[ Arrêt & Sevrage ]
Mon psychiatre serait-il en fait mon dealer ?

#1 
Benzotrip homme
Nouveau Psycho France
Aujourd'hui à 01:05
Bonjour à tous,
Je vais essayer de faire le plus concis compact dans ce post qui risque d'être un peu long, je m'en excuse par avance , je vais essayer de structurer.

Contexte :

J'ai actuellement 18ans ; j'ai une vie enviable pour certains, mais comme pour beaucoup ici, pas un long fleuve tranquille.
Ma réalité est que je n'ai jamais connu de stabilité malgré un cadre parental correct.
Jusque là des choses banales : divorce de mes parents, déménagements (12 en tout), je vis mal mon collège, ma mère fait tombe sur un gars toxique avec qui elle se met en couple et se sépare 6x... ok c'est pas idéal, pas stable mais c'est la vie.
Me voilà arrivé en classe de 2nd : je déteste le lycée, des gars avec qui j'ai rien à voir me confondent et me menacent de mort (armés)... je dois changer de lycée.
Ma mère me réveille à 5h du mat, on m'a trouvé une place en internat, à 7h30, je suis devant le lycée à 1h30 de chez moi avec ma valise, je ne connais personne, je suis désormais interne.

Infos importantes à garder en tête :

- Je suis fils unique dans une famille ou chacun a ces problèmes et des relations très conflictuelles = j'entends du mal de tout le monde sur tout le monde mais je dis rien pour éviter le conflit.
- Ma mère et ma grand mère se détestent de façon irrationelle et malsaine ; je suis le seul petit fils de ma grand mère qui a fait bcp pour moi = coincé

C'est là que le périple commence (15ans).

En Février, accident important : je me casse les 2 tibias et péronés au ski.
Mal plâtré, médecins pas dispo, ça se déplace gravement = opération.
Au réveil, on a perdu la prescription du médecin : pas d'antalgiques...pendant ±72h.
On m'a vissé 14 vis par jambes sur l'os dans le tibia et la maléole dans des plaies ouvertes de + de 20cm chacune. J'ai un peu plus de 15ans donc les pédiatres renvoient au médecins et vice versa.
Je passe mon année de seconde en rééduc + ou - coupé du monde.
Je reprends la première, je bosse pour rattraper les 2ans, j'excelle mais j'ai des crises de DR/DP.

Je vais donc voir un psychiatre...qui perd mon dossier à chaque fois, puis erreur fatale, je vais voir celui que ma mère voyait lorsqu'elle était jeune.

Le psychiatre n'hésite pas à me prescrire du Valium :
- 5 en cas de crise
- puis 5x3/J
- puis 10x3/j
- puis 20x3/j (à l'oral, pas direct sur l'ordo)

Il connaît la pharmacienne en bas du cabinet, il renouvelle des ordonnances chaque semaines pour 28j, fis du chevauchement, la délivrance ne m'a été refusé qu'une fois.

Puis du Tranxène en double prescription puis de la Ritaline parce que j'étais dans le brouillard puis me pousse à prendre des ADs que je refuse...
J'ai pu, je ne sais comment prendre jusqu'a 150mg de Valium/J sans me retrouver à cours de benzos pendant des semaines si ce n'est pas + à l'âge de 16ans.

Bien-sur je suis obligé de revenir le voir pour renouveler, je suis addict jusqu'a l'os.
Quand je suis en vacances où que je ne peux pas le voir je falsifie des ordonnances.

Je finis par partir dans le sup, j'arrête les benzos seul (à ne pas faire ! mortel !). = je fais une syncope en cours.
Je décide que c'est fini et je vais voir une addictologue, je lui demande une réduction rapide mais raisonnable - elle est ok mais je ne peux la voir que tous les 2 mois.
Je tiens ma réduction avec un coût mental et physique immense (crampes, perte de 20kgs en 3mois, faiblesse, tremblements...).

J'arrive enfin à mes dernières semaines de sevrage
J'ai repris le sport, je voit mes amis, j'ai mis en place tout ce que je pouvais dans ma vie ; une chose me bloque : le rebond d'insomnie lié au sevrage...un coût physique et mental insupportable.
Je re penche vers de mauvaises habitudes, je mélange H1 et alcool pour dormir, j'ai envie de tout ce qui a pû me soulager : morphine, MD, Tramadol...
Je ne craque "que" 3x sur les 2 mois mais cette semaine je tiens, je suis sain, c'est le bout du tunnel.
Je vais voir mon psychiatre en lui demandant de m'accorder du sommeil physiologique le plus correct possible : du Stilnox.
Une molécule addictive mais qui ne détruit ni le REM, ni le N3.
Une molécule qu'il m'a déjà prescrit par le passé, que j'ai eu à l'hosto en si besoin.
Une molécule addictive mais "propre" - plus qu'une bouteille de vin et 5 Donormyl ou 3 Téralène ; qui respecte les cycles biologiques...et surtout que 14 petits jours.

Je lui ramène les plaquettes des autres médocs, je n'en veut plus c'est fini, il peut compter les cachets, j'ai suivi les prescriptions à la lettre...IL REFUSE CATÉGORIQUEMENT DE ME PRESCRIRE DU STILNOX.
Sa solution : on augmente les benzos ou on prescrit des H1 qui sont du faux sommeil et qui laissent une horrible pâteuse...c'est pas grave, la Ritaline est là pour compenser !
Je suis extrêmement en colère, 14j de Z drugs pour finir ma cure refusé sans autre arguments médicaux que "je suis le médecin".
C'est sûr que l'alcool c'est mieux pour dormir lol, surtout mélangé à d'autres médocs !

Je suis au bout, j'ai fini ma cure, 2cm séparent le stylo et une feuille qui pourraient définitivement me sortir de ces années de souffrance, d'abrutissement, de néant et un homme qui ne connaît même pas la demie-vie, les effets secondaires et les conséquences sur le sommeil des molécules qu'il prescrit à la pelle s'y oppose ! 

RESULTAT : J'ai volé du Stilnox à ma grand mère (son stock supp) - je lui ait avoué le lendemain (2j de vol) parce que ça faisait 3j que je n'avais pas dormi, parce que je devenait fou...
Ma grand mère à compris ; le psychiatre à appelé ma mère qui à fait le lien entre ma grand mère le Stilnox et moi... et c'est encore plus la guerre avec moi comme receptacle en + de mon sevrage insupportable.
Je dois jongler entre mes conditions familiales dont je ne suis pas responsable, mon étique, ma polytoxiomanie, mon sevrage...
Ma mère faisant une confiance aveugle à son psychiatre d'adolescence et ma grand mère le détestant et portant un amour étouffant sur moi - je suis a bout.

Et quel médecin donnera du Stilnox à un jeune adulte avec des antécédents de polytoxicomanie ? - Personne
Alors que quel est le risque ? - Une addiction de plus ? et alors ? j'en serais plus à ça près si je replongeais.
Il y a un an je pensais que la solution était de me sédater à mort pour éviter de m'ouvrir du coude au poignet - aujourd'hui je n'ai jamais été aussi déterminé à m'en sortir, je met tout en place - et ce qui me bloque... UNE PU*** d'ordonnance.
Et tout ce qui en découle ; si je ne retrouve pas le sommeil, je vais finir par dérailler, replonger dans la polytoxicomanie ou je vais devoir me fournir de façon illégale.
Sans compter les conséquences déjà en partie évoquées.

Une vie une fois de plus potentiellement torpillée pour de l'administratif et des positions de pouvoir ? Qui a le droit de décider à ma place ; d'autant plus que je montre ma détermination à m'en sortir, de me priver de sommeil alors que j'explique exactement de façon pharmaceutique pourquoi je préfère tel médicament à un autre ?
Le même docteur qui m'a fait finir en désintox qui m'empêche de finir mon sevrage ou qui rajoute une difficulté. 

Aujourd'hui je vous exprime ma colère mais j'aimerais aussi votre opinion.

Certes je vous ai exposé "ma" vérité d'homme en colère mais pensez vous que cet homme exploite une faille à son profit (plus je fais de séance, plus il encaisse), qu'il pense bien faire (l'enfer est pavé de bonnes intentions) ou que je mon raisonnement est bancal et qu'il a effectivement raison ?

Merci

Dernière modification par Benzotrip (Aujourd'hui à 01:07)


Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

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#2 
Colblanctoxico homme
Nouveau membre France
Aujourd'hui à 06:07
Salut Benzotrip,
Merci d’avoir pris le temps d’écrire tout cela, surtout a 2h du matin.

Ce que tu racontes est lourd, cohérent, et surtout profondément humain.

Je vais te répondre avec beaucoup de prudence, parce que je suis le dernier à pouvoir donner des leçons. Je n’ai pas de solution miracle, je n’ai pas tout bien fait, et je sais à quel point ces situations peuvent devenir étouffantes.

D’abord, une chose importante : ta colère est compréhensible. Elle n’est pas un caprice. Elle vient d’un enchaînement de violences (médicales, familiales, institutionnelles) et d’un combat réel pour t’en sortir. Quand on a mis autant d’énergie à tenir, à se sevrer, à reprendre une vie, le manque de sommeil n’est pas un détail.
C’est souvent le dernier verrou, et parfois le plus dangereux.
Je ne vais pas juger ton médecin, parce que je n’étais pas dans le cabinet et que je ne connais pas toutes ses intentions. Mais de l’extérieur, il y a quelque chose qui pose problème : le sentiment que ta parole n’est plus entendue, alors même que tu arrives avec un raisonnement posé, argumenté, et une vraie démarche de sortie de dépendance. Quand le dialogue devient impossible et que la réponse se résume à « je suis le médecin », ce n’est jamais sain, surtout avec quelqu’un qui a vécu ce que tu as vécu.
Pour autant, je ne crois pas non plus que tout se résume à un médecin malveillant ou cynique. Il est possible qu’il soit très anxieux du risque médico-légal, qu’il ait peur de « la molécule de trop », ou qu’il applique une grille rigide dès qu’il entend « polytoxicomanie ». Ça n’excuse pas tout, mais ça peut expliquer une partie du blocage.
Là où je te rejoins pleinement, c’est sur un point : le sommeil n’est pas un confort, c’est un pilier de survie. Et quand on coupe quelqu’un de sommeil dans un contexte de sevrage, on augmente objectivement le risque de rechute, de conduites dangereuses ou de solutions illégales. Beaucoup de rechutes ne viennent pas de l’envie de planer, mais de l’épuisement.
En revanche (et je te le dis avec bienveillance), je ferais attention à une chose :
quand on est au bout, très fatigué, très en colère, le raisonnement peut devenir extrêmement juste sur le fond, mais inaudible sur la forme. Pas parce qu’il est faux, mais parce que la tension émotionnelle est telle que l’interlocuteur se braque. C’est injuste, mais c’est souvent comme ça.
Si je peux me permettre quelques pistes (pas des leçons, juste des idées) :
Peut-être envisager un autre médecin, même temporairement (médecin généraliste formé en addictologie, centre de soins en addictologie, consultation sommeil). Parfois, changer d’interlocuteur débloque des choses sans avoir à convaincre.
Continuer à t’appuyer sur l’addictologue, même si les rendez-vous sont espacés, et lui documenter précisément l’insomnie (agenda du sommeil, nuits blanches, conséquences).
Si le Stilnox est impossible, explorer des alternatives non benzodiazépiniques avec quelqu’un qui accepte d’en discuter calmement (pas pour te faire violence, mais pour garder une porte légale et médicale ouverte).
Enfin, et c’est peut-être le plus important :
ce que tu fais aujourd’hui montre une volonté de vivre, pas une envie de replonger. Tu n’es pas en train de chercher une défonce, tu cherches à tenir debout. Et ça, c’est fondamental.
Je ne sais pas si ton médecin exploite une situation, s’il pense bien faire, ou s’il se trompe. Peut-être un peu des trois.

Mais ce que je sais, c’est que ton combat est réel, et que tu mérites d’être accompagné, pas infantilisé, 18 ans ou pas.
Tu n’es pas faible.
Tu n’es pas incohérent.
Et tu n’es pas seul à te heurter à ce type d’impasse.

Courage à toi. Et merci d’avoir partagé tout ça ici.

Col cravaté psychorigide le jour, toxicomane la nuit.
Médecin amateur le reste du temps.
Dépendance vécue.
Ni soignant, ni modèle — juste concerné.

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