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Dernière modification par Flainbow (15 janvier 2021 à 07:02)
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Dextro59 a écrit
J'aurais jamais pensé pouvoir un jour parlé de cette boucle infernale sans être pris pour un fou!
J'ai 2 choses à exprimer ici, répondre au sujet biensûr, mais d'abord rebondir sur ce qu'a dit Rick :Rick a écrit
Sinon la kétamine : tomber au sein de la "matrice", le coeur du programme "vie", ses premières lignes de codes. A ses origines, l'origine et la création des choses, l'apparition de l'esprit humain comme créateur du monde qui l'entour etc. Sortir de l'unité de soi, puis retourner dans son individualité à la fin du trip.
C'est exactement ce que je vivais avec la kéta. L'ORIGINE, PHYSIQUEMENT, même MINERALEMENT. Je me suis retrouvé au point zéro, subsistait seulement de l'eau et de la roche. Tout était cristallin, je flottais. Je me sentais au niveau inférieur le plus bas du temps et de l'univers. Cette expérience se répétait à chacun de mes K-hole.
A tel point que j'ai fini par me passionner par les vidéos de catacombes et de souterrains, que je regardais durant mes trips à la ké, comme pour donner un support visuel à mes sensations minérales.
Cela étant dit, je reviens au sujet principal : les boucles. Oui, je veux parler DES boucles. Car par définition, si LES boucles sont infernales, c'est qu'elles s'engendrent les unes après les autres et que leur répétition finit par justifier la réalité même du principe de la boucle. D'où le fait qu'on finit par y croire et sen sentir "prisonnier".
Ensuite, j'ai vécu des boucles de différents ordres :
- Les boucles temporelles : "je vis exactement ce qui a été vécu des années auparavant par quelqu'un d'autre", ou "la société humaine est un éternel recommencement", avec toutes les étapes de la pensée qui viennent illustrer ces boucles.
-Les boucles relationnelles ou humaines : "il pense ceci de moi car j'ai dit cela de lui car je pensais ceci de lui".. Et ça finit en "il va me tuer car il sait que je vais le tuer car j'ai peur qu'il me tue".. Et ainsi une soirée entre potes se termine en grosse parano générale avec chacun prêt à sauter sur un couteau.
- Les boucles métaphysiques (les pires) : Je n'arrive pas à les décrire tellement elles ont été dures à vivre. La seule chose dont je me souvienne c'est que pour sortir de ces boucles, ma seule certitude était que soit j'étais fou, soit Dieu existait. Je devais choisir entre les deux possibilités pour me sortir de cette boucle. Pourquoi? Car seules la folie ou l'existence de Dieu pouvaient expliquer que j'avais eu accès à un concept normalement inaccessible à l'esprit humain. Ce concept a été supprimé de ma mémoire dès que la boucle a pris fin. Ou du moins ce concept devenait inintelligible.
Ainsi l'idée d'un Dieu a pris une place dans ma vie suite à un trip au LSD, sans quoi je serais certainement devenu fou...
Ceci est aussi un message à tous ceux qui se demandent comment un trip au LSD peut changer la personnalité : tout simplement parce que nous humains sommes capables de tellement d'abstraction que quand cette abstraction est exacerbée (sous LSD ou autre), on peut en arriver à douter de notre propre être et de notre propre réalité. Or tant qu'on n'a jamais douté de cette réalité, on ne se rend pas compte que notre santé mentale repose sur une montagne de présupposés qui peuvent s'effondrer lorsque nous explorons plus loin notre esprit que ce à quoi nous sommes habitués.
Merci beaucoup je cherchais des réponses par rapport à ces paranos tout ça tout ça, et tes réponses conviennent. Surtout la santé mental qui se casse la figure quand on explore trop loin par rapport à ce que le cerveau est habitué.
Dernière modification par kétaflip (07 février 2021 à 08:58)
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Widukind a écrit
Ce que vous appelez une boucle, on peut également l'appeler un cercle.
Pour comparer avec la mythologie, cela me fait penser au concept de l'Ouroboros.Image: https://www.psychoactif.org/forum/uploa … oboros.jpg
C'est le serpent qui se mord la queue. C'est l'allégorie du temps, qui avance et qui recule en même temps, en sorte que la seule chose qui existe de toute éternité est l'instant présent. Le passé consiste uniquement en des souvenirs et le futur seulement en des imaginations, les deux sont seulement des images de l'esprit.
Ce qui est pratique c'est de garder ses souvenirs pour en tirer les leçons de ses erreurs, et d'utiliser l'imagination en prévention, préparation de ce qui arrivera.
C'est voir plus loin que le bout de son nez.
Sinon il y a le concept de Karma aussi dans la culture asiatique. Le Karma c'est la relation de cause à conséquence. Il relève de la logique. Pour le Karma, tant qu'une leçon n'a pas été apprise puis comprise, elle est destinée à se répéter à l'infini, jusqu'au dépassement, à la validation de cette étape.
Totalement, vivre dans le passé c’est ainsi ramener d’ancien souvenir qu’il soit bon ou mauvais, c’est ramener ce qui ne peut être changé et qui ne pourra être changé, vivre dans le passé c’est vivre dans la déprime, vivre dans la souffrance, et au contraire vivre dans le futur relève comme tu le dis purement de notre imagination qui peut être débordante et nous noyer sous les flots de penser et ainsi nous faire vivre dans l’anxiété.
Vivre le passé c’est comme vouloir tirer un chariot lourd de tout ce que l’on n’as vécu, et traîner un chariot lourd est compliqué et nous empêche d’avancer, il faut donc comme tu le dir ne pas tirer tout son passé, mais seulement les outils nécessaire pour se préparer au présent et ne pas faire les mêmes erreurs, ramener ces outils qui lorsque la tempête ce lèvera nous permettra de creuser ainsi se mettre a l’abris, quand la pluie arrivera qui nous permettra de se réfugier en hauteur, et quand le feu s’empara de nous de l’éteindre en minimisant les dégâts.
Vivre dans le futur c’est comme vouloir tirer une flèche à des kilomètres et espérer toucher ça cible, on peut avoir une idée d’où sera la cible mais ne seront jamais réellement ou cette dernière ce cache, on peut parfois réussir à toucher cette cible mais souvent non.
Il faut justement utilise les outils tiré du passé pour ce protéger de cette cible afin qu’elle évite de nous mettre à terre et de nous plonger dans ce puit sans fin, ou les parties les plus sombres et remplie de tristesse de notre corps se synergisent pour nous empêcher de remonter la pente.
La vie hélas ne fera de cadeau à personne, et si vous vivez une vie sans épreuves c’est que vous avez échouez par défaut, car la souffrance et les peines sont là sources primaires de notre évolution .
Prenons L’exemple du bébé qui veut mettre sa main sur la plaque chauffante mais où ses parents lui disent de ne pas le faire ce dernier n’ayant jamais connu la douleur que ses parents lui disent ou non il le fera tout ou tard et c’est quand qu’il aura posé sa main sur cette plaque et qu’il aura compris que le chaud est dangereux il fait mal c’est à ce moment-là qu’il aura compris qu’il ne faut pas refaire ceci car il aura compris que la douleur n’est pas agréable et il aura ainsi appris de son erreur.
Dernière modification par Zopi7.5 (26 mai 2021 à 11:25)
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Dernière modification par FerDee (14 juin 2021 à 22:17)
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Dernière modification par Clancy (22 août 2021 à 22:19)
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C.S. a écrit
Selon les gens, cette fameuse boucle peut être ressentie ou non... ça a été mon cas, hier, mais heureusement, j'avais bien potassé tout les conseils du wiki et glanés ça et là dans une bonne majorité des discussions..
je l'ai identifiée chez moi, c'est avec le genre musical.. Sous MD c'est à fond techno/trance et ça passe crème, j'ai voulu faire de même avec 150 mg de 1P-LSD... Je m'en suis rendu compte à un moment car la musique me vrillait la tête, et en fermant les yeux les visuels étaient trop rapides, trop puissants, et ce son qui revenait en boucle, malgré le fait que je changeais d'album ? Fuck !
J'ai changé de genre et ai basculé sur Pink Floyd, et là... L'extase, et plus de boucle..
Pas d'introspection ou autre chez moi, juste l'impression que tout ondulait et respirait avec moi, mais très fort.. Un gigantesque poumon.... L'extensibilité des matériaux est folle... Se regarder dans la glace et respirer.. Tout ondule jusqu'en haut du crâne, et redescend, en rythme..
J'ai eu beaucoup d'appréhension à aller sur mon balcon, lequel avait doublé de volume ! Je me tenais partout pour poser les pieds, car plus trop de repères dans l'espace.. Tenir un téléphone et envoyer des messages corrects relève de l'exploit, même si on arrive à lire ce qui s'y trouve.. Mais trouver les touches.. les lettres.. Tout va trop vite !
C'est très puissant, et il faut être sûr de soi avant de se lancer, car on sent bien que rien n'arrêtra la chose, ça sera parti pour des heures.. Mais si on arrive à faire corps avec ce qui nous arrive, c'est un truc de malade..
Désolé, je n'arrive encore pas à écrire trop facilement, de plus la fatigue arrive... Gobé à 16h15, il est... 05h23.. J'ai eu un gros regain d'énergie après Pink Floyd et Black Sabbath (Sabotage, le meilleur selon moi) et j'ai ré-embrayé sur de la tech/trance décennie 90/2000...Tuerie ! Dansé durant des heures, transperçé par la musique..
Juste attention à cette putain de boucle qui peut vous ruiner le trip si vous n'arrivez pas à trouver le moyen de la casser..
Bon, je vous laisse, ça bouge encore un peu..
Regain d'énergie aussi ?
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Whyska a écrit
J'ai eu de la chance de ne pas froler le dosage dangereux. Cette expérience a changé ma vie, me fait réalisee que les sens sont incroyables et que la vie sur terre est géniale. Il faut juste appre'dre a savourer les petites choses, mais si on veut trop forcer à voir au delà, on en finira piégé dans les limbes comme dans inception.
J'avoue que globalement j'en ai un peu fini avec les grandes quêtes spirituelles sous acide (enfin je dis ça mais je ne suis pas à l'abri d'une baffe imprévue hein, jamais trop présumer de ses forces avec ce truc) mais je te rejoins bien sur ce point, je dirais même que c'est LE gros enseignement du LSD pour moi : ça sert à rien de s'arracher les méninges à chercher la lumière au bout du tunnel, il faut apprécier chaque jour ce qu'on a...
PS : en fait on ne reste pas bloqué sous trip. C'est une légende urbaine et c'est bon de se le redire quand on est tout là haut tellement loin qu'on s'imagine qu'on ne saura pas retrouver le chemin du retour.
Dernière modification par Cub3000 (05 mars 2023 à 11:55)
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Dernière modification par PINKALBATORIA (20 août 2024 à 18:52)
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Cub3000 a écrit
Whyska a écrit
J'ai eu de la chance de ne pas froler le dosage dangereux. Cette expérience a changé ma vie, me fait réalisee que les sens sont incroyables et que la vie sur terre est géniale. Il faut juste appre'dre a savourer les petites choses, mais si on veut trop forcer à voir au delà, on en finira piégé dans les limbes comme dans inception.
J'avoue que globalement j'en ai un peu fini avec les grandes quêtes spirituelles sous acide (enfin je dis ça mais je ne suis pas à l'abri d'une baffe imprévue hein, jamais trop présumer de ses forces avec ce truc) mais je te rejoins bien sur ce point, je dirais même que c'est LE gros enseignement du LSD pour moi : ça sert à rien de s'arracher les méninges à chercher la lumière au bout du tunnel, il faut apprécier chaque jour ce qu'on a...
PS : en fait on ne reste pas bloqué sous trip. C'est une légende urbaine et c'est bon de se le redire quand on est tout là haut tellement loin qu'on s'imagine qu'on ne saura pas retrouver le chemin du retour.
Je trouve que tes paroles sont pleines de sagesse.
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Room607 a écrit
Salut merci pour ton témoignage.
J'aimerai partager le mien, peut être n'est il pas à propos mais c'est une chose que tu as évoquée qui m'a donnée envie d'en parler, c'est lorsque tu dis l'impression d'être à l'extérieur de soi.
J'ai choisi ce pseudo ROOM607 car c'est la que j'ai fait ma première expérience d'hallu.
C'était dans un hôtel en Thaïlande, je suis allé dans une boutique acheter du cannabis et j'ai demandé,sur un coup de tête, des champignons, à vrai dire j'ai dit directement je veux du LSD, le vendeur m'a regardé ainsi que sa collègue Avec des yeux trahissant leur embarras face au culot de ma demande ?.
Ils m'ont donné des champignons en me disant qu'ils n'avaient pas de LSD.
J'ai insisté pour avoir quelque chose de fort, très fort et pour être honnête jusqu'à présent, 3 ans après cette expérience je ne sais toujours pas ce que j'ai pris, c'étaient certes des champignons mais une substance avait elle été ajoutée ? Je ne le saurai jamais.
Pour être honnête, je n'ai pas respecté le produit, je n'ai rien préparé non plus en terme de mindset ou d'environnement, je ne me suis pas respecté moi même.
Du coup je remonte à ma chambre d'hôtel avec mes champi et mon joint lui même à plus de 20% de thc.
J'ai vraiment pris les choses à la légère, j'ai fumé mon joint et j'ai avalé 5 grammes de champignons.
Je ne sens rien si ce n'est l'effet du cannabis,je plane un peu.
J'oubliais de dire que jamais auparavant je ne m'était renseigné sur les hallucinogènes rien, profane total j'ai avalé ça comme j'avale des bonbons.
Puis j'ai une envie de m'assoire, je m'assieds donc sur une chaise et j'ai face à moi un miroir, sans même m'en rendre compte je me fixe dans le miroir, sans m'en rendre compte je suis resté plus d'une heure face au miroir sans bouger, je me sens prendre de la hauteur et de la distance avec moi même, un sentiment extrêmement étrange, puis d'un coup je reviens à moi un peu paniqué, je m'assoie sur mon lit je prends mon téléphone en main et me balade dans ma galerie,je tombe sur une photo de moi et rebelote je repars je plane je "sors" de mon corps je noie mon regard dans celui dans le mien dans une photo de moi et là c'est la crise de panique, j'alterne des "sorties de corps" et des reprises de pied avec la réalité et c'est comme ça pendant plusieurs heures,je panique,je suis seul,en Asie,en terre inconnue, rien pour me raccrocher à la réalité ou à des repères rassurants,le brouhaha de la rue en Thaïlande ( musique à fond,scooter voitures,klaxons) accroissent ce sentiment de stress.
J'ai besoin d'air je me dirige vers la porte de ma chambre d'hôtel pour sortir prendre l'air mais j'ai un éclair de lucidité qui me dit que finalement certes je suis paniqué mais il est plus secure de rester enfermé dans ma chambre plutôt que d'exposer ma vulnérabilité dans la rue en Thaïlande.
J'hésite, j'ouvre la porte je la referme une dizaine de fois, les caméras de surveillance de l'hôtel....je me dis que si l'on me vois ouvrir puis refermer ma porte avec à chaque fois un pied dedans dehors on va me prendre pour un fou.
Qu'à cela ne tienne, j'ai besoin de respirer j'étouffe je décide donc de sortir.
Je marche, je reviens sur mes pas, plusieurs fois, perdu.
Je croise un touriste américain je lui dis que j'ai pris "quelque chose" j'ai eu la chance de tomber sur ce mec bienveillant,il m'a dit " ne tkt pas ne stresse pas ça va passer" mon inquiétude alors était " vais je revenir à la normale ou demeurer ainsi et perdre la raison ?" Il me rassure " non ne tkt pas les effets vont passer".
Je remonte dans ma chambre, toujours avec cette même intensité des effets et là un flot inexorable de pensées me traverse l'esprit impossible à réprimer.
Je réalise que je n'ai plus du tout de sentiments envers ma copine, je l'appelle pour me rassurer mais l'envie d'être honnête avec elle et de lui exprimer cette découverte car il s'agissait littéralement d'une découverte : j'ai découvert que au plus profond de moi je ne l'aimais plus, je tentais de toutes mes forces de réprimer cette vérité mais c'est limite si Elle n'allait pas prendre le contrôle de ma langue pour le lui exprimer sans mon consentement.
D'autres "vérités" émergent : je ne m'aime pas, j'ai une très mauvaise opinion de moi même au fond, mais je ne l'ai découvert qu'à cet instant, je me sens vulnérable moi qui me pensais plein d'assurance et aligné.
Bref un flot,un tsunami de vérités ou à défaut,de pensées émergent.
Le lendemain, ça redescend lentement mais sûrement,je suis profondément marqué, choqué, fatigué, confus, bouleversé par cette expérience qui changera ma vie jusqu'à aujourd'hui.
Ton expérience, comme celles de tous ceux qui ont témoigné me donnent des frissons.
Je ne suis pas du tout produits psychédéliques/hallucinogènes, mais voilà un bon moment que je lis pas mal sur le sujet, notamment depuis que je viens très régulièrement sur PsychoActif.
J'ai toujours été à la fois intriguée, mais surtout effrayée par tous les psychédéliques, je n'en ai jamais pris, excepté ce que l'on classe je crois plutôt comme un dissociatif, La K (quelques prises rapprochées, je voulais tester, et j'en suis restée là.)
Déjà, rien que la Kétamine m'a filé des hallucinations de fou, et j'avais justement très peur de quelque-chose sur lequel je ne mettais pas de nom, mais dont j'avais lu la description ici plusieurs fois.
Maintenant, j'en ai le nom maintenant: "La boucle".
C'est précisément ce genre d'expérience qui me terrifie sous hallucinogènes.
Room607, rien que ton pseudo me fait grave penser à un film, et l'ensemble de ta situation, de ce qui s'est passé durant ton trip, c'est vraiment bien décrit: tu as réussi à me faire flipper lol.
Je n'imagine pas ce que tu as ou ressentir, seul, à l'étranger (et pas en Suisse hein, non, loin, en Asie...) et sans même savoir ce que tu avais réellement pris (quels étaient exactement ces fameux champis?)
Tu décris ton entrée en trip après avoir pris ces champignons, mais aussi en ayant fumé un joint fortement dosé en THC: la pire expérience sous produits de toute ma vie s'est produite sous THC.
Pour la très grande majorité, le THC induit une relaxation, un bien-être. Pour moi, les trois fois où j'ai testé, ça s'est avéré être une horreur sur mon cerveau. Un poison pour moi.
Surtout la toute dernière fois (il n'y en aura évidemment pas d'autre), où je me suis retrouvée en très forte dépersonnalisation, dans une angoisse abyssale, clouée sur mon lit sans pouvoir rien faire.
Et le pire: la paranoïa qui s'est emparée de moi.
Mon seul repère (alors que j'étais pourtant chez moi, lieu rassurant, c'était en journée, mais plus rien n'était comme d'habitude. Plus rien n'était rassurant. Même les petites bricoles posées sur ma table de nuit.
Je n'ai paz vécu de "boucle" à proprement parler, mais je faisais une fixation totale sur mon téléphone. Non mais mon dieu, mon téléphone...
Étant entrée dans une parano que je serais bien incapable de décrire précisément aujourd'hui (je ne savais même pas réellement ce que je craignais, ce qui me faisait peur.) Ceci étant, je me suis retrouvée, après avoir repris mes esprits, avec un téléphone quasi vide.
J'avais effacé la plupart de mes contacts, ainsi que 90% des photos de ma galerie.
Heureusement, elles étaient sauvegardées sur un cloud mdr...
Bref, pour en revenir à ce moment, je me rappelle avoir eu la fameuse impression d'avoir "compris" un tas de choses, exactement comme tu le décris toi-même, qui, je l'ai réalisé dès le le demain, étaient des vérités erronées. Je ne sais pas ce qu'il en a été pour toi, si tu t'es réellement rendu compte que tu n'étais plus amoureux de ta copine, et si ce trip a ouvert une porte intéressante à ouvrir plus grand en thérapie par exemple, celle de réaliser que tu n'avais en réalité quasi pas d'amour propre, que tu n'étais pas du tout aligné et posé comme tu pensais l'être.
Qu'en est-il aujourd'hui? As-tu pu répondre à ces questions, enfin, est-ce que ces "vérités" qui te sont apparues pendant ton trip se sont avérées être réelles, ou n'étaient t-elles que des pensées?
Pour ma part, je suis totalement incapable de dire de quoi, de qui j'avais peur, j'avais l'impression d'être une mauvaise personne, qui a des tas de secrets sulfureux à cacher, et que j'avais tout intérêt à vider mon portable pour que mes proches (mon homme, mes filles), ne le découvrent pas.
C'était totalement délirant, je suis l'inverse de ce que je me voyais être pendant ce bad trip!
J'ai une vie ultra posée, j'aime ma routine, j'en ai terriblement besoin même, on peut difficilement faire plus calme comme vie, et cela me convient, c'est même moi qui me suis battue pour l'obtenir.
Je n'ai strictement aucun secret pour mes "intimes", mon homme et mes deux filles donc, ainsi que mes amies très proches.
Je me suis vue, pendant ce sale trip, à l'opposé de cela. Sans pouvoir pour autant me reprocher réellement quoi que ce soit...
C'est si difficile et bizarre à décrire!
Je suis restée dans cet état durant 6 bonnes heures. Avec juste l'heure pour raccrocher au réel.
Et surtout, la terrible impression que je n'allais JAMAIS redescendre, que l'on cerveau s'était "bloqué", et que les choses resteraient en l'état. Et cela faisait monter en puissance mon angoisse, déjà très élevée, dès que je me le répétais. "C'est ainsi maintenant, tu as fait l'idiotie d'aller tester pour la 3ème fois un produit qui ne te réussit pas du tout, maintenant, payes, de toute manière tu le mérites, tu es une vilaine personne."
Il faut savoir, je pense que cela explique en partie ce que j'ai vécu dans ce bad trip, que je n'ai pas eu confiance en moi durant toute la première partie de ma vie, que je me suis accrochée bec et ongles pour apprendre à m'aimer, à être plus bienveillante avec moi-même, à arrêter de fustiger sans arrêt, et pour gagner une confiance en moi progressive.
Je n'en étais pas à l'époque là où j'en suis aujourd'hui, et j'ai encore beaucoup de travail pour parvenir à avoir une reelle et solide confiance en moi.
Je travaille beaucoup aussi sur l'alignement en moi-même.
J'ai l'impression que ce fameux jour où j'ai voulu essayer une fois de trop le THC, en me disant que ça finirait bien par agir (je voulais à tout prix trouver quelque-chose d'autre que les benzos pour apaiser mes angoisses, qui étaient encore très présentes à l'époque, j'ai été servie, on peut le dire...
), donc j'ai la sensation que justement, cela a fait ressortir tout le mal, l'inconfort et le manque d'estime dont je souffrais déjà au quotidien.
Cela s'est exacerbé durant ces 6 heures, desquelles j'ai vraiment cru qu'elles deviendraient des jours, des semaines, des mois...
Il me semble que cette impression que l'on va "rester bloqué" est assez fréquente avec ce type de produits, je me trompe?
J'espère sincèrement que vous allez tous bien, après ces expériences franchement pas anodines, et qui peuvent bousculer une vie entière.
Et désolée pour le roman, j'ai trop de mal à synthétiser...
Take care, et belle journée à tous. Myna
Fayelle a écrit
Bonjour à tous,
C'est assez rare que je fasse un trip report, mais cette expérience m'a marqué.
Les boucles sous psychédéliques on en parle ?
Pour la première fois, j'aimerais parler de l'expérience la plus bizarre et la plus longue de toute ma vie.
Pour le contexte, je fais des trips lsd environ un tous les deux mois depuis presque 3 ans maintenant.
Toujours en journée, toujours en intérieur et parfois dans le parc à l'extérieur de chez moi.
Souvent avec un ami ou un autre.
Alors voilà, ce jour-là il me restait quelques vieux cartons (presque 8 mois dans mon frigo).
Ils étaient de base peu dosés (100microns), je n'étais plus certaine de leur efficacité.
Ça m'excuse peut-être pas le fait que j'en ai pris trois d'un coup. Je voulais être certaine de ''décoller''.
Mon ami en a pris deux, j'en ai pris trois, avec un thé rue de Syrie (imao), dont les effets sont connues pour booster les récepteurs sérotoninergiques.
Le début du trip se passe incroyablement bien, la montée est bien plus rapide que d'habitude (au bout de 40 minutes les effets arrivent), et à ce moment-là je comprends que j'ai peut-être un peu exagéré sur la quantité. Je lutte littéralement pour maintenir la réalité en place.
C'est très difficile à décrire, mais j'ai l'impression que si je me détends et que je ne me concentre pas sur un objet existant, la réalité se délite sous les yeux en fractales.
J'ai à ce moment-là une déconnexion proche de celle que je ressens sous DMT. Je suis dans mon corps mais en même temps à côté, je ne me pose pas trop de questions et je suis heureuse. Je ne parviens pas à trouver les mots pour expliquer ce qui m'arrive à mon compère, qui rigole de son côté.
Pour ma part je ris à cause de l'improbabilité de la forme que prend la vie sur cette planète..
L'assemblage de chaque molécule est trop parfait pour être le fruit du hasard.
C'était le début du trip, à ce moment-là il était encore très bien.
Au bout d'un moment je retourne sur le canapé pour essayer de discuter avec mon pote. Et là je me rends compte qu'il se répète toutes les trois secondes. Il ne retient rien de ce que je lui dis et moi-même je commence à me sentir bloqué à force de répéter. J'essaie de faire des choses différentes pour casser cette boucle (je vais fumer, je me lève vers le balcon, je fais le tour des pièces)
Rien à faire, j'ai l'impression de faire 20 fois le tour de la maison.
D'être complètement bloqué dans les trois mêmes secondes éternellement.
Je ne peux pas discuter avec mon ami puisqu'il oublie presque instantanément ce que je lui raconte. Je regarde l'heure, les secondes passent comme des semaines.
Je commence à paniquer, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu cette boucle infernale (il s'avère que non, c'est là mon premier bad trip avec une boucle impossible à défaire)
Mon seul repère temporel, c'est la grande horloge et j'essaie de me référer à l'heure qui passe et qui me sortira forcément de cet enfer.
À ce moment-là, je deviens parano et je me dis qu'en réalité le LSD a sa propre conscience, et qu'il est comme un virus qui s'empare du monde. Après tout, pourquoi avons-nous pris cette substance ? Et si inconsciemment c'était le LSD qui nous poussait à reconsommer tous les mois ? Comme je fais des adeptes, je le vois alors comme un virus qui reprogramme les cerveaux et qui se répand. Qu'on prend à l'état conscient, mais avec la volonté inconsciente du produit lui-même.
C'est allé très loin dans mon esprit. Comme je regardais la montre, je peux dire que cet état a duré plus d'une heure 30, ressenties comme des jours interminables.
Tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est mettre une vidéo pour passer le temps mais je ne la comprenais pas.
Mon pote est resté en mode répétition 3 secondes pendant plus d'une heure, c'était aussi certainement ça qui m'a bloqué en partie dans ma temporalité.
La fin du trip est redevenu cool, à partir du moment où j'ai pu recommencer à échanger avec mon ami.
Nous avons alors parlé de choses incroyablement intéressantes avec des points de vue complètement nouveau.
Mais je n'oublierai jamais cette boucle interminable, l'équivalent de l'enfer sur terre.
C'est la première fois que cela m'arrive à ce point-là. Mon moi tripé a tenté d'écrire "danger poison" avec des milliers de croix sur le papier.
Ça m'a beaucoup touché, parce qu'en général, lorsque j'essaie de me laisser des messages à moi-même en trip pour le hors trip, c'est toujours des messages d'amour ou d'appel à la tolérance.
J'ai de la peine pour cette version de moi qui était en détresse totale.
Il fallait que je l'écrive quelque part.
Le LSD peut faire vivre des choses incroyablement belles, mais c'était mon tout premier bad trip avec énorme boucle.
Je suis venue partager mon expérience. Consommez avec prudence :)
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