Nouvelles recommandations de consommation

Salut

Je partage avec vous les conclusions d'une nouvelle étude (revue Addiction) sur l'usage de cannabis poir éviter de développer un trouble de l'usage.

La source vient de Newsweed dont je partage le lien : https://www.newsweed.fr/dose-departager … -cannabis/

En gros, ce que je retiens, c'est qu'il faut idéalement rester sous 8 unités de cannabis par semaine.
Dans l'article, ils identifient une unité comme étant l'équivalent de 5mg de THC. Donc ne pas dépasser 40mg par semaine (hors cannabis thérapeutique où les posologies peuvent être plus élevées).

Ca donne un genre de "capital hebdomadaire" avec lequel jongler.
Dans mon cas ca donne une capsule de 0.10g de cannabis vaporisée par jour maximum.
Ou alors une session ingestion (équivalent à 2 ou 3 unités) et ensuite ca laisse 6 capsules.
Ou alors faire un TBreak de 48h pour avoir 5 jours pour y repartir les doses.
Bref chacun fait sa sauce.

Je trouve que c'est plus utile de raisonner comme ça, ça aide à conserver un usage raisonnable. Et beaucoup mieux que de raisonner en usage régulier, occasionnel, intensif, terminologie qui n'est pas très précise.

En espérant que ça en aide certains.

Dernière modification par OliAzary (22 janvier 2026 à 00:09)

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#2 
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Yero homme
Nouveau Psycho
22 janvier 2026 à 19:38
Hello,

J'arrive bien à comprendre que le but est de définir ce qu'est une louche de cannabis, à la louche.

Par contre j'arrive pas à comprendre le lien entre alcool et cannabis. Une dose d'alcool, on voit ce que c'est, c'est même indiqué sur les bouteilles, on connait les concentrations. Mais franchement, si je fais pousser trois pieds de beuh de la même souche, je suis certain d'avoir trois concentrations différentes. Certain, vraiment.

Y'a pas un pochon qui se ressemble, rien que le fait de prendre des fleurs à l'apex et des fleurs au bas des tiges, ça diffère. Et je parle de différences allant du simple au double. Tes 0.1g ne sont pas mes 0.1g.

Et il faut oublier ensuite les modes de conso, edible, vapo, pétard, injection dans l'orteil gauche et autres. Et les horaire : si je prends 5mg au petit dej, c'est peut être plus rigolo que 10mg avant d'aller me coucher non ?

Et une fois que ces 5mg sont définis (au doigt mouillé), c'est quoi la suite ? J'aimerai vraiment avoir l'avis d'un thérapeute pour savoir si ce genre d'étude est pertinente.

J'ai juste l'impression que c'est une tentative (perdue d'avance) de mettre des cas dans un tableur excel pour rassurer les médecins et la police, plus que pour échanger avec les usagers.

L'analyse quantitative ne tient jamais deux secondes face à l'analyse qualitative quand on parle de produits.

Merci pour le partage, je prends ça pour un rappel qu'il y a des types très forts qui réussissent à se faire payer des années entières d'études sur les mouches qui pètent (notez Mademoiseille Hortense !)

Sur ce, j'vais me faire un petit 3mg (à la louche).

Des bises
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+1 pour la pertinence. Fil
 
Bien joué et surtout merci ! Myoz
 
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Yero a écrit

Merci pour le partage, je prends ça pour un rappel qu'il y a des types très forts qui réussissent à se faire payer des années entières d'études sur les mouches qui pètent (notez Mademoiseille Hortense !)

Merci ! Tu résumes très bien la critique rasoir que je voulais pondre sur la connerie de ces chiffres. Parce que, c'est aussi drôle qu'un dessin animé de Terx Avery cet article trouvé dans Newsweed.

Des bises

Fil

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Merci pour le partage de cette étude. ça m'intéresserait de savoir combien contient, en moyenne, un joint de 0,3g de fleur de cannabis.

Je ne suis pas trop d'accord avec les deux derniers messages, qui critiquent la pertinence de cette étude (Yero et Filousky).
Certes, quand on fume un joint, on ne sait pas combien il y a de THC. Et alors ?

Déjà, on peut faire une moyenne (combien il y a, en moyenne, de THC dans 1g), et sur une consommation à l'année, ça reste donc pertinent. Ensuite, ça peut permettre de fixer un cap, pour le consommateur, qui peut évaluer, à la louche, s'il a un comportement risqué ou non. Évaluer à la louche, c'est toujours mieux que ne pas évaluer du tout.
Enfin, ça permet aux professionnels (qui auraient éventuellement accès à des doses bien mesurées) d'utiliser plus facilement le cannabis thérapeutiquement, ou d'accompagner quelqu'un souhaitant se défaire de son addiction, ou en consommer plus sereinement (et même si tout ceci n'est pas encore mis en place en France, ça peut le devenir, et ça l'est déjà dans d'autres pays).

"Et une fois que ces 5mg sont définis (au doigt mouillé), c'est quoi la suite ?" : bah ça, c'est comme pour chaque étude scientifique. Il y a plein de suites possibles, thérapeutiques ou non, et c'est le futur qui le dira.
Il faut voir cette étude comme une base sur laquelle de nombreux acteurs peuvent s'appuyer. Et comme toute étude, elle n'a rien d'une vérité définitive (il faudra la confirmer, il faudra d'autres études qui varient les paramètres, il faudra une mise en pratique concrète), mais elle est bien mieux qu'une absence totale de connaissance.

Ensuite, on pourrait la critiquer sur ce que c'est qu'un trouble de l'usage. Est-ce que cette étude ne fixe pas arbitrairement une limite ? Bah ça, pour le savoir, il faut la lire en entier, avec un regard scientifique, puis la mettre à l'épreuve, par exemple en la comparant avec d'autres expériences ou en attaquant sa méthodologie (mais seul un connaisseur du domaine est légitime à le faire - médecin, biologiste...). Mais ça n'enlève rien à sa pertinence : la science se construit en partie par des études successives qui se répondent, se compilent, et finissent par garantir des connaissances solides. Mais il faut bien commencer quelque part.

"J'ai juste l'impression que c'est une tentative (perdue d'avance) de mettre des cases dans un tableur excel pour rassurer les médecins et la police". Bah pourquoi ça ? Si j'interprète ce que tu dis, je comprends que tu penses que "les médecins sont inquiets à l'idée de ne pas cerner le cannabis, et qu'avoir des données quantifiables leur donnerait une forme de pouvoir, les rassurerait, leur permettrait de palier à cette inquiétude, mais que ça serait inutile du point de vue de la santé". Moi, je te répondrais que les médecins ne sont clairement pas inquiets, mais surtout, qu'ils savent sans doute mieux que nous quoi faire d'une étude, et comment s'en servir pour obtenir des résultats en matière de santé.

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#5 
Grim homme
Nouveau membre France
26 janvier 2026 à 07:25

OliAzary a écrit

Ca donne un genre de "capital hebdomadaire" avec lequel jongler.
Dans mon cas ca donne une capsule de 0.10g de cannabis vaporisé

Salut

J'ai le plus grand respect pour ton ressenti et si avec ça tu y trouves ton compte je suis très heureux pour toi smile
Par contre moi, 0.1g de beuh vaporisé, a part me faire frisotter la moustache... Faut pas s'attendre à la panacée en terme d'effets.
Je me questionne donc sur la répétabilité/cohérence de ces résultats "d'étude" ?

Pour répondre à Ludwig : je comprends ta remarque et elle est pertinente, la question revient a dire : "est-il mieux pour nos élites d'assoir leur 'connaissances' du cannabis sur des 'etudes' même biaisées et incomplètes ou est-il préférable de continuer a cultiver l'ignorance totale"
Là la réponse est complexe, quand tu vis en absurdistan même une info a 2% vraie vaut mieux qu'un mensonge... Sauf que le 2% de vrai devient la 'verité absolue' donc bon ... On avance mais contre toute logique sérieuse donc je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne chose.

En tout cas merci pour le partage

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Merci pour ton analyse Mr No

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Grim a écrit

Par contre moi, 0.1g de beuh vaporisé, a part me faire frisotter la moustache... Faut pas s'attendre à la panacée en terme d'effets.
Je me questionne donc sur la répétabilité/cohérence de ces résultats "d'étude" ?

Ma critique allait dans ce sens, pas du tout contre OliAzary mais contre l'absurdité des études faites par des scientifiques sur des souris et la réalité du vécu d'un homme de 71 ans qui a commencé le cannabis vers 18 ans.

Je connais parfaitement le pourcentage des cannabinoïdes des trois variétés que je consomme en vaporisation ou en stick, sachant aussi que j'ai énormément freiné ma consommation ces dernières années et que je ne cherche plus du tout l'ivresse cannabique que j'adorais dans ma jeunesse, mais qui me fatigue trop aujourd'hui.
Une à 14% THC et 1% CBD
Une à 7% THC et 15% de CBD et
D'autres à + ou - 20/25% de THC et un peu de CBD + CBN + CBG+ CBC et terpènes.

Un joint ou un vapo, c'est chez moi, c'est plus près de 300 mg que de 100 mg
300mg x 20% = 60 mg de THC/THCA 3 fois par jour = 180 mg dont au minimum 90 mg vont se retrouver dans mon sang.
Selon le mode de consommation on va varier de 20% de biodisponibilité  (fumé) à 70/80% si vaporisé.

En lisant cette étude, je réalise que les chiffres donnés correspondent, pour moi à une consommation homéopathique de cannabis sans aucun des effets récréatifs et peut-être un vague effet placebo thérapeutique (je ne sais pas, je ne sui pas un souris).   

Je suis très loin, très loin des 40 mg par semaine de cette étude.

Pour ceux qui sont heureux avec 100 mg/jour de bon cannabis, qu'il gardent cette sensibilité comme un cadeau précieux et je crois que c'est possible en gardant le contrôle depuis la première consommation, ce qui n'est pas le comportement le plus répandu chez les usagers de cannabis.

Amicalement

Fil

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Grand mal m'a pris de partager de nouvelles données issues de la recherche scientifique sur ce forum où manifestement la RDR se heurte aux tenaces habitudes de consommation de certains qu'il ne faut surtout pas bousculer.
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Le réel, ça te parle ?

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#8 
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Agartha homme
Modérateur France
27 janvier 2026 à 12:51

OliAzary a écrit

Grand mal m'a pris de partager de nouvelles données issues de la recherche scientifique sur ce forum où manifestement la RDR se heurte aux tenaces habitudes de consommation de certains qu'il ne faut surtout pas bousculer.

c'est méprisant de dire une telle chose, voire carrément dénigrant et stigmatisant.

"La recherche scientifique" ça veut rien dire c'est un abus de language. Ca remplace le "c'est la bible qui le dit" d'antant on dirait.

Ca s'appelle du scientisme de dire que cet article bâclé qui essaye maladroitement de mettre du sens sur une étude qui n'en a que (imo) très peu est une vérité générale et qu'elle s'oppose aux "tenaces habitudes de consommation de certains qu'il ne faut pas basculer".

Tu remarqueras aussi que personne s'est vraiment senti basculé ; les gens ont juste livré leur avis, issu de leurs expériences persos.

Pareil, tu me dis qu'au-delà de 40mg de THC par semaine je suis "à risque" je vais juste rigoler quoi. Déjà comme très bien expliqué précédemment c'est extrêmement dur de quantifier la quantité exact de THC qu'on fume, de l'autre, parler en valeur absolu c'est faire fi de la tolérance et ça je comprends pas du tout.

Vraiment je saisis pas comment on peut continuer d'essayer de toujours tout standardiser pour tout le monde, comme si ça voulait dire quoique ce soit. 40mg de THC pour une personne x c'est pas du tout le même ressenti pour une personne y, selon la tolérance, selon le gabarit, les différences intrinsèques de chacun à "tolérer" ou être plus ou moins "réceptif" à tel ou tel produit.
C'est faire fi du contexte dans lequel les gens consomment ; je peux t'assurer que xmg de THC dans un joint avec du tabac me font pas le même effet que xmg de THC en bang, ou en vapo, ou en ingestion. Ils parlent vite fait de l'ingestion mais bon ça va pas plus loin. Pareil si je mélange avec du tabac ou pas, n'importe quel fumeur te dira qu'il y a une différence d'effet notable ; et une dépendance bien différente. Pourtant, en brut, la même quantité de THC peut être consommée et les résultats peuvent être bien différents.


Cet article, comme beaucoup, est dans la tendance générale à vouloir tout standardiser, et, selon mon interprétation, dans un but de montrer les "bons" consommateurs ; ceux qui, ô ciel, consomme moins de 40mg de THC par semaine. Ils auront moins de chance d'avoir un "CUD" (trouble de l’usage du cannabis = "CUD" selon l'article).

Y'a qu'à voir les conclusions qu'ils tirent :

Les résultats montrent une capacité élevée des unités de THC à discriminer les personnes présentant un CUD de celles qui n’en présentent pas. Des seuils hebdomadaires ont ainsi été identifiés.

Chez les adultes, le risque augmente significativement à partir de :

8,26 unités de THC (40 mg) par semaine pour un CUD léger à sévère,
13,44 unités de THC (65 mg) par semaine pour un CUD modéré à sévère.
Chez les adolescents, les seuils sont plus bas :

6,04 unités (30 mg) par semaine pour tout niveau de CUD,
6,45 (32 mg) unités par semaine pour les formes modérées à sévères.
Ces chiffres traduisent une vulnérabilité accrue des adolescents : le passage d’un usage problématique léger à un trouble plus sévère semble se produire à des niveaux de consommation très proches.

C'est affolant, ça fait peur, ça met des stats où tu passes "du côté sombre".

En clair, cet article est stigmatisant.

Il est bourré de préjugés sur les consommateurs, fait l'échelonnage des consommateurs (ceux "à risque" et les autres) en divisant en deux catégories ces derniers, il s'appuie sur "la recherche scientifique" (argument juste INCONTOURNABLE de la stigmatisation des PUD, la stigmatisation par le scientisme, qui comme évoqué précédemment peut avoir des tons bibliques quelques fois sérieux y'a qu'à voir comment de légères remises en question de ce qui est écrit t'a froissé).

Tu remarqueras aussi que cet article est bien pernicieux. Il se présente implicitement en disant

newspourri a écrit

À partir de quand l’usage de cannabis cesse-t-il d’être occasionnel pour devenir problématique ? Cette question, longtemps abordée de manière floue, fait l’objet d’une tentative de réponse chiffrée dans une étude scientifique publiée en janvier 2026 dans la revue Addiction.

Pour la première fois, des chercheurs proposent des seuils de consommation hebdomadaire de THC associés à un risque accru de trouble de l’usage du cannabis (CUD), en tenant compte de l’âge et de la quantité réellement consommée.

pour finir l'article en écrivant :

Les auteurs insistent sur le fait que ces seuils ne constituent ni une autorisation, ni un repère de “consommation acceptable”. Ils ne doivent pas être utilisés comme des critères diagnostiques, mais comme des indicateurs de risque.

L’objectif est avant tout de fournir des outils de réduction des risques à des personnes qui consomment déjà et souhaitent limiter la probabilité de développer un CUD. Réduire la quantité de THC peut passer par une baisse des doses, un espacement des usages ou le choix de produits moins concentrés.

Comme le rappellent les chercheurs, le niveau de risque nul reste l’absence de consommation, en particulier chez les adolescents.

je trouve ça à vomir j'ai pas d'autres mots.

Evidemment il fallait que l'article finisse sur l'absence de consommation, l'abstinence, le seul dogme prôné comme sain par quiconque parle de drogues n'importe où. Mais avant ça on te dit "pour limiter la probabilité de développer un CUD, on peut réduire la quantité de THC en prenant des produits moins concentrés (super facile à faire dans un pays prohibitionniste tiens, merci du conseil l'ékip), ou un espacement des usages ou baisser les doses. Super.

Quand je jugeais que j'avais qq problèmes avec ma conso de cannabis y'a une dizaine d'années quand j'avais 16-17 ans, c'était pas tant le produit que le contexte derrière qui posait pb. J'avais 10h de cours/semaine, j'étais derrière mon pc h24 à enchaîner joint sur joint. T'aurais beau me donner du shit moins concentré en THC que ma situation et mes questionnements auraient été les mêmes.
Tu m'aurais dit "espace + tes joints" (ce que j'avais essayé) résultat je fumais + de clopes. J'ai essayé de baisser les doses à l'époque et j'étais juste + frustré qu'autre chose et je crois que je consommais encore + en "effet rebond" après avoir tenu une semaine de bonne résolution d'abstinence.

Ce qui m'a aidé à retrouver des bénéfices à ma consommation de THC, ironiquement, ça aura été de fumer moins en quantité brute par jour, mais en étalant ma conso sur toute la journée plutôt que concentrée le matin et le soir. Aucune de ces recommendations ci-dessus ne m'aurait été utile, et je suis persuadé qu'elles ne le seraient que pour une infime, voire quasi inexistante, partie des PUD.

Cet article découle de la logique prohibitionniste binaire classique qui fout la haine, surtout que c'est posté par un site qui se veut focus sur le cannabis, donc qui je suppose est "pro" cannabis? Mais pourtant ils s'auto-flagèlent à sortir de tels articles. J'imagine bien les rédacteurs qui, après avoir fini d'écrire ce détritus ambulant, s'en vont vaporiser leur 2,32mg de THC parce que sinon attention ils deviennent des consommateurs "à risque", ben ouais, c'est la science qui le dit.

Je trouve cet article paternaliste, et à en juger de la réaction que tu as à la simple évocation de limites de ce dernier, tu te braques. L'article à réussi son travail ; il fait passer n'importe qui qui ose le critiquer pour un teubé tellement turbo dépendant au THC qu'il se rend pas compte qu'en fait c'est juste qu'un junkie qui comprend rien parce qu'il est trop def h24. C'est clairement ce que je comprends de ton dernier message.

Donc oui, on a toutes les raisons du monde d'être critique envers cet article (et c'est pas toi qui est attaqué, nulle part. Hate the game don't hate the player en gros). Et c'est pas parce que ça se "heurte aux habitudes tenaces de consommation de certains ici".

Pour pouvoir aider quiconque à gérer sa conso comme il l'entend, j'ai clairement tendance à penser que faire des règles une taille qui va à tout le monde ça pue et ça n'apporte RIEN DU TOUT si ce n'est de l'auto-stigmatisation potentielle si on n'est pas dans "le modèle qui va", et qu'une approche personnelle, qui prend en compte le contexte et l'individu sont imbattables.

Cordialement,
Agartha qui fume probablement moins que 40mg de THC par semaine depuis quelques mois... pas parce qu'il est "à risque", mais parce que ses habitudes de conso et son contexte ont changé...

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#9 
PassingBy femme
Nouveau membre Suisse
27 janvier 2026 à 14:55
Pour amener un autre regard sur des recherches plus proches de la réalité des consommateurs, je trouve que c'est intéressant de se pencher sur les essais menés en Suisse actuellement, qui visent à déterminer l'impact d'une légalisation récréative du cannabis.

Le problème de l'étude évoquée plus haut, c'est son approche purement quantitative d'une question qui est extrêmement multifactorielle. Au-delà des quantités absolues, le contexte (social, individuel, politique, etc.), les raisons de la consommation, etc. sont centraux dans le développement ou non d'une consommation potentiellement problématique (ce qui est aussi quelque chose qui n'est pas tout simple à définir). Les données chez les adolescents le montre bien, l'écart entre le "pas problématique" et "problématique" est trop faible pour s'expliquer exclusivement par la quantité absolue de THC. Et cest cette démarche qui est très critiquable je pense. On revient vite à une sur-responsabilisation de l'individu sans prendre en compte son contexte. Des données quantitatives sans données qualitatives nous donneront un aperçu très lacunaire, voir faux, de la situation. (Même si je pense que la quantité absolue joue un rôle dans le risque, notamment avec des produits trop chargés en thc). C'est pour ça que "ça nous fait une belle jambe", en tant que consommateur, puisque dès lors qu'on est au dessus de cette limite quantitative, ce qui est le cas pour beaucoup, on ne donne aucune information concrète sur les autres facteurs qui permettraient une consommation "équilibrée". Et ça crée cette dichotomie "bon consommateurs" vs "mauvais consommateurs" comme l'a dit Agartha.

Les essais menés en Suisse actuellement ont une tendance largement plus pragmatique : comment légaliser un produit qui peut présenter des risques tout en assurant la sécurité de ses consommateurs. Les premiers résultats sont assez encourageants : les participants n'augmentent pas leur consommation, voir la réduisent. Mon experience personnelle va dans ce sens : j'ai eu l'occasion de consommer du canabis legal suisse avec des quantités de thc plus faibles que sur le marché noir. Ça m'a fait me rendre compte que les effets que je recherchais, je les trouvais paradoxalement plus avec ces produits faiblement dosés. Ç'a mené à une réduction de la quantité absolue de thc de ma consommation en général (sans réduction de la régularité, je suis hebdomadaire.) Le résultat pour moi, c'est que ça fait des années que je consomme à la même régularité, sans augmentation de ma tolérance, avec des effets satisfaisants (et même plus satisfaisants) alors que je ne fais que réduire ma consommation dans le temps. Un idéal de RDR haha. Une consommation qui m'apporte, sans m'enlever, et qui m'évite la problématique de la tolérance qui pourrait être source de consommation problématique (augmentation constante des doses avec moins d'effets positifs et plus d'effets secondaires).

Bref, je pense que la recherche sur ces sujets est super importante, mais qu'elle mènera à des résultats très biaisés si les personnes concernées ne sont pas réellement impliquées dans la démarche. On retrouve cette problématique dans la recherche en psychologie en général, d'ailleurs : les données qu'on choisit de mesurer et le cadre d'analyse de ces données vont avoir un impact considérable sur le résultat. Je pense que la recherche scientifique est nécessaire pour comprendre le réel, mais si elle fait l'erreur de se croire parfaitement neutre, elle peut finir par s'en éloigner.

Pour finir sur la Suisse, j'ai bon espoir que ces démarches parviennent à créer un cadre légal qui évitera les écueils des autres drogues légale, qui évite de placer les intérêts économiques au coeur de la vente, plutôt que les intérêts socio-politoques. (je pense à l'alcool et à la cigarette qui laissent un pouvoir considérables aux acteurs économiques au détriment des utilisateurs).

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#10 
Berrique homme
Nouveau membre
27 janvier 2026 à 17:23

OliAzary a écrit

Grand mal m'a pris de partager de nouvelles données issues de la recherche scientifique sur ce forum où manifestement la RDR se heurte aux tenaces habitudes de consommation de certains qu'il ne faut surtout pas bousculer.

J'abonde pour faire un petit topo sur la recherche scientifique dont il est question.

Une étude ça reste ce que c'est : UNE (1) étude. Ce n'est pas un consensus.

L'étude cherche à établir un seuil de risque d'usage de THC, c'est très louable et on a besoin de ce genre d'étude très certainement. Mais l'article le dit lui même :
"This article represents what we believe is the first attempt to determine thresholds for risk of CUD by weekly standard THC units consumed"

=> "Cet article représente ce que nous croyons être le premier essai pour déterminer un seuil de risque de trouble de l'usage du cannabis par unité standard hebdomadaire de THC consommé"

C'est donc bel et bien une pierre ajoutée à l'édifice de la recherche scientifique sur le sujet, et non pas un mur de la vérité. Comme toute les études scientifiques en fait.

Ensuite niveau méthodo, y'a certaines limites qui ne sont pas mentionnées comme telles dans l'article de Newsweed

Rachel Lees Thorne a écrit

Participants were n = 65 adults aged 26–29 (46% female, 70.77% white ethnicity) and n = 85 adolescents aged 16–17 (56% female, 65.48% white ethnicity). All participants reported at least one use of cannabis during the 12-month study period.

De jeunes adultes entre 16-17 et 26-29 ans c'est pas tout à fait représentatif de la population générale. Ils ont pu comparer ainsi deux groupes de population distincts et étudier des différences entre adolescents et jeunes adultes, mais les conclusions de l'article sont limitées à cela.

L'étude en elle même c'est pas un banger mais c'est pas de la daube non plus. Elle a ses limites méthodologiques qui sont clairement annoncées, elle a son objectif qui est limité mais clairement annoncé. Elle apporte des réponses limitées à son objectif limité, mais des réponses valables quand même.

Et c'est cela qu'il faut garder à l'esprit quand on souhaite utiliser des études scientifiques : chaque étude répond à une question précise, parfois tellement précise que c'est très, trop niche. Mais c'est l'ensemble des réponses qui peuvent ensuite constituer un consensus.

L'article de newsweed reprend les résultats de l'étude un peu rapidement, sans mettre en avant les limites de l'étude. Ca c'est bof. Ca fausse l'interprétation qu'on peut avoir de l'article, et ca te fait même dire :

OliAzary a écrit

En gros, ce que je retiens, c'est qu'il faut idéalement rester sous 8 unités de cannabis par semaine.

Eh oui mais non.
Ce que l'étude dit, c'est qu'ils ont estimé le seuil au delà duquel il existe un risque de développer un trouble d'usage du cannabis a 8 unités (=40mg selon leurs standards) par semaine pour un adulte de 26 à 29 ans (et 6 pour les 17-18 ans). Rien de plus.

Est-ce que ce seuil est une vérité absolue ou même un repère ? Pas encore. Il faudra que d'autres études scientifiques reprennent leur méthodologie pour confirmer sa robustesse, et voir si leur manière de calculer le seuil tiens la route sur des échantillons de population plus grands et plus représentatifs.

C'est ça aussi, la recherche scientifique.

Dernière modification par Berrique (27 janvier 2026 à 17:27)

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En lisant cette étude, je réalise que les chiffres donnés correspondent, pour moi à une consommation homéopathique de cannabis sans aucun des effets récréatifs et peut-être un vague effet placebo thérapeutique (je ne sais pas, je ne sui pas un souris).

Merci Fil et les autres.

J'ai lu l'article et ne suis pas allé plus loin en fouinant l'étude. Mais va falloir.

Les doses données me semblent correspondre à un dosage ingéré et encore, 10 mg de THC ingéré, si tu me les glisses dans le café façon Guerriaud, pas certain que je ressente des effets.
Je parle bien d'ingestion.
Sinon comme Fil, en terme de conso, nous sommes des diplodocus en équivalent poids. fume_une_joint

Dés que je peux rester un peu assis pour lire confortablement, j'irai fouiner les rouages de cette étude car comme beaucoup, de nombreux points m'interpellent.

Grand mal m'a pris de partager de nouvelles données issues de la recherche scientifique sur ce forum

Au contraire.

Une étude n'est pas un dogme.

Je ne sais pas si tu te souviens dernièrement, certaines études prétendaient que certains vaxsaints protégeaient de la contamination et ensuite de la transmission.
D'autres études ont confirmé depuis qu'il s'agissait de croyance. (étude financée par les labos qui vendent)

Je trouve que les interventions ici sont particulièrement pertinentes, surtout pour des (potentiels) consommateurs ; ils ont assez d'esprit critique pour dire ce qu'ils pensent d'un lobby qui leur est favorable d'une certaine manière, car il s'agit acceptabilité du cannabis après des décennies de stigmatisation.

Lobby pharma ou lobby du cannabis, il ne s'agit parfois plus de science mais simplement de business.

Celui qui finance a parfois les moyens de publier ce qu'il veut ou presque.

Dernière modification par Mister No (27 janvier 2026 à 20:17)

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Celui qui finance a parfois les moyens de publier ce qu'il veut ou presque.

Just say no prohibition !

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#12 
Grim homme
Nouveau membre France
28 janvier 2026 à 08:04

Agartha a écrit

Merci pour la synthèse... Un régal comme toujours bravo

OliAzary a écrit

Grand mal m'a pris de partager de nouvelles données issues de la recherche scientifique sur ce forum où manifestement la RDR se heurte aux tenaces habitudes de consommation de certains qu'il ne faut surtout pas bousculer.

Désolé de remettre une pièce dans la machine... Mais je me suis souvenu qu'il y a un an presque jour pour jour j'ai dévoré le topic sur le "choix des vapos" et j'ai fait un comparatif compulsif pour trouver ce que je voulais. Le post qui a fait basculer mon choix est le tien OliAzary ... La review que tu as fait sur le dynavap, qui est donc le premier vapo que j'aurais acheté dans ma vie (crois pas que je te stalk hein j'ai simplement parfois une mémoire déroutante)...
Ce jour là tu as bousculé 19 ans d'habitude de consommation avec un post partageant ton expérience.
Tu vois où je veux en venir lol?

En tout cas j'ai pris énormément de plaisir a lire les interventions de chacun et ça me donne beaucoup d'espoir en l'avenir comme toujours lorsque je lis les réactions sur PA.

Bonne journée à tous !

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#13 
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filousky homme
Modérateur France
28 janvier 2026 à 14:56
Cette discussion a été enrichissante et merci à toi OliAzary, car sans t'inclure dans les critiques, ce pseudo article "chiantifique" réalisé sur 7 personnes et demi a permis l'ouverture d'un débat passionnant sur la démystification de ce qui est dépeint comme 'scientifique". Tout le monde a pu s'exprimer à sa façon, sans qu'aucun échange n'ai comporté un poil d'agressivité envers l'autre.

Personnellement, moins fatigué, j'aurais peut-être pu pondre un texte sérieux (Bravo aux autres), mais l'irréalisme de l'article m'a mis dans un état de franche rigolade, alors j'ai écrit comme j'aime des fois en appelant un chat un chat.

Comme si justement dit par Mister No, nous sommes des dinosaures dans ce domaine.

En tout cas j'ai pris énormément de plaisir a lire les interventions de chacun et ça me donne beaucoup d'espoir en l'avenir comme toujours lorsque je lis les réactions sur PA.

Bonne journée à tous !

Moi aussi.

Amitiés à toutes et tous - Fil

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Salut,

Merci pour ce partage Oli.

Pour en revenir à l'article. Cette assertion est fausse selon mon expérience. Pourtant, l'expérimentation repose dessus :


La puissance des produits a fortement augmenté ces dernières décennies, tandis que les modes de consommation se sont diversifiés. Résines, fleurs très concentrées, extraits, concentrés ou mélanges : deux personnes consommant le même nombre de jours par semaine peuvent absorber des quantités de THC radicalement différentes.

Les chercheurs expliquent ainsi que la quantité de THC ingérée, combinée à la puissance du produit, joue un rôle déterminant dans le risque de développer un CUD, indépendamment du simple nombre de jours d’usage.

Je suis d'accord, le taux de THC augmente partout, mais il n'est pas le seul facteur de puissance.
L'effet d'entourage brise toutes les certitudes acquises en labo.
Certaines herbes vont fortement affecter la mémoire de travail, d'autres pas. Elles auront le même taux de THC... Celle qui va contenir du CBD par exemple, va limiter l'affinité du THC sur nos récepteurs. Le THC sera assimilé plus longtemps et avec un pic plasmatique moindre que pour l'herbe qui ne contient pas de CBD.
Dans les dégustations à l'aveugle, ce ne sont pas toujours les herbes les plus riches en THC qui sont forcément ressenties comme les plus puissantes.
Avant d'aller regarder l'étude, je trouve que ses fondations s'effondrent.

Dernier point, le coup du cannabis de plus en plus fort...
Déjà le THC comme seul indicateur, c'est inconsistant.
Ensuite, quand j'ai un gramme de rosin très concentrée, je la fume nettement moins vite que de l'herbe.
Cette assertion est douteuse. Si je fume un gramme de weed dans la semaine, vais-je forcément consommer plus si j'ai un concentré de THC ?
Pas forcément, un peu comme l'alcool.
Ce n'est pas le degré d'alcool qui va déterminer la teneur en alcool dans mon sang, mais la quantité relative.

Pour obtenir des données analysables, il faudrait partir de différents "chemovar", alchimie de cannabinoides pour pouvoir analyser quoique ce soit de manière fiable.

Le cannabis par sa nature, sa diversité d'effets, sa capacité à moduler nos récepteurs ne permet pas une analyse sérieuse de la consommation avec le THC comme seul indicateur.

Dernière modification par Mister No (30 janvier 2026 à 09:17)


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