qui peut poser problème.
Pas le/les prods.
Le prod est inerte, il est sans conscience, il se moque de savoir si tu vas le consommer ou pas.
L'usage que tu vas en faire, ou pas, est une toute autre histoire.
C'est pour cela qu'il est délicat de dire que les prods sont systématiquement préjudiciables pour la santé, et de diaboliser certains prods plus que d'autres.
Tout prod peut s'avérer positif ou nocif pour l'usager.
Le contexte, les attentes, les appréhensions, l'engouement, et la dimension, dans la quelle il est consommé, sont déterminants.

J'ai toujours un peu du mal avec ce discours. Bien-sûr je vois ce que tu veux dire, et dans un contexte de diabolisation des produits, c’est intéressant de mettre ça en avant. Car perso cette diabolisation débile a fortement augmenté ma curiosité quand j'étais gamin. D'un côté je vois que des personnes sont prête à mourir pour leur produit, et dans l'autre on me dit que c'est de la merde, du poison, que ça n'apporte rien...

Mais il y a des produits qui ont une plus grande probabilité d'avoir un impact sur ton usage. Dire que c'est uniquement l'usage qui pose problème, ok. Le prod est inerte ok. Mais on peut évaluer précisément la compulsivité d'un produit avec des tests sur le rat. Combien de fois un rat va appuyer sur une manette pour avoir un second shoot. Du coup l'usage est aussi fortement impacté par la capacité addictive/compulsive (bon je suis peut-être pas rigoureux sur les termes employés) de la substance inerte, même si elle est inerte.

Du coup diaboliser c'est sûr que non, c’est pas utile, mais il y a vraiment certains prods ou pratiques qui ont une plus grande probabilité de s'avérer nocif pour l'usager, et malgré qu'ils soient inertes, modifier l'usage de la personne.

Pour clarifier : la relation usager <=> produit <=> usage, elle est impactée à la fois par l'usager et à la fois par les propriétés du produit. Dire que c'est que l'usage qui fait le souci, c'est tout remettre sur l'usager s'il perds le contrôle de son usage, IMO qu'une part de la vérité complexe et multifactorielle d'une perte de contrôle.

Contre la diabolisation d'une substance, mais je pense qu'on peut réellement faire une gradation objective du risque selon les substances.

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En effet pas toute la responsabilité sur la substance... ni sur l'usager ~MG
 
Oui Guy, bien sur qu'un peut faire une gradation... Tout ça n'est que MON avis
 
Entièrement d'accord - Unposcaille
 
La science a prouvé que j' étais pas un rat

Posté par : guygeorges | 09 juillet 2021 à  12:35

 
#8 Posté par : plotchiplocth 09 juillet 2021 à  13:14

guygeorges a écrit

une part de la vérité complexe et multifactorielle d'une perte de contrôle.

oui d'accord avec toi pas de simplisme

guygeorges a écrit

s'avérer nocif

je crois que ca c'est vrai et en meme temps tres subjectif. et c'est là ou faut faire gaffe AMHA a pas nier les diversités dans un avis normatif.
ex paradoxal: j'ai fait des trucs nocifs pour ma santé qui m'ont permis de vivre


guygeorges a écrit

gradation objective

heu.... ca depend. je pense que l'emploi de ces deux mots conjointements implique nécessairement de préciser critères, indicateurs, champ etc = il n'y a pas d'objectivité du tout
1/ sur une échelle sanitaire avec des criteres et des indicataires bio?. sur une échelle expérientielle de vécus? quel "échantillon de drogués" pour ton étude?
2/ une gradation objective probabiliste? oui, je crois que c'est bien de l'écrire comme ca au début des phrases qui le nécessitent pour etre un peu clair scientifiquement. parce que le mot, le concept probabiliste montre bien l(e peu d')assise employée parfois pour justifier l'assertion, et reconnait qu'il ne décrit qu'un aspect à côté d'autres qu'il prend choix déliberement d'occulter.

la gradation objective probabiliste m'a déjà condamnée, et n'a portée aucun attention à mon expérience de vie. je l'ai expérimentée comme aveugle aux moments harmoniques que les drogues ont permis dans ma vie

la gradation objective probabiliste, selon le discours qui l'accompagne, peut avoir un effet normatif délètere, d'exclusion marginalisation occultation, ou être une aide et de la capacité à agir sur ses usages. Les mots ont leur symbolique et leur pouvoir, et le discours qui s'en saisit pourra aider comme aggraver. Et c'est à ca que je suis attentif de près dans les lectures de tous les posts, sur ce point que j'essaie d'être pointu et intransigeant dans mes lectures. Sur le discours qui est mis en oeuvre. sans aucun doute de manière imparfaite et paradoxale. Mais je m'y applique


oui l'usager à sa part, le contexte et le produit aussi. Je crois que ici en échangeant entre usagers qui pratiquent, dans leurs pratiques, on essaie de renforcer les compétences que l'usager peut mettre en oeuvre dans cette triangulation.


Posté par : plotchiplocth | 09 juillet 2021 à  13:14

 
#9 Posté par : Hilde 09 juillet 2021 à  13:29

a écrit

J'ai toujours un peu du mal avec ce discours.

Moi aussi. S'ils sont physiquement inertes ces produits ne le sont pas chimiquement, c'est bien là la question!


Posté par : Hilde | 09 juillet 2021 à  13:29

 
#10 Posté par : plotchiplocth 09 juillet 2021 à  14:31

Hilde a écrit

Moi aussi. S'ils sont physiquement inertes ces produits ne le sont pas chimiquement, c'est bien là la question!

(super smile salut Hilde)
bien d'accord. le probleme évoqué souvent dans les échanges est leur investissement / désinvestissement moral (comme très justement souligné par GG), et selon comment elle est déployée/saisie, l'info sanitaire peut se montrer comme un objet moral. ou normatif.


sinon oui bien sur chimiquement le guarana et la methamphetamine ont pas le même potentiel addictif a priori, en tout cas dans mon expérience


Posté par : plotchiplocth | 09 juillet 2021 à  14:31

 
#11 Posté par : plotchiplocth 09 juillet 2021 à  14:40

anonyme 710 a écrit

Sinon, tant que les mesures de réduction des risques étandues (les produits sont purs à 100%, pris par voie orale, avec une certaine considération des dosages, une connaissance de ses propres limites donc le respect de sa propre tolérance, etc.) sont respectés en tout temps, il serait possible de répondre positivement à ta question.

j'ai pris le temps de relire attentivement
et ca, comme propos/discours, sous cette forme, c'est carton rouge pour moi.
ce n'est pas de la RdR ce que tu décris. ca n'a rien de RdR.
c'est de l'hygiénisme.
rien à faire là AMHA
la Réduction des Risques ce n'est pas un ensemble de règles sanitaires à respecter, c'est une démarche qui s'intéresse aux besoins des usagers pour leur permettre d'agir un mieux en s'appuyant sur des données sanitaires
c'est la négation de 30 années de militantisme ce que j'ai repris comme citation de ton post au dessus....
Dire que sorti de ces conditions c'est forcement pas epanouissant c'est carton rouge. je ne te permets pas de me (d'autres) nier

azebarit, ici on fait de l'autosupport. point. tu ecris un paragraphe prescriptif, une vérité, pas de je?
ca a rien à faire là AMHA
tous les témoignages sont les bienvenus. Je souhaite que des gens ecrivent que la drogue a ravagé leur vie si s'en est leur experience. et l'inverse aussi. et les nuances entre aussi. il faut qu'on puisse en discuter entre usagers. Donc pas d'avis prescriptif qui ne sont pas un témoignage, on parle en JE, et en tout cas pas de discours excluant comme ca AMHA on est pas sur doctissimo

(mes excuses à unposcaille pour le flood)


Posté par : plotchiplocth | 09 juillet 2021 à  14:40

 
#12 Posté par : prescripteur 09 juillet 2021 à  16:58
Bonjour, à propos d'un avis à donner sur des outils de dépistage du "mésusage" des opiaces , je propose de remplacer la notion de "mésusage" par une analyse selon 4 axes largement indépendants.

la conformité à l'usage réglementaire (mésusage)

le contrôle sur sa consommation par l'usager

les effets bénéfiques

les effets négatifs

Je crois que ça permet d'analyser une consommation (médicamenteuse ou recreative) et d'en mettre en évidence les bénéfices et les risques et les points à surveiller.

Le mésusage réglementaire entraine bien sûr  les difficultés médicales ou judiciaires.
Je crois que le contrôle sur la consommation est le facteur principal de consommation à long terme sans trop de pb.
Enfin la balance des effets positifs et négatifs est importante et bien sûr elle évolue dans le temps. Il est donc important de reactualiser regulièrement cette analyse.

Il n'est pas necessaire d'etre "toxicomane" pour mener cette analyse. De nombreux français ont un "probleme" avec l'alcool , que ce soit sur le plan réglementaire (conduite en etat alcoolisé), contrôle (cuites occasionnelles) , effets bénéfiques (le vin c'est bon), effets négatifs (notamment augmentation de la mortalité au dessus de 2 verres/jour).
Mais on peut tout de même mener une vie sereine en dehors de ces quelques accrochages avec l'alcool, si on n'est pas dépendant (alcoolique). Je pense qu'il est possible de le faire avec la plupart des produits mais malheureusement il est difficile de l'évaluer, vu leur caractère illégal.

Est ce que cela vous parle ?

Amicalement
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ca me parle :)

Posté par : prescripteur | 09 juillet 2021 à  16:58

 
#13 Posté par : Lolla 09 juillet 2021 à  23:28
Bonsoir Unposcaille,

C'est drôle, tu te pose une question que je me suis souvent posée wink

En ce qui me concerne je crois que certains stups m'ont aidée à passer des périodes assez compliquées de ma vie. Par exemple, je pense qu'en prenant des stims j'ai pu vaincre ma timidité maladive et me sociabiliser un peu plus.
Du coup en faisant sauter ces barrières je me suis épanouie plus facilement. Peut être que j'y serait arrivée d'une autre façon mais bon peu importe, c'est fait.
Par contre il y a des prods qui ne m'ont pas du tout réussie ^^

Après il me semble que c'est propre à chacun, certain(e)s vont mal vivre leur(s) expérience(s) avec les stups mais d'autres vont y trouver leur compte, c'est un choix de vie et qu'il ne faut pas trop se prendre la tête de savoir si c'est "bien" ou "mal" mais juste faire attention à sa façon de consommer.

Je ne veux pas faire l'apologie des stups mais je peux dire que certains m'ont permis de grandir et d'avancer plus facilement, même si j'ai peut être un peu le revers de la médaille à présent.

Amicalement.
Lolla
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Viii ~MG

Posté par : Lolla | 09 juillet 2021 à  23:28

 
#14 Posté par : Unkn0wnGrrl 11 juillet 2021 à  12:12
Bonjour !

Eh bien, pour ma part, la consommation de MDMA m'a beaucoup aidé dans mes relations sociales, ma confiance en moi, etc. Et je m'imaginais me réaliser de la sorte.
En effet, je prodais à peu près toutes les deux semaines (un rythme finalement assez intense qui a duré 6 mois) et le reste empathique que me faisait la MD m'aidait grandement pour tolérer les gens de manière générale.
Cependant, ça n'a pas pu durer, à cause de mon cerveau qui a juste dit stop.

Honnêtement, une vie épanouie avec prods me semble difficile. Ça dépend de tout à chacun, mais pour moi qui ai des problèmes d'addictions (avec une consistance assez faible aussi), ma consommation n'a entraîné que des problèmes.

Peut-être est-ce possible d'être épanouie, avec une drogue pas très dure ? Que tu arrives à gérer ? En ayant une bie bien remplie, des passions ? Je ne sais pas...
Malgré tout, j'ai repris la prod légèrement (Tramadol 37,5) et je me sens "mieux", mentalement. J'espace les prises et écoute pour corps pour ne pas abuser de prods, et espère pouvoir vivre une vie "convenable" de cette manière là. On verra.

En tout cas, c'est une question très intéressante, qui pousse à la réflexion !
(En espérant ne pas avoir été hors sujet ^^)
Bonne journée à tous

Posté par : Unkn0wnGrrl | 11 juillet 2021 à  12:12

 
#15 Posté par : Stelli 11 juillet 2021 à  13:37
Je vais répondre de mon point de vue perso : après des années à culpabiliser, je vis très bien avec mes consos.
En fait les problèmes que je peux rencontrer sont plus externes... la législation inique qui prévaut en France, la difficulté à trouver un produit correct (quoique qu’avec les bons contacts, on peut trouver), mais surtout le regard des gens...
Au boulot, être obligé de se planquer pour fumer, ne pas trop en dire auprès de n’importe qui, cacher une partie de sa vie à tout un tas de personnes qui pourraient causer des problèmes (services sociaux, justice.....).
Je suis bien avec ma conso et avec moi-même, mais j’ai toujours autant de problèmes vis à vis des « autres », enfin, de certains. Car dans l’ensemble, depuis que j’assume mes consos, mes proches les acceptent mieux aussi. Ils constatent que ça ne m’empêche pas de vivre ma vie, d’être équilibrée (plus ou moins roll) d’assumer mes responsabilités... bref ils ont moins peur en fait.
Tout ceci a pris du temps, déjà il m’a fallu expérimenter mes propos limites, apprendre à gérer mes consos, mes dépendances, le manque, les craving, ma relation au shoot... et l’image que j’avais de moi-même. Ça a pris de longues années (je partais de loin en matière de dévalorisation, d’absence de confiance en moi, et de négativité, bon, faut dire que j’avais de bonnes raisons malheureusement), et rien n’est jamais acquis, mais ça vaut la peine!
Et finalement même entre consommateurs, la limite de ce qui est acceptable ou non reste floue... et diffère d’une personne à une autre, ce qui parfois crée des conflits, en particulier avec les personnes dont on est proches au quotidien.
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:) merci et pareil

Posté par : Stelli | 11 juillet 2021 à  13:37

 
#16 Posté par : Unposcaille 11 juillet 2021 à  16:32
Bonjour !
Je voulais remercier tout le monde pour tous ces témoignages ! C'est vraiment super gentil de votre part à tous d'avoir pris le temps de me répondre de manière aussi détaillée. J'ai mis autant de temps à répondre car vu l'ampleur des commentaires, y répondre sur smartphone n'est pas chose aisée ! Pour les débats qu'il y a eu sur le post, je ne pense pas revenir dessus car d'autres personnes se sont déjà exprimées à ce sujet, j'ai préféré donner un champi haha.

a écrit

c'est que je suis bien plus sensible aux petits plaisirs de la vie lorsque je suis sobre depuis quelque temps que lorsque que je consomme, même un peu. Et le plaisir que j'ai avec la drogue, c'est pas un plaisir nourrissant "l'âme" (par faute de trouver un meilleur terme), par rapport aux petits plaisirs de la vie.

C'est drôle parce que tu as réussi à mettre les mots sur quelque-chose que je n'arrivais pas à verbaliser (après ça vient sans doute des prods que je prends aussi). Après c'est vrai que les dissos offrent souvent un voyage sympathique, mais souvent j'oublie ce qu'il s'est passé pendant la prise du coup j'ai un petit ressenti amer, notamment parce que j'ai déjà eu des révélations que j'ai par la suite totalement oubliées... Tristesse.

a écrit

Est ce que cela vous parle ?

Je n'avais jamais envisagé les choses sous cet angle, je pense que je vais retenir ceci car ça m'a l'air d'un outil vraiment utile pour envisager ses consos. Merci beaucoup pour cette intervention !

a écrit

il ne faut pas trop se prendre la tête de savoir si c'est "bien" ou "mal" mais juste faire attention à sa façon de consommer.

C'est quelque chose que je passe beaucoup de temps à faire et honnêtement ça ne m'a pas trop apporté ni empêché de consommer, au contraire ça m'a plutôt enfoncé haha. C'est con parce que comme toi certaines consos m'ont plutôt aidé (c'est con mais pouvoir passer une soirée sympa à être sociable alors que normalement je passer des soirée déprime/ dodo à 20h à cause de a fatigue liée à des troubles mentaux ça aide mine de rien).

a écrit

Peut-être est-ce possible d'être épanouie, avec une drogue pas très dure ? Que tu arrives à gérer ? En ayant une bie bien remplie, des passions ? Je ne sais pas...

Tu n'as pas été hors sujet du tout !!!! C'est sur que si tu as une nature très addictive ça risque de poser vite des soucis, je comprends que ce soit difficile à gérer hmm  Je sais que par exemple mon père a du mal à gérer ses consos de cannabis alors que c'est une drogue réputée "douce", donc même si la nature du prod joue je pense que la personne aussi. Apprendre à se connaître et à se gérer c'est assez dur je trouve ! D'ailleurs ça se voit dans les témoignages que j'ai eu au final, y'a un peu de tout c'est super intéressant. Merci !

Stelli a écrit

En fait les problèmes que je peux rencontrer sont plus externes... la législation inique qui prévaut en France, la difficulté à trouver un produit correct (quoique qu’avec les bons contacts, on peut trouver), mais surtout le regard des gens...

C'est vrai que ça aide pas du tout ! Perso c'est difficile d'assumer le regard des gens et d'être honnête à ce sujet, je reviens de loin aussi niveau "image de moi" donc j'espère que si j'arrive à améliorer ça j'arriverai à m'affirmer d'avantage. Merci beaucoup pour ton témoignage très instructif smile


Posté par : Unposcaille | 11 juillet 2021 à  16:32

 
#17 Posté par : cependant 12 juillet 2021 à  13:28

a écrit

Mais on peut évaluer précisément la compulsivité d'un produit avec des tests sur le rat. Combien de fois un rat va appuyer sur une manette pour avoir un second shoot. Du coup l'usage est aussi fortement impacté par la capacité addictive/compulsive (bon je suis peut-être pas rigoureux sur les termes employés) de la substance inerte, même si elle est inerte.

Salut

l'expérience du parc aux rats ça te parle ?

C'était MG qui avait posté une vidéo qui la présentait brièvement :


Si même pour les rats il y a une composante sociale importante, j'ose pas imaginer pour les humains, qui, en effets, ne sont pas des souris wink


Posté par : cependant | 12 juillet 2021 à  13:28

 
#18 Posté par : Morning Glory 12 juillet 2021 à  13:39
Je pense vraiment qu'il y a les deux et même plus:

Les substances qui de par leurs différents modes d'action (TAAR1, VMAT2, sigma1, mu, acetylcholine nicotinique, BDNF dans le noyaux accumbens, etc), leur puissance sur l'aire tegmentale-ventrale, leur vitesse d'action et leur durée d'effet (couplées donc à la ROA utilisée), ne vont selon toute logique pas induire la même forme de dépendance, pas exactement de la même manière et pas forcément toutes à la même rapidité ou puissance

La neurologie et le psychisme de l'individu, ses problèmes éventuels dans la vie et les raisons pour lesquelles il consomme.

La qualité de la vie sociale de l'individu comme démontré dans rat parc.

Peut être d'autre piliers que je ne connais pas.


Du coup de mon point de vue vous avez tous raison wink L'addiction ce n'est pas une ou deux composantes. C'est beaucoup plus complexe. Je suis d'accord avec Guy comme avec toi Cependant.

Pour ce qui est du champi jaune à Guy, je répondrai que non nous ne somme pas des rats, et que oui des différences existent. Mais aussi plein de similitudes et de très nombreuses expériences sur les rats nous dévoilent des choses très intéressantes sur nous (sinon nous n'en ferions pas, sauf pour de l'éthologie quoi). Et je ne vois en l'occurrence pas pourquoi, à variables adjacentes sus-citées égales, les drogues auraient des effets addictogenes hétéroclites sur le cerveau des rats et pas sur le nôtre.

Posté par : Morning Glory | 12 juillet 2021 à  13:39

 
#19 Posté par : guygeorges 12 juillet 2021 à  14:47

cependant a écrit

a écrit

Mais on peut évaluer précisément la compulsivité d'un produit avec des tests sur le rat. Combien de fois un rat va appuyer sur une manette pour avoir un second shoot. Du coup l'usage est aussi fortement impacté par la capacité addictive/compulsive (bon je suis peut-être pas rigoureux sur les termes employés) de la substance inerte, même si elle est inerte.

Salut

l'expérience du parc aux rats ça te parle ?

C'était MG qui avait posté une vidéo qui la présentait brièvement :


Si même pour les rats il y a une composante sociale importante, j'ose pas imaginer pour les humains, qui, en effets, ne sont pas des souris wink

Pour compléter la réponse de MG !

Je pense que tu es la personne qui m'as dit qu'elle n'était pas un rat, cependant. Je te suggère de lire ceci (https://theoutline.com/post/2205/this-3 … addiction) pour dépasser l'idée que l'addiction est soit totalement quelque chose d'environnemental (park a rat), ou totalement quelque chose de biochimique. C'est extrêmement multifactoriel. Cet article reprend l'historique et décortique les notions derrière l'expérience du park à rat, ainsi que les limitations de l'étude.

Malheureusement comme bien souvent, c'est plus complexe : Tu t'approches très fortement du rat ! (pas de jugement, c'est mon animal de compagnie préféré haha).

Quelques extraits :

In reality, there are many factors that lead to addiction, including environment, stress, genetics, life-circumstances, and adverse childhood experiences (ACEs). It is not uncommon for people with addictions to have any combination of the above factors, nor is it an exhaustive list. These factors also have different effects on different individuals.

L'environnement est donc très certainement un des facteurs du développement d'une addiction je suis d'accord avec toi. Mais il reste un facteur parmi d'autres !

Environment often plays a role in a person developing an addiction and the War on Drugs does nothing to address that. In fact, the War on Drugs has done tremendous harm by ignoring the sociological factors that contribute to addiction and focusing exclusively on criminalization. Alexander and Hari argue that we need a more humane approach to drug policy, a belief that is widely shared. But ignoring the greater body of addiction science in favor of a neat narrative is the kind of thinking that fueled the War on Drugs.


Posté par : guygeorges | 12 juillet 2021 à  14:47

 
#20 Posté par : cependant 12 juillet 2021 à  18:18

a écrit

Je pense que tu es la personne qui m'as dit qu'elle n'était pas un rat, cependant. J

Non ce n'est pas moi qui t'a mis un champignon...


Posté par : cependant | 12 juillet 2021 à  18:18

 
#21 Posté par : guygeorges 12 juillet 2021 à  18:47

cependant a écrit

a écrit

Je pense que tu es la personne qui m'as dit qu'elle n'était pas un rat, cependant. J

Non ce n'est pas moi qui t'a mis un champignon...

Excuse-moi alors, mais ma réponse pour ton message reste valide si tu lis l'anglais smile


Posté par : guygeorges | 12 juillet 2021 à  18:47

 
#22 Posté par : plotchiplocth 13 juillet 2021 à  16:17

guygeorges a écrit

Je pense que tu es la personne qui m'as dit qu'elle n'était pas un rat, cependant

non c'est moi (mes excuses, j'etais pas repassé de suite, et pensais avoir signé mon champ GG wink )
oui merci pour tes partages, c'est sympa, je t avoue connaitre ces réferences, la remarque était en connaissance de cause. je suis un lecteur je crois assez compulsif des publications dans le domaine, meme si j'en rate forcement un peu. Pas le côté rongeur, hein , le côté des drogues

guygeorges a écrit

L'environnement est donc très certainement un des facteurs du développement d'une addiction je suis d'accord avec toi. Mais il reste un facteur parmi d'autres !

oui tout d'accord. des facteurs variables selons les individus / substances / contexte / "moment" / relations / sens donné à l'usage / croyances / valeurs

bon mais la on parle pas que d'addiction.
on parle d' "avoir une vie épanouie sous stups?"

Unposcaille a écrit

qui soit à peu près agréable

moi je m'y retrouve, sans regrets (arrondissont à env.25ansde conso)

je dois préciser que:
- j'ai surement des risques de santé majorés dans pleins de domaines
- j'ai pas de pb logistiques pour "combler" mes dépendances, mes polyconso me permettant dans une certaine mesure de les faire varier (hors tabac)
- je suis occupé dans la vie, je fais des choses qui m'intéressent, j'ai des projets, je suis tenu par des engagements
- j'étais déjà "adulte" quand je suis devenu addict/dépendant
- j'ai un entourage proche dans le non-jugement et respectueux, et qui m'a apporté un soutien inconditionnel à certains moments clés en particulier
- je bénéficie d'un cadre de vie stable et agréable qui résiste à/contient en partie mes débordements
- j'ai des compétences professionnelles aussi dans le domaine (et des fois ca m'a aidé dans ma gestion, meme si je doute pas qu'on peut les acquérir autrement)
- je ne peux pas me réferer à un "c'était mieux avant les drogues", car c'etait juste un cauchemar avant... et si je la trouve épanouissante je dirais pas que ca a été que du bonheur, mais mon critère qualitée ne se placait pas là

sorti de l'assignation extérieure (que je subis au fond peu), je le vis bien, c'est-à-dire que je pense pas changer pour l'instant, c'est pas un projet (qui pourrait venir ou s'imposer ou pas venir). réguler oui, je regule, parfois plus comme un rat et parfois moins (pour reprendre ton propos, moi j'aime pas trop, confusionnant sur de nombreux plans). avec des dimensions totalement paradoxales propres à l'homme: j'ai fait des sevrages de produits réputés compliqués mais suis incapable d'en arreter des qui ne semblent pas poser problemes à d'autres. Par contre je ne connais pas/très peu la vie "sobre" (au sens chimique, mais tu sais bien qu'avec les accoutumances/tolerances j'ai peu d'effets psychoactifs avec certaines molécules)
Mais au fond peu importe....  j'ai pas de culpabilité dans mes usages (bien que pas dans les best of RdR, mais chacun voit ou il en est pour ca et fait comme il peux), c'est pas un avis/probleme de santé publique hein, c'est mon rapport à mes usages.
je ne comprends d'ailleurs que peu pourquoi d'autres personnes aimeraient en faire leur probleme, puisque ce n'en est pas un pour moi. je prends soin de moi aussi avec mes usages, je le pense comme ca. en tout cas j'ai fini de me maltraiter à vouloir ne pas faire avec, je ne suis plus coupable de mes usages meme si parfois je suis un peu con quand meme

je crois, pour t'illustrer, que ce que tu qualifiais de nocif ci-dessus, a sans aucun doute été vital et salvateur pour moi. Et me permet d'avoir une vie plus épanouissante que espéré, et surtout ca m'a ouvert au monde, aux autres, aidé à dépasser mon socio centrisme (avec ses + et ses - , mais je dirais une "chance" quand meme sans aucun doute).

autant l'admettre: on ne reve pas tous de la meme vie


Posté par : plotchiplocth | 13 juillet 2021 à  16:17

 
#23 Posté par : prescripteur 16 juillet 2021 à  17:33
Bonjour, pour le Parc aux Rats voir aussi

https://www.stuartmcmillen.com/fr/comic/parc-aux-rats/


C'est sûr que c'est multifactoriel mais je pense que les circonstances jouent un rôle important. Par exemple, en prison (modèle humain de cage et donc de non Parc aux Rats) l'appétence pour les consommations est majeure mais, souvent, s'arrete à la sortie de prison.

Amicalement

Posté par : prescripteur | 16 juillet 2021 à  17:33

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