Elle ne s’en cache plus.
La
cocaïne est entrée dans sa vie comme une promesse de puissance. Une ligne blanche, nette, presque élégante. Elle disait que cela l’aidait à tenir, à parler plus fort, à travailler plus vite, à ne pas trembler devant le monde.
Au début, elle aimait cette version d’elle-même : brillante, vive, invincible. La nuit devenait électrique. Les conversations coulaient sans effort. Le regard des autres semblait enfin accroché au sien.
Puis le corps a commencé à réclamer.
Plus souvent. Plus vite. Plus fort.
La poudre ne donnait plus des ailes ; elle exigeait un tribut. Les
descentes devenaient longues, grises, silencieuses. Son cœur battait comme s’il voulait sortir de sa poitrine. Ses pensées tournaient en rond, aiguës, sans repos.
Elle sait exactement ce qu’elle fait. Elle sait le prix. Elle sait que ce n’est pas une fête, mais une dépendance. Elle connaît la brûlure dans le nez, la sécheresse dans la gorge, l’angoisse qui suit. Elle connaît la honte discrète, celle qui ne fait pas de bruit mais qui s’installe.
Et pourtant, il y a en elle quelque chose qui résiste.
Une part d’elle observe.
Une part d’elle refuse de se réduire à cette poudre.
Elle n’est pas seulement une femme qui se drogue.
Elle est une femme qui cherche à combler un vide qu’elle n’a jamais choisi.
Elle commence à comprendre que la vraie force ne sera pas dans l’excitation artificielle, mais dans la lente reconstruction. Dans l’acceptation de ses failles. Dans l’idée qu’elle peut être aimée sans artifice, sans accélération chimique.
La
cocaïne lui a donné l’illusion de la maîtrise.
La lucidité lui rend la possibilité du choix.
Et quelque part, derrière l’agitation, une décision mûrit :
celle de se sauver, pas en un jour, mais un jour après l’autre.
Tali ♥️