Généralités sur le sevrage / PsychoACTIF

Généralités sur le sevrage

Publié par prescripteur, 14 septembre 2018 à  08:54
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Bonjour, à PA nous devons parfois (et même assez souvent) répondre à des avis péremptoires sur le sevrage susceptibles de troubler les forumers. certaines personnes sont capables de "prouesses" (avec beaucoup de douleurs et parfois peu d'efficacité à long terme) mais il est important de rappeler que chez l'immense majorité des usagers le sevrage n'est indolore et efficace qu'en suivant des pratiques communes. PA a donc fait un texte sur ce sujet qu'il vous propose ,afin qu'il soit complété et corrigé avant finalisation. Amicalement


Quelques éléments sur le sevrage

Introduction

Certains forumers viennent sur PA pour se vanter d'un sevrage brutal (ou "sec") de divers produits ou annoncer qu'ils vont le tenter, et qu'aucun avis ou conseil ne pourra les en détourner..
Même si le rapport aux produits est toujours personnel et que certains consommateurs sont capables de "prouesses" en la matière, ces prouesses sont aussi rares que l'aptitude à courir un marathon ou à faire un trail de géant.
Il est donc important pour PA de rappeler l'expérience "ordinaire" sur ce point sensible. Nous espérons que ce texte pourra aider les candidats au sevrage.

Il faut aussi noter que le sevrage, historiquement défini comme l'alpha et l'omega de la prise  en charge de l'addiction ne devrait être vu que comme l'une des possibilités de l'évolution des consommations, notamment avec le contrôle permettant le retour à une zone de confort.

1) Le sevrage, élément d'une trajectoire de consommations.

Le sevrage ne peut pas être étudié sans référence à la trajectoire de consommation de l'usager (et plus généralement à sa trajectoire de vie). Il est parfois le mode de sortie définitif de la consommation et parfois un simple événement de la trajectoire entre deux rechutes. Et parfois le sevrage n'est pas du tout à l'ordre du jour !!!

Le chiffre de 3% par an a été avancé comme le pourcentage des consommateurs qui sortent définitivement de la consommation par sevrage. Beaucoup d'articles montrent qu'il n'y a pas de fortes variations de ce chiffre selon les différentes méthodes de prise en charge (méthadone, cure de sevrage ou même absence de prise en charge spécifique). Il est donc recommandé de ne pas chercher systématiquement un sevrage immédiat chez une personne prise en charge pour une consommation problématique mais de tenter de discerner si c'est "le bon moment" (qui ne concerne donc qu'environ 3% des consommateurs à un moment donné !!). Et bien entendu, il est essentiel que le consommateur soit le seul à décider !!!

En attendant cet (éventuel) moment propice, ou pas, il faut insister sur  l'interêt de la Réduction des Risques (RdR)  qui fait une différence notable dans la mortalité et les difficultés médicales mais aussi personnelles, sociales et familiales.
Notamment les Traitements de Substitution aux Opiacés divisent par 2 la mortalité des usagers d'opiacés et sont associés à des progrès notables dans la vie personnelle, sociale, familiale et professionnelle.

De façon générale la RdR permet d'éviter de nombreux risques sanitaires (VIH, Hépatite, carence en vitamine B1 etc..) mais, aussi et c'est important,  permet souvent de transformer une consommation problématique en usage moins problématique, voire parfois en usage simple. La sortie de consommation n'est donc pas nécessairement un sevrage mais peut être un retour à une consommation non problématique (ou zone de confort).
Pour l'alcool c'était encore récemment totalement nié par les professionnels ("l'abstinence totale ou rien") mais à présent la notion de Retour de la consommation à une zone de confort,  comme objectif, est admise, notamment avec l'aide de certains médicaments.

http://www.annecoppel.fr/histoire-natur … n-risques/
https://sencanada.ca/content/sen/commit … cier-f.htm
https://carnets2psycho.net/dico/sens-de … toire.html

2) Le contrôle sur la consommation.

De nombreuses statistiques montrent que les consommateurs dépendants ne constituent qu'une fraction des expérimentateurs. De 50% pour le tabac à 10% environ pour la cocaine.

http://www.info-drogue.com/questions-/- … rogue.html
http://www.int.univ-amu.fr/IMG/pdf/cnrs … il2012.pdf

Encore ces statistiques reposent elles sur le rapport de la consommation actuelle à la consommation passée mais peu de ces études montrent le pourcentage de consommateurs actuels qui contrôlent leur consommation, c'est à dire qui se cantonnent à un usage simple, intermittent  ou qui peuvent arrêter "quand ils le veulent". Pour l'alcool cela représente environ 90% des consommateurs. ce contrôle de la consommation peut d'ailleurs, pour tous les produits, succéder à une période de consommation non contrôlée.

A l'inverse une petite minorité ne parvient pas à contrôler sa consommation. "Dès que j'ai bu un premier verre, je ne peux plus m'arrêter".
Dans cette population le sevrage absolu est considéré par la plupart des professionnels de santé comme obligatoire et c'est souvent un objectif partagé par les consommateurs. On est toujours dans le contrôle de la consommation mais chez ces personnes le contrôle passe (presque) nécessairement par le sevrage.

Il est évident que les modalités du sevrage, quand il est décidé, sont différentes. Chez les personnes qui sont "en contrôle", un sevrage progressif ne pose en général pas de problème et, de ce fait, est souvent relativement indolore.

Mais chez les personnes qui ne parviennent pas à contrôler leur consommation, ce sevrage progressif est souvent décrit comme "impossible"(de fait il est irrégulier, douloureux et souvent interrompu)  et ceux qui veulent arrêter (souvent sous la pression de la famille ou de la société) tendent à chercher des alternatives. Certains tentent alors un sevrage brutal (avec des risques sanitaires parfois important, un ressenti très douloureux et un fort risque de reprise), et parfois se tournent vers le sevrage sous anesthésie générale (UROD).
Ou ils attendent du sevrage hospitalier un effet "magique" qu'il n'a pas toujours. Même si le sevrage est réussi au cours de l'hospitalisation, le risque de reprise à la sortie est élevé.

Plusieurs solutions existent néanmoins. A commencer par le sevrage progressif bien préparé et encadré, en hospitalisation ou non, suivi d'une prise en charge attentive pour éviter les reprises. L'apprentissage de techniques de prévention de la reprise (Souvent relevant des TCC : Thérapies Comportementales et Cognitives) pendant l'hospitalisation, ou même avant, est nécessaire.

Mais je pense surtout que l'acquisition d'un contrôle accru sur la consommation avant tout essai de sevrage est à privilégier chaque fois que c'est possible.C'est l'une des fonctions majeures de la RdR !!! Cela ne signifie pas forcément une consommation sans risque ni problème. Même une consommation problématique  peut, dans une certaine mesure, être contrôlée (timing, limites etc...) plutôt que totalement subie. Cela encourage l'usager et peut évoluer vers un contrôle de plus en plus efficace. C’est un apprentissage « gagnant ».

http://www.int.univ-amu.fr/IMG/pdf/cnrs … il2012.pdf


3) Consommation et modèles linéaires et non linéaires.

Le modèle le plus souvent invoqué pour décrire la trajectoire de consommation est linéaire -> initiation, installation de la dépendance, consommation régulière, sevrage et consolidation du sevrage ou retour à une consommation non problématique. Notamment quand l'usager recherche un sevrage, on considère qu'il est peu ou prou au bout de sa période de consommation.

Mais assez récemment des chercheurs ont montré que la trajectoire de consommation est plus souvent non linéaire voire chaotique. Comme pour la méteo,  de petites variations dans l'état mental  et dans son environnement font se succéder, de façon imprévisible, des pulsions de consommation contrôlée et incontrôlée, de sevrage et de non consommation etc..

nb= ce caractère "chaotique" de la trajectoire de vie existe dans tous les domaines et chez tout un chacun et il n'est pas spécifique aux consommations de psychotropes.

Bien entendu les pulsions peuvent se traduire, ou non, dans le comportement, en fonction de la volonté du consommateur. Mais les pulsions sont bien présentes et le consommateur a peu de prise sur elles.
Les intervenants et familiers les interprètent alors de façon "linéaire" comme des guérisons , des "rechutes", des tentatives d'autodestruction etc.. alors qu'ils ne sont souvent que des variations dans la trajectoire de vie. Et ce malentendu est à la source de nombreux conflits.

https://www.sciencedaily.com/releases/2 … 080829.htm

La prise en compte de cette variabilité chaotique pourrait donc mener à une prise en charge plus efficace et moins stigmatisante et à mieux profiter des opportunités.

Notamment Jim Bright identifie plusieurs aspects limitant le caractère chaotique (dans le domaine professionnel)

http://www.thecdi.net/write/AC2015/Pres … 15.key.pdf


Changer de façon dynamique et continue

Programmer mais ne pas s'en tenir aveuglément aux programmes.

L'opportunisme stratégique

Être ouvert à toutes les possibilités

Eviter d'être coincé dans des raisonnement étroits et fixés

Prendre du recul et observer le problème de façon plus large.

Souvent l'évolution peut paraître chaotique sur des périodes courtes mais être plus prévisible et maîtrisable sur des temps plus longs.
Il faut donc se garder de sur-interpréter le quotidien. Cette mise en garde peut sembler théorique mais en pratique on constate, et notamment sur PA, de nombreux parcours chaotiques comportant des "sevrages" douloureux et inutiles, décidés dans l'urgence. Une décision de sevrage est une décision "lourde" et, dans l'idéal, ne devrait pas être prise dans l'urgence.

4) Les effets propres des médicaments et produits , le syndrome de sevrage.

Plusieurs classes de médicaments et produits induisent une tolérance et une dépendance physique.
https://pharmacomedicale.org/pharmacolo … dependance

Ces deux propriétés modifient l'évolution du rapport du consommateur aux produits, notamment par un syndrome de sevrage qui interdit l'arrêt brutal de ces médicaments. Toutefois l'exemple des patients traités au long cours par des opiacés (et dont la douleur est guérie) ou celui des GI au Vietnam de retour chez eux montre que le syndrome de sevrage peut être maîtrisé sans difficulté, à la seule condition de prendre le temps nécessaire !!

Trois sevrages brutaux doivent absolument être évités car présentant un risque mortel ->Alcool (Delirium Tremens) , Benzodiazepines (et apparentés, GHB, Lyrica) et Barbituriques, notamment avec un gros risque de convulsions.
Le sevrage sec des opiacés est très douloureux dans la plupart des cas et peut entraîner un risque de décès chez des personnes fragiles.
Le sevrage sec des anti-dépresseurs entraîne souvent des effets secondaires prolongés (nervosité, brain zaps)
Le sevrage sec du cannabis et du tabac entraîne de la nervosité, insomnie;
Le sevrage sec du café entraîne des céphalées
La cocaine, les stimulants, sont réputés ne pas entrainer  de sevrage physique mais mais en cas de consommation continue un syndrome de sevrage existe bien (insomnies, dépression, anxiété, irritabilité....).
Ils peuvent surtout susciter un craving intense. Mais ce sont des produits généralement consommés de façon non continue, ce qui limite le risque du sevrage.

Nous renvoyons le lecteur aux divers articles sur chaque sevrage, qui ne manquent pas sur Internet !!! En voici quelques uns.
Alcool     https://aide-alcool.be/consommation-pro … ue-arreter

BZD        https://benzo.org.uk/freman/contents.htm

Opiacés    http://www.health.gov.on.ca/fr/news/bul … 0522_2.pdf

AD         http://www.antidepressantwithdrawal.inf … cueil.html

Tabac      https://www.stop-tabac.ch/fr/la-gestion … de-sevrage

Cannabis   https://www.stop-cannabis.ch/la-consomm … du-sevrage

Café       https://fr.wikihow.com/arr%C3%AAter-la-caf%C3%A9ine

Cocaine    https://www.praxis-suchtmedizin.ch/fosu … de-cocaine

Amphets    https://www.cochrane.org/fr/CD003021/tr … phetamines
                   https://www.psychoactif.org/forum/t313- … mines.html
Enfin un très bon article sur les sevrages mais en anglais

https://psychonautwiki.org/w/index.php? … awal&?

5) Le sevrage physique, un élément parmi d'autre de la sortie de consommation.

Beaucoup d'articles médicaux se concentrent uniquement sur le sevrage physique et semblent signifier que lorsque la drogue a été "exorcisée" les problèmes disparaissent immédiatement. La réalité est évidemment toute autre. Le sevrage est un événement d'une trajectoire de vie qui donnait une place importante au produit. D'autre part, le produit avait des effets positifs, ou ressentis comme tels, pour le consommateur.
Il ne se limite donc pas à une simple "détoxication". Le sevrage mobilise  toutes ces problématiques lors de l'arrêt de la consommation et dans ses suites immédiates et, même lorsque le sevrage physique est réussi, persiste parfois sous une forme décrite comme le PAWS, syndrome prolongé de sevrage (qui est l'une des causes de la récidive).

https://www.psychoactif.org/psychowiki/ … de_sevrage

Malheureusement ce syndrome est peu connu et des réponses scientifiques à des questions pertinentes comme "Y a t il une relation entre le type de sevrage (plus progressif ou plus brutal) et le risque de PAWS ou de récidive ??" ne sont pas, à ma connaissance disponibles. C'est important car il arrive que le sevrage physique se révèle en fait la partie la plus "facile" du sevrage global.

Une discussion ancienne, ainsi que de nombreux témoignages, laissent penser que les sevrages à répétition, secs ou non,  deviennent de plus en plus difficiles quand ils sont répétés. Il est donc important de ne pas dépenser en vain une energie perdue pour rien.

https://www.psychoactif.org/forum/t1359 … vrage.html

Par ailleurs la brutalité d'un sevrage, et sa souffrance associée, peuvent durablement décourager les tentatives de sevrage ou même, et surtout,  de contrôle sur la consommation.
L'argument, parfois avancé, que la souffrance du sevrage décourage la récidive n'est généralement pas confirmé par les faits.

Conclusion

Il existe généralement une grande confusion sur la dépendance, l’addiction, la consommation et le sevrage. Ainsi l’OMS définit la dépendance (remplaçant pour elle le mot addiction) comme

La 10eRévision de la Classification statistique internationale (CIM-10) des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10) définit le syndrome de dépendance comme un ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et physiologiques dans lesquels l’utilisation d’une substance psychoactive spécifique ou d’une catégorie de substances entraîne un désinvestissement progressif des autres activités.
La caractéristique essentielle du syndrome de dépendance consiste en un désir (souvent puissant, parfois compulsif) de boire de l’alcool, de fumer du tabac ou de prendre une autre substance psychoactive (y compris un médicament prescrit)
Mais elle ajoute immédiatement
Le contexte psychopharmacologique utilise les concepts de dépendance ou de dépendance physique de manière encore plus restreinte; en effet, ils concernent uniquement l’apparition de symptômes de sevrage d’une substance psychoactive.

http://www.who.int/substance_abuse/term … ition1/fr/
Le même terme de dépendance s’applique donc aussi bien à la situation d’un patient douloureux ayant pris de la Morphine pendant quelques mois et devant donc faire un sevrage progressif (mais le plus souvent sans problème) si la douleur a disparu qu’à un consommateur d’héroine capable de se sevrer temporairement à tout moment mais ne supportant pas au long cours la vie sans héroine. Et à bien d’autres situations, chacune étant un « monde en soi ».
L’utilisation d’un terme unique décrivant des situations très différentes, et notamment concernant le sevrage, est donc source de confusion et d enfermement dans des concepts théoriques très éloignés de la réalité.
Il est  important de ne pas se servir de ces termes de façon « descriptive »  mais de donner sa pleine mesure à l’individualité fondamentale de chaque situation , chez chaque personne.
C’est la condition indispensable de tout  discours sur le sevrage.

Reputation de ce post
 
J'adhère!!(Daane-El)

Quand on voit ce qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait, on a bien raison de penser ce qu'on pense. Pierre Dac

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janis 
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Merci prescripteur pour ce texte et ses liens, qui permettent de mieux saisir la notion de sevrage dans toutes ses subtilités, notamment par rapport aux risques et aux limites suivant les substances consommées. C 'est extrêmement pédagogique.

J'apprécie particulièrement la mise en relief des notions de consommations contrôlées (et non plus contrôlantes) par rapport à l'abstention totale. Mais après comme tu l'écris tout dépend des sujets, de la puissance de leurs pulsions etc.

Bonne journée
Janis


J'ai pour me guérir du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi-même

A. Artaud

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Date d'inscription: 22 Feb 2008
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Merci Janis. 
A tous,
N'hésitez pas à proposer des idées et précisions sur ce sujet que vous auriez aimé trouver dans le texte.
Nous les rajouterons si elles vont dans l'esprit de PA.
Amicalement


Quand on voit ce qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait, on a bien raison de penser ce qu'on pense. Pierre Dac

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Mister No 
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l'abstention

Lapsus révélateur. big_smile
C'est bien qu'émerge un peu plus la notion de consommation contrôlée ou controlante. merci-1
Ensuite, pour l'OMS, je trouve qu'il est nécessaire d'apporter une nuance entre dépendance et addiction ; cela peut "décrire" deux comportements distincts.
La dépendance est un effet secondaire peu grave de certains traitements dont les TSO par exemple ou en dehors d'un traitement, il est possible d'être dépendant et de bien le vivre même si dans un contexte de prohibition, c'est pas évident.
Faire la nuance, c'est reconnaitre que l'héro peut être prescrite mais aussi le triptyque fondamental /contexte/individu/produit car la santé passe par le respect de l'individu.

Dernière modification par Mister No (14 septembre 2018 à  11:57)


Just say no prohibition !

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janis 
Adhérent PsychoACTIF
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5200
Date d'inscription: 07 May 2018
Messages: 378
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Mister No a écrit

l'abstention

Lapsus révélateur. big_smile
C'est bien qu'émerge un peu plus la notion de consommation contrôlée ou controlante. merci-1
Ensuite, pour l'OMS, je trouve qu'il est nécessaire d'apporter une nuance entre dépendance et addiction ; cela décrit deux comportements distincts.
La dépendance est un effet secondaire peu grave de certains traitements dont les TSO par exemple.
Faire la nuance, c'est reconnaitre aussi le triptyque individu/contexte/produit.

mince!!! l'abstinence pardon!!!!


J'ai pour me guérir du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi-même

A. Artaud

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psychodi 
psychocannabinologiste
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Messages: 508
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bonjour à toutes et tous

merci prescripteur pour ce condensé d'informations que je m'en vais relayer de ce pas auprès de certains collègues (notamment médecins)

spécial merci pour la notion de linéarité/non linéarité dans les trajectoires de consommations, notion que j'avais plus ou moins appréhendée empiriquement dans ma pratique clinique quotidienne (mais sans appui documentaire...même en anglais) et que j'avais bien du mal à faire entendre aux "certains collègues" sus cités...

amicalement


on n'est jamais jamais assez fort pour ce calcul (contrepèterie)

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pierre
Administrateur
9200
Lieu: Paris
Date d'inscription: 15 Sep 2006
Messages: 12628
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Oui nous avions parlé de faire une distinction entre dépendance et addiction. Il faut le faire. L’addiction étant une dépendance problématique ou pathologique.

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prescripteur 
Modérateur
8900
Date d'inscription: 22 Feb 2008
Messages: 5939

Pour l'abstention vs abstinence, c'était en effet une erreur de ma part mais peut etre aussi un "lapsus révélateur".

abstention = fait de s'abstenir   Eviter volontairement de, se garder de faire quelque chose.

L'abstinence est un renoncement volontaire et durable à la satisfaction d'un appétit ou d'une envie. Dans la plupart des cas, le terme désigne l'abstention de rapports sexuels, d'alcool, de tabac voire d'un type de nourriture ou d'une pratique addictive.

J'hésite à le garder quand même, car l'abstinence est bien une abstention . Qu'en pensez vous ?

Pierre, sur le fond je suis d'accord avec toi. La dépendance devrait etre le fait de ne pas pouvoir arreter un produit sans syndrome de sevrage (sens limité de l'OMS) et le terme addiction remplacer celui de  dépendance dans son sens élargi.
Mais notre vision des choses n'est pas partagée par l'OMS par exemple pour qui la dépendance est un synonyme d'addiction qui doit être préféré.
Personnellement je préfère insister sur l'absence de signification unique et consensuelle de ce terme qui ne devrait donc plus être utilisé, sans préciser dans quel sens on l'entend.
Donc je pense que les définitions officielles devraient etre changées pour bien faire la différence entre ces 2 notions différentes. Mais ajouter une interprétation personnelle, non reconnue, à mon avis ne peut qu'accroitre encore la confusion. Mais on peut si tu veux exposer nos deux définitions en expliquant que ce n'est pas officiel mais que cela nous parait indispensable et que nous militons pour ça.

Amicalement


Quand on voit ce qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait, on a bien raison de penser ce qu'on pense. Pierre Dac

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ILE 
Méthylée mais brute de décoffrage
France
3210
Date d'inscription: 11 Mar 2018
Messages: 449

Au-delà de la dépendance au sens strict et de l'addiction, il y a également l'usage problématique auquel les prinicipes de la RdR peuvent s'appliquer; le terme sevrage quant à lui n'y est pas approprié puisqu'il s'agirait plutôt de changer les pratiques de consommation mais une partie de la problématique est partagée (ne serait-ce que celle relative au contrôle).

J'ai bien compris qu'il s'agit d'un article relatif au sevrage pris sous la perspective portée par la RdR, et non pas sur la RdR etc., du coup je ne sais pas très bien pourquoi j'ai envie de préciser cela, sinon le sentiment que ce n'est pas totalement étranger au sujet malgré tout, puisque finalement on part de l'idée de sevrage pour envisager une prise en charge qui ne se limite pas à cet unique objectif ou plutôt qui lui substitue l'objectif plus réaliste et universel de contrôle.

A part cela, excellent article.

NB: il y a deux renvois (liens) vers le même document du CNRS, c'est peut-être intentionnel, mais au cas où ce ne le serait pas je le mentionne.

EDIT: je viens de voir le nouveau post de prescripteur sur l'auto-contrôle...

Dernière modification par ILE (14 septembre 2018 à  16:01)

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Daane-El 
les noirs couchent le roi!!
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1800
Lieu: Juste derrière toi !!
Date d'inscription: 26 Feb 2018
Messages: 162

Personnellement Je reconnais mes déviances sur le sujet

J'ai pompé le texte et je commence à l'apprendre par coeur

J'essaierais du mieux que je pourrais lorsque je parlerais de ce sujet de coller le plus possible à l'esprit de ce texte

Car ayant toujours été seul dans mes aventures je n'ai pas spécialement été attentif à certaines choses notamment la génétique et dans la famille effectivement c'est spécial il n'y a pas que moi qui présente des spécificités que l'on ne croisent pas partout.

Et comme toujours ayant été seul j'ai été victime de mes certitudes et peut être me suis-je fais choper par l'arrogance ou la prétention (ce sont mes démons principaux) Mais j'y travaille sérieusement.

J'adore ce texte (et ce à plus d'un titre) merci!!

Daane-El


"Seuls les poissons morts suivent le courant" , proverbe autrichien.

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Lilas24 
Nouveau Psycho
France
1700
Date d'inscription: 31 Jul 2017
Messages: 165

C'est très intéressant mais c'est vrais que les mots que nous utilisons ont plusieurs acceptions comme la dépendance, l'accoutumance, l'addiction et le sevrage.

Je ne suis ni médecin ni psychologue et de mon expérience je vois deux situations distinctes:

- une longue addiction de 10 ans au codoliprane que j'ai détourné de son usage et pris en quantités industrielles pour gérer une anxiété de plus en plus grande. Le terme addiction me parait approprié à ce mesusage durable et massif. Je suis réceptive aux opiacés qui me procurent de belles sensations. Mais c'est surtout parce que l'effet anxiolytique/sommeil marchait sur moi que j'ai été dépendante si longtemps.

Un jour, mes attentes vis à vis de la codéine se sont effondrées et je n'ai plus eu envie de mettre ma vie en jeu pour me sentir bien la nuit (je ne la prenais que la nuit). J'ai commencé un sevrage dégressif et le terme sevrage est bien adapté. La lenteur du processus débuté seul puis terminé en CSAPA m'a permis de me détacher par lambeaux de l'emprise de la codéine, d'en faire réduire l'envie jusqu'à ce qu'elle rende gorge.

Je dis peut être des bêtises mais j'ai cette impression d'avoir été aux commandes pour l'envie, tandis qu'un partie de mon cerveau (la part inaccessible, animale, inconsciente...je ne sais pas) a hurlé à la mort et faisant ce qu'il pouvait pour me dire qu'il voulait sa codéine, c'est à dire en me faisant tourner en bourrique sur le plan physique.

Addiction et sevrage sont je trouve des mots bien pesés pour la dépendance générée par le détournement massif d'un médicament (je ne connais que ça) et la manière de lâcher prise et d'abandonner l'envie.

- Une dépendance au valium que je prends depuis 9 mois à 10mg le soir. J'ai commencé 2 jours après la fin de mon sevrage dégressif de la codéine. L'addicto a voulu m'aider car j'ai physiquement explosé en terme de tension physique et d'insomnie. S'il ne m'a pas fait dormir, le valium a apaisé, puis fait disparaitre le manque physique. Je n'ai jamais rien ressenti en le prenant, je n'ai jamais eu envie d'en prendre plus.

Je suis pourtant accoutumé au valium car ça fait 9 mois que j'en prends mais je n'utilise par le mot addiction car pour moi c'est une simple conséquence d'un usage thérapeutique d'un médoc qui a été utile mais dont je me fiche royalement maintenant qu'il l'est moins car l'emprise physique de la codéine a enfin lâché prise.

J'ai commencé à réduire le valium en passant de 10mg à 7. Je pourrais parler d'un sevrage mais le mot me semble inapproprié. Oui, il y a des manifestations physiques (7 jours d'insomnie, une grande nervosité depuis 15 jours mais comme elle est positive, je me contente de saouler tout le monde gentiment), mais non, je n'ai pas de peur ni d'envie.

Je ne sais pas si ce que j'écris a du sens. C'est encore un peu confus pour moi même mais je vois bien une énorme différence entre décrocher d'un produit psychoactif qu'on adore et se désacoutumer d'un autre qu'on a pris parce qu'on en avait temporairement besoin sans déborder ni éprouver d'appétit.

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Salut à tous! Voilà un tr sur ma 2ème prise d'ecsta qui s'est déroulée il y a de cela 5 jours et que j'ai trouvé assez différente de ma première. Ça faisait environ une semaine qu'un ami et moi prévoyions de prendre les plombs qu'on avait,des blue punisher dosés à 250 mg,achetés sur...[Lire la suite]
 La "boucle" sous psychédéliques, on en parle ?
par Core a Corps, le 19 Sep 2018
J'aurais voulu placer cette discussion dans le sujet psychédéliques, mais comme il n'existe pas en tant que tel, je n'ai pas réussi à me décider entre LSD 25 et Champignon magique. Tant pis, ce forum-là fera très bien l'affaire, après tout c'est une discussion qui peut toucher tout le mond...[Lire la suite]
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Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (pierre) dans [forum] Trip Report 190mg d'ecstasy - perche très étrange
(Il y a 46mn)
Tout à fait d’accord - away dans [forum] Je suis à 0.4 de Subutex... Qu'est qu'on se fait chier !
(Il y a 4h)
Un message certes dur, mais sincère. dans [forum] Tramadol et grossesse
(Il y a 7h)
L'hero de rue ne vaut pas l'oxycodone il parait -Safemantrip dans [forum] Besoin de conseils
(Il y a 13h)
Ouais ! Et même pas besoin d'acheter les herbes suisses à 15 € le g ! dans [forum] Comment j'ai enfin réussi à arrêter
(Il y a 20h)

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