Toujours le même blocage : travail et conso

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Myrmidon homme
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Bonjour à tous,

J'ai posté plusieurs fois récemment ici pour parler de mes déboires psycho-affectifs et je reviens sans forcément de question précise mais avec l'envie de discuter de mon mal-être.

Je suis étudiant et j'arrive à assumer tant bien que mal mes cours en m'en sortant avec des résultats très satisfaisants mais malgré tout une souffrance est toujours présente : malgré une passion pour mon domaine d'études, les examens, les deadlines, la compétition, m'angoissent et je me retrouve à procrastiner et à tout faire au dernier moment, souvent en étant en larmes ou dans de gros états de stress.

Je me mets beaucoup de pression.

Bref on dépasse largement la question des drogues.


Tout comme elle m'a aidé à supporter d'autres épreuves de la vie, j'ai abusé de la béquille que sont les drogues pour réussir à respirer et à gérer mes émotions dans ce cadre académique.

Je consomme du cannabis  quotidiennement, avec des pauses plus ou moins longues, depuis maintenant 8 ans ( ca me fait mal de presenter ça comme ça :'( ) et du tramadol depuis quelques années mais jamais quotidiennement sur de trop longues périodes.

Depuis quelques mois je ressentais que je n'allais plus tenir et que j'avais besoin de m'adapter. J'ai arrêté totalement le tramadol ( j'arrivais à court de mes stocks de toute façon) et j'ai essayé de stopper le cannabis ( ce que j'ai fait quelques semaines) tout en commençant un traitement antidépresseur.

On en arrive à la situation de ce moment : c'est les congés de Noël, et je fume un peu trop par rapport à mes objectifs de départ ( que je n'arrive pas à clarifier, au final..) mais surtout, que je fume ou non, je fous rien de ce que j'ai à faire. Je suis actif et je lis, je bosse sur des choses qui me plaisent mais c'est impossible de faire quoi que ce soit qui est liés à des enjeux académiques ou pro.

J'arrive à rien faire de sérieux, et je remets ce qui est une source d'inconfort à plus tard.

Arrive le lien avec le tramadol. Ce dernier m'a au début aidé à bosser bien.  C'est comme si la consommation de tramadol supprimait ce blocage : je me mettais au boulot sans me poser de question et les choses se passaient bien. Tout était smooth, le stress négatif était devenu du stress positif et j'abordais les défis et tâches ingrates sereinement.

Sauf que cet effet s'est estompé avec le temps, et que d'un autre côté se sont profilées le pendant pernicieux de cette habitude : j'ai eu de plus en plus de mal à bosser sans consommer de tramadol.

J'ai assumé mes obligations depuis le début de l'année académique en cours sans cette béquille chimique, tant bien que mal, mais là, c'était devenu de nouveau trop dur.

Par hasard, des dafalgans codéinés ont atterris à ma portée.

J'en ai pris hier une petite quantité, 120 mg de codeine et de 2 g de paracetamol en tour dans la journée, car je me sentais mal et que j'espérais que ça m'aiderait à me mettre au boulot. Je me suis senti "mieux" mais l'effet boost recherché n'a pas été trouvé.

Ce matin, sans trop réfléchir, j'avale 60mg de codeine à jeun. Il faut que je me mette au boulot, plus le choix. Je commence doucement.


Bref, je pars dans tous les sens, mais j'ai besoin de retours d'expérience et de conseils vis-à-vis de ce que je formulerais comme suit : est-ce que c'est possible de me débarrasser de ces mécanismes de survie qui sont devenus un fardeau pour moi ? Est-ce que je peux trouver une hygiène de vie qui me permet de bosser sans avoir à me doper un peu ?

J'ai l'impression que le souci est éminemment cognitif : je n'arrive plus à produire l'effort pour exécuter mes devoirs, au sens large du terme.

S'y mêle angoisse, appréhension, et des soucis de concentration.

C'est pas le problème que j'aborde ici mais je suis bien conscient que le cannabis n'aide pas non plus à ce niveau-là mais j'essaie de reprendre le contrôle.

Je suis parfois désespéré et j'ai l'impression d'avoir trop foutu en l'air le système de récompense, etc...

Malgré quelques mois d'abstinence, je me retrouve à coper avec un opiacé pour bosser.

Et toujours la même difficulté à me mettre à l'effort. J'espèrais que le temps aiderait à réinitialiser tout ça. J'ai essayé de produire beaucoup d'efforts pour mettre en place des habitudes de travail saines mais je suis toujours au même stade qu'avant...

Voilà, je me sens triste...  Une voix dans ma tête me dit que je suis un déchet... Heureusement j'arrive à trouver du plaisir dans les activités sans enjeu, ce qui a parfois été rendu impossible par le passé, j'imagine qu'il y a du progrès.

Merci de m'avoir lu

Dernière modification par Myrmidon (10 janvier 2023 à  08:43)

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Jesuisturfu homme
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Yoo

Myrmidon a écrit

Je suis étudiant et j'arrive à assumer tant bien que mal mes cours en m'en sortant avec des résultats très satisfaisants mais malgré tout une souffrance est toujours présente : malgré une passion pour mon domaine d'études, les examens, les deadlines, la compétition, m'angoissent et je me retrouve à procrastiner et à tout faire au dernier moment, souvent en étant en larmes ou dans de gros états de stress.

Je me reconnais beaucoup pour ma part a la fin de ma licence j'étais alcoolique + conso quotidienne de cannabis+ d'autres drogues en soirée. J'utilisais ça en particulier pour pallier au stress/anxiété car j'étais toujours en retard...

Myrmidon a écrit

J'en ai pris hier une petite quantité, 120 mg de codeine et de 2 g de paracetamol en tour dans la journée, car je me sentais mal et que j'espérais que ça m'aiderait à me mettre au boulot. Je me suis senti "mieux" mais l'effet boost recherché n'a pas été trouvé.

C'est vrai qu'avec la codéine je ne retrouve pas non plus le côté seroto boostant du tramadol.
Si tu continues sur la codéine pense à faire une cwe l'histoire de pas de détruire le foie avec le paracétamol.

Myrmidon a écrit

Bref, je pars dans tous les sens, mais j'ai besoin de retours d'expérience et de conseils vis-à-vis de ce que je formulerais comme suit : est-ce que c'est possible de me débarrasser de ces mécanismes de survie qui sont devenus un fardeau pour moi ? Est-ce que je peux trouver une hygiène de vie qui me permet de bosser sans avoir à me doper un peu ?

Bah pour ma part la solution à été d'arrêter les études pour faire un travail qui me plaît et me laisse du temps pour vivre tranquillement et qui surtout ne me suit pas chez moi, passer par un csapa et démarrer un suivi psy (j'ai stoppé récemment car je me sentais prêt) à aussi bcp aidé.

Voilà voilà pour moi il a fallu faire un choix entre étude et santé mais ce n'est que mon parcours le tiens sera peut être différent.
J'espère pouvoir reprendre les études un jour mais j'ai bien peur de replonger aussitôt...

J'espère que tu trouveras des solutions !

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kazam femme
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Non tu n'es pas un déchet, tu es juste humain wink
Le tramadol c'est trompeur, les premières prises on a l'impression que ça aide mais ensuite il faut plus et plus. La codéine ça met yo, ça détend mais ça ne va pas t'aider à travailler dur.
Peut être que le problème vient du fait que tu n'aime pas spécialement ce que tu fait... ce serait cool que tu trouve une activité où tu n'a pas besoin de stimulant pour te motiver :)

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cependant
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kazam a écrit

. La codéine ça met yo, ça détend mais ça ne va pas t'aider à travailler dur.

Salut,

je crois que c'est plus approprié de s'exprimer en "JE", car perso, je ne me retrouve pas dans cette affirmation :)

Moi, oui la codéine m'aide à me concentrer, écrire, lire et bosser efficacement !
J'ai l'impression même que ça augmente ma créativité, mon focus et je suis plus performante avec.

Sur le fait d'aimer ce qu'on fait, je suis d'accord, c'est quelque chose d'essentiel, mais n’empêche qu'on peut quand même ressentir le besoin d'un boost pour s'y mettre.
En tout cas, c'est ce que je ressens.

Parfois, j'ai du mal à me mettre à bosser, puis une fois que je suis lancée, ça va tout seul et c'est génial...mais cette procrastination pesante je la connais aussi et malgré mes efforts pour comprendre comment y faire face, je n'y arrive pas toujours.
J'ai l’impression que si je suis bien dans mes pompes c'est plus facile, un peu le serpent qui se mord la queue j'avoue wink


fugu kuwanu hito niwa iwaji

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kazam femme
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Salut,

je crois que c'est plus approprié de s'exprimer en "JE", car perso, je ne me retrouve pas dans cette affirmation :)


            [oui tu as absolument raison !]

Parfois, j'ai du mal à me mettre à bosser, puis une fois que je suis lancée, ça va tout seul et c'est génial...mais cette procrastination pesante je la connais aussi et malgré mes efforts pour comprendre comment y faire face, je n'y arrive pas toujours. ]

[pour avoir été dans les deux cas, quand on aime vraiment ce qu'on fait c'est ça qui nous réveille le matin et y'a besoin de rien d'autre. Pour moi ça été le cas pendant 10ans et malgré des semaine de 70h je sautais de mon lit quand le réveil sonnait et hop. Puis j'ai dut changé de profession, c'était pas déplaisant mais c'était pas  MOI à 100%...et là ouai codéine pour tolérer le truc....

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Myrmidon homme
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Jesuisturfu a écrit

Merci pour ta réponse Jesuisturfu.
Je suis redescendu depuis. Ha je parle pas de drogue mais de genre de crise d'angoisse à rallonge qui peut te faire te sentir tout aussi perché sans que ce soit agréable aha.

J'ai un peu relativisé, un peu chill, et su bosser un peu (mais vraiment un peu).

C'est mes principales difficultés avec les études : la gestion du temps, les gestion des angoisses.

Autrement quand je travaille je travaille bien, mais j'arrive pas à travailler...

J'espère que tu pourras reprendre un jour plus sereinement ! C'est sûr que d'avoir un travail qui ne te suit pas chez toi, c'est un énorme confort.
Je l'ai connu en faisant un travail rébarbatif vraiment pas drôle... bha une fois la journée finie, j'étais bien et pas stressé, même si c'était nul.

kazam a écrit

Non tu n'es pas un déchet, tu es juste humain wink
Le tramadol c'est trompeur, les premières prises on a l'impression que ça aide mais ensuite il faut plus et plus. La codéine ça met yo, ça détend mais ça ne va pas t'aider à travailler dur.
Peut être que le problème vient du fait que tu n'aime pas spécialement ce que tu fait... ce serait cool que tu trouve une activité où tu n'a pas besoin de stimulant pour te motiver :)

Merci kazam
Oh si j'adore ce que je fais ! Quand je m'instruis sur le sujet en dehors du cadre académique, je me sens enivré et excité. Mais dès qu'on passe dans la modalité "devoirs" "rendus" "échéances" "notes" "dossier" "sélection"... je ne tiens plus, je déprime et je fais rien jusqu'au dernier moment, souvent stimulé ou juste épuisé et à bout.

Le tramadol je connais assez bien, ça a été dans ma vie à peu près 4 ans, et dès la première prise ça a été le kiff total. Mais oui, le temps passant, ça ne me transformait plus en garçon hyper confiant, sûr de lui et énergique comme au début.

Oui la codé ne m'a pas stimulé mais ce sera à essayer dans un autre contexte. Peut-être quand je me sens bien et non pas quand je broie du noir à cause de mes soucis perso et de mes galères académiques.

cependant a écrit

Je me retrouve encore une fois tout à fait dans ce que tu dis Cependant.

J'ai tendance à enchaîner les coups de mou, j'ai le moral parfois au ras des chaussettes au point où ça en devient insupportable, et je cherche le soulagement le plus rapide.

J'avais tendance à me booster pour bosser en consommant mais je pense que c'est piégeux pour moi.

Sinon oui, tout à fait d'accord, j'ai besoin de me sentir bien pour bosser.
Certains trouvent dans le travail un refuge et bosse comme des dingues quand ils se sentent mal.
Perso quand j'ai pas le moral je suis bon à rien!

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kazam femme
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Coucou ! Tu en es où aujourd'hui ? Tu as fais de nouvelle découverte quant à ton mode de fonctionnement ?

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Ced75000 homme
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Myrmidon a écrit

On en arrive à la situation de ce moment : c'est les congés de Noël, et je fume un peu trop par rapport à mes objectifs de départ ( que je n'arrive pas à clarifier, au final..) mais surtout, que je fume ou non, je fous rien de ce que j'ai à faire.

Je connais un paquet de gens que les fêtes de fin d'année comme noel emmerdent prodigieusement et pour qui cela justifierait largement de prendre des prods pour faire passer la pilule si j'ose dire. Et, évidemment, j'en fais partie...:)

Dernière modification par Ced75000 (29 août 2023 à  00:35)

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Ced75000 homme
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Sinon pour te répondre Myrmidon, je pense que tu devrais essayer d'en parler avec un psychothérapeute (genre TCC). Voire un psychiatre vu que tu disais être sous AD. C'est mon médecin traitant qui me l'avait prescrit initialement mais j'ai consulté un psychiatre aussi pour un avis d'expert. N'hésite pas à interroger les gens autour de toi et sens toi libre de demander des conseils. C'est quand on commence à en parler autour de soi qu'on réalise qu'on est pas le seul à avoir des problèmes, certains plus graves que d'autres...Mais peu importe. L'idée c'est de pas rester seul avec ses problèmes et de pouvoir en parler à des gens de confiance. J'ai aussi l'impression que tu vis tes études comme une corvée même si j'ai bien compris, tu aimes ce que tu étudies. C'est les exams qui t'angoissent. Est-ce la peur de l'échec? La pression des pairs? Ou de ta famille? T'en as bien passés avant d'autres exams donc c'est pas nouveau comme problème j'imagine... Le mieux reste encore d'en parler avec un professionnel de santé genre psy.
J'espère que ça va mieux depuis. Bon courage quand même !

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Myrmidon homme
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Ced75000 a écrit

Salut Ced, merci pour tes messages

Désolé pour ceux à qui je n'ai pas répondu à l'époque sur ce topic ou d'autres. Je pensais avoir perdu mon mot de passe mais en fait celui-ci semble enregistré sur mon compte Google ou autre ( ce qui est pas idéal ahaha... je m'en étais pas rendu compte...) Je pense pas non plus avoir encore accès à l'adresse mail associée au compte ahaha. Bref du grand Myrmidon.


Sinon pour répondre, les fêtes de famille c'est pas top depuis le décès d'un proche et aussi à cause de la belle famille (conjoints des frères et sœurs qu'on doit supporter...), en soi j'adorais ça à la base mais bon neutral

Pour le second message, bha... ça va bien, mais ça ne va pas mieux vis-à-vis des soucis évoqués dans mon post. J'ai continué à tout finir à l'arrache, en gros stress, et à me mettre dans des situations délicates, pour finalement rendre mon mémoire en retard... et avoir d'excellents résultats :)

C'est le principal n'est-ce pas ? M'enfin j'appréhende l'année à venir car me mettre au boulot est toujours une ééénorme souffrance, et l'année passée ça a atteint des sommets niveau stress, procrastination et journées de 18h de travail juste avant de devoir rendre un dossier.

J'ai arrêté mon traitement AD. Ça faisait plus d'un an et j'en avais un peu marre. Marre des ordonnances contraignantes, de la pharmacie qui doit attendre 21 jours ou un truc du genre pour refiler un boîte... (je vais étudier à l'étranger et ça me fait chier d'être si contraint par ça), marre aussi des effets du cannabis qui me semblait modifiés depuis que j'avais commencé, avec des maux de tête que je ne connaissais pas auparavant quand je fumais... bref. De toute façon ça faisait plus d'un an et c'est le durée d'un traitement ad en première intention.

Malheureusement, le médecin avec qui j'ai commencé le protocole a dû stopper sa carrière pour des raisons de santé. Les médecins que j'ai vu depuis étaient des personnes qui m'ont pas du tout inspiré, intolérantes et prescriptives au possible... bref pas du tout top pour créer une relation de confiance, alors j'ai arrêté avec les deux-trois conseils du dernier que j'ai vu, en faisant abstraction des leçons de moral.

Sinon j'avais commencé un suivi psy à l'époque, mais je m'y sentais plus à l'aise. Impossible de parler de certains aspects de ma vie, notamment la consommation de drogue, car la drogue c'est mal m'voyez...

Mais j'aimerais bien reprendre, avec quelqu'un avec qui je me sens à l'aise.

Mais sinon je pense que c'est la peur de l'échec qui m'angoisse beaucoup, et aussi le cadre académique. Quand je lis pour mon plaisir concernant ma discipline je prends mon pied, mais quand c'est pour la fac, j'ai comme un blocage parfois.

Merci en tout cas pour ton message et tes gentils souhaits merci-1


Edit : à propos, après plus d'un an d'AD, et quasiment un an sans toucher à la moindre gélules de tramadol ( sachant que j'avais déjà bien bien bien réduis durant déjà plusieurs mois avant de gober les dernières gélules qui traînaient dans mes affaires), j'y pense toujours. Quel produit quand même. Quel plaisir ce serait de retrouver une petite plaquette...

Dernière modification par Myrmidon (29 août 2023 à  22:19)

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thecheshirecat homme
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Salut Myrmidon,
Je me reconnais pas mal dans ce que tu décris, je pense avoir vécu une situation un peu similaire pendant mes études (en tout cas jusqu'à la fin du Master, la thèse était différente).

Pour ma part, je n'ai jamais été capable de bosser sur le long terme comme la vision qu'on peut avoir d'un "étudiant sérieux". J'ai toujours procrastiné et fini par bachoter comme un dingue quelques jours avant les partiels. Je pense que c'est lié à plein de choses combinées, un tempérament, des angoisses, l'effet stimulant du stress, d'autres merdes à gérer, mais aussi la capacité à le faire, tout simplement. Si tu tiens à ce rythme, ça te montre en creux que tu as des facilités dans ta discipline, ce qui peux aussi t'aider à prendre confiance en toi.Si ça peut te rassurer, ça ne m'a pas empêché de finir mes études avec de bons résultats, jusqu'à la thèse. J'ai eu une année de redoublement en L3 liée à des soucis de santé qu'avec le recul je considère comme une bénédiction, ça m'a permis d'avoir plus de temps libre, moins de stress et de repasser sereinement les quelques matières que je n'avais pas assimilées. Ayant passé du temps du côté enseignant, je savais que certains étudiants travaillaient de cette façon, je l'acceptais et essayais de les aider au mieux. l'Université est un monde violent à sa manière, pour les étudiants comme pour les profs, et on fait ce qu'on peux comme on peux.Tout ça pour te dire que tu n'es pas forcément obligé de lutter contre ça et de culpabiliser, beaucoup d'étudiants fonctionnent de cette façon et ce n'est pas grave en soi.

Ceci étant dit, tu as l'air de souffrir de cette situation et le stress que ce mode de fonctionnement génère en permanence est difficile à encaisser. Je pense que dans ces conditions tu dois vraiment insister pour un suivi psychologique et médical, trouver les bons praticiens peut mettre du temps mais une fois que c'est fait ça te libèrera d'un poids dingue d'avoir des gens compétents à qui parler.

Je pense que c'est une bonne chose que tu te soit éloigné du tramadol, qui est je pense une mauvaise solution dans ta situation (même si j'entends bien ton envie d'en reprendre). Pour ma part ce fut la codéine, elle m'a aidé à supporter la situation au prix d'une addiction que je traine depuis. Si tu peux faire autrement, tu t'epargneras bien des galères pour la suite. Peut être que ta différence de ressenti entre tramadol et codeine indique que tu cherches davantage l'effet antidépresseurs du tramadol que son effet opiacé, ce qui suggère que tu pourrais trouver ton compte dans un AD bien choisi et éventuellement un benzo de temps en temps pour gérer les angoisses. Comment vis tu ton traitement actuel ? As tu essayé d'autres traitements ? Je pense que c'est indispensable d'en parler avec un médecin psychiatre, qui pourrait t'aider à te sentir mieux avec tout ça.

Prends soin de toi !

Édit: j'avais raté qu'il n'y a plus de traitement actuel, désolé. Même en l'absence d'AD, un suivi médical et psy peut valoir le coup je pense.

Dernière modification par thecheshirecat (30 août 2023 à  10:29)


Foutu citron.

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Josaze femme
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Bonjour,
J'espère être au bon endroit pour m'exprimer...
De mon côté je ne parlerai pas de travail scolaire. C'est mon travail quotidien que j'ai du mal à gérer à cause de prises régulières de cocaïne.
J'ai l'impression que ça ne me fait plus l'effet euphorique,  ça me met plutôt dans l'angoisse mais c'est plus fort que moi, je persiste toutes les demi heures en espérant avoir un bon effet.
Ça me prend beaucoup de temps et je me sens en décalage avec mes collègues, j'ai perdu beaucoup de confiance en moi.
Je pars normalement en cure mi septembre ça me paraît tellement loin...
Voilà j'avais juste besoin d'en parler parce que ça me pèse,  chaque jour est un calvaire...
Merci de m'avoir lu.
Bonne journée.

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Myrmidon homme
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thecheshirecat a écrit

Salut !

Tout d'abord c'est vrai que ça serai peut-être différent plus tard. J'ai pour but de continuer mes études si je décroche un contrat doctoral.
C'est en tout cas mon but à l'origine, mais je me demande si c'est vraiment ce que je veux. Les rencontres et les événements de la vie font que je suis entouré de beaucoup de doctorants et de docteurs, ou de personnes qui gravitent autour du monde universitaire. Je me demande parfois si ce n'est pas finalement à cause de mon entourage que je mets une grosse pression d'ailleurs, mais ça je n'ai pas encore de certitude et je pense que je serai fixé qu'en essayant.

C'est la croix et la bannière pour trouver de bons praticiens ! Je vis dans une région peuplée, près de grandes villes, et pourtant même trouver un généraliste relève de l'exploit... je suis un peu fatigué de ça, j'ai fait de nombreux essais pour trouver un nouveau généraliste, tenté deux psychologues, et jusqu'à présent je n'ai jamais été à l'aise.

Le traitement m'ennuie car je le trouve trop contraignant, il modifie les effets que je ressens en fumant ( c'est en tout cas l'impression que j'ai), ça inhibe les psychés, et enfin je n'ai pas eu la sensation que ça me motivait, en tout cas rien à voir avec le tramadol à une époque ( je pense que c'est la synergie des effets opiacés et seroto qui faisaient le taf plus que l'un des deux "aspects" du médicament).

De toute façon je n'ai plus envie d'être sous médicaments, si j'y arrive sans.

Merci !



Salut Josaze,

Hélas je ne connais pas du tout la cocaïne, et la problématique à l'air assez différente d'un souci motivationel / de difficultés face au stress. Peut-être peux-tu nous en dire plus sur tes motivations à consommer ?

Sinon je pense que tu t'exprimes au bon endroit. Si ce topic rassemble les discussions à propos de ce type de problématique, ça n'est pas plus mal je pense.


Bonne journée à tous !

Dernière modification par Myrmidon (31 août 2023 à  11:32)

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Josaze femme
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Salut,
J'ai besoin de la coke pour me maintenir éveillée,  avec plus d'entrain...Je n'aime pas mon travail, je prépare les chimiothérapies,  je pense à changer mais je ne sais pas quoi faire d'autre...
En tout cas, je n'ai plus le contrôle sur la coke, dès mon réveil j'en prends pour me réveiller et parce que je commence à avoir des transpirations excessives...
Au cours de la journée je prends également des efferalgan codéine, ça depuis des années,  je tourne aussi au xanax, au subutex..
Tout ce qui peut m'enlever les angoisses je prends...
J'espère vous avoir un peu plus éclairé..
A très vite !

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Monsieur Grossier homme
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Myrmidon a écrit

J'ai pour but de continuer mes études si je décroche un contrat doctoral.
C'est en tout cas mon but à l'origine, mais je me demande si c'est vraiment ce que je veux. Les rencontres et les événements de la vie font que je suis entouré de beaucoup de doctorants et de docteurs, ou de personnes qui gravitent autour du monde universitaire. Je me demande parfois si ce n'est pas finalement à cause de mon entourage que je mets une grosse pression d'ailleurs, mais ça je n'ai pas encore de certitude et je pense que je serai fixé qu'en essayant.

Ton environnement joue à mon avis un grand rôle dans ton mal-être.
Si j'ai bien compris t'es en master (quel domaine ?). C'est typiquement à ce niveau d'étude qu'on repère qui a une personnalité "à burn-out" et qui ne l'a pas ; qui sera une bête de recherche (ou de réseautage...) apte à se fondre dans le moule universitaire (avec ce que ça suppose de bassesses, de léchages de culs etc) ; qui est capable de mener sa vie posément et bosser à côté, et qui se stresse sans cesse, véritable lapin blanc qui voit sa tension augmenter à mesure qu'il sent qu'il perd le rythme...

J'ai fait quelques soirées avec des doctorants, et même si l'entente est cordiale, tous ont conscience qu'ils sont en concurrence car les postes de maître de conf (en SHS du moins) courent pas les rues. Donc en général vers minuit on commence à assister à un concours de bite sur le mode "putain, j'ai passé la nuit entière à bosser hier !" "Comment ? Seulement ?! Moi ça fait 4 jours que je dors pas et que je rédige" "Haha les gars vous y êtes pas, moi ça fait un an que je fais des micro-siestes pour être plus efficace, je dors très exactement 8 minutes et 13 secondes chaque jour" etc etc

Bref, c'est particulier comme milieu, tout le monde n'est pas fait pour ça et y a aucune honte à dire merde à un moment. C'est mon cas, et on est un groupe de potes à être over-diplômés de ouf par rapport au taf qu'on occupe maintenant. Ça nous empêche pas d'être heureux de ce qu'on fait. Et dans mon taf je vois débarquer un certain nombre de "tronches" qui ont fait une thèse, un post-doc etc et ont finalement décidé de se mettre au vert.
Voilà pour le côté "milieu toxique et capacités d'adaptation".

Ensuite, tu dis que tu aimes ton sujet de travail/recherche, mais que dès que tu l'abordes sous l'angle du travail et plus de la curiosité intellectuelle, ça te bloque. Clairement ce qui t'emmerde c'est l'enjeu qu'il y a derrière.

Petite digression : j'aime le vélo, désosser les trucs (vélo, voiture...) ça me plait, mais ces temps-ci j'ai pas de voiture, juste un vélo pour aller bosser et beaucoup de route à faire. Ben même si j'aime bien bidouiller les objets, là j'ose pas tenter de réparer les trucs qui vont pas sur mon vélo. Parce que l'enjeu, c'est que si je me chie demain je peux pas aller taffer (sauf à me taper 1h30 de marche, puis du stop aléatoire). Donc je fais traîner.

Ben pour toi j'ai l'impression c'est un peu la même. L'enjeu de tes études c'est la réussite, un avenir professionnel. La curiosité intellectuelle à ce stade, c'est limite sacrilège. Alors si en plus t'as un cadre social/familial stressant/orienté réussite, t'as vite fait de culpabiliser, de te dire que t'en fait pas assez, d'être focus sur l'enjeu rattaché a ce sujet qui t'intéresse... D'où à mon avis la peur de te lancer, une motivation absente, que t'arrives à stimuler qu'avec des prods (ah, enfin il parle de prods ce con !).

Seconde digression : dialogue entre mon frère et moi, y a quelques années.
Mon frère - "On m'a proposé un taf dans le milieu du tennis.
- Super, toi qui adores le tennis ça va te permettre de joindre l'utile à l'agréable, de combiner travail et passion !
- Ben non en fait, c'est un plan merdique. À mes yeux le travail c'est chiant. Le tennis, j'aime. Du coup si je prends ce boulot y a de grandes chances que je finisse dégoûté de ce que j'aime. Donc je vais prendre un job alimentaire et continuer à aimer le tennis, point."

Bref (dit le mec absolument pas bref), j'ai pas de conseil à donner. Déjà parce que je ne connais pas précisément ta situation, ensuite parce que comme on dit, les conseilleurs ne sont pas payeurs.
Mais à mes yeux c'est pas tant un problème de prod que tu as, qu'un problème à définir tes objectifs, à faire le tri entre ce qui te plaît, ce vers quoi tu aspires vraiment, et ce qui relève des pressions (in)conscientes que ton entourage et toi te mettent.
En gros, une putain de dissonance cognitive, et une espèce de crise existentielle ("cela en vaut-il la peine ? Pourquoi, ?").

Dernière modification par Monsieur Grossier (22 septembre 2023 à  22:03)

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