Le système de santé stigmatise les Personnes Utilisatrices de Drogues / Les Blogs de PsychoACTIF

Le système de santé stigmatise les Personnes Utilisatrices de Drogues 



Les Personnes Utilisatrices de Drogues (PUD) confrontées aux risques de stigmatisation du système de santé !

Un article du Flyer N°81,  disserte de la honte et de la culpabilité des PUD (Personnes Utilisatrices de Drogues), des émotions qu’il faudrait prendre en compte pour un chemin de rétablissement d’un comportement addictif.   

Nous y sommes d'autant plus sensible qu'une grande partie des PUD qui viennent sur Psychoactif sont imprégnées de culpabilité et de honte, ce qui les empêche de vivre correctement et dignement leur consommation de drogues.  Si il fallait encore le démontrer, un sondage récent sur PA montrait qu'une majorité de répondant.e.s PUD indiquait une mauvaise opinion d’elles-mêmes et d’eux même.

Toutefois, l’erreur de  cet article est de considérer que la honte et la culpabilité des PUD sont normales chez les PUD. Il faut rappeler que le sentiment de honte et de culpabilité est d'abord relié à des facteurs sociaux. Des décennies de désinformation et de stigmatisation ont créé dans la société une image systématiquement négative des PUD. Ce sont les mêmes processus qui font qu'à une période pas si ancienne, les femmes étaient réputées "intellectuellement inférieure" et  les homosexuels  considérés comme des pervers.

Cet article du Flyer est l’archétype de ce qu’il se passe pour les PUD dans le système de santé : il montre bien, que même si les professionnel.le.s de santé se considèrent  "bienveillant.e.s" envers les PUD, ils/elles sont imprégné.e.s par le discours dominant sur les drogues, qui considère que se droguer est mal, et que la honte et la culpabilité des PUD sont  normales.  Au lieu de déconstruire cette culpabilité, le système de santé est le lieu qui les renforce.

Cette stigmatisation est malheureusement systémique et endémique dans le système de santé,  ce qui provoque des atteintes répétées à la dignité des PUD.
Cela peut se traduire par un mépris insidieux, des attitudes d'infantilisation, le manque d'ouverture à la discussion sur les options thérapeutiques, les contrôles punitifs de consommations, la non prise en charge de la douleur, le refus de soin, et bien d'autres atteintes qui ne peuvent créer chez les PUD  qu'une impression de rejet et de mépris, renforçant leur honte et leur culpabilité et freinant ou empêchant le rétablissement.

C'est pourquoi à chaque fois  qu'une PUD vient sur Psychoactif pour avoir un conseil, et que nous l'orientons vers le système de santé (spécialisé ou non) , nous considérons cela comme un risque supplémentaire à prendre en compte dans l'accompagnement en réduction des risques que nous proposons : si la PUD est maltraitée dans le système de soin, que va elle gagner, et que va elle subir à y aller ?

Cette stigmatisation des PUD par le système de santé, ne pourra être levée que quand elle sera levée dans la société. Une des actions principales à entreprendre est la légalisation et la régulation de toutes les drogues. La pénalisation de l'usage est l’édifice de la stigmatisation depuis 50 ans. Mais en attendant, des actions  de prises de conscience des soignant.e.s sont nécessaires pour ne pas reproduire ce système.

Pascal Millet et Pierre Chappard,
Pour l'équipe de Psychoactif

Catégorie : Actualités - 17 mars 2022 à  21:41

Reputation de ce commentaire
 
Vous avez géré très bon texte MG ~
 
Plein de justesse, merci d’en parler - Wonderland
 
Très bon choix de mots et de formules. Bravo! Speedy76
 
Yes !! Je plussoie !!! s2f
 
la culpabilité vient des normes sociales. Merci



Commentaires
#1 Posté par : Ogoun Ferraille 11 avril 2022 à  18:24
Cimer pour ce post Hunter S. Thompson disait que loa legalisation des drogues foutrait en l air une generation mais qu on y gagnerait sur le long terme. Je trouve son analyse pessimiste cf: Ringolevio, le parcours d un gamin de NY qui a connu la came puis a

 
#2 Posté par : L-Olliverstone 15 avril 2022 à  23:21
Bonsoir.

Vecu : traitement Subu depuis plus de 20 ans, distribution tous les 2 jours.

Les réflexions de certaines employée devant tous les autres clients sont parfois calomnieuses, du genre :
"faut repasser le pharmacien n'est pas la,  on a du monde avant vous!"

La s'engage un dialogue absurde entre la préparatrice qui ne gère pas mon dossier.
Mais se permet de vous invectiver.

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