°•Réflexions et bénévolat.•°

Catégorie : Carnet de bord
Hier à 08:47

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Tous les hivers, surtout lorsque nous traversons des périodes de grand froid comme ce fut le cas récemment, je pense SYSTÉMATIQUEMENT aux personnes démunies: pour commencer, même pour ceux ayant un toit au-dessus de leur tête, les mal chauffés, mal isolés, les habitations insalubres, et pour qui les bailleurs ne font RIEN.
Et bien sûr, les sans-abri.

Contrairement à ce que beaucoup se figurent, la dégringolade peut être très rapide, beaucoup plus rapide qu'on ne l'imagine.
Le bas aspire très vite. Autant pour gravir les échelons, il faut se battre, dur, des années et des années.
En revanche, pour se casser la figure, il suffit parfois d'un simple enchaînement de malchances: divorce, drame personnel, familial, qui peut faire perdre pied, une prise de distance des amis et de la famille (de ceux qui pourraiét être des "aidant"), dépression donc arrêt de travail, lesquels ne sont pas acceptés par de nombreux patrons (lorsqu'on est obligé de se taper des boulots alimentaires, avec des contrats de travail précaires, mieux vaut ne pas s'absenter...)
Le Droit du Travail n'est pas appliqué de la  même façon pour tout le monde...mur

Donc hop, chômage, la fin de droits arrive fort vite, quand Pôle Emploi ne propose que des absurdités en regard de la situation globale de la personne, et si dépression il y a, encore faut-il pouvoir aller se pointer chez Pôle Emploi, tout simplement...
Dépression = Inhibition motrice et mentale, anhédonie plus ou moins forte, ce qui rend TOUT sauf simple, le fait d'aller aux rdv Pôle poste Emploi tout simplement...

Puis arrive le temps où on ne peut plus payer son loyer, les impayés s'accumulent, le seuil de pauvreté est atteint, puis sans avoir le temps de dire ouf, on bascule au-dessous.hmm

Certains vont batailler, enfin plutôt AURONT LA FORCE de batailler, car comme je le disais, lorsque l'on se trouve en dépression, il y a une inhibition totale, si ladite dépressionest relativement sévère, et cela s'avère totalement au-dessus des forces de la personne que d'aller se démener à la CAF, la sécu, pour tenter de savoir à quelles aides il/elle pourrait prétendre, tout comme trouver un ou une assistante sociale... Ils n'en ont simplement PAS LA FORCE, et c'est un des symptômes les plus importants de la dépression, qui est une maladie, connue, et sévère.

Mais ceci n'est pas pris en compte.
Si on a le malheur de ne pas être hyper vaillant et résilient face aux drames, ou aux horreurs que la vie peut mettre sur nos chemins, ceux qui n'ont pas cette chance risquent fortement la fameuse dégringolade. Et ce ne sera pas de leur faute, certainement pas.
J'en entends parfois qui disent, par exemple: "Il/elle n'avait qu'à faire les bons choix!", ou encore d'autres phrases assassines et terriblement fausses, réductrices, provenant toujours de personnes possédant des œillères leur bouchant la quasi totalité de la vue, et bien souvent, avec des capacités d'empathie, et un niveau d'intelligence humaine proche de zéro.girl_witch

Sans aide, pour peu que la personne ne puisse pas trop compter sur sa famille et amis, (qui pour beaucoup prennent soigneusement leurs distances quand tout va mal, et devant un ami ou un membre de la famille dépressif, comme si c'était contagieux, hein:thinking:), on passe allègrement sous le seuil de pauvreté décrété en France.

Et puis arrive... La rue. Les squats, les foyers, lorsque c'est possible.
Mais au vu de ce qui se passe dans bien des foyers, beaucoup préfèrent encore la rue.hmm

Cela peut aller très vite.
J'ai lu des témoignages, la descente aux enfers a pris parfois moins d'un an.

J'ai oublié de mentionner plus tôt la consommation de produits stupéfiants, qui pouvait être préexistante, et qui va s'aggraver durant "la Chute" avec un C majuscule, ou qui va démarrer lors de celle-ci.
Parce que le réel est trop difficile à supporter, encaisser, supporter.
Et Ô combien je les comprends.

Cette "longue" introduction pour en  venir à ma réflexion première: aider. Tout bonnement.

Je songe vraiment à m'investir dans l'aide de ces personnes.
Deux causes me touchent particulièrement, même si toutes les causes, en soit, me bouleversent:

-La cause que je viens d'évoquer.
-La cause de ceux qui cumulent les problèmes sociaux dont je viens de parler, mais aussi des problèmes avec la consommation de produits.
Ceux qui ont besoin d'aide à ce niveau.

Mon passage en CSAPA m'a fait prendre conscience d'à quel point ces personnes ont besoin d'une aide pluridisciplinaire, et combien le besoin d'écoute est important.

Dès que je serai de retour en région parisienne, je vais préparer cela en amont, j'ai la chance d'avoir le temps pour le faire, je voudrais réellement m'engager dans du bénévolat allant à la rencontre de ceux qui ont besoin d'un toit en urgence, d'un repas et d'une tasse de café chaud, et d'une oreille bienveillante.
Ou simplement d'une aide par rapport à leur consommation (et là, on peut rencontrer tous les profils, du cadre parfaitement inseré dans la société à l'étudiant, à la mère au foyer ne s'en sortant plus et n'ayant trouvé que cette porte de sortie, et j'en passe...)

Les maraudes de nuit me parlent particulièrement.
Mais aussi tout ce que l'on met à disposition des personnes usagères de drogues (PUD), ce qui combine l'aide que l'on peut apporter du point de vue de la dépendance de ces personnes, de leur mal-être du moment, mais aussi une aide sociale, ces personnes étant parfois, pour certains, dans une grande détresse sociale.

Les bus Méthadone et autres centres d'accueil où l'on prodigue les premiers soins infirmiers, et où le personnel, bénévole ou non, est là pour écouter, et aiguiller ces personnes aux bons endroits pour aller chercher de l'aide.

J'ai fait un stage pendant mes études dans ce type de centre (dont je n'arrive absolument pas à me souvenir du nom, je vais me démener pour trouver le nom de ce type de ce centres d'aide.)
Il était situé juste avant la Colline du Crack, à Paris.

J'ai besoin de trouver du sens, dans le monde dans lequel on vit, surtout en ce moment.

Je n'écoute que brièvement les infos. Sinon je me rends malade.

Le fait que, en simplifiant à l'extrême, 80% voire plus des richesses aillent dans les poches de moins de 20% de la population mondiale, enrichissant toujours plus les déjà ultra-riches, qui ne savent même plus que faire de leur argent, et que, parallèlement à cela, je chercherai les chiffres exacts, mais une partie plus que conséquente des 80% de la population restants, se trouvent SOUS le seuil de pauvreté, et encore, je ne rentre pas dans le détail, j'en aurais pour des heures, tout cela ME RÉVOLTE à un point que j'ai de plus en plus de mal à supporter. Je dois agir.
Apporter ce que je peux apporter, même si c'est une goutte d'eau dans l'océan.
Si je peux redonner un sourire, si je peux aider quelqu'un à vider son sac, et que cela le/la soulage, mettre des sans-abri au chaud et en sécurité pour la nuit, voir un toxicomane avoir accès à la Méthadone, ou Subutex, bref à un TSO, partager un moment avec eux, même bref, leur parler de mon parcours, même si certes, je n'ai pas vécu la dégringolade, la rue, la drogue dure, j'ai tout de même un bon vécu de dépendance, je sais précisément comment celle-ci fonctionne, à quel point les opiacés sont séduisants et accrocheurs.
À quel point on a l'impression de contrôler sa consommation, les premiers temps.
Jusqu'à se rendre compte que l'on est ferré. Et bien ferré. Et que revenir en arrière n'est plus vraiment une option.

J'ai vécu une induction de Méthadone, et je sais combien ce n'est pas simple au début, tant que la juste dose n'est pas atteinte.
Combien il faut s'accrocher.
Et aussi à quel point cette molécule peut-être salvatrice, selon les cas bien sûr, une fois la dose efficace déterminée.

J'ai besoin de faire ce don de moi, dans la vraie vie, je ne peux plus continuer à constater avec de plus en plus de colère grandissant en moi chaque jour, et rester à ne rien faire.
Je peux le faire, oui, je pense que je peux le faire, que je suis suffisamment stable, alignée intérieurement, pour pouvoir entamer ce type d'actions.

J'ai passé un temps fou à atteindre cette stabilité, à me poser, et maintenant, transmettre cette aide que j'ai reçue, à ceux qui aujourd'hui, en ont besoin, me semble primordial, dans le parcours que j'ai imaginé pour moi.
Sur la route que je tente de me tracer.

Cela fait partie de mes priorités, en ce qui concerne les choses que je voudrais avoir accomplies ici-bas.

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