Décrochage imagé

Catégorie : Expérimental
16 avril 2026 à 13:14

[ Je réédite un extrait de truc publié dans un lointain billet... J'étais en décrochage métha quand j'ai écris ça ; maintenant que je suis repassé sous T.S.O Bupré et que j'ai définitivement stoppé le valium (bientôt le 3ème mois, malgré la pression je tiens) - je perçois ce texte sous un jour nouveau... ]

[...]

Rêve fiévreux. Tout est inversé. C'est le fruit qui est dans le ver.
Réveil préconscient, mes yeux sont déjà ouverts. Mais le sommeil me ré-entraîne dans ses virtualités. L’atmosphère du rêve suivant m’échappe. Changement radical des alentours. Nouvelle mise en abîme, entre une et deux secondes...

Je suis condamné par une cour indiscernable que je ne pourrais décrire, sans édulcorer… Nous sommes plusieurs dans ce cas. Je ne reconnais aucun visage autour de moi. Ce lieu est un mouvement qui n’est pas descriptible et je n’en ai guère envie. Ce que je sais et ressens c’est que ma sentence est un isolement de type particulier : je suis solidement maintenu dans une camisole de métal, fixée au sol. Je ne peux plus bouger ne serait-ce qu’une épaule. Mais le pire n’est pas mon corps muré dans cette implacable immobilité, le pire est cet homme qui se tient à mes côtés. Cet homme est celui qui a été désigné par "la cour" pour m’assister, me parler, veiller sur moi. Je ne saurais décrire ce que nous disons, je sais juste que je ne suis pas seul dans ce cas, nombre de personnes condamnées sont également dans cette situation, également surveillées par ce qu’on pourrait nommer "aides psy". Oui, je me souviens que ce genre de supplice est limité dans le temps, mais cette condamnation étant reconnue comme particulièrement éprouvante, des instances juridiques sont désignées pour nous aider, nous parler, éviter que l’on craque. C’est un effroi sans nom. J’hurle de douleur j’en suis sûr, j’entends un type à droite crier : "ça y est… il s’écroule" mais je sais que l’intensité de ma peine augmente dès que cet homme désigné pour m’aider a fini ses heures, doit rentrer chez lui. Quitte son poste. Retrouve son foyer. Son autre vie. Il me dit : "Allez… tenez-bon, courage, à demain". Il s’en va. Il fait noir partout. Je souffre seul parmi ceux qui souffrent seuls. Et la nuit sera longue.

Temps mort.


Mars 2019

Le supplice c'était le cold-turkey, le veilleur c'était ma voix intérieure. Le prisonnier... une tête brûlée, et un choix dangereux. Et la cour... la culpabilité.

Ne jamais stopper un T.S.O brutalement.

drapeau-blanc

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Commentaires
Salut Nils1984 salut,

Ouch, stopper un TSO brutalement, ça doit être un enfer. (De ce que j'ai pu entendre d'autres potes)

J'aime beaucoup ton texte.

Si je peux te le demander : comment est-ce que tu le perçois maintenant ?
Seulement si tu as envie de développer, c'est juste que j'aimerais mieux comprendre ta pensée.

Prends soin de toi.


Salut Jessie

Merci pr ton com :) Je me suis aperçu que mes terreurs n'ont pas bougées d'un iota durant ce que j'avais cru être une renaissance après le décrochage Métha où j'ai souffert comme jamais. La crainte de la paralysie totale... c'est ce que ce truc signifie, la privation d'espace et du mouvement, et contempler la scène en totale impuissance. J'avais cru apprendre quelque chose d'important quand je me suis mangé de plein fouet la douleur centralisée du sevrage hardcore, en réalité ça n'a fait que décupler la peur du vide et de l'isolement. Et pourtant faire le vide est blindé de vertu, si l'on sait s'y prendre... le seul truc positif dans ce merdier c'est que je suis appuyé sur l'écrit pour tenter de me comprendre big_smile Qui se sait profond s'efforce d'être clair - et je ne suis pas sûr de l'être..?

J'ai fais le tri dans tout le dégueulis fractal que j'ai laissé derrière moi (les billets qui ont survécus à ma foi vacillante sont rares mais restent là. Le billet nommé "le Poison" est j'pense le meilleur truc que j'ai créé sous substances) J'ai fini par comprendre in fine que le meilleur moyen de faire naitre le relief ce sont les mots et les phrases les plus simples et réduites possibles. Ce texte présent en était le meilleur exemple big_smile

Je me met au vert pour un moment

Big up à la commu

merci Jessie merci-1 et @ bientôt


Coucou Nils1984,

La paralysie totale comme crainte, ouais, ça je comprends.
Très très bien même.
(L'une de mes rares angoisses absolue, du genre à me donner des sueurs froides)

Du coup, je suis allée lire ton billet "Le poison".
Conclusion : ben tu as une sacrée plume et tu tapes directement dans l'inconscient.
Tu as déjà envisagé d'écrire des textes pour des musiciens ou de mettre toi même tes textes en musique ?
C'est juste une idée comme ça, mais en te lisant je me dis que ça passerait bien.

Mon message arrive un peu tard donc tu le trouveras sûrement en rentrant de ta mise au vert.
Profites en bien et prends soin de toi.

À bientôt.

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