Pourquoi parlez-vous (ou pas) à votre médecin traitant de vos consommations ?

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#Communication #consommation #médecine générale
alb.vic non binaire
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Bonjour à tout le monde

Nous sommes deux internes en médecine générale à l'université Paris Est-Créteil et nous sommes en train de travailler à une thèse concernant la communication des consommations de la part des usagers à leurs propre médecin traitant. C'est-à-dire, nous cherchons les facteurs qui aident ou empêchent la communication avec le médecin traitant, dans le but de comprendre comment nous pourrions changer les pratiques des médecins généralistes pour avoir une meilleure communication sur le sujet des consommations, tout produit inclus (sauf le tabac car nous travaillons sur les psychoactifs).
Jusqu'à là nous avons fait des entretiens pour la première partie de notre étude.
Nous vous écrivons avec l’accord des modérateurs pour avoir votre avis sur le sujet et intégrer vos réponses dans le questionnaire que nous allons distribuer lors de la deuxième partie de notre étude. Toute réponse est bienvenue bien évidemment !
Donc c’est à vous : pourquoi parlez-vous (ou pas) à votre médecin traitant de vos consommations ?

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Kalei homme
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Salut .
Perso je n’avait pas parler de mes consos à mon généraliste parce qu’il semble être plus en vacances qu’au travail. Par exemple ces huits dernières années je ne l’ai vu que une seule fois . Autrement c’était des internes ou remplaçants .
Et de plus je ne le trouve pas très compétent et l’addictologie n’est pas son domaine de prédilection donc j’avais toujours préféré laisser ça pour mon addicto.
Au final il l’a quand même appris je ne sais plus comment.
Donc en résumé, pour moi c’était plus ou moins un problème de confiance en lui.

Manuel göttsching / e2-e4 (1981)
Un classique

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Amadera femme
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Quel beau sujet de thèse! C'est effectivement une pertinente question que l'abord des consommations de substances psychoactives par le médecine généraliste ou par le patient auprès de son médecin généraliste. Je ne sais pas si cela sera permis, mais pourrez-vous nous partager vos travaux? .

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Pesteux homme
Adhérent Vert-Beuh
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Inscrit le 22 Feb 2023
814 messages
Bonjour

Je n'en parle pas à mon médecin, parce que j'ai peur d'être trop vite catalogué comme "drogué" donc "à haut risque d'addiction". Ca pourrait me causer du tort lorsque j'ai besoin d'accéder aux anxiolytiques ou aux antidouleurs opiacés. Par ailleurs, tous les médecins à qui j'en ai parlé par le passé ont répondu par un discours dramatisant et diabolisateur plutôt désagréable : je me suis senti jugé, et ça a créé un malaise dans ma relation avec ces soignants.

Amicalement.
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je partage, bien resumé
 
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ProbChildEater homme
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En général, je parle à mon médecin des inquiétudes que je peux avoir au sujet de ma santé. Je suis un utilisateur expérimenté de substances psychédéliques et cela ne me cause pas d'inquiétude de santé wink

Dernière modification par ProbChildEater (15 février 2024 à  15:43)

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krakra homme
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Inscrit le 10 Oct 2016
321 messages
Le jugement est souvent très présent quand on aborde ses consommations et peur que le médecin ne prescrive pas d'opiace si douleur intense. Parfois le jugement cela peut être juste un regard. Une fois que l'on met carte sur table on ne peut plus faire marche arrière (les médecins ne courent pas les rue)
J'ai des douleurs lié a l'arthrose et hernie discale avec nuit dégradé donc j'utilise du cbd à haute dose et je n'en parlerai jamais car il n'y connaissent rien et J'ai pas le temps de les former je préfère faire une recherche pour connaître les risques
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Merci ! Pierre

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Vinzz35 homme
Psycho junior
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Inscrit le 07 Dec 2018
219 messages
Bonsoir.

La première fois que j'ai parlé de mes addictions à mon généraliste, alcool et cannabis dont une problématique avec l'alcool qui est résolu en ce moment et mes autres conso ponctuelle (opium maison pour la douleur, champi quand c'est la saison...) , j'ai vraiment ressenti un jugement...et me suis bien senti catalogué d'autant plus que c'était pour demander de l'aide, je n'arrivais plus à gérer mes conso d'alcool. Ce regard de réprobation bien infantilisant... Ça devrait parler à certains je pense....
Et encore j'ai eu certains généralistes je n'aurais même pas pu leur en parler, peine perdue...

Mon généraliste m'a orienté vers un addicto génial... Par la suite je suppose que mon addicto a échangé avec car je n'ai plus ressenti ce jugement par la suite , plutôt de la bienveillance et de l'accompagnement.
Les clichés ont la vie dure je trouve, même chez les généralistes... Voir certains addicto, j'ai vraiment de la chance avec le mien...

Je précise que je refuse les prescriptions opiacés pour les douleurs (verneuil) , l'opium maison n'a strictement rien à voir niveau anti douleur... Mais bon pas plus d'une fois toute les 3 semaines par sécurité vu mon terrain addictif, sinon c'est l'herbe même si illégal, certaines variétés soulagent vraiment.

Bonne soirée
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Ce regard de réprobation bien infantilisant... Ca me parle. PTX.

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Marco 68 homme
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Inscrit le 29 Jan 2019
1941 messages
Ciao
Jai eu la chance de tomber sur un généraliste génial qui m'as aidé et fait avoir rapidement le protocole girard pour skenan en tso. Malheureusement est décédé. Son remplaçant a continué à me prescrire jusqu'au jour où j'ai décidé d'arrêter. Là il est au courant que je soigne mon addiction ailleurs et lui je le vois pour autres choses

La Fiorentina é una fede

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Frontkickkk homme
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Inscrit le 18 Jan 2023
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Cool que des internes a ces questions de communication ou non communication de la part de médecin généraliste (le versant medecin spécialiste pourrait être intéressant, je dis ça car j' ai déjà eu des propos que j ai trouvé déplacés voir choquants de la part de certains médecins, dentiste notamment qui m ont pendant un temps demotivé du soin.. )
Après pour revenir au propos du médecin traitant, pendant longtemps j en ai jamais eu, et ça c est déjà problématique , le fait de galérer a en trouver un, que lorsque tu en as besoin, notamment par rapport a des consos que tu juges problématiques, tu peux être obligé d en voir plusieurs, de raconter plusieurs fois ton histoire ou des choses intimes, sans pour autant revoir la personne par la suite.
Je prends pour exemple mon cas, je suis polyconsommateur depuis mes 15 ans, et notamment d héroïne, a un moment donné j ai voulu passer sous substitut, j aurais préfère la méthadone mais les délais anormalement long des CSAPA (plus de 6mois a l époque) de la ville où j étais à l époque m a fait rebrousser chemin. Je me suis donc tourner vers le subutex car accessible en médecine de ville en primo prescription. Après avoir écumer quelques médecins via les plateformes type doctolib pour aller au plus vite, qui m ont refusé des raisons plus ou moins acceptables (je prends pas de nouveaux patients, je fais pas les toxs, j y connais rien en tso, vous voulez pas vous sevrer plutôt?) j en ai trouvé un conseille par d autres usagers, qui était plutôt "conciliant", s en est suivi un an de TSO avec ce même médecin psychiatre, d ailleurs je précise, et pas généraliste. Puis départ a Lyon nouvelle ville, en plein dans le COVID, j ai du me sevrer comme un chien au début car tout les médecins m ont refusé, et/ou ne voulait pas car nouveau patient, et pas possible par visio  ou avait des délais super longs, et aussi du coup me remettre dans la marron. Depuis j ai trouvé un médecin traitant cool, mais avec qui je n en parle pas. Je faisais le yoyo au niveau de mes consommations mais ce n' était pas si problématique que ça dans la majorité du temps, et j ai trouvé une place en csapa d ici 1 semaines je devrais commencer un TSo méthadone.
Tout ça pour vous raconter aussi la croix et la bannière que c est quand on parle de ces consos, surtout certains plus stigmatisees que d autres type crack, héroïne et de certaines pratiques type injection. Alors que pour parler de mes consommations d alcool je n' ai jamais eu trop de problèmes et de réponses problèmatiques avec des médecins généralistes.
On peut aussi penser que le faible nombre d' heure en cursus d étude de médecine au sujet de l addicto peut ne pas aider pour le bon accompagnement des UD.
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champignon de soutien ! quelle galère....

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filousky homme
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Mon cas est particulier. Comme je suis sous méthadone dont la prescription est relayée par un généraliste de campagne, ce dernier sait bien que j'ai eu une consommation d'opiacés meumeu et comme d'autre part, j'ai milité pour la légalisation du cannabis médical, je parle de ces sujets avec lui, alors qu'au premier rendez-vous, il m'avait dit que le cannabis, il était contre. Je l'ai convaincu sur le cannabis mais ne lui raconte jamais les petites fêtes que je me fais, il aurait trop peur.

Les petites fêtes avec un peu ou beaucoup d'abus, je n'en parle avec mon addictologue que si j'ai besoin d'un conseil (il m'a donné les bons conseils suite à une mauvaise descente de stimulants).

Mais, pareil que ProbChildEater, pourquoi irais-je parler de pratiques qui ne me posent aucun souci d'ordre médical ? À part éventuellement pour apprendre à une personne du corps médical quelque chose qu'elle ne sait pas.

Bonne fin de semaine.

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Apoka femme
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Hello,

Pour ma part et pour en avoir parlé avec d'autres consommateurs : la tolérance. Il y a trop de medecins psychorigides qui nous renvoient dans la rue chercher des substances car ils ne comprennent pas la nécessité de la transition au cas par cas, c'est cure de désintox, tu ressors et hop c'est magique c'est fini maintenant faut plus y retoucher.
Dans mon cas le discours a été "il faut arrêter... on va faire un sevrage" qui était trop brusque et donc contre-productif.
Il faut comprendre que certains patients comme moi ne sont pas dans la conso récréative mais régulière pour une dépression sévère résistante donc arrêter n'est pas forcément le but mais passer sur une substance qui au contraire évite d'aller dans la rue au moins sur 2 ans le temps de tester d'autres molécules moins addictives et adaptées à la vie quotidienne histoire de ne pas être défoncée, avoir des problèmes pour réfléchir etc.
Voilà donc pour ma part le facteur patience et tolérance, ne pas chercher desuite à faire culpabiliser et arrêter mais traiter d'abord le problème de fond et attendre que le relais soit passé avec le bon médicament quitte à ce que cela prenne 2 ou 3 ans parce que psychologiquement c'est la pression du timing et la culpabilité qui fout tout en l'air.

Dernière modification par Apoka (17 février 2024 à  01:29)

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Chemsbear homme
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Bonjour,
Personnellement je n’en parle pas à mon généraliste et n’en parlerai pas.
Déjà pour la Prep il ne sait ce que c’est !
Alors lui parler des drogues (RC) je ne pense pas qu’il est les mots ou formations pour m’écouter ou même m’aider.
Si je devais en parler un jour je me rapprocherai d’un addictologue … de plus cela évitera un regard réprobateur de mon médecin…
Aujourd’hui nos médecins font de la médecine petit bobo … et il faut que la consultation dure le moins longtemps possible, donc nous n’aurions pas le temps d’échanger sur la conso.

Bien à vous !

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AmyW non binaire
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Je pars du principe que c’est quasiment indispensable de ne rien avoir à cacher à son médecin. Mais c’est sûr que c’est pas toujours possible. Certains sont sûrement plein de préjugés. Et en cas de maladie ils ne vont pas chercher plus loin que : « c’est à cause de la drogue c’est sûr ». Avec le recul je me rends compte que j’en ai connu des sacrément nuls, même sans parler de drogue… Mais je sais qu’aujourd’hui j’ai énormément de chance d’avoir un médecin traitant qui ne juge pas, me fait pas la morale, essaye de comprendre, et s’occupe bien de ma santé.
Et pourtant il y connaît clairement rien (enfin pas grand-chose) sur la toxicomanie. Une fois il m’a même demandé, pour une de ses patientes qui lui avait dit que son fils se droguait à la méthadone, si d’après moi c’était possible de trouver de la méthadone vendu sous le manteau dans la rue…

Il est vraiment cool, par rapport à tous ceux que j’ai connus avant. Quand je vais le voir tous les mois pour ma méthadone j’ai l’impression que ça le ferait vraiment chier de juste me faire l’ordonnance et basta, donc systématiquement tension, stéthoscope,  question sur l’appétit, le sommeil, et discussions diverses (parfois aucun rapport direct avec la santé).

Bientôt une étape majeure de ma vie médicale \o/, la petite caméra dans le trou de balle, j’ai hâte… C’est un autre médecin évidemment, j’espère vraiment pas tomber sur un connard mais il n’y a pas de raison, surtout que c’est mon généraliste qui me l’a conseillé. Autant je ne vais pas de moi même lui dire que je suis toxico mais s’il me pose la question je vais pas le cacher. Je vois vraiment pas l’intérêt. À mon humble avis, si tu es médecin et que tu juges que soigner un toxico ce serait en quelque sorte du gâchis, ou que c’est une pathologie « prioritaire » qu’il faudrait absolument soigner avant de pouvoir s’occuper convenablement des autres, faut prendre ta retraite… Même si bien-entendu c’est quasiment jamais bénéfique de consommer des stupéfiants, et que ça peut en quelque sorte « fausser » d’autres diagnostiques. C’est quand même pas une raison, (àmha je le reprécise).

Dernière modification par AmyW (20 février 2024 à  21:40)


Ce que tu n’aimes pas chez les autres c’est ta propre part d’ombre.

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AmyW non binaire
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alb.vic a écrit

Bonjour à tout le monde
sauf le tabac car nous travaillons sur les psychoactifs.
[…]
Donc c’est à vous : pourquoi parlez-vous (ou pas) à votre médecin traitant de vos consommations ?

Le tabac est bien un psychoactif non ? Mais je peux comprendre l’exclusion.

Pour répondre précisément à la question, car je pense que c’est assez représentatif du manque de formation de certains généralistes sur ces problématiques, bienvenue sur mavie.3615.com ! Allons-y

Aujourd’hui mon médecin traitant me fait mon renouvellement d’ordonnance mais comme tout le monde j’ai dû d’abord me rendre en CSAPA. Mon médecin ne savait donc pas que je consommais (à l’époque de l’héro et de la méthadone en alternance, et tabac/shit/beu/alcool, plus quelques extras les jours de fêtes ^^). Il savait pour la clope et l’alcool. Je ne sais plus à quelle occasion je le visitais, un truc assez bénin, un « pied d’athlète » peut-être bien… mais il a noté que ce serait bien que je fasse des analyses de routine pour voir si tout allait bien vu mon âge. Ce que j’ai fait volontiers. Cela a permis de mettre en évidence une hyperthyroïdie, asymptomatique donc, mais c’est le genre de truc qu’il faut traiter et éviter de laisser empirer.
Donc en tout premier lieu il s’agit d’essayer de savoir ce qui, hors prédisposition génétique, pourrait en être la cause. C’est donc là que je lui ai dit que je prenais un traitement à la méthadone (40mg ou 60mg je sais plus). Et bien, et c’est ça que j’ai trouvé très surprenant, il a dit qu’il fallait voir si ça ne pouvait pas être ce traitement qui provoquait cette baisse d’hormone thyroïdienne. Il m’a dit qu’il n’en savait strictement rien et a regardé dans un bouquin (un Vidal je pense, enfin un truc du genre), pour voir ce qu’il en était. Moi non plus je n’en savais rien, je pense que ça m’aurait marqué quand j’ai lu la notice, mais vu ma mémoire très aléatoire je n’en savais pas plus. Ce n’est bien sûr pas le cas et il s’est presque excusé d’avoir dû vérifier. Tout en laissant entendre que ça lui aurait été plutôt soulagé que ce soit ça. Absolument pas par préjugé négatif mais parce que dans ce cas ce n’est pas une cause qui reste à déterminer, et potentiellement plus grave.

Bref, ce que je voulais dire c’est que je trouve en effet assez surprenant ce manque de formation sur un médicament comme la méthadone. J’ai pu me rendre compte par la suite que bien qu’ayant déjà quelques personnes à qui il en prescrivait (donc envoyé vers lui par un CSAPA), il connaissait  vraiment pas grande chose. Il le reconnait lui-même.
Bon, après c’est sûr qu’on ne peut pas connaître les effets de tous les médoc’ par cœur, et ça se trouve il ouvre aussi le bouquin pour tout les autres ! ^^ Mais franchement, pour le connaître depuis plusieurs années maintenant, je ne crois pas.


Ce que tu n’aimes pas chez les autres c’est ta propre part d’ombre.

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Mara75 femme
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Quand j'ai vu que la kétamine était en France distribuée au compte goutte pour la dépression résistante en hospitalier, j'ai immédiatement pensé à passer du côté "illégal" (pas les moyens d'aller à l'étranger). J'en ai parlé à ma psychiatre qui était dans tous ses états en dépit du fait que ce soit quelqu'un d'hyper empathique et qu'en plus elle soit addictologue (et quand je le lui ai dit je l'ignorais. Surprise !). Elle a joué sur la peur (super argument !)

Ce que je voulais, c'est qu'elle supervise un peu mes prises, je voulais être "monitorée" en quelque sorte mais c'est illégal. Ce que font les médecins américains, les français ne le font pas car la kétamine n'a pas d'AMM hors hospi CHU.

Alors je lui ai dit "puisque vous êtes addictologue, considérez maintenant que je suis toxicomane à la kétamine et on travaille ensemble à la sécurité et au contrôle des consos."
NIET !
elle veut bien continuer à me soigner sur mon traitement officiel (IMAO+Benzos) mais on ne parle pas de "ça".

Ma généraliste qui est aussi mon médecin traitant je ne LUI EN PARLERAI JAMAIS. Trop peur de la perdre : c'est hyper galère de trouver un médecin traitant. Et sans médecin traitant on est dans la merde pour TOUT : arrêts maladie, médocs un peu "sensibles", c'est à dire tout en France même le doliprane, j'exagère à peine...

Je suis également allée voir un addictologue via un caarud qui m'a dit "ne rien connaître à la kétamine" LOL gros LOL.

Résultat des courses : comme dans tous les témoignages ci dessus, je me retrouve "à la rue". Parcourant les forums de tous pays, compilant les infos, recoupant les papiers scientifiques et copiant collant ma première cure hospitalière.
Je dois heureusement refaire une cure prochainement (du bol, j'ai convaincu le psy qui m'ouvre les portes des deux CHU du coin), mais après ? La kétamine pour la dépression c'est du long terme, c'est à minima une prise toutes les 5 semaines, chez moi...
Ils préfèrent vous laisser vous mettre en danger plutôt que de faire face à un scandale sanitaire : pas de place en psychiatrie = 40 000 suicides par an.

Alors bravo pour votre thèse, mais le Conseil de l'ordre va pas vous donner de mention...Les médecins sont une caste, ils font "corps". Ils ont trop à perdre pour risquer quoi que ce soit avec qui que ce soit. Il y a une "Doxa" médicale, ils la suivent.
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Mara, point sensible : les médecins oublient la sérendipité (cas de la K.)

Chercheuse intrapsychique - écrivain. Sujet actuel : Dépression et kétamine. AD, benzos, tabac, alcool sont des drogues légales. Toutes ne sont pas intelligentes mais toutes ont leur personnalité.

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Mro-fret homme
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Bonjour, votre étude est superbe je serais intéressé de pouvoir la lire une fois terminé ?

Pour ma pars j’ai eu une mauvaise expérience sur ce sujet… pour faire court il m’est arrivé de parler des travers avec mon médecin généraliste. Ce dernier a eu une réaction ainsi que des propos pas très professionnels… enfin bref
Il y a maintenant deux ans j’ai eu un grave accident au travail ( maçonnerie ) a peu près 25/30 plaques de placo BA13 ( pour ce qui connaissent) me sont tombés sur là jambes gauche, j’ai eu le fémur et le tibia fracturé à plusieurs endroits ainsi que plusieurs ligaments et tendons arraché, désolé je raconte ma vie mais tout ça pour dire que suite à mes aveux passés j’ai eu une prescription d’antidouleurs égales à une simple migraine…
Donc si c’était à refaire j’y réfléchirai à deux fois
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elonnx homme
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Salut à tous,

Comme quasi partout, j'habite dans une ville avec une pénurie de médecins, c'est la galère pour trouver une consultation.
Il y a quelques années je suis tombé sur un jeune médecin avec lequel le courant n'est pas trop passé. Très théorique, très froid... Pas trop empathique... Mais j'avais besoin d'un médecin traitant donc je l'ai gardé.
Déjà, le fait de ne pas pouvoir choisir son professionnel de santé en fonction de son ressenti (sans pour autant faire 15 docteurs), c'est compliqué.

Puis les choses ont changé, je suis en arrêt (aujourd'hui) depuis 7 mois pour des douleurs non expliquées des muscles et tendons des deux chevilles/mollets/jambes.

A la suite d'une consultation avec un médecin du sport spécialisé en trauma (qui m'avait emmené en covoit' un mois plus tôt et avec qui j'avais bien discuté) en décembre dernier les choses se sont accélérées et je me suis retrouvé à voir beaucoup de spécialistes et maintenant un rdv pour la médecine interne (pathologie complexe, inflammations chroniques etc).

Le suivi poussé se fait donc avec un médecin du sport, et le médecin traitant me faisait juste mes arrêts de travail.

En parallèle j'ai voulu prendre ce temps pour enfin aller chercher dans mes potentiels troubles psy (hypersensibilité, hpi, tdah...) évoqués par des psys ces dernières années.
Je me suis donc rendu au csapa pour également parler de mes consos, etc et d'ailleurs j'ai été bien accueilli.

Pour le bilan neuro psy, il fallait repasser par la case médecin traitant et c'est la que ça bloquait. Je ne me sentais pas d'aborder le sujet de mes consos avec lui, j'avais peur de ses réactions et puis que cela puisse aussi me pénaliser dans le suivi de mes douleurs physiques. Je ne souhaitais pas que tout se mélange et qu'on me culpabilise de certaines consos (que j'ai beaucoup réduit depuis que je suis en arrêt) au regard des inflammations chroniques. Mais je voulais le mentionner aussi pour qu'il sache, au cas ou un lien aurait été fait (pas par le jugement mais par des faits scientifiques avérés)

Au final j'en ai parlé et il a été réceptif et a pu au passage récupérer le contact de la neuro psy qu'il n'avait pas, pour d'autres patients. Pour mes besoins du moment c'est parfait et j'ai posé la première pierre, il ne sera pas surpris si j'en reparle.

Tout ça pour dire:

Le médecin du sport a passé 1h30 avec moi en covoit et forcément s'est installée une proximité, on se tutoie et il est hyper impliqué.
Le médecin traitant a depuis beaucoup plus d'empathie pour moi (au vu de ma condition physique?) qu'il n'en montrait au début.
Son comportement a changé et je me retrouve à l'aise avec lui.

Lorsque l'on touche la corde sensible... Mais pour moi c'est facilité par mes douleurs physiques je pense. Y'a un côté "oh le pauvre il galère"
Je vois que lorsqu'ils n'ont pas de résultats probants, il y a deux catégories de médecins, ceux qui ne savent pas et ne veulent absolument pas prendre de risque (et conseillent un confrère) et ceux qui sont vraiment passionnés et sont prêts à essayer des process un peu plus expérimentaux.

Mais sur le plan psychologique je me rends compte du retard qu'il y a. Je repense aux différents messages de Mara75 que j'ai pu lire...
- Trouver un professionnel qui ose essayer de nouvelles choses car soigner est sa priorité et qui ne met pas le patient dans une routine de soins sans prendre en compte si cela lui convient. Déjà compliqué.
- Il faut du temps avant de voir quels traitements ne fonctionnent pas et/ou ceux qui fonctionnent. Quand c'est physique on le voit mais psychologique c'est la confiance qu'aura le professionnel envers son patient et c'est souvent là que ça coince... Surtout s'il est bloqué dans ses propres théories médicales. L'ouverture d'esprit ce n'est pas chez tout le monde..

Dernière modification par elonnx (23 février 2024 à  01:02)

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Compliqué de trouver un pro qui ose essayer de nouvelles choses. PTX.

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julietteNNN femme
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C'est hyper compliqué... Mais dans tous les domaines en fait.
Un médecin bon / mauvais, c'est la roulette russe !

Mon amie d'enfance est médecin à l'hôpital et prend de la MDMA depuis 1 an (en festival, soirée) : si tu lui en parles à elle, niquel, évidemment elle sera réceptive et ouverte d'esprit.

Ses meilleures potes sont médecin du sport (de grands sportifs dans le basket et le hand), ou encore une chercheuse sur la médication du VIH... Elles prennent de la MD ensemble
C'est elles qui m'ont initié lors d'un weekend entre filles.

Par contre, je pense que si tu dis MDMA à mon vieux médecin G de village, 70 ans, il va demander de quoi tu parles ! ?

Tout dépend donc de l'être humain sur lequel tu tombes, comme dans tous les domaines. Y'a des cons et des moins cons ?

Dernière modification par julietteNNN (25 février 2024 à  13:40)

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Frontkickkk homme
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julietteNNN a écrit

C'est hyper compliqué... Mais dans tous les domaines en fait.
Un médecin bon / mauvais, c'est la roulette russe !

Mon amie d'enfance est médecin à l'hôpital et prend de la MDMA depuis 1 an (en festival, soirée) : si tu lui en parles à elle, niquel, évidemment elle sera réceptive et ouverte d'esprit.

Ses meilleures potes sont médecin du sport (de grands sportifs dans le basket et le hand), ou encore une chercheuse sur la médication du VIH... Elles prennent de la MD ensemble
C'est elles qui m'ont initié lors d'un weekend entre filles.

Par contre, je pense que si tu dis MDMA à mon vieux médecin G de village, 70 ans, il va demander de quoi tu parles ! ?

Tout dépend donc de l'être humain sur lequel tu tombes, comme dans tous les domaines. Y'a des cons et des moins cons ?

Ouais pas tout à fait d'accord avec ce point de vue... c'est pas une histoire de con ou pas con, c'est une histoire de formation ou plutot de non formation, entrainant stigmatisation, méconnaissance, refus de soin, et autres. Ce sont des choses qui ne dependent pas des individus mais qui sont des constructions sociales déjà, et qui ne sont pas déconstruites et accompagnées lors des formations de médecine. Alors que ca le devrait.
Et peut être que l'exemple que tu parles marchera lorsque tu parleras d'une consommation de MDMA, mais qu'adviendra t-il lorsqu'un usager lui evoquera des consos avec des representations bien plus stigmatisées  ?
Autant y a des medecins qui sont conservateurs par morale, militantisme ou autre. Et que la ca va au dela des questions de formation (un peu comme sur la question de l'IVG, si je peux faire un "rapprochement")
Autant y a pleins de doc qui reproduisent des comportements et des paroles qui sont juste ce que pensent la société des usagers de drogues, et la ou c'est problématique c'est qu'on devrait être épargné par ces gens là qui sont dans "le prendre soin", et ne pas être assez formé sur des questions de produits, et d'addicto en école de médecine crée aussi cela.
Combien de fois ca m'est arrivé d'entendre le fameux "je ne fais pas de TSO car je ne connais pas" sans pour autant que la personne paraisse être un mauvais bougre.

FrontKicKKK

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Stelli femme
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julietteNNN a écrit

C’est bien plus complexe que ça, comme ça a été expliqué dans le commentaire précédent le mien. Certes il existe des médecins plus ouverts que d’autres. Mais comment le savoir avant de lui en parler? Car si ce n’est pas le cas, les dommages pour la personne peuvent être énormes : refus de soin, déni de douleur, sevrage imposé et j’en passe.

Ce qui peut passer pour du cannabis et de la MD passera-t-il si l’on parle de consommations particulièrement stigmatisées comme celle d’héroïne ou de crack? C’est malheureusement peu souvent le cas, et nombre d’entre nous en ont fait les frais, et en ont payé cher le prix…

Tant que les préjugés colportés depuis des décennies seront entretenus, par les médias (qui racolent de l’audience), par les politiques (qui racolent des votes grâce à la peur et la manipulation des médias), et jusque sur les bancs des facs de médecine ou du paramédical (demande donc à ton amie d’enfance ses cours d’addicto, on se fera un plaisir de les commenter ici et de les déconstruire!), il restera des situations inacceptables, comme relaté dans les commentaires à ce sujet, ou sur d’autres sections du forum.

Même en étant inscrit dans une demarche de soin, on n’est pas à l’abri (j’en ai moi-même témoigné il y a plus de 10ans, dans un post où je racontais comment on avait, et mal pris en charge ma douleur, simplement car j’étais sous Subutex (traitement de substitution aux opiacés), lors d’une hospitalisation où j’avais du subir une chirurgie (qui s’est révélée inutile, avec fausses déclarations pour la justifier dans mon dossier médical, allant à l’encontre de ce que la chirurgienne elle-même m’avait expliqué, mais c’est un autre sujet, quoique?)

Je ne dis pas qu’il n’existe pas des médecins qui ont fait l’effort de déconstruire ces croyances bien ancrées, j’affirme qu’ils sont une minorité et que nous ne pouvons justement, et ne VOULONS PAS, jouer à la roulette russe avec notre santé.

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Ayden93 homme
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J’ai personnellement aucun problèmes à parler aux médecins de mes addictions.
Ce qui me gêne souvent c’est juste ce regard, la sensation d’être pris pour une personne avec un « handicap ». L’impression qu’ils essayent de ne pas m’offenser, mais l’incompréhension et le jugement se lis malgres tout dans le regard…
Et quand même j’ai parfois l’impression que la plupart son incompétent niveau addictologie.
J’ai souvent des phrases tels que « malheureusement je vois pas trop ce que je peux faire pour vous, c’est embarrassant j’en suis désolé », comme ci mon cas touchait les limites de la médecine. Je demande rarement grand chose, juste d’être orienté parfois, dans un Csapa ou vers un bon addictologue.

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Unposcaille femme
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Pour le moment je n'en ai pas parlé à mes médecins traitants mais je vais probablement devoir pour l'aah. J'ai tenté une fois en abordant une conso "unique" de kétamine pendant une consultation parce que c'était approprié et la froideur qui a suivi m'a découragé, je n'ai pas réussi à en parler à mon psychiatre que j'adorais avant mon overdose. À l'hopital et même en psychiatrie la froideur que j'ai reçu ont fait que j'ai attendu d'être en démarche pour avoir une démarche de substitution en cours parce que c'est le seul moment où ça a été acceptable, et encore. Du coup maintenant je ne parle que de l'héroine pour laquelle je suis en cours de prise en charge mais pas du festif à cause de maltraitance médicale d'autres personnels.

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Kalei homme
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Salut à tous .
Petit complément .
J’en parle quand même quand c’est impotant . Par exemple la je suis malade depuis trois semaines et j’ai dut aller sur « conseil » du médecin immédiatement aux urgences hier faire des examens etc.
Donc la comme c’était vraiment important j’ai parler de tout . Mes consos quotidiennes ces temps ci , les débuts avec l’injection etc etc .
Pas envie qu’ils ratent un truc parce que je mens ou quoi. A un moment tu va pas crever ou détruire ta santé juste parce que tu veux pas leur dire .
Et d’ailleurs j’ai été agréablement surpris .
Personne n’a pris ça « bien «  mais personne n’a pris ça mal non plus . C’était pro . Ok vous faites ça d’accord . Et sinon rapport à d’autres trucs pour enchaîner etc .
Donc ça été enregistrée comme info en tant qu’un élément parmi d’autres . Aucune remarques ou regards de la part ni des infirmières ni de l’interne qui m’a suivit .
Donc j’étais plutôt satisfait de la réception de ces infos par les professionnels qui m’on suivit hier.
Et même avant quand j’ai eut mon généraliste au tel a propos des résultats d’une prise de sang, quand je lui ai dit la je consomme tout les jours etc il m’a juste répondu ok ok mais là faut que tu ailles d’urgence à l’hosto et voilà . Aucunes réaction .
Donc je suis satisfait de comment tout ça c’est passé.

Manuel göttsching / e2-e4 (1981)
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Calice34
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alb.vic a écrit

Bonjour à tout le monde

Nous sommes deux internes en médecine générale à l'université Paris Est-Créteil et nous sommes en train de travailler à une thèse concernant la communication des consommations de la part des usagers à leurs propre médecin traitant. C'est-à-dire, nous cherchons les facteurs qui aident ou empêchent la communication avec le médecin traitant, dans le but de comprendre comment nous pourrions changer les pratiques des médecins généralistes pour avoir une meilleure communication sur le sujet des consommations, tout produit inclus (sauf le tabac car nous travaillons sur les psychoactifs).
Jusqu'à là nous avons fait des entretiens pour la première partie de notre étude.
Nous vous écrivons avec l’accord des modérateurs pour avoir votre avis sur le sujet et intégrer vos réponses dans le questionnaire que nous allons distribuer lors de la deuxième partie de notre étude. Toute réponse est bienvenue bien évidemment !
Donc c’est à vous : pourquoi parlez-vous (ou pas) à votre médecin traitant de vos consommations ?

J'en ai parlé au médecin qui me suivait, et ce, depuis le début où mes consommations ont commencé. J'imagine que je cherchais quelqu'un à qui me confier.

Je précise qu'il s'agit principalement de:
- consommations abusives (doses importantes) fréquentes et régulières de benzodiazépines et/ou d'opiacés faibles et forts
- consommations occasionnelles/ponctuelles/rares d'autres produits stupéfiants

Pour obtenir ces doses importantes de médicaments, j'ai fait du nomadisme médical en multipliant les ordonnances. Parmi ce nomadisme médical, il y avait un médecin que je consultais malgré tout régulièrement, et avec qui j'étais dans l'ensemble à peu près sincère et à qui je disais un peu tout, au sujet des surconsommations de médicaments, du nomadisme médical, des IMV à répétitions, de mes addictions, etc.

Cette situation a évolué et duré environ 1 an.

Finalement, la dernière fois que j'ai vu ce médecin, soit environ après 1 an de suivi, il m'a dit qu'il souhaitait ne plus me suivre, et que c'était son droit (ce que je respecte bien sûr). Il m'avait déjà prévenu auparavant qu'il pourrait décider de ne plus me suivre si je continuais dans cette voie. Mais comme je suis obstinée et bête (et que je voulais toujours quelqu'un à qui me confier), au fil des consultations, j'ai préféré continuer d'essayer de rester sincère grosso modo dans l'ensemble (plutôt que de m'inventer une vie) et finalement, voilà où cela m'a mené (en même temps, naïve et stupide comme je suis... smile).

Quand bien même je respecte son choix de ne plus me suivre, j'ai quand même été bien affligée et abattue car c'est un médecin que j'appréciais beaucoup et auquel je m'étais attachée (ben ouais, et ça fait mal).
Lorsqu'il m'a annoncé sa décision, j'ai essayé de ne laisser rien paraître, sans montrer mes sentiments, et en restant en apparence neutre.

En conclusion, pour moi, parler de mes addictions et (sur)consommations de médicaments et/ou drogues, ainsi que de mon nomadisme médical et de toutes les "fautes" et "erreurs" que j'ai pu faire à côté, en parallèle (IMV, nombreuses prescriptions, etc.) a été une de mes plus grandes erreurs. Médicalement, c'est mon plus grand regret. J'espère que je ne ferai pas deux fois la même erreur.

Le prochain médecin qui me suivra (s'il y en aura un) ne saura rien de tout ça.

Bien fait pour moi, ça m'apprendra à être naïve, à trop faire confiance et à raconter un peu trop ma vie... smile

Allez, je vous laisse, je vais prendre mon petit mélange de valium, lexomil et xanax big_smile

Dernière modification par Calice34 (29 février 2024 à  21:25)

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On devrait pouvoir se confier sur ce qu'on vit à son médecin. PTX.
 
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Calice34
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Pesteux a écrit

Bonjour

Je n'en parle pas à mon médecin, parce que j'ai peur d'être trop vite catalogué comme "drogué" donc "à haut risque d'addiction". Ca pourrait me causer du tort lorsque j'ai besoin d'accéder aux anxiolytiques ou aux antidouleurs opiacés. Par ailleurs, tous les médecins à qui j'en ai parlé par le passé ont répondu par un discours dramatisant et diabolisateur plutôt désagréable : je me suis senti jugé, et ça a créé un malaise dans ma relation avec ces soignants.

Amicalement.

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Un médecin, sachant qu'un de ses patients est concerné par des problèmes d'addiction ou de surconsommation de médicaments, serait (je pense) réticent à prescrire des BZD ou des opiacés. Raison de plus (pour moi, en tout cas), de ne pas en parler.

Et également, je me suis déjà sentie jugée. Une fois, en allant dans une permanence médicale (je ne pouvais pas voir mon médecin habituel dans l'immédiat, donc j'avais décidé d'aller dans une permanence médicale), le médecin qui m'avait reçu, connaissant un peu ma situation (abus médicamenteux, conso de stup, et j'en passe) m'a littéralement dit, je cite, "vous n'avez rien à faire ici", sur un ton un peu irritable, remonté. Je comprends la cohérence de son propos, mais le ton qu'il avait employé sentait pleinement les reproches et la remontrance.

Un peu plus, et il aurait appelé le vigile pour me sortir... (je blague bien sûr hein, ya pas de vigile ds une perm médicale, pour ceux qui auraient des doutes)

En sortant de la consultation, j'avais juste envie de pleurer smile

Dernière modification par Calice34 (29 février 2024 à  22:46)

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Kalei a écrit

Pas envie qu’ils ratent un truc parce que je mens ou quoi. A un moment tu va pas crever ou détruire ta santé juste parce que tu veux pas leur dire .
Et d’ailleurs j’ai été agréablement surpris .
Personne n’a pris ça « bien «  mais personne n’a pris ça mal non plus

Ça devrait toujours se passer comme ça…

Et au final ça va ?


Ce que tu n’aimes pas chez les autres c’est ta propre part d’ombre.

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Pesteux homme
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Calice34 a écrit

Parmi ce nomadisme médical, il y avait un médecin que je consultais malgré tout régulièrement, et avec qui j'étais dans l'ensemble à peu près sincère et à qui je disais un peu tout, au sujet des surconsommations de médicaments, du nomadisme médical, des IMV à répétitions, de mes addictions, etc.
(...)
Finalement, la dernière fois que j'ai vu ce médecin, soit environ après 1 an de suivi, il m'a dit qu'il souhaitait ne plus me suivre, et que c'était son droit (ce que je respecte bien sûr). Il m'avait déjà prévenu auparavant qu'il pourrait décider de ne plus me suivre si je continuais dans cette voie. Mais comme je suis obstinée et bête (et que je voulais toujours quelqu'un à qui me confier), au fil des consultations, j'ai préféré continuer d'essayer de rester sincère grosso modo dans l'ensemble (plutôt que de m'inventer une vie) et finalement, voilà où cela m'a mené (en même temps, naïve et stupide comme je suis... smile).
(...)
Quand bien même je respecte son choix de ne plus me suivre, j'ai quand même été bien affligée et abattue car c'est un médecin que j'appréciais beaucoup et auquel je m'étais attachée (ben ouais, et ça fait mal).
Lorsqu'il m'a annoncé sa décision, j'ai essayé de ne laisser rien paraître, sans montrer mes sentiments, et en restant en apparence neutre.

Calice34, je trouve ton message particulièrement touchant.

L'histoire d'une trahison...

Ce médecin avait réussi à nouer une alliance thérapeutique avec toi, ce qui n'était pas gagné d'avance, car quand on fait la tournée des médecins, on se méfie. Mais quand on est dans le mal, on ne cherche pas que des cachetons, souvent, on cherche aussi quelqu'un à qui en parler. Il a bénéficié de ça pour créer un lien avec toi, et du coup, il avait de l'or dans les mains pour t'aider.

Et au lieu de ça ? Et bien il prend peur parce qu'il ne se sent pas à la hauteur face à tes symptômes, et il t'abandonne. Pour moi, c'est une trahison de l'alliance thérapeutique.

Perso, je ne respecte pas du tout cette attitude.

Je trouve ça inhumain, et très peu professionnel. Ca démultiplie le risque pour le patient, d'autant plus que c'est souvent des situations où la personne est très fragile psychiquement.

Pour soigner quelqu'un qui surconsomme et qui fait des IMV, ben ouais, faut un peu de cran, faut endurer l'angoisse que ça se termine mal pour le patient.

Mais c'est son job non ? On dirait quoi si c'était le gendarme qui partait en courant devant les cambrioleurs ?



Calice34 a écrit

Bien fait pour moi, ça m'apprendra à être naïve, à trop faire confiance et à raconter un peu trop ma vie...

Triste conclusion, bien que parfaitement réaliste sad


Amicalement.

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Il aurait au moins pu t'orienter vers un CSAPA. Pas te laisser comme ça . Nineta

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Pourquoi je ne parle pas de ma consommation à mon médecin ?
Parce que j'ai peur qu'il mette tous mes maux sur le compte de ma consommation, j'en ai déjà fait l'expérience.
Mon ancien médecin a étiqueté mes énormes douleurs pendant certains jours comme étant psychosomatiques, car il savait que j'étais borderline.
En réalité, je souffre d'endométriose et j'ai souffert inutilement pendant des années à cause de ce mauvais diagnostic.

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Kalei homme
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@AmyW: salut. Alors là pour le moment après une nouvelle visite chez le médecin pour contrôler ce matin, j’ai des symptômes qui s’améliorent et un autre ou c’est toujours pareil.
Mais d’après mon médecin à l’hosto ils m’ont filer un truc puissant qui balaye large et qu’on file pas tout le temps . Donc ça devrait bien m’aider . A voir dans la semaine comment ça évolue.
Merci de demander . Bonne journée

Manuel göttsching / e2-e4 (1981)
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bonjour, je sais pas si c'est toujours bon de tout dire à son doc, j'ai 41 ans et depuis mes 18 ans j'ai un faible pour la coke et ca il le sait, mais depuis que je lui est dit que j'était passer à l'IV il ma comme laisser tomber maintenant il fait juste le minimum quand j'y vais pour mon renouvellement d'ordonnance

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