Bonsoir Léa,
J'ai acheté ton livre sur Amazon, et sincèrement, je ne regrette vraiment pas !
Je l'ai englouti d'une traite, et je n'ai pas vu le temps passer.
La fin, que je ne vais pas spoiler bien entendu, est assez dure. Mais c'est à l'image de la vie, on n'est pas chez les bisounours... La maman de Bambi meurt aussi dans l'oeuvre de Disney, c'est triste, mais faut bien être confrontés aux dures réalités de l'existence...
Bon, pour tout dire, j'ai lu VioleT en fin de trip sous
MDMA. Soirée + nuit blanche avec au moins 6
redrop (tout sauf
RDR, je sais...), et pas en mode festif (en mode solitaire à faire de l'introspection, je sais je sais c'est pas l'idéal...bref )... et donc la journée suivante en
descente et impossible de dormir... et j'avais repéré ton livre il y a quelques semaines en surfant sur le forum, donc bon je me suis dit que c'était le bon moment pour l'acheter et le lire

Donc lecture pendant la
descente, d'où ma sensibilité inhabituelle (je suis un vieux Chien de la Casse normalement !! je suis pas sensible d'habitude rhooo) sur les dernières pages de ton livre... et donc ce n'est pas du tout une critique loin de là

Pour ce qui est du fond :
-de manière objective : malgré que ça soit une fiction et que la narration soit romancée, le sujet est traité de manière "sérieuse et documentée". Tu ne relaye pas de conneries, tu sais de quoi tu parles, tu ne tombes pas dans le sensationalisme à outrance, tout ce que tu développes est crédible et réaliste. Les personnages romanesques sont par définition des "caricatures" d'une certaine manière, c'est ce qui permet au roman de fonctionner, et franchement tu arrives à super bien gérer ces personnages, à leur donner vie, à les rendre humains et attachants, sans tomber dans les pièges habituels des personnages trop impersonnels et stéréotypés qu'on trouve souvent dans les romans.
-de manière subjective : l'ensemble du livre me touche vraiment, puisque je me reconnais dans l'essentiel de l'histoire. On dirait que c'est le même vécu mais pas dans le même ordre.
Diagnostiqué
TDAH, sous
Ritaline, en ayant un historique d'abus de substances depuis l'adolescence... abus de substances et méfaits divers à la vingtaine et tout ce que ça a pu impliquer, inaccessibilité de la
Ritaline quand j'en aurais eu besoin dans les années 90 (j'ai la quarantaine maintenant, le lycée fin des années 90 aurait été plus efficace si j'avais pu avoir le diagnostic et le traitement
ad'hoc), vie compliquée alors que tout aurait pu être beaucoup plus simple.
Et parcours de vie familiale avec des traumas assez similaires (mère alcoolique depuis toujours, qui a fini par en mourir de manière pitoyable ; bientôt 10 ans après, je la comprends enfin, je ne la déteste plus, j'ai compris ce qu'elle a subi jeune pour finir comme ça)... ; entre autres choses qui font écho en moi en lisant ton oeuvre (mais je vais pas raconter toute ma life ici lol).
Pour ce qui est de la forme maintenant :
-le style est agréable à lire, très vivant, très dynamique. Je l'ai lu d'une traite (alors qu'en
descente normalement on n'est pas au top sur la concentration et les efforts intellectuels). On est facilement captivé par ton style narratif qui est vraiment fluide, jamais lassant.
Certains éléments de language sont propres à la culture Marseillaise, et c'est vrai que si on ne vient pas du pays des Fadas, il faut parfois chercher un terme sur google. Mais ce n'est pas du tout un frein à la fluidité de l'oeuvre, bien au contraire c'est l'occasion de s'enrichir avec une culture régionale très intéressante.
-ton
tdah avec probablement des zébrures de zèbre hpi, se ressent et ça donne une vraie originalité au roman. Je ne sais pas comment le dire, mais à plein d'endroits, on se dit "mais putain y'a qu'un zèbre pour penser comme ça".
Et c'est la force de l'oeuvre : un livre atypique écrit par une autrice neuro-atypique.
Et les neuro-atypiques sont l'avenir de l'humanité : quand l'IA aura remplacé tous les gens normaux (pigistes, secrétaires, etc...), il n'y aura plus que les Zèbres pour avoir ce grain de folie que les machines cartésiennes n'auront jamais...
CONCLUSION:
Je vais essayer de donner un avis objectif. Une partie de mon parcours professionnel a été au sein de la presse et de l'édition, donc j'ai un peu de recul là dessus (même si je ne suis ni critique littéraire, ni propriétaire de Gallimard

)
Par rapport à beaucoup de romans qu'on lit, dont certains arrivent à être publiés chez des maisons d'éditions prestigieuses et à être promotionnés pour la rentrée littéraire, issu du travail d'auteurs qui en sont parfois à leur dixième bouquin, je trouve que tu as largement le niveau.
Mais vraiment, ce n'est pas pour te faire plaisir, mais tu as un style (qui peut déplaire, comme tous les styles) et tu le gères bien, sans tomber dans la lourdeur ou les caricatures à outrance, et en gardant une belle originalité. On sent que tu as une culture, un cerveau bien câblé, tu maîtrises les éléments clés de la fiction romanesque, tu as dû beaucoup lire, tu ne fais pas les choses par hasard, mais en même temps tu "traces ta route", tu n'essaie pas de copier le style de l'un ou de l'autre ou de surfer sur une mode stylistique, tu as ta propre originalité et ça c'est super !
Et franchement, si c'est ta première expérience d'autrice, bravo ! Les auteurs qui sortent des bouquins (parfois soporifiques ou carrément mal écrits) chez des éditeurs prestigieux, sont en principe coatchés, le livre ne sort pas comme ça, entre le manuscrit et la version finale il y a en principe du boulot, que ça soit du coatching sur le fond via des consultants spécialisés selon les thématiques, ou sur la forme avec les relecteurs/SR.
Là, tu écris ça dans ton coin, c'est ta première fois, et tu le sors sur Amazon, donc une plateforme qui permet de le diffuser, mais qui ne t'apporte aucun appui (j'imagine, pas de relecteurs, pas de conseils personnalisés, pas de sécrétariat de rédaction, etc...).
Et du premier coup, ton oeuvre coche la majorité des cases qui font que c'est un livre qui vaut la peine d'être lu. Quand on voit les navets écrits par des BHL et consorts, qui sortent chez Gallimard, Grasset et compagnie, dont l'auteur fait ça depuis 40 ans et est épaulé par la maison d'Edition... des bouquins imbuvables desquels on décroche au bout de 3 pages...
Franchement bravo Léa !
mais... ça ne m'étonne pas d'une neuro-atypique