[ Craving ]
L’obsession qui revient chaque jour

#craving #difficulté #envie
#1 
Thalie femme
Nouveau membre France
Hier à 17:06
« Ça fait plus d’un mois que j’ai une obsession qui ne me lâche pas. girl_cray2

Tous les jours je pense à consommer. Ecstasy, cocaïne… Pas juste une idée qui passe, c’est là en continu, comme un fond sonore dans ma tête.
Je me surprends à détailler les scènes : le produit, le moment, l’état dans lequel je pourrais me mettre. Je repense aux sensations, à la montée, à ce sentiment de déconnexion totale. Mon cerveau sélectionne uniquement ça. Il efface tout le reste.
Et en même temps je sais très bien ce qu’il y a derrière. Je sais comment ça a pu m’embarquer. Je sais ce que ça fait sur la durée, la perte de contrôle, la spirale. Je ne l’ai pas oublié.
Mais malgré ça, il y a une partie de moi qui négocie. Qui me dit que peut-être, cette fois, ce serait différent. Que je pourrais gérer. Que je pourrais juste “tester” sans repartir dedans.

C’est ça le plus dangereux : cette impression de maîtrise possible alors que mon passé montre l’inverse.

Je suis fatiguée de penser à ça tous les jours. Fatiguée de me battre contre une envie qui revient sans arrêt, même quand je fais autre chose.

Je poste ici parce que je ne veux pas garder ça dans ma tête. Parce que là, maintenant, j’ai envie de consommer, et je ne sais pas comment ça va évoluer dans les prochains jours.

Je ne cherche pas qu’on me dise que c’est ok. Je cherche à voir si d’autres connaissent cette phase où l’envie prend toute la place et ne lâche pas.

“Se retrouver soi-même demande parfois de se perdre d’abord.”

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#2 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
Hier à 18:23
Hello Thalie,
Je t'avoue ne pas avoir de solution directe à ton problème.
Perso je pense que quand on a essayé un prod, ça reste toute ta vie dans ta tête ou en tout cas un bon moment. Ça n'empêche pas les longues périodes d'abstinence et je pense que si tu te réhabitue à la vie normale et aux plaisirs du quotidien l'envie devient de moins en moins forte.
Après perso ça me le fait bcp avec l'exta, ma drogue préférée : j'y pense tout les jours, j'en rêve souvent, je regrette ma grosse période de conso qui était pourtant assez catastrophique... après chaque semaine ou je consomme pas j'y pense de moins en moins mais déjà 4 mois et tjrs présent - ce soir fête de la musique je crève d'envie de craquer.
Sur la re consommation pour soulager l'envie je pense que ça peut être risqué si tu maitrises difficilement tes conso et ça peut raviver tes envies.
Courage et prends soin de toi drogue-peace

Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

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#3 
Blow femme
Nouveau membre
Hier à 19:03
Coucou, tu sais, le modele medical de l addiction considere que l a ddiction est une maladie  psy." Trou le de l'usage de substance"
Je mets milles pincettes pour l amener ici.
Et pour mori e sais que j un cerveau addict.,toujours dans l'excès amour, fumée, rêves , sport, sexe, cp  a risque. A chaque étape de vie son addiction ..
Avec la psychanalyse il y a vingt ans, j'ai capté que je ne voulais plus me détruire.
J'ai construit des choses. mais il y a pour ma part une fragilité sous jacente au niveau  des comportements addictif. Yen ade moins grave que d autres, qui entraînent moins de complications..,que je fasse 10hde sport par sem e, c'est ma petite addiction. Ça ft de mal a personne .

Dans ce modèle ,voir nora volkow,
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nora_Volkow
la personne dependante a des zones qui hypofonctionnenent( cortexpre frontal: la logique, la rationnalité, le contrôle. )

Et d autres qui peuvent être sur stimulés  par les produits (voir  le.circuit de la récompense , particulièrement la libération de dopamine,endorphine etc.. et donc qui réclament.
J'essaie de t amener des explications a nos  modeles.
  Car pour moi, ça m'a aidé.
Le cerveau se rappelle..le produit fait sens a un moment donné ( ça c est pas trop envoie dans le dsm5,)
Tu as su trouver des ressources autour de toi. Peut être les reactiver si tu as un espace de parole avec ton entourage./professionnels ?

Bises

Dernière modification par Blow (Hier à 19:05)


" C'est plus facile de s autoriser un peu de hauteur, quand on a bien cerné
l 'autour."

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#4 
Jessiemabrune femme
Nouveau Psycho French Polynesia
Hier à 19:50
Coucou Thalie salut ,

Je ne suis pas dans la même situation mais l'envie qui revient, qui te tourne dans la tête 24/7 alors que tu as décidé que non, je vois très bien.

Comme le dit Benzotrip, moi non plus je n'ai pas trouvé de solution miracle.
Activités physiques (vélo + natation pour moi), artistiques (aquarelle + écriture), chocolat (ça a l'air bête mais personnellement j'adore)

Ah si, j'ai remarqué un truc : poster sur le blog du fofo, ça aide un peu je trouve.

Mais bon, je te dis ça, alors que j'ai un poil abusé ces trois dernières semaines. (Parce que j'en avais envie, hein. Pas vraiment résistance de ma part)

Est-ce que tu as un appuis dans ton entourage, quelqu'un avec qui tu pourrais en parler ?

Le lien de Blow à l'air intéressant.
Je crois que je vais moi aussi aller y jeter un oeil.

Biz'
Prends soin de toi

Respecter quelqu'un, c'est l'accepter comme il est. Pas comme tu voudrais qu'il soit.

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#5 
Thalie femme
Nouveau membre France
Aujourd'hui à 09:27
Merci à tous pour vos messages,
vos réponses me touchent vraiment.smak
Je vais essayer de répondre à tout le monde en même temps.

Ce que j’ai écrit, c’est vraiment ce qui se passe dans ma tête en ce moment : cette envie qui revient, qui insiste, qui tourne en boucle 24h/24 alors qu’au fond de moi j’ai décidé que non.fache-non-non C’est épuisant parce que c’est une bataille invisible que personne ne voit.

J’ai pourtant des choses qui m’aident au quotidien : je peins, je lis, j’écris. J’ai fait une thérapie pendant 6 ans, et aujourd’hui je continue à avoir une psychologue. Mon compagnon est psychanalyste, il est très présent, il me soutient énormément et il est là même dans les moments où c’est difficile.

Mais malgré tout ce chemin, malgré tout ce que j’ai construit, il y a encore cette partie de mon cerveau qui revient vers le passé. Comme si une partie de moi se souvenait encore de ce que le produit représentait à une époque. Je crois que c’est ça qui est le plus dur : avoir avancé, avoir changé de vie, et sentir parfois cette vieille envie refaire surface.

Je suis aussi assez seule socialement. J’ai quitté la Belgique pour venir vivre en France, j’ai changé complètement d’environnement, et ici je n’ai pas réussi à reconstruire un cercle d’amis. À part ma famille que j’ai au téléphone, je n’ai pas vraiment de personnes avec qui partager ça au quotidien.

C’est aussi pour ça que je me suis inscrite sur Psychoactif. J’avais besoin d’un endroit où je peux parler avec des personnes qui comprennent, sans devoir expliquer tout depuis le début.

Et je crois que comme beaucoup de personnes qui luttent avec une addiction, je cherche encore parfois le médicament miracle. Quelque chose qui pourrait calmer ce bruit dans ma tête, arrêter ces pensées qui reviennent sans cesse. J’ai déjà un traitement important, mais j’ai parfois l’impression d’être arrivée au bout de ce que les médecins peuvent me proposer. Les psychiatres ne veulent plus vraiment ajouter d’autres traitements, et moi je reste avec cette question : comment apaiser cette partie de moi qui réclame encore ?

La méthadone m’aide à rester stable, à vivre normalement, mais elle n’efface pas tout ce combat intérieur.

Malgré tout, je ne veux pas retourner en arrière. J’ai trop reconstruit, trop changé de choses dans ma vie. Je m’accroche à mon compagnon, à mes proches, à mes activités, à mes soins, et maintenant aussi à ces échanges ici.
Merci Blow pour ton lien ça m’intéresse vraiment
Je vais m’y pencher.

Merci vraiment pour vos mots. Ça fait du bien de ne pas se sentir seule. ❤️

Tali

“Se retrouver soi-même demande parfois de se perdre d’abord.”

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#6 
MarlaAmazone femme
Psycho junior France
Aujourd'hui à 11:45
Coucou Thalie heart

Oui vraiment tiens bon, parceque moi je me suis autorisée un écart pour satisfaire mon craving et passer à autre chose. Résultat : effets recherchés pas atteints et depuis c'est la course au produit (toujours sans retrouver CE PUTAIN DE RUSH).

Bref, garde bien en tête que c'est mort, qd on a des conduites addictives, c'est mort : tu résistes ou tu replonges.

Donc essaye de voir tes envies sous l'angle de la nostalgie en mode "qu'est ce que j'ai bien kiffé, j'ai eu de la chance". Mais en gardant en tête que c'est fini, tu n'y as plus accès donc qu'il faut passer à autre chose.

De toute façon tu es dans un autre pays, sans cercle social de consommateurs, ton quotidien ne prête pas à la conso de drogues... Même si tu voulais, tu n'aurais pas trop le choix?

Bref, moi non plus pas de réponse toute faite, juste le contre exemple parfait pour te motiver à tenir (tu m'as lue sur ma quête infernale du crack, ma frustration et a quel point ça me bouffe le cerveau... Donc j'imagine que ça donne pas trop envie thinking).

Pour la coke l'addicto m'a parlé d'une molécule sans ordonnance (donc non remboursée) qui a haute dose atténue le craving. J'ai déjà essayé c'est pas magique mais y'a une action qd mm.
Tu prends 9 sachets par jours séparés en 3 fois.

Voilà.

Grosses bises et n'hésite pas à venir parler chaque fois que nécessaire !!!

Marla
Reputation de ce post
 
Très encourageant

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#7 
Thalie femme
Nouveau membre France
Aujourd'hui à 12:48
Coucou Marla heart

Ton message me touche énormément, vraiment. Surtout parce qu’en ce moment j’ai l’impression que ma propre famille s’en fout un peu, alors recevoir du soutien de personnes que je connais à peine, qui ont pourtant vécu des choses similaires, ça fait beaucoup de bien.

Même si on ne se connaît pas vraiment, je crois que nos galères communes créent un lien particulier. Tu comprends des choses que d’autres personnes ne peuvent pas comprendre, parce que tu es passée par là aussi.

Merci aussi pour ton témoignage, parce que ça me fait réfléchir. Je vois bien dans ce que tu racontes que même un “petit écart” peut rallumer cette course infernale après un effet qui ne revient jamais vraiment. Et c’est exactement ce qui me fait peur.

Pour les sachets dont tu parles, j’en ai aussi entendu parler par le CSAPA. J’ai même déjà l’ordonnance, mais je ne suis pas encore allée à la pharmacie parce que je n’y croyais pas vraiment… Je me disais que ça ne marcherait sûrement pas. Mais finalement, ça vaut peut-être le coup d’essayer, on ne sait jamais.

En tout cas merci d’être là, merci de m’avoir écrit. Ça m’aide plus que tu ne peux l’imaginer. Je vais continuer à tenir bon. Et toi aussi, accroche-toi ❤️

Grosses bises.
Tali

“Se retrouver soi-même demande parfois de se perdre d’abord.”

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