
Colblanctoxico a écrit
Pas assez psychiatrique pour la psy.
Trop instable pour l’addicto.
Toujours “pas le bon moment”, “pas le bon cadre”, “pas le bon profil”.
C’est un scandale qu’on demande une lettre de motivation pour entrer en cure quand tu n’as déjà plus la force de tenir debout.
Un scandale qu’on déplace le problème au lieu de le prendre en face.
Un scandale qu’on parle d’accompagnement mais qu’on laisse des gens mourir seuls dans une chambre.
Tu as décris qqch qui me tourmente actuellement. Je l'ai vécu, je me suis battue, j'ai été virée de cure, shootée aux neuroleptiques, balancée d'un service à l'autre car , comme tu le dis, ils ne savent pas accompagner dans la globalité.
Tu es sevrée et tu vas mal ? Cela veut donc dire que tu es folle.
Ça fait beaucoup hein?
Donc merci à toi pour cet échange qui me fait du bien en cette période de ma vie.
Colblanctoxico a écrit
Et merci de ne pas laisser le silence gagner
On lâche rien !
Je dépose un morceau qui me paraît dans le thème. À bientôt.
https://on.soundcloud.com/WKZ6hSvNbZc2UyKFNG

Colblanctoxico a écrit
Je me suis sevré seul.
Tu peux pas écrire ça sur le même billet où tu sors l'exact contraire ;
Colblanctoxico a écrit
Ce qui m’a sauvé, ce n’est pas la morale.
Ce n’est pas la peur.
Ce sont des gens.
Des professionnels de santé qui ont vu clair quand moi je ne voyais plus rien.
Qui m’ont parlé sans me juger, mais sans me mentir.
Qui ont tenu un cadre quand je partais en vrille.
Qui ont accepté de m’accompagner même quand je n’étais pas aimable, même quand je résistais.
Je leur dois la vie. Littéralement.
C'est un tout petit peu dissonant pour moi. Pas de cure, pas d'hospi mais un accompagnement quand même alors?
À titre personnel, je ne dirais jamais que je dois ma vie à des soignants (par rapport à ma dépendance), car c'est absolument faux et ça leur donne un peu trop de valeur face à mon pouvoir d'agir, qui lui, en est gavé de valeurs !!!
J'ai l'impression que tu flirtes avec le double discours, de fait, je ne comprends pas tout à ta démarche.
Colblanctoxico a écrit
Ce décalage-là, tant qu’on ne l’a pas goûté, tant qu’on ne l’a pas traversé dans son propre corps, il reste abstrait.
On est d'accord... mais ;
Colblanctoxico a écrit
Et même sans avoir connu l’hôpital de l’intérieur, il suffit d’observer pour voir le décalage immense entre ce que vivent les personnes dépendantes… et la manière dont la société pense les prendre en charge.
Comment tu le sais alors ? Tu ne l'as pas vécu dans ta chair, on peut se mettre d'accord sur le fait que ce n'est qu'une représentation que tu te fais sur ce milieu finalement ?
Je suis extrêmement consciente de la puissance des mots et, pour ma part, je les emploie tant bien que mal, à bon escient. Pour MOI, ton message n'est pas très clair, tu valorises à fond les soignants et en parallèle tu dis que tu t'en es sorti seul car tu n'as trouvé ta place nulle part ?
Déjà, je ne pense pas, au vu de ton parcours pro, que tu sois dépendant, comme beaucoup d'entre nous le sommes, de l'hôpital public. N'y vois aucun jugement, c'est juste un fait qui vient tordre le cou à ton discours enjoué.
Colblanctoxico a écrit
Alors oui, il y a encore énormément à faire.
Mais je vois aussi des lignes qui bougent.
Des soignants qui comprennent.
Des approches plus fines, plus humaines, moins binaires.
Où?
Je dis pas le contraire mais sur quoi t'appuies tu finalement ? Tu sais sur PA on parle de notre vécu, de nos savoirs... On est sur un forum d'auto-support en fait. Passer un message uniquement par le partage.
Merci d'éclairer ma petite lanterne afin que l'échange soit plus fluide
.
À bientôt !
.Colblanctoxico a écrit
Si j’écris ça, ce n’est pas pour donner des leçons.
C’est pour dire que moi aussi, je me suis menti longtemps.
Et que moi aussi, je me suis cru différent.
Et tu penses qu'il y'a beaucoup de gens ici qui sont dans un total déni ? C'est subtil ta façon de l'amener, au point où on ne sait pas vraiment sur quel pied danser.
Colblanctoxico a écrit
Je lisais des articles de réduction des risques, des messages, des témoignages.
Et à chaque fois, j’avais cette sensation désagréable :
ce n’est pas une histoire, c’est la mienne.
Les mêmes usages.
Les mêmes raisonnements bancals.
Les mêmes phrases pour se rassurer :
“je gère”, “c’est temporaire”, “j’arrête quand je veux”.
À un moment, j’ai arrêté de lire par curiosité.
Je lisais pour savoir combien de temps il me restait.
Est-ce que tu comprends mon doute là ? Je ne participerai jamais à des messages invitant à la prise de conscience, et je pense que les gens ne viennent pas ici pour lire qu'elles se mentent à elles même. Être membre d'un forum de RDR c'est la preuve Ultime qu'on est au clair avec ses consommations, non?
Le déni, je le connais au point où j'ai arrêté de faire de la RDR pendant 4 ans parce que le reflet était trop violent, le déni je l'ai porté jusqu'à ma première dose de méthadone et c'est à ce moment que j'ai pu reprendre du service. Ce ne sont pas "les soignants" qui m'ont sauvée, c'est ma pratique qui m'a appris à vivre le plus sereinement possible avec mes addictions.
C'est avec mes pairs que je me soigne et c'est pour ça que je fréquente PA.
Moi aussi, je préfère dissiper le malentendu directement ^^.
Bien à toi.

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