Massacre à la shouteuse 2 Le retour des morts-vivants! / Les Blogs de PsychoACTIF
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Massacre à la shouteuse 2 Le retour des morts-vivants! 



La coke en IV, injection compulsive, pratiques à haut risque.

Pour beaucoup, on ne pense pas à l’IV quand on pense à la cocaïne. Cette pratique est pourtant connue chez les anciens héroïnomanes sous TSO, ou sevrés, qui recherchent le plaisir qu’ils ont connu par le speed-ball. Et revient chez les jeunes, qui n’ont parfois connu, en IV, que le sub’ ou le sken’.

Le speed-ball
Ce mélange d’héroïne et de cocaïne a pour effet de potentialiser les deux drogues, et de provoquer un flash de coke, en même temps qu’un rush d’héroïne.
Au niveau du plaisir, quand c’est réussi c’est le feu d’artifice.

Un plaisir qu’on oublie pas, et qu’on va rechercher, toujours, en vain, souvent, et en jouant, avec la limite.
Pour entendre cette sonnerie, les clochettes, sons métalliques et une montée de chaleur, explosion de dopamine, aussitôt renforcée et ‘calmée’ (risque d’OD très grand soit de dépression respiratoire, H, soit convulsion, C,  et perte de connaissance, arrêt cardiaque), il faut la bonne dose, et au fil du temps et des aiguilles on a tendance à faire comme Icare, s’approcher trop près de la source de chaleur, jusqu’à se brûler le cerveau (enfin façon de parler).

On peut parler de ‘roulette russe’, ou plutôt, colombo-afghane.

Pour aller vite, je prenais de l’héroïne pour me ‘soigner’, et pour le bien être, que cela me procurait, entre deux crises de manque.

C’est quelque chose que la plupart des gens, ‘gros porteurs de sérotonine (par exemple) ou producteurs d’endorphines, nous ne sommes pas égaux à ce niveau, ont naturellement, mais que, moi, j’ai trouvé à l’extérieur, dans un alcaloïde, qui mime les endorphines et se place sur leur récepteurs naturels, la C bouchent ceux de la dopamine, qui est plus ou moins re-capturée...).
Je ne me lance pas dans les explications, voir lien en bas.

Bref, autant, les cinq shoot d’héro par jour, ont laissé des cicatrices, stigmates sur mes bras, veines indurées, ou nécrosées, 13 ans après on ne peut toujours pas tirer de sang de ces veines les plus trouées et malmenées.

La cocaïne c’est un enfer, en comparaison.
Le premier shoot (de la session ou journée, encore plus de la vie) est souvent très facile, ça entre dans une veine vierge comme dans du beurre, aucune résistance.

Le liquide est translucide, adieu les résidus ou la couleur brune dégueu (j’ai fini par ne faire de speed-ball qu’avec l’héro blanche ou très claire, et très forte), et, dès le précipité rouge, formé par le sang, dans le réservoir, par une tirette, ou même pas, juste parce que l’on est dedans, y à plus qu’à…

On appuie, et en suite, si on a poussé rapidement, on a dix secondes pour ranger son matériel, et se mettre un point de compression en coton.

Arrêter le sang de couler ne prend que quelque secondes.  Mais si vous êtes aux toilettes et qu’il vous en reste dans la cuiller...la tentation de prendre son flash, et d’utiliser le temps restant pour un deuxième (qui peut être catastrophique, cumul, et difficulté du geste, une fois défoncé, et parfois au bord de l’OD, SORTIR VITE!).

Le but n’est jamais de se tuer, surtout que l’OD de C peut être très douloureuse, tête qui explose ou implose...convulsions et symptômes épileptiques…
Mais un kiff…
Qui redescend et appelle un autre. Ou est super, et appelle un autre…

Le problème est là, on a un effet très intense et très court, on se retrouve facilement, à faire injection sur injection. Un week-end j’avais épuisé tous les 20 stéribox en vente dans ma ville, et fini par acheter des boites de cent pompes.
Les veines se rétractent sous l’effet du produit, la vue baisse.

En plein high, je me suis souvent retrouver à tester plusieurs points d’IV, en laissant couler le sang, comme la morve du nez, et les larmes des yeux (à haute dose ça me fait ça). Plus la tremblote et la parano.

Combien de fois n’ai-je pas jeté tout pour partir en courant, poursuivi, en vrai ou dans ma tête (j’entends les sirènes, tous sens décuplés et imagine des gens chuchoter derrière la porte (ça vous parle?). Ou démarrer sur les chapeaux de roue, si j’étais dans mon véhicule.
La conduite est celle d’un parano, regard rétro toutes les deux secondes, dans chaque rétro.

Jamais eu de problème, jusqu’à ce que j’ai un accident, suite à une course poursuite avec...la police.

Et 2 sur-doses sous cocaïne (convulsion perte de conscience, j’y reviendrai) alors qu’aucune sous héro.

La honte, je suis pas fier, si vous pouvez éviter cet enfer, faites-le. Ou plutôt n’essayez pas, car c’est pile ou face. 
Croyez-moi, la coke a été un bien meilleur outil de destruction, que l’auto-médication et recherche de bien être à l’héro. Une euphorie certes, mais pas de bien être, avec la cocaïne, mais un sacré base jump!
Plus on va haut plus dure est la chute.

On cherche à remonter, toujours, et on passe à deux, trois, quatre grammes (plus elle est forte plus cela dure longtemps, comme on en met moins).
C’est une fréquence de prise supérieure à la cigarette.

Puis viennent les effets, les mêmes que pour l’inhalation de base, crack, on cherche par terre. Ou dans mon cas, d’autres tocs, tels que ranger, déranger, ranger…Et pire. On est un autre, qu’on déteste. Le contraire de l’opiacé, qui rassemble, quand on est en vrac. La C rend (pour le temps de l’effet) pathétique, en ce qui me concerne, avec son lot de conduites pathologiques, je le faisais parce que c’était toujours mieux que la torture mentale culpalisée que je ressentais, on ne pense plus qu’au produit, c’est le bénéfice, on oublie un temps, le reste, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien...

Bon, j’ai encore à dire mais je suis souffrant, et j’ai besoin d’une pause avant d’aborder les délires, hallucinations causées par la coke, en IV (le mode de prise et le dosage sont très important, rien à voir avec une trace) et le manque de sommeil, d’alimentation, d’argent, les cravings, les abcès, phlébites...

En une semaine de speed-ball, il m’est arrivé de perdre 10 kilos. Et, souvenez vous de Freud et son ami...mort d’être passé de la morphine à la cocaïne.

En attendant le meilleur témoignage sur la C en IV, je l’ai lu dans une thèse portant sur l’anémie, carence en globules rouge, fer, chez les injecteurs de coke (que j’ai, bien sur, eu).

Liens :
Coca et cocaïne (thèse 170p) https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01733780/document
Mieux expliqué que moi.

Extrait édifiant d’un injecteur :
À propos de la consommation de cocaïne en injectable : « la première injection, c'est un super effet ; comme un flash, le coeur qui bat, ça ne dure pas longtemps, c'est ça qui est dommage, on est obligé d'en faire un tout de suite après. Je ne me piquais le soir qu'après le boulot sept voire huit fois la nuit. L'argent me limitait. Je ne trouvais pas de veine, je piquais piquais piquais et à chaque fois ça saignait. Je cherchais les veines. Ça saignait pas vraiment mais à force il y avait quand même du sang qui coulait. Je ne me rendais pas compte que ça pouvait nuire à ma santé. Quand j'avais des copains, eux ils étaient choqués de tout le sang qu'il y avait partout et après j'étais seul. C'était une vraie boucherie. »

Je m’y suis retrouvé.
Ainsi que dans cette étude, où ce témoignage est paru, une thèse très complète :
http://www.apima.org/img_bronner/These_ … nemies.pdf

Avec schémas et photos (gore mais c’est ça…). Lisez avant d’essayer! Vous ne prendrez pas ce risque si vous tenez encore à quelque chose.
Pour les autres, malgré tout le côté médical, ce sont les conséquences sociales qui sont les pires. A mon avis. D’ailleurs ces mauvaises pratiques viennent souvent de la prohibition, sans vouloir nier la toxicité du produit. Qui n’est pas un médicament comme peut l’être un opiacé, ou opioïde.

Merci.

Catégorie : Tranche de vie - 27 mars 2020 à  11:11

#cocaïne #IV #rdr #Speed-ball

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Tres réaliste, ça me parle, et je my retrouve bcp! Zaz



Commentaires
#1 Posté par : Rick 27 mars 2020 à  12:56
J'aimerai bien essayé ça a l'air chouette par contre j'ai pas la même rapport au geste que toi, perso je m'en tape un peu de l'injection^^

Posté par : Rick | 27 mars 2020 à  12:56

 
#2 Posté par : subumetha255 28 mars 2020 à  01:20
Ca me parle aussi, je me suis injecté du subu pendant 10 ans et aussi de la coke.
J'ai arrêté il y'a 1 mois, je suis passé sous métha.
Je pense toujours à l'injection, j'ai des grosses envies parfois.

Posté par : subumetha255 | 28 mars 2020 à  01:20

 
#3 Posté par : Nomad Soul 28 mars 2020 à  01:47
Très bien écrit, merci à toi.

Posté par : Nomad Soul | 28 mars 2020 à  01:47

 
#4 Posté par : ismael77 28 mars 2020 à  06:28

Rick a écrit

J'aimerai bien essayé ça a l'air chouette par contre j'ai pas la même rapport au geste que toi, perso je m'en tape un peu de l'injection^^

n'essaie pas si tu as un faible pour, ce sera le vide de trop plein, éternellement..Je parle de l'IV et de l'inhalation (plus c'est rapide et 'violent' ou kiffant, c'est addictif et pas que psychologiquement (sinon pourquoi j'aurais fait 10 ou 15 sevrages 'complexes' on met même sous métha, les gros consommateurs, anciens et quotidiens.
Franche-ment oui il n'y a pas de plaisir plus fort, mais pas plus frustrant, et vain, il faut être prêt à tout perdre y compris soi même. Par contre un petit joint confiné pour ne pas devenir fou, devrait être vendu en pharmacie, depuis le covid j'ai plus de livraisons...

oubliez-ça, si vous avez déjà eu des addictions, ou sinon raison de plus, il existe des expérimentateurs récréatifs occasionnels. Je n'en fait pas partie même si je connais des rémissions, la vie n'a plus beaucoup de plaisir, ce qui est dommage. Sans parler des autres, dealers, consommarnaqueurs ou gratteurs, et de la police, pire les abcès et un seul shoot pour se mettre un germe au coeur, qu'on ne détecte qu'avec une échographie, mais qui te dit : trop tard mon gars! T'as déconné!

merci de vos commentaires!

a écrit

Je pense toujours à l'injection, j'ai des grosses envies parfois.

moi aussi mais de moins en moins, toujours dans les mêmes conditions socio-psychologiques, mais regarde les photos ou rappelle toi de ta misère...je sais c'est pas forcément mieux sans, au moins pas de sang, puisqu'on y a goûté et repiqué, c'est qu'on en avait 'besoin' ou plutôt qu'on veut sortir de soi en faisant tout rentrer (bizarre), enfin, les études sont plus dissuasives que l'expérience. Car cette dernière oublie la souffrance pour se rappeler, toujours, même longtemps après, le soulagement, ou le seul vrai flash qui (j'ai évité de décrire les effets si bons que cela ne disait pas d'en parler) te fais gueuler 'oh puutain c'est booon' tout seul dans ta maison, caisse, puis rue, ou même HP! Mr Hyde! Après on est tous différents mais il y a des psychoactifs plus forts que nous...Mais jamais que la mauvaise (ou bonne) raison qui nous fait les mésuser.
MERCI

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Yes, très juste
 
Trop vrai on retiens trop que les bons moments ! nofuture85

Posté par : ismael77 | 28 mars 2020 à  06:28

 
#5 Posté par : bloodistory 29 mars 2020 à  10:23
Très bon récit.
Pertinent, agréable et documenté.
Petite plongée dans le passé.smile

Posté par : bloodistory | 29 mars 2020 à  10:23

 
#6 Posté par : ismael77 29 mars 2020 à  12:34
Merci beaucoup pour ces retours, ça fait plaisir, alors que je suis, comme tout le monde confiné, mais aussi con fini, avec des abcès (d'où le lien qui m'y a fait pensé, aux conséquences des IV même si, là, il ne s'agit pas de ça).

J'ai essayé de corriger et réécrit sans parvenir à modifier, alors, je colle ici, en attendant la version revue :

MASSACRE à la shouteuse 3 : le retour des morts vivants
La coke en IV, injection compulsive, pratiques à haut risque.

Pour beaucoup, on ne pense pas à l’IV, quand on parle de cocaïne. Cette pratique est pourtant connue chez les anciens héroïnomanes sous TSO, ou sevrés, qui recherchent le plaisir qu’ils ont connu par le speed-ball. Et revient chez les jeunes, qui n’ont parfois connu, en IV, que le sub’ ou le sken’.

Le speed-ball
Ce mélange d’héroïne et de cocaïne, a pour effet, de potentialiser en plus de cumuler l'action les deux drogues. Et, de provoquer un flash de coke, en même temps qu’un rush d’héroïne.

Au niveau du plaisir, quand c’est réussi c’est le feu d’artifice.

Un plaisir qu’on oublie pas, et qu’on va rechercher, toujours, en vain, souvent, et en jouant, avec la limite.

Pour entendre cette sonnerie, les clochettes, sons métalliques et une montée de chaleur, explosion de dopamine, aussitôt renforcée et ‘calmée’ (risque d’OD très grand soit de dépression respiratoire, H, soit convulsion, C,  et perte de connaissance, arrêt cardiaque), il faut la bonne dose, et au fil du temps et des aiguilles on a tendance à faire comme Icare, s’approcher trop près de la source de chaleur, jusqu’à se brûler le cerveau (enfin, façon de parler).

On peut parler de ‘roulette russe’, ou plutôt, colombo-afghane.

Pour aller vite, je prenais de l’héroïne pour me ‘soigner’, et pour le bien être, que cela me procurait, entre deux crises de manque.

C’est quelque chose que la plupart des gens, ‘gros porteurs de sérotonine (par exemple) ou producteurs d’endorphines, nous ne sommes pas égaux à ce niveau, ont naturellement, mais que, moi, j’ai trouvé à l’extérieur, dans un alcaloïde, qui mime les endorphines et se place sur leur récepteurs naturels, la C bouchent ceux de la dopamine, qui est plus ou moins re-capturée...).
Je ne me lance pas dans les explications, voir lien en bas.

Bref, autant, les cinq shoots d’héro par jour, ont laissé des cicatrices, stigmates sur mes bras, veines indurées, ou nécrosées, 13 ans après on ne peut toujours pas tirer de sang de ces veines les plus trouées et malmenées.

Autant, la cocaïne, par cette voie, directe et brutale, est un enfer, en comparaison.

Le premier shoot (de la session ou journée, encore plus de la vie) est souvent très facile, ça entre dans une veine vierge comme dans du beurre, aucune résistance.

Le liquide est translucide, adieu les résidus ou la couleur brune, dégueulasse, ou pire la black tar du Sinaloa (Mexique), noirâtre qu'on trouve à NYC à côté d'autres qualité (j’ai fini par ne faire de speed-ball qu’avec l’héro blanche ou très claire, et très forte).
Dès le précipité rouge, formé par le sang, se mélangeant au translucide eau injectable (ne jamais shooter d'eau pure, c'est plus dangereux qu'avec de la poudre, du sel de ce qu'on veut qui ne soit pas plus toxique que son absence, vous me suivez?). Pffzzz, surgissant dans le réservoir, par une tirette, ou même pas, juste parce que l’on est dedans, là c'est la 'voie royale' parmi les cent 'via dolorosa', joie, attention on ne bouge plus, on prie pour qu'il y est l'orgasme (toujours trop, bon, court, ou dommage, ou plutôt,  jamais assez), au bout, et pas l'od... y à plus qu’à…

On appuie, et en suite, si on a poussé rapidement, on a dix secondes pour ranger son matériel, et se mettre un point de compression en coton.

Arrêter le sang de couler, ne prend que quelque secondes.  Mais si vous êtes aux toilettes et qu’il vous en reste dans la cuillère...
la tentation de prendre son flash, et d’utiliser le temps restant pour un deuxième (qui peut être catastrophique, cumul, et difficulté du geste, une fois défoncé, et parfois au bord de l’OD, SORTIR VITE!).

Le but n’est jamais de se tuer, surtout que l’OD de C peut être très douloureuse, tête qui explose ou implose...convulsions et symptômes épileptiques…

Mais un kiff…
Qui redescend et appelle un autre. Ou est super, et appelle un autre…

Le problème est là,
on a un effet très intense et très court, on se retrouve facilement, à faire injection sur injection. Un week-end j’avais épuisé tous les 20 stéribox en vente dans ma ville, et fini par acheter des boites de cent pompes.

Les veines se rétractent, sous l’effet du produit, la vue baisse. La manip' devient plus difficille et la soif de coke, intarrissable, fait s'accumuler le produit dans le corps, et la surdose, peut survenir n'importe quand, pas forcément au moment du fix, une demie heure après, par exemple.

En plein high, je me suis souvent retrouvé, le nez sur mes veines pendant de longues heures, parfois jours.
Ce n'est pas du tout festif, mais complètement onaniste (on est loin du CD qui tourne avec des traits pour tout le monde), honteux, caché ou solitaire, et pathétique; à tester plusieurs points d’IV, laissant couler le sang, comme la morve du nez, et les larmes des yeux (à haute dose, ça me fait ça). Plus la tremblote, et la parano.
Pas facile et on en est qu'au deuxième ou troisième, il peut il y en avoir autant qu'on peut le supporter, avoir de chrome, ou payer. Et se faire livrer (par ex, si le craving est là et qu'on est servi dans les 20 minutes, ou qu'on se fait avancer ad vitam ethernum...

Combien de fois n’ai-je pas jeté tout, pour partir en courant, poursuivi, en vrai ou dans ma tête (j’entends les sirènes, tous sens décuplés, comme un chat sur ses gardes,  et imagine des gens chuchoter derrière la porte (ça vous parle?).

Ou démarrer sur les chapeaux de roue, si j’étais dans mon véhicule.
La conduite est celle d’un parano, regard rétro toutes les deux secondes, dans chaque rétro. Et l'angle mort, tout en se préparant le prochain shoot à 120km/h. Pas fier, aujourd'hui. Il n'y a pas eu 'mort d'homme'.

Jamais eu de problème, jusqu’à ce que j’ai un accident, suite à une course poursuite avec...la police.

Et 2 sur-doses sous cocaïne (convulsion, perte de conscience, j’y reviendrai) alors qu’aucune sous héro.

La honte, je suis pas fier, si vous pouvez éviter cet enfer, faites-le. Ou plutôt n’essayez pas, car c’est pile ou face. 

Croyez-moi, la coke a été un bien meilleur outil de destruction, que l’auto-médication et recherche de bien être à l’héro.
Une euphorie certes, mais pas de bien être, avec la cocaïne, mais un sacré base jump.

Plus on va haut plus dure est la chute.

On cherche à remonter, toujours, et on passe à deux, trois, quatre grammes de poudre (plus elle est forte, plus cela dure longtemps, comme on en met moins).

C’est une fréquence de prise, comme le crack, parfois, souvent, supérieure à la cigarette d'un gros fumeur.
Je n'ai jamais envie de fumer, quoi que ce soit, quand je prends de la coke, ni de rien d'autre que de coke, qui occupe tout mon esprit (et c'est le but, qu'il ne reste plus aucune place pour les soucis, s'effaçant derrière un besoin impérieux, tyrannique et jaloux comme le Dieu d'Israël). 
Ni de boire de l'alcool, qui déshydrate (buvez sucré, attention aux problème de déglutition) et transforme la molécule, en une autre, avec d'autres effets.

La plupart des cocaïnomanes-champagne, mondains, ne connaissent que cette dernière, qui peut se comparer au speed-ball dans une certaine mesure (moins de stress, mais d'autres effets voulus, ou non, y compris les conséquences sur les gestes d'asepsie des trous suivants).

Puis viennent les effets pitoyables que certains 'gèrent' mieux que d'autres,
les mêmes que pour l’inhalation de base, crac : on cherche par terre. Ou dans mon cas, d’autres tocs, tels que ranger, déranger, ranger…
Et pire.
On est un autre, qu’on déteste.

Le contraire de l’opiacé, qui rassemble, quand on est en vrac.

La C rend (pour le temps de l’effet et, à la longue) pathétique, en ce qui me concerne, avec son lot de conduites pathologiques.
Je le faisais parce que c’était toujours mieux que la torture mentale, culpabilisée, ou l'absence d'émotions causée par certains régulateurs d'humeur, avec le dépakote par exemple, que je ressentais (si on peut ressentir l'absence d'émotions, positives, les négatives sont toujours là, accompagnées par de nouvelles, liées au traitement, et à l'abstinence, ou sevrage).

On ne pense plus qu’au produit, c’est le bénéfice, on oublie un temps, le reste, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien...que la poudre du sablier est tombée et que le temps est perdu, à jamais. Mais ça, c'est le lot de la condition humaine comme l'hilflosigkeit de Freud (qui signifie état de dépendance, addiction, pour lui, des nouveaux nés qui sont littéralement 'sans aide' hilflosig', ou plutôt dépendant de l'autre, de son attention, soin.
On naît comme ça, vulnérable, dépendant et accro, en sevrage, et en attachement, parallèles.

Bon, j’ai encore à dire mais je suis souffrant, et j’ai besoin d’une pause avant d’aborder les délires, hallucinations causées par la coke, en IV (le mode de prise et le dosage sont très important, rien à voir avec une trace) et le manque de sommeil, d’alimentation, d’argent, les cravings, les abcès, phlébites...

En une semaine de speed-ball, il m’est arrivé de perdre 10 kilos. Et, souvenez vous de Freud et son ami...mort d’être passé de la morphine à la cocaïne.

En attendant le meilleur témoignage sur la C en IV, je l’ai lu dans une thèse portant sur l’anémie, carence en globules rouge, fer, chez les injecteurs de coke (que j’ai, bien sur, eu).

Liens :
Coca et cocaïne (thèse 170p) https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01733780/document
Mieux expliqué que moi.

Extrait édifiant d’un injecteur :
À propos de la consommation de cocaïne en injectable : « la première injection, c'est un super effet ; comme un flash, le coeur qui bat, ça ne dure pas longtemps, c'est ça qui est dommage, on est obligé d'en faire un tout de suite après. Je ne me piquais le soir qu'après le boulot sept voire huit fois la nuit. L'argent me limitait. Je ne trouvais pas de veine, je piquais piquais piquais et à chaque fois ça saignait. Je cherchais les veines. Ça saignait pas vraiment mais à force il y avait quand même du sang qui coulait. Je ne me rendais pas compte que ça pouvait nuire à ma santé. Quand j'avais des copains, eux ils étaient choqués de tout le sang qu'il y avait partout et après j'étais seul. C'était une vraie boucherie. »

Je m’y suis retrouvé.
Ainsi que dans cette étude, où ce témoignage est paru, une thèse très complète :
http://www.apima.org/img_bronner/These_ … nemies.pdf

Avec schémas et photos (gore mais c’est ça…). Lisez avant d’essayer! Vous ne prendrez pas ce risque si vous tenez encore à quelque chose.
Pour les autres, malgré tout le côté médical, ce sont les conséquences sociales qui sont les pires. A mon avis. D’ailleurs ces mauvaises pratiques viennent souvent de la prohibition, sans vouloir nier la toxicité du produit. Qui n’est pas un médicament comme peut l’être un opiacé, ou opioïde.

Merci.
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Très bien écrit, ca sent bien le vécu.

Posté par : ismael77 | 29 mars 2020 à  12:34

 
#7 Posté par : Rick 29 mars 2020 à  16:38

ismael77 a écrit

n'essaie pas si tu as un faible pour, ce sera le vide de trop plein, éternellement..Je parle de l'IV et de l'inhalation (plus c'est rapide et 'violent' ou kiffant, c'est addictif et pas que psychologiquement (sinon pourquoi j'aurais fait 10 ou 15 sevrages 'complexes' on met même sous métha, les gros consommateurs, anciens et quotidiens.
Franche-ment oui il n'y a pas de plaisir plus fort, mais pas plus frustrant, et vain, il faut être prêt à tout perdre y compris soi même. Par contre un petit joint confiné pour ne pas devenir fou, devrait être vendu en pharmacie, depuis le covid j'ai plus de livraisons...

oubliez-ça, si vous avez déjà eu des addictions, ou sinon raison de plus, il existe des expérimentateurs récréatifs occasionnels. Je n'en fait pas partie même si je connais des rémissions, la vie n'a plus beaucoup de plaisir, ce qui est dommage. Sans parler des autres, dealers, consommarnaqueurs ou gratteurs, et de la police, pire les abcès et un seul shoot pour se mettre un germe au coeur, qu'on ne détecte qu'avec une échographie, mais qui te dit : trop tard mon gars! T'as déconné!

merci de vos commentaires!

ah oui d'accord

ben perso ça m'a jamais vraiment marqué les injections dans le sens où le geste ne m'a jamais paru addictif
c'est pas faute d'injection

pas mal l'échographie wink acab (sauf PCP, eux ils ont l'air chouette haha)


Posté par : Rick | 29 mars 2020 à  16:38

 
#8 Posté par : ismael77 30 mars 2020 à  06:13

a écrit

ben perso ça m'a jamais vraiment marqué les injections dans le sens où le geste ne m'a jamais paru addictif
c'est pas faute d'injection

Moi ce n'est pas le geste c'est le flash qu'on a que comme ça, au pire le crack mais c'est moins 'chaud', en bien et mal. Aucun fétichisme ni rituel, le but est : plus vite, plus fort, plus haut, plus, plus, plus...
Merci de vos lectures!


Posté par : ismael77 | 30 mars 2020 à  06:13

 
#9 Posté par : nofutureorriding85 02 avril 2020 à  09:59
Passe de l'IV de skénan à celle de coke j'ai compris ce que les anciens voulait dire ....
courage à tout ceux qui sont encore dedans et/ou arrive à gérer leur conso !

Posté par : nofutureorriding85 | 02 avril 2020 à  09:59

 
#10 Posté par : subumetha255 11 avril 2020 à  16:48
Ca fait bientôt 2 mois que j'ai arrêté de m'injecter du subu, je suis passé sous métha je sais plus si je l'ai dit.
J'ai toujours envie de me faire un petit trou, j'ai pécho du shit hier et ca me calme bien pour l'instant.
Ca faisait bien 6 ou 7 ans que j'avais pas fumé smile

Posté par : subumetha255 | 11 avril 2020 à  16:48

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