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Tout ce que je veux, c'est être contenue 



Désolé si ce récit est un peu bordélique, je suis sous dissos. Mxpr, j'ai l'impression de fondre. Mais on s'en fou.

Mon psychiatre n'est pas au courant de mon utilisation de substances oui, mais ma psychologue oui. Elle m'a dit que j'avais besoin d'être contenue, entourée. Alors je me suis entourée, j'ai une famille et un copain qui me supportent mais pour combien de temps encore ? Et sous substances les choses semblent douces.
Quand je suis entouree tout va. Quand je suis seule je voudrais pouvoir vibe. Mais j'en suis incapable, c'est comme si on m'avait ôté cette possibilité. Parfois, j'y pense et j'ai envie de pleurer. A quoi bon vivre, si on ne peut profiter de rien ?  Je suis contenue par la mer, qui est si douce, par le chaud rassurant de ma couverture lestée, par le côté chimique qui me répugne des médicaments, et par la présence des autres.

Petite, je n'ai jamais été à prendre de risque, jamais été intégrée. Pourtant les gens semblent se souvenir de moi. C'est d'autant plus étrange que je ne me souviens pas forcément d'eux, des bribes seulement. Je me demande s'ils se souviennent de bribes de moi par moments. Ils ne le savent pas, mais c'est le contact perpétuel avec ces autres qui m'a brisé. Pourtant il ne m'est rien arrivé de plus qu'une fracture qui a duré tout mon primaire. Je me sens comme une pyromane, qui saccage tout pour le simple plaisir de mettre le feu.

En ce moment vivre est difficile pour moi. J'ai du mal à sortir de mon lit. Quand mon copain fait tout pour que je passe une bonne journée, je pleure. Je suis diagnostiquée tag et dépressive. Tout me fait peur. Mais surtout le gens.

Avant hier j'ai eu envie de voir jusqu'où je pouvais me rapprocher de la mort, alors j'ai pris, alors j'ai pris 7g de xanax. Je n'ai pas osé mélanger avec des opiacés. Pas encore. Hier j'en ai pris encore plus. Aujourd'hui n'en avais pas assez alors j'ai pris un rc disso. Du coup j'écris ce texte maladroit. J'ai vécu ces quelques jours dans le brouillard et je réalise avec horreur que j'ai envie d'y rester. La construction prend des années, la destruction, elle, n'est qu'une matière de secondes. Pour la vie dans les ruines, je pense qu'on s'y adapte. Il m'arrive d'avoir envie que l'on me sorte de ces ruines sans que je n'ai rien à faire, sans que je n'aie à continuer à essayer.

Pendant un moment, j'ai cru que j'aurais une vie normale. Je fais des exercices avec ma psy. Je fais de l'hypnose. La dernière fois que j'ai eu des crises ou j'avalais des tablettes entières de xanax, mon psychiatre a dit que ça irait car je n'avais pas envie de mourir. Maintenant, je ne suis pas si sûre. Je me demande souvent si je devrais demander à aller en hp, ou si je devrais continuer à faire la patiente docile qui croit en sa guérison. Peut être que si j'expliquais en détail à mon psychiatre comment je compte me suicider, il ferait quelque chose. A chaque fois que j'y suis presque, je plonge. Il n'a pas l'air de considérer que les choses urgent. Sans lui, je me illégitime à appeler les urgences, malgré les tentatives.

Certains vivent des vies hors de toutes les limites. Moi je creuse juste entre les pierres. Un jour, ses fondations s'effondreront.

Catégorie : Carnet de bord - 31 mai 2021 à  01:25



Commentaires
#1 Posté par : Morning Glory 31 mai 2021 à  07:41
Je me reconnais tellement dans ton récit.

Je pense que ton psychiatre devrait être au courant, sinon de tes consommations, au moins que tu es suicidaire. Ca lui fera comprendre que c'est quand même urgent. Tu as quoi comme traitement si c'est pas indiscret? Il ne semble pas assez efficace, ça aussi il faudrait lui en parler.

Posté par : Morning Glory | 31 mai 2021 à  07:41

 
#2 Posté par : Unposcaille 31 mai 2021 à  09:44
Oui.. .. Pour lui c'est une phobie de réalisation mais avec un plan et tout ça me paraît bizarre.

Merci et courage !!

Posté par : Unposcaille | 31 mai 2021 à  09:44

 
#3 Posté par : prescripteur 01 juin 2021 à  07:55

Je me demande souvent si je devrais demander à aller en hp, ou si je devrais continuer à faire la patiente docile qui croit en sa guérison. Peut être que si j'expliquais en détail à mon psychiatre comment je compte me suicider, il ferait quelque chose. A chaque fois que j'y suis presque, je plonge. Il n'a pas l'air de considérer que les choses urgent. Sans lui, je me illégitime à appeler les urgences, malgré les tentatives.

Clairement tu as identifié qu'il faut "faire autre chose". Il faut donc que tu cherches avec tes soignants ce qui peut te faire changer. A commencer par ne plus avoir peur de changer. Amicalement


Posté par : prescripteur | 01 juin 2021 à  07:55

 
#4 Posté par : Unposcaille 01 juin 2021 à  14:23
Bonjour, merci pour ton commentaire bienveillant. Justement nous avons décidé d'initier une hospitalisation de repos pour pouvoir amorcer un changement positif !

Posté par : Unposcaille | 01 juin 2021 à  14:23

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