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Envie de rien prendre 



Voilà une dizaine de jours que j'ai commencé à travailler sur ma consommation d'alcool, accompagné par un service d'alcoologie. On m'a remis un carnet de route pour m'aider à faire le point et à voir comment les choses évoluent. Pour la soignante que j'ai vue, il ne s'agit pas pour moi de rechercher l'abstinence d'alcool absolue, mais simplement de reprendre le contrôle de ma consommation et d'éviter les épisodes de suralcoolisation.

Donc depuis dix jours, je note chaque unité d'alcool que je consomme, j'évalue mon envie de boire, je tâche d'observer à quelles situations elle est liée. Le carnet est un peu gnan-gnan, avec des bateaux en couverture, des recettes de cocktails sans alcool et des conseils assez infantilisants, mais par contre l'observation de mes mécanismes addictifs est très intéressante et productive. Outre la sensation gratifiante de reprise en main de ma consommation d'alcool (seulement 13 unités d'alcool en 10 jours, pas mal, pas mal wink ), j'expérimente un autre effet inattendu : je n'ai actuellement aucune envie de prendre quelque substance psychoactive que ce soit. Un pote m'a filé dans la semaine une boulette de shit, je n'y ai pas touché et je n'en ai pas envie : je n'ai aucun désir de me retrouver en état modifié de conscience, ni de ressentir le coup de mou caractéristique du teush, ni de gérer les éventuelles paranos...

Et c'est pareil pour tous les produits que, normalement j'aime bien : pas envie de MD ou de taz, et même les psychés, qui étaient un peu mon projet expérimental pour cette année, me vendent moins de rêve. Pour tout dire, je dois même avouer que quand je viens sur le forum PA et que je lis TR et autres témoignages, je ressens un sentiment confus qui ressemble un peu à de la frayeur, un peu à du dégoût, avec en arrière plan la question suivante : "putain mais, pourquoi est-ce qu'on s'inflige tout ça en fait...?" C'est pas que je juge les gens, je suis un consommateur comme les autres,  le suivi en addicto c'est tout neuf et ça peut évoluer de plein de façons...

Mais j'aime la sensation toute fraîche de clarté mentale, de contrôle que j'éprouve en ce moment. J'ai envie de la conserver, ça me ferait chier de devoir la reconquérir après une gueule de bois ou une descente...

C'est bon en fait cette stabilité.

Catégorie : Témoignages - 05 octobre 2018 à  14:27



Commentaires
#1 Posté par : Artiste de Reve 05 octobre 2018 à  19:37
Je te souhaite bien de la persévérence pour l'alcool. J'ai arrété avant la fin de la cinquième cure. En pensant au mal que je ferais à mon père à Lyon et à mon amie d'enfance à coté qui étaient les seuls à m'aider, si je reprenais. Cette prise de conscience, ce déclic a suffit à me couper de l'alcool et de la tentation. Mais le mal rode et il faut etre vigilant. J'ai arrété en 2007/
Quand tu parles de clarté retrouvée, c'est ça la snsation à l'arret de l'alcool. Sauf que c'est long à évacuer. J'ai mis du temps à récupérer.

 
#2 Posté par : Anonyme1756 05 octobre 2018 à  20:12

Assoactis a écrit

Mais j'aime la sensation toute fraîche de clarté mentale

Cela m'avait fait le même effet quand j'ai arrêté la consommation chronique d'alcool il y a un an.

Passés les premiers jours un peu difficiles, du moins le sevrage proprement dit, au bout d'un certain temps - je ne me souviens plus du délai - je me suis rendue compte que c'était bien appréciable de rester alerte, vif, clairvoyant et non un peu amorti ou vaguement dans le brouillard en soirée. Après l'arrêt n'ôte pas non plus la fatigue de fin de journée, faut pas exagérer. wink

Vis-à-vis des autres substances PA qui altèrent la conscience j'ai à peu près le même ressenti que toi actuellement, pas du dégoût mais une absence d'envie, à la différence que je ne les consommais pas auparavant, en revanche cette nouvelle disposition n'a eu aucun effet sur mon appétence pour le café et la cigarette... sad


 
#3 Posté par : Gradak 05 octobre 2018 à  23:04
Salut Assoactis.

Comme tu as parlé d'unité d'alcool je viens de faire le calcul grossièrement.
Je consomme depuis 10 ans de façon chronique au début.
Ça s'est transformé en quotidiennement après arrêt du cannabis depuis 5 ans.

Je consommais ( j'utilise le passé, mais c'est très recent, et ça peut revenir...) entre 6 et 10 unités par soir. Des fois plus de 10.
Avec un faible pour les bières entre 9 et 12 degrés.

Depuis deux semaines je me suis dit stop.
Mon œsophage me dit stop. Mes intestins aussi. Ma femme aussi.
Mon porte feuille aussi.

J'ai meilleure humeur le matin.
Pas la tête dans le cul jusqu'à 10heures
Moins mal dans le corps en général.
Je suis pas agressif au réveil.

Et comme toi une fois que le manque psy est plus ou moins passé j'ai rien envie de prendre.
C'est bizarre. Mais c'est bon !
J'ai bu hier soir une délicieuse Duvel Citra et une Bush.
Les effets négatifs étaient pire qu'avant.

Du coup ce soir pas envie de boire après avoir chassé l'envie primaire.
Par contre j'enchaîne les cigarettes sur le balcon comme avant.
Mais mon verre reste à l'intérieur avec de l'eau dedans

Je te souhaite de trouver ton équilibre à toi dans ta consommation, ou non consommation.

Mon objectif c'est 4 bières fortes max par semaines. Si moins tant mieux.
Au lieu de entre 15 et 30 surpris le chiffre me fais halluciner.
(Le whisky ça compte ? Ah oui zut c'est de l'alcool....)

Amicalement !

 
#4 Posté par : janis 05 octobre 2018 à  23:33
Salut assoactis,

Prends ton temps...le temps de bien apprécie cette clarté de conscience, le temps de remettre de l'ordre dans tes envies aussi.

Peut être une page de ta vieille est elle en train de se tourner avec les substances....

Prends bien soin de toi
Janis

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