Edito : Nous sommes des Personnes Utilisatrices de Drogues (PUD) / Les Blogs de PsychoACTIF

Edito : Nous sommes des Personnes Utilisatrices de Drogues (PUD) 



Voici l'édito du Fanzine N°5 de Psychoactif.

Psychoactif mène un combat contre la stigmatisation de l'utilisation des drogues. Le langage est un outil important pour transmettre des messages et le choix des termes compte.

Jusqu'à là, nous avions utilisé l'acronyme « UD » pour parler des usagers et usagères de drogues. Mais nous nous sommes rendu.e.s compte que ce mot posait quelques problèmes.

En premier lieu, parler d'« usager ou usagère de drogue » revient à réduire la complexité d'une personne à ses usages et pratiques concernant les drogues !

Nous sommes bien plus que de simples consommateurs et consommatrices, nous sommes des personnes. Des personnes qui ont une vie, un travail, une famille, des relations, des pratiques, des compétences qui vont bien au-delà de la simple consommation.

Nous revendiquons le fait de faire usage de drogues avec des trajectoires de vie et des parcours différents à chacun.e, des stratégies de (non) consommation propres à chaque individu, des pratiques différentes.
Nous ne souhaitons pas être réduit.e.s à des stéréotypes comme celui du « toxicomane » du passé.

Nous pensons que pour mener une réflexion efficace sur l'utilisation des drogues, il est primordial que chaque individu qui consomme soit considéré dans son entièreté et complexité de personne. Notre critique envers une addictologie néphaliste, stigmatisante et moralisatrice passe avant tout par la reconnaissance des utilisateurs et utilisatrices de drogues en tant que personnes.

Avoir recours à ce nouveau terme, PUD, a aussi un autre avantage.
Il permet d'utiliser un mot épicène qui englobe les femmes, les hommes, et toutes celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans des constructions de genre binaires. Parler d'«usagers» de drogues, invisibilise - à travers une grammaire qui porte les stigmates d'une société non égalitaire - les consommatrices femmes.

C'est pour cela que dans ce fanzine et autres documents que nous écrirons, nous avons adopté le terme Personne Utilisatrice de Drogues (PUD). Et Psychoactif appelle les professionnel.le.s du milieu de l'addicto, les scientifiques, et les pouvoirs publics à utiliser désormais cette nouvelle nomenclature.

Cependant,
Pour l'équipe de Psychoactif


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Catégorie : Actualités - 11 mai 2022 à  03:38

Reputation de ce commentaire
 
Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (meumeuh)
 
C'est tellement juste, ça tape dans le mille !
 
Tout à fait d’accord!!



Commentaires
#51 Posté par : Mister No 01 juin 2022 à  22:53
Bah moi, c'est essentiellement Barcelone, mais tout le reste est vrai et pour les slips, c'est tout simplement le cachet du caïd.
Mais il va falloir encore quelqu'un pour nettoyer nos traces de script.
On s'éloigne de l'élan initial qui tient la route.

 
#52 Posté par : g-rusalem 02 juin 2022 à  00:59

professionnel.le.s

Je suis contre le bull shit que je viens de citer. L'écriture inclusive, moi vivant, c'est mort. A voté. Je vais devoir avaler cette pilule amère dans le cadre de mon taff alors si même sur psychoactif je dois être bien pensant, je dit NON.


 
#53 Posté par : Psilosophia 02 juin 2022 à  08:25

g-rusalem a écrit

professionnel.le.s

Je suis contre le bull shit que je viens de citer. L'écriture inclusive, moi vivant, c'est mort. A voté. Je vais devoir avaler cette pilule amère dans le cadre de mon taff alors si même sur psychoactif je dois être bien pensant, je dit NON.

Amère comme tu dis, oui. Alors que la langue française regorge de possibilités autrement plus lisibles pour que toutes les personnes se sentent inclues. Après j'ai réussi à esquiver cet écueil quotidiennement dans mon taf, ça se fait très bien et on m'a jamais reproche de pas être inclusif.

T'y arriveras aussi t'inquiète.


 
#54 Posté par : Échec Scolaire 02 juin 2022 à  10:39

Psilosophia a écrit

on m'a jamais reproche de pas être inclusif.

Pour l'instant...car on ne choisit pas ce qui peut nous être reproché, qu'il y ait ou non motif à cela.

D'ailleurs, pour faire une image si mauvaise qu'on pourrait me la reprocher, j'en vois 6 millions qui n'avaient rien à se reprocher et pourtant il y a eu reproches et représailles.


 
#55 Posté par : Psilosophia 02 juin 2022 à  12:20

Échec Scolaire a écrit

Psilosophia a écrit

on m'a jamais reproche de pas être inclusif.

Pour l'instant...car on ne choisit pas ce qui peut nous être reproché, qu'il y ait ou non motif à cela.

D'ailleurs, pour faire une image si mauvaise qu'on pourrait me la reprocher, j'en vois 6 millions qui n'avaient rien à se reprocher et pourtant il y a eu reproches et représailles.

Ce point Godwin du seigneur.


 
#56 Posté par : Échec Scolaire 02 juin 2022 à  14:55

Psilosophia a écrit

Ce point Godwin du seigneur.

Merci.


 
#57 Posté par : plotchiplocth 02 juin 2022 à  19:13

Mister No a écrit

comment on nique le législateur ?

Un plaisir de voir une interrogation vers une autre problématique fondamentale, merci Mr

g-rusalem a écrit

je dit NON.

T'inquiète tu fais comme tu veux. Pour moi l'important c'est que tu te sentes incluse wink

En relisant la discussion complète, je me poses la question si ceux qui s'en foutent de cette question de terminologie ont eu l'expérience de porter les stigmates d'un usage "réprouvé par les biens pensants" (ex: dépendance, injection, ...) et d'être assigné.e à la place de "celui qu'il ne faut pas être" par le langage? Sans préjuger de rien, par curiosité....


 
#58 Posté par : Psilosophia 02 juin 2022 à  19:28

a écrit

En relisant la discussion complète, je me poses la question si ceux qui s'en foutent de cette question de terminologie ont eu l'expérience de porter les stigmates d'un usage "réprouvé par les biens pensants" (ex: dépendance, injection, ...) et d'être assigné.e à la place de "celui qu'il ne faut pas être" par le langage? Sans préjuger de rien, par curiosité....

Oui, j'ai été assigné à cette place de nombreuses fois. Je n'ai en revanche jamais considéré cela comme un stigmate, je laisse ça volontiers au Christ. salut


 
#59 Posté par : Échec Scolaire 02 juin 2022 à  21:02

plotchiplocth a écrit

et d'être assigné.e à la place de "celui qu'il ne faut pas être" par le langage?

Je ne comprends pas bien.
Ce qui éventuellement nous assigne, c'est la pensée de l'autre, une pensée construite depuis longtemps, et  autour de représentations du monde qui ne sont pas forcément les nôtres.
Sans vouloir faire de relativisme, l'autre considère que ses idées sont meilleures que les tiennes.

C'est directement contre les représentations qu'il faudrait lutter, je veux dire en matière de drogues.
Et franchement, croire qu'on y arrivera avec des points de détail compréhensibles uniquement par les utilisateurs du site et des points médians qui n'ont rien à voir en RDR, j'ai un doute.

Je rejoins plus l'idée de Mr.No, autant s'attaquer directement au législateur ou du moins envisager des modes d’actions plus réalistes, et avec un délai d'impact plus court. Je n'ai par contre aucune idée de la façon dont il faudrait s'y prendre d'une façon globale. A titre personnel je me défend en apprenant à bien connaître mon ennemi, ce qui donne des moyens efficaces de lutte.

Enfin, et c'est le plus important, il faudrait prouver définitivement que la manipulation du langage, telle que tu l’envisages, modifie les concepts liés à la drogue. Ce qui n'est pas une évidence. Il y a sûrement des thèses et des bouquins d’activistes dans le milieu étudiant, mais des études à ma connaissance il y en a peu.

Bonne soirée.


 
#60 Posté par : plotchiplocth 02 juin 2022 à  22:29

Échec Scolaire a écrit

Il y a sûrement des thèses et des bouquins d’activistes dans le milieu étudiant, mais des études à ma connaissance il y en a peu.

il y a au moins à ma connaissance le travail de Pierre Bourdieu qui étaye ce rôle du langage, notamment dans "langage et pouvoir symbolique"
la 4ème de couverture de ce bouquin: "Message destiné à être déchiffré, la parole est aussi un produit et un instrument de pouvoir : on peut agir avec des mots, ordres ou mots d’ordre. Mais la force qui agit à travers les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte-parole ou, plus justement, dans le groupe même sur lequel s’exerce leur pouvoir ? Il faut intégrer des traditions théoriques fictivement opposées pour construire une théorie du pouvoir symbolique, outil indispensable pour comprendre son terrain d’exercice privilégié, celui de la politique. Mais la politique n’est pas le seul lieu où opère la violence symbolique, cet abus de pouvoir d’autant plus pernicieux qu’il s’exerce dans et par son invisibilité : seule une forme très particulière d’analyse du discours peut le débusquer là où l’on s’attendait le moins à le trouver"


 
#61 Posté par : Échec Scolaire 02 juin 2022 à  23:01

plotchiplocth a écrit

Échec Scolaire a écrit

Il y a sûrement des thèses et des bouquins d’activistes dans le milieu étudiant, mais des études à ma connaissance il y en a peu.

il y a au moins à ma connaissance le travail de Pierre Bourdieu qui étaye ce rôle du langage, notamment dans "langage et pouvoir symbolique"
la 4ème de couverture de ce bouquin: "Message destiné à être déchiffré, la parole est aussi un produit et un instrument de pouvoir : on peut agir avec des mots, ordres ou mots d’ordre. Mais la force qui agit à travers les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte-parole ou, plus justement, dans le groupe même sur lequel s’exerce leur pouvoir ? Il faut intégrer des traditions théoriques fictivement opposées pour construire une théorie du pouvoir symbolique, outil indispensable pour comprendre son terrain d’exercice privilégié, celui de la politique. Mais la politique n’est pas le seul lieu où opère la violence symbolique, cet abus de pouvoir d’autant plus pernicieux qu’il s’exerce dans et par son invisibilité : seule une forme très particulière d’analyse du discours peut le débusquer là où l’on s’attendait le moins à le trouver"

Je m'attendais à plus précis mais ça ne m'étonne pas que tu invoques Bourdieu.
Je ne sais pas ce qu'il aurait dit des drogues.
Si tu as pu finir un seul de ses livres, mes félicitations.
Si tu penses y avoir compris quelque chose, tu es bien plus fort que moi.

Mais c'est un de nos plus grands intellectuels, alors je m'efface devant l'autorité.


 
#62 Posté par : Cabaretvert 03 juin 2022 à  00:30
Bourdieu, 6millions, point godwin et le Christ.

En tant que PUD, je me régale.

a écrit

Mais c'est un de nos plus grand intellectuels

C'est vrai qu’il ne passait pas les portes. Les huisseries prennent en grippe symboliquement mais font des ravages

.


 
#63 Posté par : plotchiplocth 03 juin 2022 à  11:05

Psilosophia a écrit

Je n'ai en revanche jamais considéré cela comme un stigmate, je laisse ça volontiers au Christ.

Oui c'est sympa pour lui, il ferait quoi sans...
Plus sérieusement, je pensais à son sens tel que mis en lumière par Erving Goffman
Le stigmate n'est pas un attribut en soi : il se définit dans le regard d'autrui comme évoqué plus haut. Il renvoie à l'écart à la norme : toute personne qui ne correspond pas à ce qu'on attend d'une personne considérée comme « normale » est susceptible d'être stigmatisée. Le stigmate s'analyse donc en termes relationnels.
La stigmatisation a pour effet de réduire l’identité de l’individu à une seule facette, celle marquée par la « déviance ».


 
#64 Posté par : Psilosophia 03 juin 2022 à  14:18
Pour avoir lu deux ou trois bouquins de Goffman, je suis pas du tout spécialiste du sujet, mais ses écrits m'avaient laissé vraiment un goût amer dans la bouche. Sa volonté d'orienter les pratiques de la sociologie vers le métaphorique, voire le symbolisme en laissant de côté l'analyse quantitative me laisse vraiment dubitatif à vrai dire.

Donc je ne conçois pas le stigmate en termes relationnels, je ne conçois pas non plus que l'individu "déviant" doive faire face sans arrêts aux stigmates qu'on lui pose sur la tronche. De manière individuelle, je pense qu'il est possible de ne pas considérer le stigmate pour qu'il perde de son effet supposé sur soi-même.

 
#65 Posté par : prescripteur 03 juin 2022 à  15:07
Bonjour, pour que les forumers puissent juger, un article sur l'application de Stigmates de Goffman à la problématique des salles de consommation à moindre risque. Personnellement je pense que la recherche qualitative, à la Goffman, est complémentaire de la recherche quantitative.
Sur le sujet,  l'obligation de "responsabilisation" faite au "drogué" ("devenir un bon drogué") , conduit bien à une exigence d'auto-stigmatisation par l'usager.
Si, Psilosophia, tu y es résistant , c'est très bien mais tous n'ont pas cette chance.
Amicalement

https://journals.openedition.org/cdst/1477

Cet article aborde la question des salles de consommation à moindre risque en tant qu’objet cristallisant un certain nombre de tensions. Ce dispositif expérimental, contribuant à une politique de réduction des risques, doit également faire la preuve de son acceptabilité sociale. La sociologie interactionniste, et plus particulièrement celle d’Erving Goffman, permet d’éclairer les paradoxes auxquels se confrontent les pouvoirs publics, mais également les usagers injecteurs eux-mêmes1. Le concept de stigmate permet de décrire et d’analyser des enjeux relatifs à un compromis fragile entre la gestion d’un groupe à risques et un nouvel arrangement entre « normaux » et stigmatisés. Plus largement, l’article pose la question du statut du sujet stigmatisé, dans le cadre d’une société faisant appel à la pédagogie de la responsabilisation tant en ce qui concerne la capacité de la personne à créer du lien social que sa volonté de soigner ou de prendre en charge ses troubles pour diminuer ses effets sur l’environnement social. Ce, dans un contexte où la décriminalisation des drogues reste encore absente de l’agenda politique français.



IV. Quel statut pour le sujet stigmatisé ?

   

L’expérimentation des SCMR réactive la question de l’approche des drogues en tant que question sociale, médicale, versus politique et répression. On peut faire un parallèle avec la recherche que nous avons menée avec Lise Demailly où des psychiatres médecins chefs de secteur dénonçaient, lors d’entretiens de recherche, le rôle des médias dans la diffusion, auprès de la population générale, de représentations sociales négatives relatives à la psychiatrie. Ils soulignaient également l’inflation de la demande sociale de psychiatrie (eu égard aux liens historiques entre psychiatrie et criminologie), dans le cadre de la prévention de la récidive, notamment en ce qui concernait l’expertise du professionnel quant à l’évaluation de la dangerosité du patient40.

Si les programmes de réduction des risques font évoluer la place de la personne consommatrice des drogues vers un statut de malade, tant les représentations des acteurs publics, des professionnels que de l’opinion publique ne sont pas monolithiques. Ce d’autant plus que l’approche des drogues reste criminalisée. Les usagers injecteurs peuvent être encore assimilés à des délinquants, en même temps qu’il existe une injonction à ce qu’ils soient acteurs de « leur prise en charge ».

L’usager injecteur des SCMR évolue donc à l’intersection de frontières fragiles entre illicite et licite. Porteur d’une identité souillée où il a fait l’expérience, par le biais d’une carrière morale, de son illégitimité, il lui revient pourtant de maintenir, d’activer le lien social là où les « normaux » rejettent la différence, et où il risque l’incrimination qui viendra attester de son statut d’étranger à l’environnement humain et social. Individu à l’identité amputée par le stigmate, il est tenu de reconnaître la légitimité de ses juges et de perdre son caractère d’étrangeté en se fondant dans le décor au risque, sinon, d’être rejeté au rang de personne déshumanisée. On voit ici combien sont difficiles les termes du pari de sortie de la carrière d’usagers de drogues sans modifications des représentations sociales.

La question du statut reconnu au sujet stigmatisé a évidemment des incidences sur sa trajectoire, et donc sur la reconnaissance de la place sociale qu’on lui octroie et qu’il peut/qu’il accepte d’occuper, mais également sur son désengagement de la carrière. Ce d’autant plus, pour reprendre Goffman, que, même si l’individu stigmatisé a tendance à partager avec ceux qui connaissent le même sort un certain nombre d’expériences communes quant à la réaction sociale, ce n’est pas pour autant qu’ils constituent un groupe unique, comme l’illustre le concept de carrière morale. Certains peuvent par exemple, en professionnalisant leur stigmate, devenir les porte-paroles de leur groupe.

À travers des programmes tels que TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) ou SINTES (Système d’identification national des toxiques et des substances), des usagers consommateurs des drogues contribuent à la recherche. De même, certains d’entre eux investissent leur expertise sur le soin et la dépendance dans des activités de pairs aidant et/ou de formation. Dans leurs trajectoires de consommation et de soin, des usagers développent des savoirs particuliers, entre autres, en se réappropriant des connaissances professionnelles relatives à leurs traitements. L’expérience peut acquérir un statut d’expertise et le récit des personnes témoignant d’une trajectoire singulière peut se diffuser dans le discours public.

   

Redonner une place et une crédibilité au discours de ces usagers, à leurs expériences, leurs connaissances et compétences contribuerait, sans nul doute, à dépasser des représentations afférentes à un sujet social, produit d’une subjectivité contemporaine, pour accéder à un sujet qui se dit ailleurs que dans une rhétorique capacitaire relevant davantage des catégories prescrites de l’action publique que d’une véritable volonté politique d’accompagner un sujet stigmatisé au-delà ce qu’il est convenu d’appeler une pédagogie de la responsabilisation. Le dispositif expérimental des SMCR, dans ce qu’il représente de la réponse à un problème public, me paraît être un bon analyseur des modalités selon lesquelles ces questions se discutent au carrefour d’une question sociale (consommation des drogues en tant qu’effets négatifs sur l’environnement), des logiques sanitaire et pénale.


 
#66 Posté par : Mammon Tobin 04 juin 2022 à  06:20

Psilosophia a écrit

Échec Scolaire a écrit


Pour l'instant...car on ne choisit pas ce qui peut nous être reproché, qu'il y ait ou non motif à cela.

D'ailleurs, pour faire une image si mauvaise qu'on pourrait me la reprocher, j'en vois 6 millions qui n'avaient rien à se reprocher et pourtant il y a eu reproches et représailles.

Ce point Godwin du seigneur.

https://c.tenor.com/VJ3m0P27Sg4AAAAC/testify-bart.gif 


Pour UD vs PUD, j'ai une ou deux questions...

Déjà, à l'oral on présente ça comment? péhudé ou pude?

"Pude" ça fait un peu moche je trouve, je sais pas si j'arriverais à le "vendre" aussi bien que "Udé", terme que beaucoup de mes connaissances IRL on fini par adopter, pas parce que je les menaçais de les dénoncer comme collabos anti-LGBT&UDs , mais tout simplement car c'est pratique comme appellation.

On l'a d'ailleurs importé de l'Anglais car c'était pratique, et qu'on n'avait pas mieux dans notre belle langue de Voltaire , donc hop on taxe les anglos discrétos super

Les autres termes franchouillards, que ce soit drogué, tox, junkie, stonard, fumeur-occasionel-avec-des-potes etc etc, ciblent des catégories d'UDs particulières...
et "UD" c'est bien ça met tout le monde dans le même sac et on est pas obligé de faire des exceptions, comme quand les gens parlent de prods et ne peuvent pas s'empêcher de parler de "drogues ET alcool/tabac"
https://i.gifer.com/5HO.gif

Mon autre question, alors attendez faut que je retrouve l'OP...

Avoir recours à ce nouveau terme, PUD, a aussi un autre avantage.
Il permet d'utiliser un mot épicène qui englobe les femmes, les hommes, et toutes celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans des constructions de genre binaires. Parler d'«usagers» de drogues, invisibilise - à travers une grammaire qui porte les stigmates d'une société non égalitaire - les consommatrices femmes.

Voilà, heu ptêtre un "moment blond" de ma part, mais j'ai toujours cru qu'UD englobait déjà les hommes et les femmes sad

Genre si une femme se qualifie d'UD, dans ma tête ça voulait dire "usagère de drogues", pas "usager" ... mvoyez?

Et pour les non-binaires, je trouvais que le terme UD était déjà inclusif car justement le "U" est neutre et on peut en faire ce que l'on veut.
Si ça se trouve c'est usager, si ça se trouve c'est usagère, tant qu'on ne le précise pas c'est comme le chat de Schrödinger peinard dans sa boite, tant qu'elle reste fermée on se fait pas griffer

(calmos calmos https://thumbs.gfycat.com/RigidEnergeticBighornsheep-max-1mb.gif on a déjà atteint le point Godwin plus tôt dans le thread, du coup je peux bien faire rentre discrétos notre catboygirl préféré des jeunesse hitlériennes? https://i.makeagif.com/media/7-13-2017/tmTpwg.gif  )

DONC!

Comme quand des gens désirent qu'on utilise "eux" pour parler d'eux, ils sont contents quand on utilise un terme qui peut désigner soit un homme, soit une femme, soit le pluriel, personne ne peut savoir!

Nan?

MT

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J'ai bien aimé, surtout le chat. Echec Scolaire.

 
#67 Posté par : trolalol 04 juin 2022 à  18:16
Miaou

 
#68 Posté par : pierre 21 juin 2022 à  22:02
Merci pour ce débat de haute volée. J'arrive après la bataille, mais je rentre de longues vacances...

J'ai beaucoup aimé les interventions de MG, prescripteur, ou mychkine, tres complémentaires.

Mammon Tobin a écrit

Déjà, à l'oral on présente ça comment? péhudé ou pude?

Et UD tu dis pas Ude... tu dis U.D.  C'est pareil avec P.U.D

Et puis je ne vais pas refaire le débat, mais UD tu oubli la personne.

Je vous signale aussi que cet édito va etre repris par un des principaux magazines des professionels de l'addiction, Le Flyer.

J'ai aussi pas mal de retour par mail, de professionnels, qui me disent que maintenant ils utiliseront ce terme PUD, et dont l'un m'a signalé d'ailleurs que maintenant ce terme est  utilisé à l'international en anglais.

Dans le milieu anglo-saxon international, ca fait belle lurette qu'il n'utilise plus DU (Drug User), mais "PWUD" (People who use drug). Avec la meme démarche que nous. Comme quoi... des fois on se pense avant-gardiste, mais on se met juste à niveau...

Le combat ne fait que commencer !

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Ce n'est que le début !! :) ~ MM

 
#69 Posté par : Morning Glory 23 juin 2022 à  23:06
/forum/uploads/images/1656/screenshot_2022-06-23-22-58-50-471_orgmozillafi1.jpg


Je comprends pas tout mais ça me semble clair. Uploadée à l'instant. No joke oO

~
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pas mal ! Jéri

 
#70 Posté par : LePrinceIdiot 25 juin 2022 à  02:18
Je dois bien avouer que je n'ai pas eu le temps de lire chaque post, ce que je ferais plus tard.
Mais là à chaud j'ai envie d'exprimer un avis que je n'ai pas vu défendu jusque là.
Personnellement je me considère comme un drogué, un toxicomane et je trouve que ces deux mots sont bien plus précis et exacts que ud ou pud qui finalement rendent confus des notions simples.
Si le mot drogué ou toxicomane sont stigmatisés ils n'en sont pour rien les pauvres. En soit ils n'ont rien d'insultant. Ce qui est problématique c'est ce que la société a associé à ces notions. Ne nous trompons pas d'ennemis. Ce ne sont pas ces mots notions les problèmes, mais le manque d'éducation de la société face à l'addiction et à l'usage de drogue.
Parce que votre UD OU PUD s'ils se répandent vont très vite devenir eux aussi pleins de préjugés ! Il faut éduquer, changer les mentalités pas les mots.
Ça devient vite une boucle sans fin inutile et hypocrite.
Après c'est un avis que j'ai depuis longtemps face à tous ces termes du type mal entendant au lieu de sourd ou bien employés à la place de salariés on arrive même à dire collaborateurs maintenant, enfin bref on s'approche presque d'une novlangue.
Mais je suis pas fermé d'esprit je pense, je serais ravi d'avoir vos retours sur ma réflexion. Merci d'avoir ouvert ce débat passionnant !

 
#71 Posté par : LePrinceIdiot 25 juin 2022 à  02:34

Mychkine a écrit

J'poste pas souvent mais j'ai envie d'apporter mon grain de sable. Ce qui ma frappé c'est que le débat porte plus sur la validité du combat que celle du terme utilisé en ce sens : plutôt rare dans un milieu militant. J'espère juste que je taperai pas trop à côté, mais c'est ma spécialité, d'ailleurs je suis nul au cricket (je fais exprès car c'est un sport d'aristo).


Ce que je vois, c'est un ex-toxicomane qui s'enorgueillit de sa marginalité rudement acquise, qui aime à faire valoir les nombreuses barricades morales érigées entre lui-même et gens de bien comme autant de reconnaissances de sa singularité, qu'il porte très heureuse. Je ne trouve pas tellement de traces de réactance, ou alors sous une forme dérivée (car consciente), dans ce discours.

Zénon, t'es juste en train de défendre ta culture underground, punk, dark ou anarchiste, en tentant d'y entrelacer la conso de drogues comme un sigmate historique propre à révolter en choeur ménagère, flicaille et start-uper. J'ai rien contre en soi, mais là les modes, publics, habitudes et circonstances de consommation sont en train de changer, ou peut-être pas, peut-être que certaines minorités se font juste plus audacieuses et expressives, j'en sais rien, je suis dans le milieu psychonyme nouveau, retardataire, néophyte, ou même arriviste, voire naïf, comme tu voudras.

Et donc, les images et représentations bougent, que tu le veuilles ou pas, en partie grâce au taf des gens de Psychoactif et de ceux qui comme eux veulent que les UD n'aient plus à avoir honte d'eux-mêmes, qu'on puisse à la fois appartenir à n'importe quelle entité au sein du grouillement humain et assumer son traitement à la métha ou sa conso d'héro

Zénon a écrit

Par contre, dès qu’on a commencé à me traiter de « technicien de surface » ou de « kitchen porter » au lieu de « dishwasher », là, je l’ai eu mauvaise. La vague impression qu’on te prend pour un con.

Mais y'a une différence de taille entre l'euphémisme dilatoire et le néologisme à visée militante...

Dans le premier cas la dénomination a pour fonction de masquer la domination sociale exercée par quelques-uns sur d'autres, en atténuant la connotation humiliante d'un terme, donc de nier la réalité pour ne pas avoir à s'y confronter, et encore moins la changer.

En l'occurrence et tu l'as compris personne ne cherche à se soumettre, à s'effacer ou à nier son identité, mais bien à détruire les opinions infondées que beaucoup entretiennent quant à la psychoactivité. Même si tu - en connaissance de cause -  et le reste de la population - par ignorance - pense qu'elles doivent coller à la peau.

Tout le monde n'a pas le cuir aussi dur que toi pour porter le mépris des autres en cocarde. Tant mieux si tu tiens à tes victoires mais n'en veux pas aux autres d'utiliser les armes dont ils disposent.

Si c'était si facile, pourquoi ne pas t'être approprié aussi sec ces expressions qui te hérissent ?

Admets donc que les objets de la fierté, qui se niche parfois dans des lieux inattendus, sont
loin d'être homogènes d'un individu à l'autre.

Pourquoi réclamer la reconnaissance de la part d’une société que l’on considère comme gangrénée, demander à nos bourreaux la permission de consommer ? 

Parce que nos bourreaux sont aussi nos parents et nos frères, nos proches, conjoints ou amoureux ?

Parce qu'on se fout de la permission, mais pas de la légitimité (au sens social, pas transcendant) ?

Parce que encore une fois la plupart d'entre nous appartenons (au moins en (bonne) partie) à la société et ne sommes pas prêts à abandonner tout ce qu'elle implique. En termes de culture, droits, espace, relations humaines, commodités, coopération...Y'a de bonnes choses à prendre, non ?

J'arrive après la bagarre, j'enfonce des portes ouvertes, bon... Au moins j'aurai écrit un peu, vaguement dérouillé ma syntaxe, repris un bain de foule. Et puis au fond, je pense que tu connais ce que je veux dire plus précisément que je ne l'ai exprimé ici, donc je vais pas tout repeindre, t'auras qu'à remplir les blancs.

Par délit de bonne foi, tu vas démocratiser donc assassiner nos bien-aimés toxiques en les transformant en vulgaires produits de consommation, légaux et trouvables chez Leclerc, rayon fromage au lait pasteurisé, juste à côté du Caprice des Dieux.

Merci de m'avoir fait sourire par ton message. Comme je suis en dépression, y'a plus de petites joies (ou plutôt c'est les grandes qui deviennent petites). 

Ah que l'air est pur sur les marches du 3e degré... fume_une_joint

Mais t'inquiète Diogène, on n'y sera pas avant longtemps, et d'ici là si ça arrive la société aura tellement changé que tu ne la reconnaîtrais pas si tu la voyais. Peut-être même qu'elle te ressemblerait et que tu en aurais honte, qui sait ? Et puis tu t'en fous, tu serais mort. Moi aussi.
Regarde ça nous fait déjà un point commun.

En plus j'adore les pastèques, alors, tu vois.

Je suis pas vraiment d'accord avec toi mais je contre argumente dans le post que j'ai déjà écrit et que je t'invite à lire mais de toute façon un Mychkine ne pourra que comprendre un Prince Idiot ! wink


 
#72 Posté par : prescripteur 25 juin 2022 à  09:19
Bonjour, j'ai vu hier sur Arte une emission sur la crise des opioides aux USA qui illustre à mon avis la justification du terme PUD.
On y rappelle le rôle de la société Purdue avec l'oxycontin (et la corruption qui lui est associée) etc. mais surtout on y présente les "solutions" apportées par les pouvoirs publics.
Et ce qui ressort est que les "solutions" ne sont ciblées que sur la consommation. Sevrage plus ou moins imposé, etc.. Les personnes ne sont vues que comme des  "tox", des UD (Usagers de Drogue) et pas comme des personnes avec leurs côté positifs et négatifs, leurs besoins matériels, psychiques et spirituels, leurs relations familiales etc..Et ça c'est les personnes "bienveillantes" car ils citent des citoyens qui disent "laissez les crever"!
Et l'echec est de notoriété publique, avec encore une augmentation des OD mortelles.

Un court moment est présenté un programme de suivi personnalisé avec un juge assez bienveillant qui prend en compte la fragilité des personnes suivies.Mais ça semble assez exceptionnel.

Et plusieurs personnes insistent sur la necessité pour traiter le problème de traiter aussi les problèmes personnesl et sociaux dans des régions en grande difficulté économique (ça se passe en Virginie Occidentale).
Il semble que les "soins" n'apportent que l'aide au sevrage et pas vraiment les TSO. C'est d'ailleurs l'origine de la crise. Après une augmentation effrénée des disponibilités de l'oxycontin, les mesures de limitation ont laissé en manque des millions de personnes qui n'ont eu d'autre choix que de se tourner vers l'héroine.

La solution est pourtant évidente, apporter aux personnes l'aide à l'usage dont elles ont besoin, TSO ou autres (heroine médicale) et travailler sur la réhabilitation de la personne. C'est ce qui est fait dans d'autres pays , notamment la France, remercions les politiques et les acteurs de terrain qui l'ont rendu possible.

Mais il faut rester vigilant. La réduction de l'usager à son statut de "toxicomane" est toujours à l'affut. Il est important de rappeler qu'il s'agit avant tout de personnes, comme chacun.es d'entre nous, usagers ou non.  Et ce n'est qu'en prenant soin des personnes et non du produit qu'on les aidera.

https://vih.org/20210322/etats-unis-la- … politique/

https://www.cdc.gov/nchs/pressroom/nchs … 211117.htm

Décès par surdose de drogue aux États-Unis dans le top 100 000 par an
Pour diffusion immédiate : 17 novembre 2021

Contact : CDC, Centre national des statistiques sur la santé, Bureau de la communication (301) 458-4800
Courriel : paoquery@cdc.gov

Les données provisoires du National Center for Health Statistics du CDC indiquent qu'il y a eu environ 100 306 décès par surdose de drogue aux États-Unis au cours de la période de 12 mois se terminant en avril 2021, soit une augmentation de 28,5 % par rapport aux 78 056 décès au cours de la même période l'année précédente.

Les nouveaux documents de données qui ont estimé les décès par surdose d'opioïdes sont passés à 75 673 au cours de la période de 12 mois se terminant en avril 2021, contre 56 064 l'année précédente. Les décès par surdose d'opioïdes synthétiques (principalement le fentanyl) et de psychostimulants tels que la méthamphétamine ont également augmenté au cours de la période de 12 mois se terminant en avril 2021. Les décès liés à la cocaïne ont également augmenté, tout comme les décès dus aux opioïdes naturels et semi-synthétiques (tels que les analgésiques sur ordonnance).

Les données provisoires présentées dans cette visualisation comprennent : les nombres provisoires rapportés et prédits (estimés) de décès dus à une surdose de drogue survenant à l'échelle nationale et dans chaque juridiction ; une carte américaine des variations en pourcentage des décès provisoires par surdose de drogue pour la période de fin de 12 mois en cours par rapport à la période de 12 mois se terminant le même mois de l'année précédente, par juridiction ; et les décomptes provisoires signalés et prévus des décès par surdose de drogues impliquant des drogues ou des classes de drogues spécifiques survenant à l'échelle nationale et dans certaines juridictions.

Les chiffres provisoires signalés et prévus représentent le nombre de décès dus à une surdose de drogue survenus au cours des périodes de 12 mois se terminant au cours du mois indiqué. Ces comptages incluent toutes les saisons de l'année et sont insensibles aux variations saisonnières. Les décès sont déclarés par la juridiction dans laquelle le décès est survenu.

Le tableau de bord Web interactif est disponible à l'adresse : https://www.cdc.gov/nchs/nvss/vsrr/drug … e-data.htm .

Amicalement

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Édifiant MG ~

 
#73 Posté par : Thenesplayer 25 juin 2022 à  13:40
Bonjour à toutes et tous.

Quand on m'appelle drogué, je trouve ça plus honnête et franc que "PUD".

Mes collègues de boulot n'avaient pas à accepter mes endormissements répétés et mes pertes de mémoire terribles ; et encore moins à se plier à une nouvelle formulation dans le but de ne pas me heurter quand ils parlaient de moi entre eux.

un autre collègue qui était alcoolique, on disait qu'il était alcoolique et non "Personne sujette à l'usage abusif et impulsif d'alcool" PSUAIA.

Et je n'y vois rien de dégradant à décrire la réalité. je trouve ça juste, que quand tu ne répond pas aux standards, tu sois jugé différent. Qu'il y a t il de mal à être différent ?

Je ne suis pas candide, je sais qu'en me droguant, je m'exclue de la société, qui plus est si je consomme un produit illégal.
La drogue c'est personnel, au même titre que le sexe ça ne regarde que moi. Alors fachez vous comme vous voulez, je m'en fout. appelez moi PUD, PRuDe, PEDALO OU PRUD'HOMME, à la fin de la journée j'ai quand même le nez qui saigne.

En quoi devrions nous forcer les PNUD à nous appeler différemment ?

A mes yeux, on ne résout rien en changeant les mots. On serra toujours vu comme des camés... Et le plus important, c'est qu'on consommera toujours !

Et oui les amis, la novlangue n'est pas un bon outil de rdr.

Cordialement, et avec toute la bienveillance que je peux apporter à ce site qui m'a aidé et qui m'aide encore. ❤️
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La novlangue des nouveaux puritains. Psilo
 
Même avis ! g-rusalem
 
Tout à fait d'accord. kaneda

 
#74 Posté par : AnonLect 25 juin 2022 à  21:23

Thenesplayer a écrit

Bonjour à toutes et tous.

Quand on m'appelle drogué, je trouve ça plus honnête et franc que "PUD".

Mes collègues de boulot n'avaient pas à accepter mes endormissements répétés et mes pertes de mémoire terribles ; et encore moins à se plier à une nouvelle formulation dans le but de ne pas me heurter quand ils parlaient de moi entre eux.

Non en effet, le propos n'est pas d'accepter tous les comportements des "PUD", à moins que j'ai mal saisi la teneur du message.

Thenesplayer a écrit

un autre collègue qui était alcoolique, on disait qu'il était alcoolique et non "Personne sujette à l'usage abusif et impulsif d'alcool" PSUAIA.

Oui, si il était bien alcoolique, autant l'appeler alcoolique en effet.

Thenesplayer a écrit

Et je n'y vois rien de dégradant à décrire la réalité. je trouve ça juste, que quand tu ne répond pas aux standards, tu sois jugé différent. Qu'il y a t il de mal à être différent ?

Je ne suis pas candide, je sais qu'en me droguant, je m'exclue de la société, qui plus est si je consomme un produit illégal.
La drogue c'est personnel, au même titre que le sexe ça ne regarde que moi. Alors fachez vous comme vous voulez, je m'en fout. appelez moi PUD, PRuDe, PEDALO OU PRUD'HOMME, à la fin de la journée j'ai quand même le nez qui saigne.

"Quand tu ne répond pas aux standard"... thinking . Tout dépend du standard, par qui il est fixé, et pourquoi.

Donc ce serait normal, mettons, de discriminer toutes les personnes de moins de 1m75 par exemple ? Pour la seule raisons qu'elles ne "répondraient pas aux standards" ? thinking

Après peut être que TOI tu t'exclus de la société, mais ce n'est pas le cas de tous les UD, bien au contraire wink.

Par exemple, je ne suis absolument pas exclu de la société, marginal ou autre, perso. Je gère mon taff, ma "vie de famille" etc. très bien, et personne n'imagine une seconde que je suis sous prod quand je le suis dans ces contextes.

Puis souvent, c'est la société qui les exclus, et "par principe". Sans comportements problématiques comme les tiens. Si tu dis que tu consommes X drogues, une partie des gens vont te juger négativement d'office, alors même que tu ne te comportes pas différemment d'eux.

Aussi, le fait qu'un truc soit illégal en soi n'a aucun sens, il faut savoir analyser si c'est justifié, logique, ou pas. thinking . Et pareille pour la répression associée.

En fait pour moi, le terme "PUD" sert justement à désigner toute la population des utilisateurs de substances psychoactives ; dont beaucoup ne sont pas des "toxs", des "drogués", ou des "camés" ; du moins pas dans l'acceptation générale de ces termes.
Mais juste des UD. Litérallement Utilisateurs de drogues, terme non péjoratif et descriptif.

Ça n'empêche pas pour autant d'appeler un alcoolique "alcoolique" ou un toxicomane un "toxicomane". A condition que ça recouvre une réalité, et que ce ne soit pas pour souligner son mépris envers cette personne.

Sinon à ce compte la, on appelle encore les noirs "nègres", les arabes "bougnoules", "bicots", les asiatiques "face de citron écrasé" ou "grain de riz", les pauvres "sans-dents", les gays "grosses pédales" ou "tantouzes" etc. Etc.

Bref, que des termes péjoratifs pour bien exprimer tout son mépris ? J'ai du mal à voir le truc j'avoue thinking

Sans dire pour autant qu'il faille utiliser la "nov' langue" genre "LGBTQIA+" (perso je suis resté à LGBT), "Personnes racisées", "personnes appartenant à la classe populaire" ... wink

Mais au moins des termes neutres et non péjoratifs.

Thenesplayer a écrit

En quoi devrions nous forcer les PNUD à nous appeler différemment ?

A mes yeux, on ne résout rien en changeant les mots. On serra toujours vu comme des camés... Et le plus important, c'est qu'on consommera toujours !

Et oui les amis, la novlangue n'est pas un bon outil de rdr.

Cordialement, et avec toute la bienveillance que je peux apporter à ce site qui m'a aidé et qui m'aide encore. ❤️

Plutôt d'accord la dessus UD ou consommateur de drogue c'était deja des termes non péjoratifs.

Et oui, à mon avis un changement sémantique ne sert à rien avant un changement général de legislation et de communication au sujet des drogues et des UDs.

Pour reprendre cet exemple, les "technicien de surface", c-a-d les hommes/femmes de ménages, sont toujours traités comme de la merde malgré le changement sémantique opéré.

drogue-peace


 
#75 Posté par : prescripteur 26 juin 2022 à  07:51
Bonjour, malheureusement je ne peux pas te donner l'adresse du reportage que je cite plus haut. Mais je répète qu'il faut entendre le mépris absolu de certains témoignages à l'encontre des "toxs" qui ne sont pas considérés comme des personnes humaines mais comme des "animaux nuisibles".
(D'ailleurs dans un autre registre la Virginie Occidentale est en pointe dans la lutte contre l'avortement).
Et pourtant la motivation est "religieuse", ce qui est paradoxal quand on connait le message du Nouveau Testament (mais malheureusement pas celui des églises).
C'est pourquoi il est essentiel de lutter contre cette déshumanisation des toxs. Bien sûr l'intervention sur la langue n'en est qu'un des éléments et peut être pas le plus efficace mais il faut commencer par là. L'exemple de l'homosexualité montre que c'est possible. (je rappelle qu'il y a quelques dizaines d'années la déshumanisation touchait de plein fouet les homosexuels. Actuellement elle est encore présente mais elle n'a plus droit de cité dans l'espace public ).
Rappelons aussi que la déshumanisation est toujours la première étape de tous ceux qui veulent éradiquer leurs ennemis, les juifs en Allemagne nazie, les "blancs" en Russie soviétique, les Tutsis au Rwanda etc...
Le désir d'éradication n'est heureusement pas toujours aussi absolu mais considérer ses ennemis comme "non humains" est malheureusement une attitude trop facilement acquise.
Amicalement

 
#76 Posté par : prescripteur 26 juin 2022 à  09:00
Pour aller plus loin avec nos amis canadiens. Amicalement

https://www.camh.ca/fr/info-sante/guide … s-prejuges



Parlons des préjugés

Par préjugés, on entend des attitudes negatives (opinions préconçues) et un comportement négatif (discrimination) envers les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.

Avoir des préjugés, c’est :

    avoir des idées figées et porter des jugements: par exemple, penser que les personnes qui ont des problèmes de toxicomanie et de santé mentale ne sont pas normales ou ne sont pas comme nous ; qu’elles ont causé leurs problèmes ; ou qu’elles peuvent vite régler leurs problèmes si elles le veulent vraiment ;
    craindre et éviter ce qu’on ne comprend pas : par exemple en excluant les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale des activités courantes de la vie (avoir un emploi ou un endroit où elles peuvent vivre en toute sécurité).

Nos attitudes et nos jugements ont une incidence sur la façon dont nous percevons les gens qui nous entourent et dont nous nous comportons en leur présence. Lorsqu’on parle d’attitudes et de comportements négatifs envers une personne en raison de son sexe, de son orientation sexuelle, de sa culture, de sa race ou de sa religion, on appelle cela avoir des opinions préconçues et faire preuve de discrimination à son endroit.

Il ne faut pas avoir peur de dire ce que sont vraiment les préjugés
Les effets des opinions préconçues et de la discrimination

Les opinions préconçues et la discrimination ont pour effet d’exclure les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie des activités auxquelles d’autres personnes peuvent se livrer. Cela limite la capacité des personnes :

    de décrocher et de garder un emploi ;
    de trouver et de garder un logement sécuritaire ;
    d’obtenir des soins de santé (y compris un traitement pour leurs problèmes de toxicomanie et de santé mentale) et d’autres services de soutien ;
    de se faire accepter par leur famille, leurs amis et leur collectivité ;
    de nouer des liens d’amitié et d’autres relations à long terme ;
    de participer à des activités sociales.

Dans bien des cas, les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie intériorisent les opinions préconçues et la discrimination dont elles font l’objet. Cela les mène :

    à croire les messages négatifs que d’autres personnes et les médias transmettent à leur sujet (auto-préjugés) ;
    à manquer d’estime de soi parce qu’elles éprouvent de la culpabilité et de la honte.

Les opinions préconçues et la discrimination font en sorte que les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie cachent leurs problèmes. Par conséquent :

    elles évitent de chercher l’aide dont elles ont besoin ;
    il est moins probable que leurs problèmes de santé mentale ou de toxicomanie s’atténuent ou disparaissent.

Faire une différence

Voici 7 mesures très importantes que vous pouvez prendre pour réduire les opinions préconçues et la discrimination à l’égard des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie:

1. Renseignez-vous.

Renseignez-vous sur les problèmes de toxicomanie et de santé mentale : ce qui les provoque, les personnes les plus susceptibles d’en avoir et les moyens de les prévenir ou d’en atténuer la gravité.

Apprenez à distinguer les faits des mythes.

2. Soyez conscient de vos attitudes et de vos comportements.

En grandissant, nous avons tous été exposés aux opinions préconçues et aux jugements véhiculés par la société et renforcés par la famille, les amis et les médias.

Mais nous pouvons changer notre façon de penser et nos perceptions : les gens sont des êtres humains uniques, et non pas des étiquettes ou des stéréotypes.

3. Pesez vos mots.

Les mots que nous employons peuvent influencer la façon de penser d’autres personnes et les propos qu’elles tiennent.

Utilisez des mots précis qui ne blessent pas lorsque vous parlez de personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Par exemple, au lieu de parler d’un « schizophrène», utilisez l’expression « personne vivant avec la schizophrénie ».

4. Sensibilisez les autres.

Trouvez des occasions de communiquer les faits sur les personnes ayant un problème de toxicomanie et de santé mentale, et une attitude positive à leur égard.

Lorsque des gens ou les médias donnent des renseignements erronés, confrontez-les aux mythes et aux stéréotypes qu’ils véhiculent. Dites-leur comment les mots négatifs et les descriptions inexactes qu’ils utilisent affectent les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale et renforcent les idées fausses qu’on se fait de ces personnes

5. Mettez l’accent sur les aspects positifs.

Les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie apportent une contribution importante à la société. Leurs problèmes de santé ne sont qu’un aspect de leur vie.

Nous avons tous entendu les histoires négatives. Mettons l’accent maintenant sur les histoires positives. Par exemple, saviez-vous que Ron Ellis vivait avec une dépression au sommet de sa carrière dans la Ligue nationale de hockey ?

6. Accordez votre appui.

Traitez les personnes qui ont des problèmes de toxicomanie et de santé mentale avec dignité et respect. Pensez-y : comment aimeriez-vous qu’on vous traite à leur place ?

Si des membres de votre famille, des amis ou des collègues de travail ont des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale, appuyez les choix qu’ils font et soutenez les efforts qu’ils déploient pour se rétablir.

7. N’excluez personne.

Au Canada, la loi interdit aux employeurs et aux fournisseurs de services toute discrimination à l’endroit des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. En empêchant ces personnes d’obtenir un emploi, un logement ou des services de santé, par exemple, que les autres tiennent pour acquis, on enfreint les droits de la personne.

Les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie ont le droit d’être traitées de façon égale par la société. Faisons en sorte que ce soit le cas.
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Juste. Merci.

 
#77 Posté par : Échec Scolaire 26 juin 2022 à  10:06

prescripteur a écrit

Pour aller plus loin avec nos amis canadiens. Amicalement

https://www.camh.ca/fr/info-sante/guide … s-prejuges



Parlons des préjugés

Par préjugés, on entend des attitudes negatives (opinions préconçues) et un comportement négatif (discrimination) envers les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale.

Avoir des préjugés, c’est :

    avoir des idées figées et porter des jugements: par exemple, penser que les personnes qui ont des problèmes de toxicomanie et de santé mentale ne sont pas normales ou ne sont pas comme nous ; qu’elles ont causé leurs problèmes ; ou qu’elles peuvent vite régler leurs problèmes si elles le veulent vraiment ;
    craindre et éviter ce qu’on ne comprend pas : par exemple en excluant les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale des activités courantes de la vie (avoir un emploi ou un endroit où elles peuvent vivre en toute sécurité).

Nos attitudes et nos jugements ont une incidence sur la façon dont nous percevons les gens qui nous entourent et dont nous nous comportons en leur présence. Lorsqu’on parle d’attitudes et de comportements négatifs envers une personne en raison de son sexe, de son orientation sexuelle, de sa culture, de sa race ou de sa religion, on appelle cela avoir des opinions préconçues et faire preuve de discrimination à son endroit.

Il ne faut pas avoir peur de dire ce que sont vraiment les préjugés
Les effets des opinions préconçues et de la discrimination

Les opinions préconçues et la discrimination ont pour effet d’exclure les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie des activités auxquelles d’autres personnes peuvent se livrer. Cela limite la capacité des personnes :

    de décrocher et de garder un emploi ;
    de trouver et de garder un logement sécuritaire ;
    d’obtenir des soins de santé (y compris un traitement pour leurs problèmes de toxicomanie et de santé mentale) et d’autres services de soutien ;
    de se faire accepter par leur famille, leurs amis et leur collectivité ;
    de nouer des liens d’amitié et d’autres relations à long terme ;
    de participer à des activités sociales.

Dans bien des cas, les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie intériorisent les opinions préconçues et la discrimination dont elles font l’objet. Cela les mène :

    à croire les messages négatifs que d’autres personnes et les médias transmettent à leur sujet (auto-préjugés) ;
    à manquer d’estime de soi parce qu’elles éprouvent de la culpabilité et de la honte.

Les opinions préconçues et la discrimination font en sorte que les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie cachent leurs problèmes. Par conséquent :

    elles évitent de chercher l’aide dont elles ont besoin ;
    il est moins probable que leurs problèmes de santé mentale ou de toxicomanie s’atténuent ou disparaissent.

Faire une différence

Voici 7 mesures très importantes que vous pouvez prendre pour réduire les opinions préconçues et la discrimination à l’égard des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie:

1. Renseignez-vous.

Renseignez-vous sur les problèmes de toxicomanie et de santé mentale : ce qui les provoque, les personnes les plus susceptibles d’en avoir et les moyens de les prévenir ou d’en atténuer la gravité.

Apprenez à distinguer les faits des mythes.

2. Soyez conscient de vos attitudes et de vos comportements.

En grandissant, nous avons tous été exposés aux opinions préconçues et aux jugements véhiculés par la société et renforcés par la famille, les amis et les médias.

Mais nous pouvons changer notre façon de penser et nos perceptions : les gens sont des êtres humains uniques, et non pas des étiquettes ou des stéréotypes.

3. Pesez vos mots.

Les mots que nous employons peuvent influencer la façon de penser d’autres personnes et les propos qu’elles tiennent.

Utilisez des mots précis qui ne blessent pas lorsque vous parlez de personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Par exemple, au lieu de parler d’un « schizophrène», utilisez l’expression « personne vivant avec la schizophrénie ».

4. Sensibilisez les autres.

Trouvez des occasions de communiquer les faits sur les personnes ayant un problème de toxicomanie et de santé mentale, et une attitude positive à leur égard.

Lorsque des gens ou les médias donnent des renseignements erronés, confrontez-les aux mythes et aux stéréotypes qu’ils véhiculent. Dites-leur comment les mots négatifs et les descriptions inexactes qu’ils utilisent affectent les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé mentale et renforcent les idées fausses qu’on se fait de ces personnes

5. Mettez l’accent sur les aspects positifs.

Les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie apportent une contribution importante à la société. Leurs problèmes de santé ne sont qu’un aspect de leur vie.

Nous avons tous entendu les histoires négatives. Mettons l’accent maintenant sur les histoires positives. Par exemple, saviez-vous que Ron Ellis vivait avec une dépression au sommet de sa carrière dans la Ligue nationale de hockey ?

6. Accordez votre appui.

Traitez les personnes qui ont des problèmes de toxicomanie et de santé mentale avec dignité et respect. Pensez-y : comment aimeriez-vous qu’on vous traite à leur place ?

Si des membres de votre famille, des amis ou des collègues de travail ont des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale, appuyez les choix qu’ils font et soutenez les efforts qu’ils déploient pour se rétablir.

7. N’excluez personne.

Au Canada, la loi interdit aux employeurs et aux fournisseurs de services toute discrimination à l’endroit des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. En empêchant ces personnes d’obtenir un emploi, un logement ou des services de santé, par exemple, que les autres tiennent pour acquis, on enfreint les droits de la personne.

Les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie ont le droit d’être traitées de façon égale par la société. Faisons en sorte que ce soit le cas.

Bonjour,

On ne peut qu’approuver (avec quelques réserves), et aller dans le sens du texte.

Mais pour revenir au sujet, de la théorie à la réalité il y a un monde. Et pour moi ce n'est pas l'utilisation de PUD ou non qui y changera quelque chose, je veux bien modifier les fausses représentations des gens, seulement ici ça me semble ridicule si on dézoome un peu. De plus, je ne voudrais pas qu'il soit insinué que la personne qui n'utilise pas ”les bons termes” stigmatise par défaut, ça fait bizarre.

Comme vous l’avez vu, PUD rebute déjà dès le départ certains usagers, sans vraiment pouvoir l'expliquer clairement. Je ne me souviens pas qu'il y ait eu ce débat avec UD. A mon avis ca ne présage rien de bon pour l'avenir du concept.

Je sais qu’à titre personnel je ne l'utiliserai pas, mais bonne chance à PUD après tout, il y a eu un bon débat.

Bon dimanche.


 
#78 Posté par : Morning Glory 26 juin 2022 à  11:15

thenesplayer a écrit

Quand on m'appelle drogué, je trouve ça plus honnête et franc que "PUD".

Mes collègues de boulot n'avaient pas à accepter mes endormissements répétés et mes pertes de mémoire terribles ; et encore moins à se plier à une nouvelle formulation dans le but de ne pas me heurter quand ils parlaient de moi entre eux.

Alors amha. Si tu as une conso excessive qui a des retentissements sur tes relations ton travail et/ou le reste de ta vie, pour moi il y a un ou des problème.s quelque part. Qu'est ce qui t'amène à cette situation là ? Tu ne t'y mets pas volontairement, tu connaissais les risques mais c'était pas le but, généralement, de finir addict.

Dit-on de quelqu'un qui fait de la narcolepsie que tout est de sa faute, que c'est un moins que rien etc? Pourquoi un addict, ou toxicomane, le serait?
Cette connotation péjorative n'est en RIEN justifiée.
Du coup pour moi tu es une personne avec / qui a de la toxicomanie, comme n'importe qui aurait /serait avec un autre trouble quel qu'il soit. Ça évite amha de te coller une étiquette injustement stigmatisée associée à ton identité, à ce que tu es ("tu ES un tox").


A mes yeux, on ne résout rien en changeant les mots. On serra toujours vu comme des camés... Et le plus important, c'est qu'on consommera toujours !

Shame on us, nous consommons, c'est forcément un problème pas vrai? XD Donc avec l'alcool et les clopes, 80% de la population a un problème qu'il faut à tout prix règler?^^ Ho wait, c'est "pas pareil", ce ne sont pas des drogues, elles n'ont aucun potentiel nocif ni addictif donc eux tous, ils ont le droit et on les laisse tranquille, normal. (Par contre, pour pousser la réflexion jusqu'au bout, le LSD c'est très addictif et nocif, là il faut donc pointer du doigt ses usagers^^).

En quoi devrions nous forcer les PNUD à nous appeler différemment ?

Heu, je sais pas toi mais perso je ne vais pas leur mettre un pistolet sur la tempe "DIS-LE, DIS-LE è_é" big_smile
Par contre c'est en l'utilisant nous même qu'il pourra, peut-être, doucement entrer dans l'usage commun, comme de nombreux nouveaux termes se propagent en général d'ailleurs.


leprinceidiot a écrit

Personnellement je me considère comme un drogué, un toxicomane et je trouve que ces deux mots sont bien plus précis et exacts que ud ou pud qui finalement rendent confus des notions simples.
Si le mot drogué ou toxicomane sont stigmatisés ils n'en sont pour rien les pauvres. En soit ils n'ont rien d'insultant. Ce qui est problématique c'est ce que la société a associé à ces notions. Ne nous trompons pas d'ennemis. Ce ne sont pas ces mots notions les problèmes, mais le manque d'éducation de la société face à l'addiction et à l'usage de drogue.

Hé oui mais du coup il faut faire avec. La société ne semble pas prête du tout à déstigmatiser ces termes. Du coup si les employer n'est effectivement pas stigmatisant pour toi, super super mais une personne en face avec ce préjugé va garder exactement sa même grille de lecture qu'avant car pour elle ces mots ne signifient pas du tout la même chose que pour toi! Et si tu te dis avec neutralité "je suis un drogué", l'autre en face va se dire "ha il reconnait qu'il est un sale drogué". Dans la communication il y a le message que tu envoies, et ce que l'autre reçoit/interprète !
Donc continuer a utiliser ces termes même en se les accaparant et les destigmatisant dans nos esprits à nous, on entretient la vision injustement déshumanisante que les autres ont de nous, malheureusement.

Parce que votre UD OU PUD s'ils se répandent vont très vite devenir eux aussi pleins de préjugés ! Il faut éduquer, changer les mentalités pas les mots.

C'est toujours possible, mais ça reste peu probable parce qu'il y a le terme "personne" dedans, avec tout ce qu'on a expliqué que ça implique.


 
#79 Posté par : Roland-de-Gilead85 26 juin 2022 à  16:03
Personnellement je n'ai jamais eu de soucis avec les termes utilisés précédemment.
Même si je n'ai jamais eu de soucis au niveau professionnel ou social avec mes consommations.

Toxicomane.
Ben oui je consomme des produits sans avoir ni l'envie ni le besoin de m'arrêter.
Donc oui j'ai une manie a cette consommation même si elle n'a aucun impact sur ma vie.
Je suis donc un toxicomane, le terme est judicieux et ne me pose aucun problème.

Drogué.
Oui je me drogue et je l'assume je suis donc un drogué où est le problème dans la définition ?

PUD j'y vois juste une formulation plus politiquement correcte comme appeler un agent d'entretien un technicien de surface.
Ça fait plaiz au dit technicien, ça fait plus propre, plus .... Je ne sais pas....
Mais ça change rien au final.
Ça rassure juste.

Bref j'ai du mal à comprendre.
Mais si ça aide certains a avancer et à s'accepter pourquoi pas.

Après les préjugés restent les mêmes , dire "personne de couleur" au lieu de "noir" ça n'a jamais rendu les racistes moins racistes.

Dire "LGBT" au lieu de "homo ou trans" ça n'a jamais rendu moins homophobes les homophobes.

Le problème est plutôt inverse.
Pourquoi vouloir nous masquer ou changer nos termes pour nous faire accepter ?
On se trompe de combat la AMHA.

 
#80 Posté par : meumeuh 28 juin 2022 à  02:47

Roland-de-Gilead85 a écrit

On se trompe de combat la AMHA

Tu as lu le topic? pas seulement l'édito he veut dire... qui prouve que non justement psychoactif ne se trompe pas.


 
#81 Posté par : Roland-de-Gilead85 28 juin 2022 à  09:33

meumeuh a écrit

Roland-de-Gilead85 a écrit

On se trompe de combat la AMHA

Tu as lu le topic? pas seulement l'édito he veut dire... qui prouve que non justement psychoactif ne se trompe pas.

Non bien sûr tu as raison, j'ai mal formulé.
Et oui j'ai lu le topic.

Je voulais dire qu'à changer de termes pour nous designer j'ai l'impression qu'on ne combat pas les préjugés ou tout du moins les gens qui jugent mais plutôt qu'on lisse notre image pour se faire accepter et être plus politiquement correct.

D'où les exemples que j'ai donné, j'ai jamais trouvé que changer une dénomination avait amélioré les conditions de vie ou la considération qu'avait le public envers les personnes concernés par ce changement.

C'est donc sur la forme que je tique.
Mais sur le fond bien sûr que le combat est judicieux.
Et bien sûr que votre association a le mérite de le mener ce combat, si vous n'étiez pas la personne ne le ferai.

Je te remercie donc de m'avoir repris, mon propos précédent n'avait pas pour but de dénigrer votre travail.


 
#82 Posté par : prescripteur 28 juin 2022 à  09:42

D'où les exemples que j'ai donné, j'ai jamais trouvé que changer une dénomination avait amélioré les conditions de vie ou la considération qu'avait le public envers les personnes concernés par ce changement.

Bonjour, comme je suis âgé j'ai pu constater la disparition dans l'espace public des dénominations insultantes envers les homosexuels, les noirs, les italiens, les femmes etc.. (Il y a encore un usage privé mais l'usage public est vite signalé et attaqué).
Et, pour mois ça a accompagné le réduction de la discrimination à leur égard.

https://www.cairn.info/revue-cahiers-du … ge-163.htm


Amicalement


 
#83 Posté par : Échec Scolaire 28 juin 2022 à  11:43

prescripteur a écrit

envers les homosexuels, (Il y a encore un usage privé mais l'usage public est

Et pour rebondir sur le début de cet article de psychanalyste, j'ai une remarque sur le signifiant qui corrobore ce que dit l'auteur (il me semble qu'il n'y a pas d'exemple dans le texte pour ça).

Je ne suis pas homosexuel moi-même mais j'ai beaucoup d'amis (d'un certain âge) qui le sont.
J'ai remarqué que mes amis s'appellent entre-eux ”pédés” ou ”nous les pédés”, avec quelques variantes.
Par contre, je ne semble pas autorisé à parler de la sorte, sinon tout le monde se tait tout d'un coup.

Ça m'a toujours intrigué et je n'ai jamais osé demander pourquoi, mais je suppose qu'il s’agit de s'approprier la stigmatisation, un peu comme aux US les blacks peuvent entre eux s’appeller ”nigger”. Dans ”tox” aussi je trouve qu'il y a des finesses, ce n'est pas exactement ”drogué”. C'est stigmatisant peut-être, mais mine de rien c'est riche.

On arrive ainsi à créer un mot qui stigmatise dans la bouche de certains mais qui est un signe d'appartenance à un groupe pour d'autres, par une sorte de retournement de situation.
Un signe d'appartenance mais aussi un mot pour la colère.

En effet, ces mots restent des insultes ou le sont devenues.
Cependant, je ne comprendrais jamais pourquoi bannir le mot ferait changer les mentalités, ce n'est pas le mot qui crée la pensée mais il en est juste le reflet. Il peut être vite être remplacé par d'autres tant la langue évolue.
Ça serait beaucoup réduire un être humain que de penser qu'en lui interdisant un mot on va réussir à le réhabiliter,  il y a tellement d'autres déterminants, des schémas de pensée tellement puissants chez nous, des représentations  faussées qui remontent à l'enfance ou à de mauvaises expériences. Pour moi c'est à ça qu'il faudrait commencer par s'attaquer, par exemple en manifestant clairement.


Je ne sais pas en quels termes, par quels moyens, l'on peut mesurer l'efficacité de  cette méthode de bannissement et de l'impact général que cela peut avoir. Peut-être que les psychanalystes de Cairn y arrivent, mais c'est par l'exercice de la pensée seule.
J'ai lu certes un peu vite, il y a du Freud et du Lacan, il y a aussi des réflexions intéressantes mais c'est un peu fumeux comme de coutume en psychanalyse.
En tout cas j'ai pas vu de preuves ni rien de bien concret.

Je ne suis plus tout jeune non plus, mais je ne suis pas aussi sûr que vous que les mentalités aient changé parcequ’on ne dit plus ”rital” ou ”portos”, je ne suis même pas sûr qu'elles aient changé tout court, ou alors si peu, sinon il n'y aurait pas tous ces débats.
J'aimerais que ça marche mais ça me semble tellement tiré par les cheveux...

Bonne journée, merci pour l'article.

Reputation de ce commentaire
 
J'y avait aussi pensé au tox/junkie utilisé "entre nous", intéressant toussa /MT

 
#84 Posté par : meumeuh 28 juin 2022 à  12:17

Roland-de-Gilead85 a écrit

Je te remercie donc de m'avoir repris, mon propos précédent n'avait pas pour but de dénigrer votre travail.

Ah mais pas de soucis,
Puis c'est toujours enrichissant d'avoir un échange de points de vue différents mais constructif...

on accepte la critique constructive donc pas de soucis de ce côté là  fume_une_joint

Amicalement

MM


 
#85 Posté par : Roland-de-Gilead85 28 juin 2022 à  13:08

prescripteur a écrit

D'où les exemples que j'ai donné, j'ai jamais trouvé que changer une dénomination avait amélioré les conditions de vie ou la considération qu'avait le public envers les personnes concernés par ce changement.

Bonjour, comme je suis âgé j'ai pu constater la disparition dans l'espace public des dénominations insultantes envers les homosexuels, les noirs, les italiens, les femmes etc.. (Il y a encore un usage privé mais l'usage public est vite signalé et attaqué).
Et, pour mois ça a accompagné le réduction de la discrimination à leur égard.

https://www.cairn.info/revue-cahiers-du … ge-163.htm


Amicalement

Alors la je suis tout à fait d'accord avec toi.

Mais toxicomane est une vraie définition.
Tout comme noir ou homosexuel ou même obèse. (Pour l'exemple)

Negro, bougnoule ou pédale ou gros tas la c'est discriminant et condamnable.

Perso qu'on me dise que je suis toxicomane ça me dérange pas puisque c'est vrai et correctement formulé.
Qu'on me dise que je suis un drogué je me dérange pas non plus puisque je me drogue.

Après si vous pensez que ça peut faire avancer les choses de changer de dénomination même si celle ci est juste qualifiante et non discriminante pourquoi pas.

Mais pour moi c'est un peu comme l'écriture inclusive, ça fait du bien qu'aux personnes concernées (et encore , je traine pas mal avec des LGBT et la majorité s'en fout totalement) et ça ne change pas le regard ou la conception des choses des gens qui discriminent.

Après comme tu dis ça pose un cadre a la limite.
Et poursuivre les abus devient plus facile.
Mais ça ne fait en rien changer les mentalités, sanctionner n'a jamais remplacé l'éducation et l'information.

D'ailleurs a notre position de toxicomanes nous le savons très bien.

Mais ça reste mon avis
Cordialement


 
#86 Posté par : Todash 28 juin 2022 à  13:28
Pour ma part l'écriture inclusive gène ma lecture, c'est très désagréable. Un. peu. comme. quand. on. met. des. points. partout... C'est. pas. fluide. dans. ma. tête

Et du coup, en ouvrant un topic sur le forum (un fil), on crée des fils de PUD ?
C'est tout pour moi punk2

 
#87 Posté par : Sansan Hier à  13:08
Franchement,qu’est-ce que j’en ai à faire de comment ont nous appelle,c’est pas ça qui vas régler notre problème!
Vous vous prenez vraiment la tête pour des mots!

 
#88 Posté par : Psilosophia Hier à  22:16

Sansan a écrit

Franchement,qu’est-ce que j’en ai à faire de comment ont nous appelle,c’est pas ça qui vas régler notre problème!
Vous vous prenez vraiment la tête pour des mots!

Oui mais c'est à la mode dans les milieux militants, là c'est clairement se battre contre des moulins à vent que de vouloir en discuter ici. Il s'agirait désormais de tirer les bonnes leçons de ce qu'écrivait Georges Orwell il y a 80 ans dans son célèbre roman, 1984:

"L'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but."

Reputation de ce commentaire
 
Oui ça fait instantanément penser à ça haha. g-rusalem

 
#89 Posté par : Roland-de-Gilead85 Hier à  22:26

Psilosophia a écrit

Sansan a écrit

Franchement,qu’est-ce que j’en ai à faire de comment ont nous appelle,c’est pas ça qui vas régler notre problème!
Vous vous prenez vraiment la tête pour des mots!

Oui mais c'est à la mode dans les milieux militants, là c'est clairement se battre contre des moulins à vent que de vouloir en discuter ici. Il s'agirait désormais de tirer les bonnes leçons de ce qu'écrivait Georges Orwell il y a 80 ans dans son célèbre roman, 1984:

"L'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but."

@Psilosophia.
Si tu savais au combien ça me fait du bien de te lire et de savoir que tu es toujours actif sur le net.

Merci pour ton intervention au combien judicieuse.

Cordialement


 
#90 Posté par : Psilosophia Hier à  22:40

Roland-de-Gilead85 a écrit

Psilosophia a écrit


Oui mais c'est à la mode dans les milieux militants, là c'est clairement se battre contre des moulins à vent que de vouloir en discuter ici. Il s'agirait désormais de tirer les bonnes leçons de ce qu'écrivait Georges Orwell il y a 80 ans dans son célèbre roman, 1984:

"L'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but."

@Psilosophia.
Si tu savais au combien ça me fait du bien de te lire et de savoir que tu es toujours actif sur le net.

Merci pour ton intervention au combien judicieuse.

Cordialement

Merci de ton retour, mais on se connait d'avant de PA ou sur Psychonaut?


 
#91 Posté par : Roland-de-Gilead85 Hier à  22:44

Psilosophia a écrit

Roland-de-Gilead85 a écrit


@Psilosophia.
Si tu savais au combien ça me fait du bien de te lire et de savoir que tu es toujours actif sur le net.

Merci pour ton intervention au combien judicieuse.

Cordialement

Merci de ton retour, mais on se connait d'avant de PA ou sur Psychonaut?

Oui on se connait.

De PN a la base.
Le dino de Mario te salue mon ami.


 
#92 Posté par : Psilosophia Hier à  22:58

Roland-de-Gilead85 a écrit

Psilosophia a écrit

Merci de ton retour, mais on se connait d'avant de PA ou sur Psychonaut?

Oui on se connait.

De PN a la base.
Le dino de Mario te salue mon ami.

Ah bordel c'est bon je te remets, ça fait plaisir de voir que t'es là! big_smile


 
#93 Posté par : Mister No Hier à  23:09

"L'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but."

Je pense plus à complotiste qu'à PUD. Mais je suis d'accord, quel plaisir de croiser Mr Gilead ici.


 
#94 Posté par : Psilosophia Hier à  23:21

Mister No a écrit

"L'appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but."

Je pense plus à complotiste qu'à PUD. Mais je suis d'accord, quel plaisir de croiser Mr Gilead ici.

J'ai peut-être mal compris, mais tu analyses mes propos comme complotistes ou je suis à côté de la plaque?


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